Billets publiés en janvier 2012

PQ : une pétition, un référendum

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 publié le 29 janvier 2012 à 15 h 12

En 2008, lors du premier Conseil national de Pauline Marois à titre de chef du PQ, elle s’était opposée vivement à l’idée des référendums d’initiative populaire parrainée par le SPQ-Libre. La chef voulait alors supprimer l’obligation de tenir un référendum dans un premier mandat. L’option d’un référendum exigé par un grand nombre de citoyens, par pétition, a également été jugée inacceptable. À ce Conseil national (mars 2008), Pauline Marois faisait adopter sa gouvernance souverainiste (pas d’obligation référendaire) et éliminait en 2010, le SPQ-Libre comme groupe politique au sein du PQ.

Mais voilà… La crise de leadership qu’a connue Pauline Marois dans les derniers mois semble avoir fragilisé son emprise sur ce parti. Voilà que Bernard Drainville, Marc Laviolette (ex-président du SPQ-Libre) et Paul Crête (ex-député du Bloc québécois, membre de l’exécutif du PQ) ont fait alliance pour promouvoir la proposition de référendums d’initiative populaire qui, cette fois, a été adoptée aussi facilement qu’elle avait été battue en 2008.

Pauline Marois devra maintenant composer avec cette réalité, mais elle pourra toujours imposer des conditions à la reconnaissance d’une telle pétition. Ainsi, faudra-t-il un demi-million de signataires pour qu’un gouvernement soit lié à la demande d’un référendum sur la souveraineté du Québec ou sur tous les autres sujets d’intérêts publics? Fera-t-on passer ce nombre à un million? Nous sommes donc encore loin de cette réalité. De plus, le Parti québécois devra d’abord prendre le pouvoir, ce qui n’est pas écrit dans le ciel.

En me projetant dans un avenir dominé par la fiction, j’imagine une scène troublante : une première ministre (Marois) ne voulant pas de référendum et un ministre (Drainville) faisant la promotion d’une pétition sur la tenue d’un référendum. Cela pourrait nous offrir encore d’autres bons moments de démocratie directe!

Catégorie: Québec

Le putsch avorté

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 publié le 28 janvier 2012 à 15 h 58

Si une nouvelle preuve était nécessaire pour démontrer que Gilles Duceppe n’était pas réellement prêt à assumer à court terme la direction du Parti québécois, il suffit d’examiner la façon dont il a mené ce présumé putsch contre Pauline Marois.

Le 8 novembre dernier, Gilles Duceppe écrit une lettre à Pauline Marois pour affirmer qu’il ne souhaitait pas la remplacer à la tête du Parti québécois.

Le 11 décembre, l’ancien chef du Bloc québécois s’adresse aux militants de ce parti réunis à Montréal à l’occasion de l’élection d’un nouveau chef, Daniel Paillé.  Gilles Duceppe ne leur parle que quelques minutes et s’en tient aux défis du Bloc québécois.  Si Gilles Duceppe savait ce jour-là qu’il voulait devenir chef du Parti québécois, pourquoi ne pas avoir prononcé un discours d’une tout autre envergure, qui aurait balayé large et lui aurait permis de présenter une vision politique qui aurait tenu compte de cette nouvelle perspective?

Le 31 décembre, Gilles Duceppe est l’un des invités de l’émission Tout le monde en parle.  Profite-t-il de l’occasion, alors que plus de un million de Québécois sont devant leur petit écran, pour manifester son intérêt pour diriger le Parti québécois?  Non.  Pourtant, il est déjà prévu que le Conseil national du PQ, étape cruciale pour le leadership de Pauline Marois, aurait lieu dans un mois.

Mais, voilà, il y a une dizaine de jours, des proches de Gilles Duceppe soutiennent auprès de plusieurs médias que l’ancien chef bloquiste est désormais disponible pour succéder à Pauline Marois.

Quelques jours plus tard, des révélations sur l’usage des fonds de la Chambre des communes par le Bloc québécois font reculer Gilles Duceppe, qui affirme qu’il doit désormais se consacrer entièrement à la défense de son intégrité.  Ce désistement a mis un terme à la contestation du leadership de Pauline Marois, jusqu’aux prochaines élections.

Est-il possible que Gilles Duceppe, éprouvé par une magistrale défaite électorale il y a moins de huit mois, ne savait pas vraiment ce qu’il voulait?  Est-il possible que Gilles Duceppe n’était tout simplement pas prêt à prendre la relève de Pauline Marois?

Le manque d’empressement et de détermination de Gilles Duceppe dans cette affaire donne à ce présumé putsch toutes les allures d’un acte manqué.

Catégorie: Québec

La fougue d’un jeune député

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 publié le 27 janvier 2012 à 18 h 22

« Je ne souhaite pas être candidat ailleurs qu’à Matane, sinon j’irai faire autre chose. »

La fougue de Pascal Bérubé va-t-elle lui faire perdre la possibilité de se représenter dans Matane? La question se pose en raison de ses propos tenus mercredi (25 janvier) lors du caucus du Parti québécois.

C’est que la situation est délicate pour ce député de 36 ans, celui qui adore son rôle d’élu. À la suite du redécoupage de la carte électorale, sa circonscription, celle de Matane, disparaîtra lors des prochaines élections générales. Plus de la moitié de son territoire actuel sera annexé à la circonscription libérale de Gaspé. La partie restante sera englobée par la circonscription de Matapédia, représentée par la péquiste Danielle Doyer, 60 ans.

Juste avant les Fêtes, Pascal Bérubé a rencontré Danielle Doyer pour discuter de la situation. Si Mme Doyer se représente, M. Bérubé irait-il contre elle dans une investiture? Ce serait la première fois que deux députés d’une même formation politique se présenteraient l’un contre l’autre! L’image du PQ, déjà associée aux chicanes, ne ferait que prendre du relief…

Pascal Bérubé affirme qu’il ne le fera pas. Il attend donc que Mme Doyer décide de se représenter ou non. La bousculer pourrait l’amener à rester en place pour ne pas donner l’impression qu’on lui présente la porte de sortie, elle qui est encore très populaire dans sa circonscription.

Pendant ce temps, le jeune député est « courtisé » publiquement par le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qui connaît bien Pascal Bérubé.

Et si Danielle Doyer se représente, Pascal Bérubé se présentera-t-il dans Matane sous la bannière de la CAQ? Il assure que non. « Je suis péquiste depuis si longtemps », dit-il. François Rebello disait la même chose…  À suivre.

Catégorie: Québec

PQ : gouverner ou se chicaner

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 publié le 26 janvier 2012 à 9 h 43

« Pour tenir et garder le cap, vous pouvez compter sur moi. » Trois jours seulement après que Gilles Duceppe eut fermé la porte à un éventuel retour en politique, Pauline Marois utilise déjà sa victoire contre les prétentions ratées de Duceppe pour unir ses militants et son caucus.

Le PQ doit faire vite. L’élection arrivera tôt ou tard. Il a peu de temps pour prouver à une opinion publique devenue sceptique que sa formation peut gouverner plutôt que de se chicaner continuellement.

Depuis 1995, le PQ a été dirigé par cinq chefs. Pour la même période, le PLQ n’en a eu que deux. En fait, sur la question de la stabilité, le seul avantage que possède Pauline Marois sur Jean Charest, c’est que sa crise des démissionnaires aura duré huit mois, alors que celle du chef du PLQ sur les allégations de corruption dans le monde de la construction s’est étalée sur plus de deux ans.

Pour unir ses troupes et surtout sa clientèle souverainiste, elle a décidé de battre du tambour contre Stephen Harper et son idéologie de droite. Cela a fonctionné lors de son discours devant les étudiants de l’Université de Montréal lundi (23 janvier) et lors de l’assemblée d’investiture de son député de Berthier, mercredi (25 janvier), à Saint-Jean-de-Matha. La chef péquiste espère maintenant rallier son parti derrière elle à son conseil national à Montréal en fin de semaine.

En politique, rien de mieux que d’identifier et de dénoncer l’ennemi commun pour unir les siens derrière soi.

Catégorie: Québec

Pauline Marois, une « croisée »?

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 publié le 23 janvier 2012 à 9 h 34

« Pauline Marois ne passe pas », disait-on dans les milieux péquistes et au sein de la population. Que dira-t-on d’elle maintenant qu’elle a montré, avec sang froid, sa détermination à demeurer à la tête d’un parti politique habitué à déplacer ses chefs à la première crise de confiance?

Les « purs et durs » de la souveraineté désirent un chef qui ne casse pas devant les nombreux obstacles menant à la souveraineté. N’a-t-elle pas prouvé qu’elle peut, elle aussi, être un croisé? Remarquez que le genre du mot « croisé » n’est qu’au masculin…

Madame est solide. Sa « virilité politique » s’est déployée avec beaucoup d’éclats ces derniers jours. La féminine robustesse de Madame rendra-t-elle le Parti québécois plus solide? Rien ne permet de le dire pour l’instant tellement ce parti nous a habitués à des crises successives depuis le référendum de 1995. Il faudra bien que la machine péquiste devienne plus efficace et que la chef reprenne le contact avec un caucus inquiet, désemparé par les sondages et irrité par certains comportements provenant de son entourage.

La dernière semaine se termine par le triomphe de Pauline Marois, mais qu’en est-il de la « marque de commerce » du Parti québécois auprès de la population? La dame doit maintenant convaincre les Québécois que le Parti québécois est capable de s’attaquer à d’autres choses qu’à lui-même.

Catégorie: Québec

Politique québécoise Prévisions 2012

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 publié le 1 janvier 2012 à 11 h 40

JEAN CHAREST

Si la logique prévaut, le premier ministre annoncera qu’il quitte la vie politique d’ici la mi-février. Du prochain scrutin, Jean Charest ne peut pas tirer d’avantages clairs. Au mieux, une victoire marquée par des pertes sérieuses, pour remporter la direction d’un fragile gouvernement minoritaire.

Puisque la logique ne prévaut pas toujours, Jean Charest pourrait décider de persévérer… auquel cas, il risque d’être contraint de tenir des élections d’ici l’été. Le calendrier politique n’appartient plus tout à fait au premier ministre, il est miné par la commission Charbonneau.

Si Jean Charest quittait ses fonctions, il bouleverserait les échéances politiques.  Le Parti libéral devrait lancer une quête pour dénicher un nouveau chef et le prochain premier ministre. La personne choisie entreprendrait ensuite un dangereux périple, parsemé d’obstacles.
 

PAULINE MAROIS

La chef du Parti québécois ne paraît plus être en péril. Son caucus s’est apaisé et en l’absence de toute relève immédiate (Gilles Duceppe n’est manifestement pas prêt pour un retour en politique), les délégués du Conseil national devraient confirmer son leadership ou, à tout le moins, ne pas le contester.

Il y a désormais une certaine urgence électorale et, fin janvier, le Parti québécois n’aura d’autre choix que de miser sur le commandement actuel.

Pauline Marois n’est peut-être plus menacée, mais elle est blessée et affaiblie.

Quoique, parfois, ce qui ne tue pas rend plus fort.

Le puissant taux d’insatisfaction contre le gouvernement Charest permet au PQ d’espérer qu’il pourra se tirer d’affaire, advenant une baisse d’intérêt pour François Legault.

 

 FRANÇOIS LEGAULT

L’année 2011 s’est déroulée à merveille, ou presque, pour François Legault.  D’autant que la création d’un parti est un exercice périlleux et complexe.

2012 sera encore plus exigeante pour celui que les sondages consacrent premier ministre.  La mise sur pied d’une équipe de candidats, l’élaboration du programme électoral, la tenue d’un congrès et la coordination avec l’aile parlementaire comptent parmi les problèmes déjà visibles.

La préparation pour une éventuelle prise de pouvoir pourrait même apparaître sur la liste de tâches de François Legault.

Néanmoins, l’épreuve des faits sera très rude, il n’y a aucun doute. D’autant que François Legault n’est pas toujours le plus dégourdi en ces circonstances.

Le principal avantage de François Legault, c’est qu’il effectue un retour à un moment propice sur la scène politique et qu’il possède, en prime, un certain flair pour jauger l’état d’esprit des Québécois.

C’est la coupe que François Legault veut décrocher – il réclame un gouvernement majoritaire – et, pour le moment, les Québécois paraissent intéresser à la lui offrir.

 

 ET LES AUTRES

Québec solidaire fera tout en son pouvoir pour sortir Amir Khadir de son isolement. Le parti de gauche doit prendre de l’expansion, sa crédibilité en dépend.

Louise Beaudoin ne sera pas candidate et, si la tendance se maintient, Lisette Lapointe sera candidate pour plusieurs partis.

Jean-Martin Aussant a créé l’Option nationale. Ce sera probablement sa seule option.

Pierre Curzi sait qu’il est à son mieux lorsqu’il se représente lui-même, mais il sait aussi qu’il peut difficilement espérer une victoire à titre d’indépendant.

Gérard Deltell va officier aux funérailles de l’Action démocratique du Québec et diriger l’aile parlementaire de choc de la Coalition avenir Québec.  Dans les deux cas, ce seront des rôles de composition.

 

Catégorie: Élections Québec, Québec