Le premier ministre Jean Charest doit rassembler plusieurs éléments favorables avant de songer à déclencher une élection générale.
Un peu comme une recette, il a besoin de certains ingrédients :
- Sa cote d’amour doit augmenter : L’impopularité de son gouvernement, mesurée à plus de 70 %, est trop élevée.
- Environ 20 % des francophones ont l’intention de voter pour lui.  Il faut séduire cette clientèle. Le PLQ est actuellement le parti des anglophones et des allophones (+65 %)
- Jean Charest doit compléter la tournée de son Plan Nord et s’assurer que la notoriété de son programme soit à son sommet au moment où il appuiera sur le bouton électoral. Jean Charest ne refera pas la visite des chambres de commerce. Il ne peut donc trop attendre.
- Avec tous les instruments de mesure que possède son parti, la plus riche des organisations électorales (sondages nationaux, régionaux, groupe de discussion, experts), Jean Charest doit laisser juste assez de temps à François Legault pour qu’il se discrédite, mais pas trop,  évitant que le nouveau chef de la CAQ n’ait le temps de retrouver une « tonalité » électorale plus juste.
- Le Parti québécois sort d’une grave crise. Le chef libéral ne doit pas laisser trop de terrain politique aux nationalistes pour qu’ils refassent leur unité autour de Pauline Marois. Au moment où le gouvernement de Stephen Harper fait des gestes qui sèment la controverse au Québec, Jean Charest, fédéraliste, doit veiller à ce que l’apathie qui règne chez les indépendantistes se maintienne.
Ce ne sont que quelques ingrédients… Ajoutez la commission Charbonneau et la situation économique, et vous devriez commencer à comprendre la tâche ardue qui consiste à choisir le bon moment pour déclencher une élection. Jean Charest est un as dans ce domaine. Il a trois victoires électorales en poche.

