Billets publiés en février 2012

6 à 9 millions pour une élection? Tchin-tchin!

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 publié le 29 février 2012 à 20 h 15

 

Exaspéré par les questions des journalistes sur le financement de son parti, celui qui tente de mettre au monde une nouvelle organisation politique a fait preuve de clarté hier soir (28 février) devant la caméra de Radio-Canada. Le comptable François Legault a affirmé qu’il en coûte au moins 6 millions de dollars à un parti politique pour faire une campagne électorale nationale. La moitié de ce montant, a-t-il précisé, est consacré à une campagne publicitaire (publicité journaux-radio-tv-affiches).

La CAQ demande donc à  ses futurs candidats d’amasser 25 000 $ pour la circonscription où ils se présentent.  L’objectif ambitieux est de recueillir plus ou moins 3 millions. Le reste de la somme devra être amassé par des activités relevées par la présence du chef à des soupers ou cocktails. La CAQ empruntera ce qui lui manquera pour constituer son butin électoral.

Après vérifications auprès des grands partis, on constate que le 6 millions de François Legault est un montant minimal bien modeste.

Pour y voir plus clair, voici les chiffres :

  •  Lors du scrutin de 2008, le PLQ a remporté l’élection générale en dépensant plus de 8 millions de dollars. Le prix de la défaite pour le Parti québécois s’est élevé à environ 7 millions de dollars.
  • De 2006 à 2010,  soit pendant cinq ans,  le PLQ a amassé en contributions 36,8 millions de dollars,  le PQ 21,7 millions et l’ADQ 6,5 millions.  (chiffres provenant des rapports déposés au DGEQ)
  • On observe que la contribution moyenne au PLQ est deux fois plus élevée (304 $) que celle du PQ (156 $).
  • Le PLQ a confirmé que tous les ministres de son gouvernement (actuellement 26) doivent amasser 100 000 $ par année.  On peut donc parler d’environ 2,6 millions.
  • La loi permet à chaque parti de dépenser légalement un peu plus de 11 millions de dollars pour une campagne électorale.

 

La puissance est souvent entre les mains de celui qui donne l’argent, dit-on. Il demeure donc important de savoir qui finance nos élus. François Legault et les autres chefs de parti devront s’habituer à être encore plus transparents à ce sujet.

À propos…. quant au  souper à 1000 $ le couvert que François Legault a présidé le 28 février à Québec, le PLQ ne devrait pas s’en formaliser.  Nous avons appris qu’autour du 2 avril prochain, le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, tiendra un cocktail de même nature à Montréal.

Tchin-tchin!

 

 

Catégorie: Québec

Affaire Sagard : le droit à une vie sociale

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 publié le 24 février 2012 à 18 h 12

Michael Sabia, PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a évoqué jeudi son «droit d’avoir des amis». Il faisait référence à sa visite au domaine de Sagard de Paul Desmarais, patriarche de la plus grande fortune du Québec. 

Jean Charest a plutôt évoqué son «droit à une vie sociale», pour justifier son séjour à Sagard avec sa femme. 

Il est difficile de ne pas reconnaître la pertinence de ce droit, de manière générale. Est-ce pour autant un droit absolu, inattaquable en toutes circonstances? Un grand commis de l’État et un premier ministre peuvent-ils vraiment fréquenter qui ils veulent?

Il était très révélateur de lire Michel Kelly-Gagnon, le PDG de l’Institut économique de Montréal, qui a réagi à l’affaire Sagard dans une lettre publiée dans les journaux de Quebecor dans laquelle il s’offusquait de la comparaison qui y a été faite entre le bateau de Tony Accurso et le domaine des Desmarais. 

M. Kelly-Gagnon affirme avoir étudié de façon «assez poussée le personnage» Paul Desmarais à l’occasion de la préparation d’un documentaire. Et, selon lui, Paul Desmarais a toujours cru profondément à la maxime «Make friends before you make business», donc que les amis font de meilleurs partenaires d’affaires. 

Avec un tel argument, M. Kelly-Gagnon ne rend guère service aux Charest et Sabia, pas plus qu’aux Desmarais eux-mêmes. 

Visa le noir, tua le blanc, pourrait-on dire, car cela rejoint précisément les arguments de ceux qui jugent qu’il y a un problème éthique à ces rencontres sociales au domaine de Sagard. 

L’amitié n’excluant pas les discussions d’affaires, l’amitié devenant même un incontournable avant les discussions d’affaires, les séjours de Jean Charest et de Michael Sabia soulèvent alors des interrogations tout à fait légitimes, même lorsque ceux-ci tentent de les circonscrire dans un contexte de rencontres entre amis.

Catégorie: Québec

Sur la planète PQ

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 publié le 24 février 2012 à 17 h 17

Nous avons une autre preuve aujourd’hui que six mois en politique sont une éternité.

En août, Pierre Curzi  laissait entendre qu’il pourrait revenir au PQ pour remplacer Pauline Marois. Hier il n’excluait pas un retour auprès de Mme Marois, disant que le parti s’était «raffermi». Il souligne le discours plus souverainiste de Pauline Marois et l’adoption du vote libre au caucus.

Dans le cas de Stéphane Bergeron, le député de Verchères, «l’éternité» a duré un mois. En janvier, il disait que Mme Marois était la chef, mais que si elle partait, il faudrait composer avec cette situation. Il ajoutait que si elle restait, il faudrait aussi composer avec cette situation. Ambigu, évasif? Chose certaine, pas clair en terme d’appui. Aujourd’hui, que dit M. Bergeron? Dans une lettre ouverte au Devoir, il salue sa grande force de caractère, son courage, son flegme et sa détermination. Il la qualifie de «dame d’acier», parce que l’acier peut être inoxydable, incorruptible alors que le béton a tendance à s’écailler et à fendiller.

Vous pouvez vous pincer. Nous sommes dans l’étrange univers du Parti Québécois.

Ah oui… entendez-vous les cyniques se demander si tout ça a peut être quelque chose à voir avec le dernier sondage CROP?

Catégorie: Québec

Élection : Les ingrédients d’un déclenchement

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 publié le 21 février 2012 à 13 h 50

 

Le premier ministre Jean Charest doit rassembler plusieurs éléments favorables avant de songer à déclencher une élection générale.

Un peu comme une recette, il a besoin de certains ingrédients :

  • Sa cote d’amour doit augmenter : L’impopularité de son gouvernement, mesurée à plus de 70 %, est trop élevée.
  • Environ 20 % des francophones ont l’intention de voter pour lui.  Il faut séduire cette clientèle. Le PLQ est actuellement le parti des anglophones et des allophones (+65 %)
  • Jean Charest doit compléter la tournée de son Plan Nord et s’assurer que la notoriété de son programme soit à son sommet au moment où il appuiera sur le bouton électoral. Jean Charest ne refera pas la visite des chambres de commerce. Il ne peut donc trop attendre.
  • Avec tous les instruments de mesure que possède son parti, la plus riche des organisations électorales (sondages nationaux, régionaux, groupe de discussion, experts), Jean Charest doit laisser juste assez de temps à François Legault pour qu’il se discrédite, mais pas trop,  évitant que le nouveau chef de la CAQ n’ait le temps de retrouver une « tonalité » électorale plus juste.
  • Le Parti québécois sort d’une grave crise. Le chef libéral ne doit pas laisser trop de terrain politique aux nationalistes pour qu’ils refassent leur unité autour de Pauline Marois. Au moment où le gouvernement de Stephen Harper fait des gestes qui sèment la controverse au Québec, Jean Charest, fédéraliste, doit veiller à ce que l’apathie qui règne chez les indépendantistes se maintienne.
Ce ne sont que quelques ingrédients… Ajoutez la commission Charbonneau et la situation économique, et vous devriez commencer à comprendre la tâche ardue qui consiste à choisir le bon moment pour déclencher une élection. Jean Charest est un as dans ce domaine. Il a trois victoires électorales en poche.

Catégorie: Québec

Discutons politique en groupe

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 publié le 20 février 2012 à 16 h 40

Vous connaissez les groupes de discussion, ou focus groups en anglais?

Le principe est simple. Une compagnie lance un nouveau produit, elle veut le tester sur des « gens ordinaires », alors elle mandate une firme spécialisée pour animer une discussion de groupe. La firme réunit une dizaine ou une vingtaine de personnes pendant une heure ou deux pour discuter du produit. Les participants sont dans une salle spécialement préparée pour l’exercice. Un grand miroir sans tain se trouve dans la salle. Ce que les participants ne savent pas en général c’est que derrière ce miroir, des spécialistes et les représentants de la compagnie les observent.

Les participants reçoivent quelques dizaines de dollars pour leurs commentaires.

J’ai eu la chance de participer une seule fois à un groupe de discussion, il y a longtemps. Enfin, participer est un bien grand mot. La discussion portait sur la nouvelle présentation du quotidien Le Soleil. Au premier tour de table, j’ai le malheur de dire que je suis journaliste à temps partiel. Le tour de table se termine, la porte s’ouvre et la personne qui vient d’entrer me demande poliment de la suivre. Je me suis dit : « Wow! Le traitement VIP! » Mais non, j’étais plutôt le suspect qu’on identifie après avoir rassemblé quelques individus au poste de police, comme dans les films. « Désolé, mais puisque vous êtes journaliste, nous préférons ne pas retenir vos services. Voici tout de même 50 $ », m’avait-on dit. Je suppose que Le Soleil craignait que je vende la mèche sur sa nouvelle présentation…

Tout ça pour dire que les groupes de discussion fonctionnent aussi pour les idées politiques. Tous les partis en font. Cette fois, c’est le Parti québécois.

Dans l’invitation faite aux participants potentiels, on apprend qu’on peut gagner 65 $, pour deux heures de discussion. Pour être choisi, il faut, entre autres, répondre à ces deux questions :

— Avez-vous voté pour le PQ aux dernières élections de 2008?

— S’il y avait des élections provinciales, penseriez-vous voter pour le nouveau parti de la Coalition avenir Québec de François Legault?

J’ai d’abord cru à tort que c’était la CAQ qui avait commandé ce groupe de discussion. Mais La Presse et quelques appels ont confirmé que c’était le PQ.

Remarquez, la CAQ admet qu’elle a aussi mené des groupes de discussion à la fin de l’année dernière quand elle s’est transformée en parti politique.

Preuve de plus donc que les partis ne ménagent aucun effort pour bien mettre en marché leur « produit ».

Catégorie: Québec

L’effet Mulcair sur la politique québécoise

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 publié le 20 février 2012 à 12 h 51

Les membres du Nouveau Parti démocratique prendront, le 24 mars prochain, une décision qui pourrait avoir une certaine influence sur la politique québécoise. 

Dans une perspective québécoise, il n’y a qu’une seule véritable question qui se pose pour le moment : les néo-démocrates choisiront-ils Thomas Mulcair comme chef du NPD? 

Si Thomas Mulcair devient le chef du parti de Jack Layton et de Tommy Douglas, et par le fait même chef de l’opposition officielle aux Communes, la présence du Québec à Ottawa sera sans aucun doute renforcée sur le plan de la visibilité, mais aussi sur celui de la substance. 

L’élection de l’ancien ministre provincial s’inscrirait, pour les Québécois, comme une suite logique à leur vote du 2 mai dernier. Après avoir fait élire une majorité de députés au sein de ce qui est devenu la nouvelle opposition officielle, les Québécois seront davantage rassurés sur la capacité du NPD de défendre leurs intérêts à Ottawa avec la présence de Thomas Mulcair à sa tête. 

De l’ombre sur Pauline Marois

Si Thomas Mulcair obtient le privilège de pouvoir se lever le premier, chaque jour aux Communes, pour poser des questions au premier ministre Harper et au gouvernement conservateur, les Québécois pourraient considérer que leurs intérêts sont adéquatement défendus à Ottawa, compte tenu des circonstances. 

C’est la stratégie de Pauline Marois qui risque d’en pâtir; en attaquant le gouvernement conservateur en toutes occasions, Pauline Marois cherche à montrer que le Parti québécois est la seule formation politique qui prend la défense du Québec face aux intentions du gouvernement Harper. 

Le redoutable parlementaire qu’est Thomas Mulcair pourrait bien rappeler aux Québécois que Pauline Marois n’est pas la seule à jouer sur cette glace. M. Mulcair devra bien sûr parvenir à gérer les contradictions internes de son parti et ses propres contradictions quant au nationalisme québécois. Il est d’ailleurs intéressant de constater que le candidat Mulcair paraît déjà avoir engagé des manœuvres en ce sens.

Orphelins à Ottawa

Pour Pauline Marois et son parti, tout serait plus simple si Brian Topp, fût-il d’origine québécoise, était élu à la tête du NPD. Les Québécois risquent alors de se sentir, plus que jamais auparavant, orphelins à Ottawa. Un sentiment qui semble déjà présent depuis le décès de Jack Layton et qui s’est accru tout au long de la course à la direction du NPD. Les efforts de la chef intérimaire Nycole Turmel n’auront pas suffi à rassurer les Québécois avec, pour preuve, les intentions de vote pour le Bloc québécois qui sont nettement en hausse. 

Ainsi, les Québécois pourraient être habités par la conviction que le gouvernement Harper peut assurer les destinées du pays sans tenir compte de leurs points de vue, mais aussi par l’impression d’être délaissés par l’opposition officielle qu’ils ont eux-mêmes mis en place. 

Cette situation inédite se révélerait un terreau extraordinairement fertile pour le Parti québécois. 

Ainsi, le vote des membres néo-démocrates de tout le Canada, le 24 mars prochain, pourrait avoir des effets palpables sur le déroulement du prochain scrutin au Québec.

Catégorie: Québec

Cour suprême et liberté de religion

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 publié le 17 février 2012 à 10 h 36

La Cour suprême du Canada conclut que le cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse ne porte pas atteinte à la liberté de religion. Pour ceux et celles qui ont besoin de se faire rafraîchir la mémoire, voici un rappel des faits. 

En 2008, le programme d’éthique et de culture religieuse devient obligatoire dans les écoles du Québec en remplacement des cours d’enseignement moral, religieux catholique et protestant. Des parents demandent que leurs enfants en soient exemptés. Ils estiment que ce cours, qui touche à toutes les cultures religieuses, entraverait leur capacité de transmettre leur foi catholique à leurs enfants.

Les tribunaux inférieurs n’ont pas donné raison aux parents. La Cour suprême non plus. Dans une décision unanime, voici ce que la Cour a dit :

 

Le fait même d’exposer les enfants à une présentation globale de diverses religions sans les obliger à y adhérer ne constitue pas un endoctrinement des élèves qui porterait atteinte à la liberté de religion de L et J.  De plus, l’exposition précoce des enfants à des réalités autres que celles qu’ils vivent dans leur environnement familial immédiat constitue un fait de la vie en société. Suggérer que le fait même d’exposer des enfants à différents faits religieux porte atteinte à la liberté de religion de ceux‑ci ou de leurs parents revient à rejeter la réalité multiculturelle de la société canadienne et méconnaître les obligations de l’État québécois en matière d’éducation publique.

L et J n’ont pas fait la preuve que le programme ÉCR portait atteinte à leur liberté de religion ni, par conséquent, que le refus de la commission scolaire d’exempter leurs enfants du cours ÉCR contrevenait à leur droit constitutionnel. Ils n’ont également démontré aucune erreur justifiant d’écarter la conclusion du juge de première instance selon laquelle la décision de la commission scolaire n’avait pas été prise sous la dictée d’un tiers.

 

Le débat juridique est donc clos, mais ce jugement suscitera assurément des vagues. Le débat dans l’opinion publique repart sur de nouvelles bases.

Catégorie: Ottawa

Le Parti québécois a dévoilé aujourd’hui quelques balises qui encadreraient d’éventuels référendums d’initiative populaire. 

Pour déclencher un référendum, 15 % des électeurs inscrits (environ 850 000 personnes) devraient signer un registre. 

Le gouvernement serait alors obligé de déclencher un référendum et le gouvernement serait lié par le résultat du référendum.

Certaines questions ne pourraient pas être soumises au vote populaire : les questions d’ordre fiscal, de même que celles qui vont à l’encontre de la Charte des droits et libertés de la personne, de la future charte de la laïcité et de la future constitution du Québec (deux promesses du PQ). 

Le droit à l’avortement pourrait-il être soumis à un référendum? Non, a répondu Pauline Marois, puisque ça irait à l’encontre de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.

Deux spécialistes que j’ai consultées confirment cette interprétation de la chef péquiste. 

Il est opportun de noter que Pauline Marois avait indiqué le 29 janvier, à l’issue du Conseil national du Parti québécois à Montréal, que c’est l’Assemblée nationale qui encadrerait, après l’élection d’un gouvernement péquiste, les référendums d’initiative populaire. Mme Marois envisageait d’ailleurs que les élus de l’Assemblée nationale conservent un droit de veto, un élément qu’elle semble avoir laissé tomber. 

De toute évidence, les attaques du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec contre les référendums d’initiative populaire ont forcé Pauline Marois à en définir dès maintenant les principales règles.

Néanmoins, plusieurs autres aspects des référendums d’initiative populaire devront être débattus, le cas échéant. Par exemple, combien de fois une même question peut-elle être posée? Ou encore, une répartition régionale des signatures recueillies sera-t-elle nécessaire, comme c’est le cas en Colombie-Britannique, où au moins 10 % des électeurs de chaque circonscription doivent signer le registre pour forcer la tenue d’un référendum?

Catégorie: Québec

Services de garde, services essentiels?

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 publié le 15 février 2012 à 16 h 31

Il y a quelque chose d’un peu « contre nature » dans le fait de confier nos enfants à de parfaits inconnus pendant huit ou neuf heures par jour pour nous permettre de travailler. Mais c’est ce que des centaines de milliers de parents font chaque jour, avec confiance, dans le réseau des garderies du Québec.

Alors, on comprend que chaque journée de grève cause des problèmes à ces parents, obligés de passer au « plan B ». C’est-à-dire, dans bien des cas, les grands-parents. Les parents sont pris en otage, ils doivent se débrouiller. Et même si de façon générale ils appuient les revendications des éducatrices syndiquées, ils préféreraient de loin ne pas avoir à subir ces inconvénients.

Pour éviter ces casse-têtes, la Coalition avenir Québec demande que les services de garde soient considérés comme des services essentiels.

Quand on parle de services essentiels, on pense souvent aux policiers ou aux pompiers. Ils n’ont pas de droit de grève, ils peuvent seulement exercer des moyens de pression. Rappelez-vous des jolis pantalons colorés des policiers de la Sûreté du Québec, de la ville de Québec ou de Montréal. Dans ces cas, pas de doute sur le caractère « essentiel » de ces services. Si votre maison brûle, vous voulez que les pompiers interviennent.

Curieusement, le Code du travail ne définit pas les services essentiels, mais précise certains critères associés aux services essentiels. Voici ce qui est écrit sur le site du Conseil des services essentiels  : « On a plutôt balisé cette notion par le critère de la santé ou de la sécurité publique (article 111.0.17). Ainsi, dans les services publics, la portée de cette notion est donc guidée par des critères de santé ou de sécurité de la population. »

Question : en quoi une grève des services de garde menace-t-elle la santé et la sécurité de la population?

Les adversaires de la CAQ ont évidemment leur réponse. En rien! Ils disent que cette proposition, « faite sur le coin d’un bureau », est farfelue, amateur et irréalisable.

À première vue, seule une modification des critères des services essentiels permettrait d’appliquer cette proposition.

Catégorie: Québec

Trudeau, Marois, Paillé, même combat?

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 publié le 15 février 2012 à 14 h 12

Intéressant de voir les diverses réactions devant l’épanchement de Justin Trudeau au sujet de l’évolution de « son » Canada sous le joug de Stephen Harper.

Ici, les gens du Bloc québécois ont été prompts à noter qu’il ne faisait que se joindre à un constat qu’ils ont fait depuis longtemps. Et on ne peut s’empêcher de retrouver dans ses propos des arguments qui rejoignent les discours récents des chefs souverainistes.

Pauline Marois s’est livrée à toute une envolée contre le gouvernement Harper à l’ouverture du Conseil national du PQ il y a deux semaines. Le pire gouvernement du Canada pour le Québec, selon elle, affirmant même que M. Harper est « le véritable adversaire du Québec ».

Début décembre, quelques minutes après avoir officiellement succédé à Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois, Daniel Paillé négligeait, oubliait presque, le NPD qui vient de décimer son parti, pour s’en prendre à Stephen Harper avec des arguments et des exemples que n’aurait pas rejeté Justin Trudeau, en tout cas, pas cette semaine.

Et là où la réaction dans le reste du Canada, le ROC, devient intéressante, c’est que personne — je ne prétends pas avoir tout lu, mais quand même —, disons presque personne, ne fait un lien avec le discours souverainiste en vogue.

Tout au plus, le professeur à l’Université d’Ottawa Robert Asselin,  qui a aussi été conseiller de chefs libéraux fédéraux, note que M. Trudeau traduit quand même le sentiment d’un nombre important de Québécois. Ensuite, en bon libéral, il passe notamment à l’analyse du statut de M. Trudeau et de ses aspirations à devenir le chef du PLC, qualifiant le geste de « narcissique au départ ».

Les autres commentateurs, pour la plupart anglophones, font encore moins le rapport entre Trudeau et l’opinion québécoise. Ils se concentrent sur le personnage, ses ambitions et surtout sur son père. Pour eux, Justin Trudeau semble être un de ces Québécois prêts à être canadien à ses conditions ou quand ça lui chante.

Ce qui se passe au Québec, hormis les scandales, ne semble pas retenir l’attention dans le ROC, et les gens du gouvernement Harper se défendent eux aussi fréquemment de négliger ou d’avoir laissé tomber le Québec, surtout depuis l’élection du 2 mai.

Catégorie: Ottawa