Après avoir parlé de mesures « modérées », voici que le ministre Jim Flaherty nous dit, au sortir de sa rencontre prébudgétaire avec les économistes du secteur privé, qu’il ne faut pas s’attendre à des mesures draconiennes dans son budget du 29 mars, en parlant des réductions de dépenses.

Vous vous souvenez de cette fourchette de 4 à 8 milliards de dollars (5 à 10 % des dépenses compressibles du gouvernement), si on exclut en plus les transferts aux individus et aux provinces, soit un peu plus de 80 milliards de dollars.

Si draconien veut toujours dire d’une excessive sévérité, ça laisse quand même pas mal de place pour des restrictions qui visent, rappelle le ministre, à mettre le Canada sur la voie de l’élimination du déficit en 2015, mais surtout sur celle d’un assainissement à long terme des finances publiques.

Et, à écouter M. Flaherty et les économistes, on comprend que le terme « pas draconien » est utilisé de manière très relative.

— Pour M. Flaherty, ça veut entre autres dire « des pinottes », par rapport à l’ensemble du budget de son gouvernement qu’il chiffre à environ 265 milliards de dollars, mais aussi par rapport à l’économie dans son ensemble qui frisera les 1700 milliards de dollars. À noter que sa référence pour les mesures d’austérité draconiennes sont la Grèce et surtout la Grande-Bretagne, où le gouvernement Cameron a entamé des coupes d’en moyenne 19 % dans ses ministères et agences.

— Pour les économistes présents, même des compressions de 8 milliards de dollars ne seraient pas draconiennes, dans la mesure où le déficit chute déjà plus vite que prévu. Et ce ne serait pas grave si ces coupes étaient étalées sur une ou deux années de plus, et si elles ne représentaient que des décimales de point de pourcentage du PIB à terme.

Et M. Flaherty semble avoir entendu ce qu’il voulait entendre quand la plupart des économistes n’ont pas partagé le point de vue de deux agences de cotation de crédit qui avertissaient récemment son gouvernement de ne pas y aller trop radicalement dans l’austérité pour ne pas tirer le tapis sous les pieds de la reprise.

À bientôt pour la suite de ces préparatifs budgétaires « psychologiques ».