Le jour même où la Chambre des communes votait sur la motion 312 de Stephen Woodworth dans le but de créer un comité qui se pencherait sur la définition de ce qu’est un être humain, un autre député d’arrière-ban déposait une nouvelle motion.
Cette fois, il s’agit de la motion 408, présentée par le conservateur Mark Warawa.
Officiellement, il s’agit d’une motion pour condamner la discrimination envers les femmes qui subissent des avortements sélectifs.
M. Warawa dit avoir été bouleversé par un reportage de la CBC qui montrait que dans certaines communautés culturelles, des femmes passent des échographies pour connaître le sexe de l’enfant à naître. Si le foetus est de sexe féminin, de nombreux couples choisissent l’avortement parce qu’ils préfèrent avoir un garçon.
Cette pratique est largement condamnée… par tous les partis politiques, des associations de médecins, des groupes féministes.
Avec une condamnation non équivoque, le Parlement, dit le député conservateur, doit envoyer un message fort qui contribuerait à mettre fin à ces avortements sélectifs.
Le problème, c’est que plusieurs estiment que cette motion est une autre façon de rouvrir un débat plus large sur l’avortement.
Si le Parlement se prononce sur les avortements sélectifs, estime le NPD, la porte serait grande ouverte pour que les députés aient à se prononcer sur d’autres types d’avortements et ainsi rouvrir le débat.
Il faut d’ailleurs savoir que M. Warawa était un ardent défenseur de la motion 312 et a déclaré plusieurs fois en Chambre que le Canada se comparait à la Corée du Nord pour ce qui est de son manque d’empressement à prendre la défense des enfants à naître.
En temps normal, les partis d’opposition voteraient les yeux fermés pour condamner les avortements sélectifs.
Mais dans le contexte actuel, ils se méfient des conservateurs, estimant que cette motion fait partie d’une stratégie générale qui a pour but de relancer toute l’affaire.
Ils préféreraient donc que la question des avortements sélectifs ne se discute pas au Parlement, mais se règle avec des campagnes d’éducation et de sensibilisation auprès des communautés.
Alors ceux et celles qui s’opposent aux avortements sélectifs, mais qui s’opposent aussi à la réouverture du débat sur l’avortement sont dans une position très inconfortable et devront trouver une façon de se sortir de ce guêpier…

