En 2008, lors du premier Conseil national de Pauline Marois à titre de chef du PQ, elle s’était opposée vivement à l’idée des référendums d’initiative populaire parrainée par le SPQ-Libre. La chef voulait alors supprimer l’obligation de tenir un référendum dans un premier mandat. L’option d’un référendum exigé par un grand nombre de citoyens, par pétition, a également été jugée inacceptable. À ce Conseil national (mars 2008), Pauline Marois faisait adopter sa gouvernance souverainiste (pas d’obligation référendaire) et éliminait en 2010, le SPQ-Libre comme groupe politique au sein du PQ.
Mais voilà … La crise de leadership qu’a connue Pauline Marois dans les derniers mois semble avoir fragilisé son emprise sur ce parti. Voilà que Bernard Drainville, Marc Laviolette (ex-président du SPQ-Libre) et Paul Crête (ex-député du Bloc québécois, membre de l’exécutif du PQ) ont fait alliance pour promouvoir la proposition de référendums d’initiative populaire qui, cette fois, a été adoptée aussi facilement qu’elle avait été battue en 2008.
Pauline Marois devra maintenant composer avec cette réalité, mais elle pourra toujours imposer des conditions à la reconnaissance d’une telle pétition. Ainsi, faudra-t-il un demi-million de signataires pour qu’un gouvernement soit lié à la demande d’un référendum sur la souveraineté du Québec ou sur tous les autres sujets d’intérêts publics? Fera-t-on passer ce nombre à un million? Nous sommes donc encore loin de cette réalité. De plus, le Parti québécois devra d’abord prendre le pouvoir, ce qui n’est pas écrit dans le ciel.
En me projetant dans un avenir dominé par la fiction, j’imagine une scène troublante : une première ministre (Marois) ne voulant pas de référendum et un ministre (Drainville) faisant la promotion d’une pétition sur la tenue d’un référendum. Cela pourrait nous offrir encore d’autres bons moments de démocratie directe!

