Billets publiés en novembre 2011

La réunion secrète de Daniel Ratthé

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 publié le 24 novembre 2011 à 16 h 15

Le 25 octobre dernier, à la veille du caucus du Parti québécois, le député Daniel Ratthé réunit quelques députés dans son appartement de Québec afin d’évaluer la façon la plus élégante possible pour Mme Marois de quitter la direction du Parti québécois.

Le but :  dénouer la crise qui déstabilise son parti.

Étaient présents à la rencontre, les députés :

Guy Leclair – Beauharnois

André Villeneuve – Berthier

Guillaume Tremblay – Masson

Gilles Robert – Prévost

Stéphane Bergeron – Verchères

Les députés ont convenu de demander au doyen de l’aile parlementaire, François Gendron, d’intervenir pour que Mme Marois parte de façon volontaire.

Le lendemain, François Gendron ne réussit pas à convaincre Pauline Marois. Le caucus du 26 octobre est un caucus de crise : une dizaine de députés demande la démission de la chef. Elle refuse.

La crise prend de l’ampleur…

Catégorie: Québec

Brouillard sur la colline Parlementaire

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 publié le 22 novembre 2011 à 13 h 09

Lorsque François Legault a lancé ses consultations politiques en février 2011, l’ancien ministre péquiste a entrepris une véritable opération de reconfiguration de la scène politique québécoise. François Legault savait ce qu’il voulait faire, il avait un plan, mais il pouvait difficilement mesurer l’importance des bouleversements qu’il allait provoquer.

Alors, aujourd’hui, neuf mois plus tard, où en est le Québec? 

À première vue, le paysage politique québécois est nimbé d’un épais brouillard. 

Tous les partis politiques et tous les élus de l’Assemblée nationale, presque sans exception, avancent à tâtons. 

Qui, parmi les 125 parlementaires, sait ce qui l’attend? Seulement une poignée d’entre eux, moins d’une vingtaine, peuvent affirmer sans trop de craintes qu’ils auront leur siège au Salon bleu dans 12 ou 24 mois. Il n’y a que les députés qui représentent des circonscriptions avec un électorat à prépondérance anglophone qui ne paraissent pas menacés. Ce sont, en l’occurrence, des députés libéraux, qui forment le noyau dur du Parti libéral du Québec. Un noyau que même François Legault, dans les meilleures circonstances, ne peut entamer.

Les autres députés du Parti libéral, ceux qui représentent des circonscriptions à prépondérance francophone, ne peuvent être aussi optimistes. Selon les données des sondages, la Coalition de François Legault exerce un attrait considérable sur l’électorat francophone. 

Tous les députés du Parti québécois sont ainsi menacés, particulièrement ceux de la grande région de Montréal. Dans les régions, il faut tenir compte de la force des candidats, quoiqu’une vague pourrait aisément emporter avec elles les enjeux locaux, comme on l’a vu le 2 mai avec l’élection de 59 députés néo-démocrates. 

Québec solidaire perd jusqu’à 25 % de son électorat aux mains de la Coalition avenir Québec, si on en croit les intentions de vote actuelles. Amir Khadir a de bonnes chances de conserver la circonscription de Mercier, mais ce sera pour Françoise David, l’autre porte-parole de QS, tout un défi de remporter Gouin, un siège bien instable occupé actuellement par le péquiste Nicolas Girard. Dans une course entre trois principaux partis, le 4e joueur, Québec solidaire, risque de souffrir de cette nouvelle configuration. Leurs électeurs les moins convaincus risquent de vouloir participer à cette lutte à trois avec leur vote. 

L’Action démocratique du Québec a toutes les chances de disparaître, par voie d’alliance ou par la force des choses. Les députés qui composent son aile parlementaire peuvent espérer, sous l’aile de la Coalition, conserver leurs sièges, pourvu que ce passage s’effectue sans trop de heurts et qu’ils ne se voient pas accoler l’étiquette peu enviable de vire-capot. 

Les députés qui ont quitté le caucus du Parti québécois vivent une période difficile, et la suite des choses ne sera pas plus aisée. Benoît Charrette est une exception, puisqu’il envisage de rallier la Coalition, ce qui pourrait se faire assez rapidement. Les anciens adéquistes Marc Picard et Éric Caire tenteront d’en faire autant. 

Mais « la bande des quatre », les Aussant, Curzi, Lapointe et Beaudoin, aura des choix à faire. Les deux femmes ne se représenteront peut-être pas. Les deux hommes ont d’autres ambitions, apparemment. Jean-Martin Aussant a fondé un nouveau parti et Pierre Curzi ne sait plus trop comment miser sur sa popularité pour faire avancer les causes qui lui tiennent à cœur. 

Il y a aussi le cas de René Gauvreau, député de Groulx, expulsé du caucus péquiste pour mauvaise gestion de son bureau de circonscription, qui ne paraît pas en excellente position pour convaincre ses électeurs de renouveler son mandat.

Le sort des chefs

Le sort des chefs de partis n’est pas plus clair. Gérard Deltell a le choix d’être chef de presque rien ou de devenir un sous-chef d’un plus grand ensemble.

On ne peut douter de la détermination de Pauline Marois à rester en poste. Il n’est pas certain toutefois qu’elle en a la capacité. Peut-elle encore inspirer ses troupes et ses députés pour entreprendre la prochaine joute? 

Amir Khadir et Françoise David, leur titre officiel est porte-parole de Québec solidaire, seront au rendez-vous, bien sûr, de même que François Legault, chef autoproclamé de la Coalition avenir Québec.

Jean Charest montre les signes d’un homme qui veut aller au combat, une attitude qu’il se doit d’afficher, il en va de son autorité. Le premier ministre n’a plus que quelques semaines pour prendre une décision. S’il quitte la vie politique, le chef du PLQ doit laisser à son parti le temps d’élire un successeur qui, lui aussi, aura besoin de temps pour se faire connaître. Puisqu’il a l’intérêt de son parti à cœur, on saura donc bientôt à quoi s’en tenir avec Jean Charest, maintenant qu’approche le début de la quatrième année de son mandat. 

Jean Charest a beaucoup à perdre s’il fonce dans cette course à trois. Pour l’emporter, majoritaire ou minoritaire, le Parti libéral doit conserver une emprise sur l’électorat francophone. Le niveau de difficulté de ces élections pourrait encourager Jean Charest à se lancer dans la mêlée. Il est au sommet de sa forme, voire plus à l’aise, lorsque les échanges sont vigoureux. L’ennui, c’est que la meilleure des éventualités électorales risque de prendre les allures d’une victoire à la Pyrrhus. Si victoire il y a.

Dès lors que la démission de Jean Charest est évoquée, il est question de sa succession, de l’absence de succession. Certes, des noms circulent : Raymond Bachand, il y a peu de doutes, Lyne Beauchamp peut-être, Jean-Marc Fournier, possible, ou Pierre Moreau, avec un peu d’imagination. Ils ne sont pas nombreux autour de la table, celle du Conseil des ministres, à pouvoir aspirer à prendre les commandes, et il n’est pas sûr que parmi ceux-là, il y a un esprit qui gagne l’intérêt et l’adhésion des Québécois.   

Est-ce que le vide derrière Jean Charest, dont la longévité a découragé les plus prometteurs, compte parmi les facteurs qui influenceront le premier ministre? C’est faire appel à un sens du devoir et du sacrifice que l’on ne peut guère exiger d’un homme politique, mais il n’est pas impossible qu’il en tienne compte.

La démission de Jean Charest est l’événement le plus susceptible d’empêcher la tenue d’élections générales dès ce printemps.  Si Jean Charest reste, la fenêtre du printemps paraît idéale, avant le début des audiences publiques de la commission Charbonneau. Si Jean Charest démissionne, c’est le Parti libéral qui sera à la recherche d’un chef ce printemps. Et le Québec attendrait, peut-être un an de plus, avant de se prononcer sur le sort de ses élus à l’Assemblée nationale. D’ici à ce que se lève véritablement un vent électoral, cette zone de brouillard risque de maintenir son emprise sur la colline Parlementaire.

Catégorie: Québec

Le nouvel an 1 pour François Legault

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 publié le 15 novembre 2011 à 12 h 09

Recruté par Lucien Bouchard en 1998, l’homme d’affaires François Legault s’est immédiatement présenté comme un souverainiste, et depuis l’âge de 16 ans. 

Quand, à l’adolescence, on construit un idéal comme celui-là et qu’il est toujours présent dans la quarantaine, c’est que la force des convictions et l’expérience de la vie n’ont pas entamé le rêve.

François Legault s’est engagé avec le Parti québécois APRÈS le référendum de 1995, donc en toute connaissance de cause. C’était après deux échecs pour le camp souverainiste.

En 2005, il présentait son budget de l’an 1 dans l’éventualité où le Québec deviendrait un pays (« Finances d’un Québec souverain »). Il affirmait que la souveraineté du Québec était « un projet emballant qui devait être présenté clairement, honnêtement et sans détour à la population ».  Il n’a cessé de défendre cet exercice comptable, affirmant que le système fédéral limitait la croissance économique de la nation québécoise.

Le 14 novembre 2011, à l’âge de 54 ans, l’an 1 pour François Legault est devenu la formation d’un parti politique qui prône le statu quo constitutionnel pour au moins 10 ans, soit la période où il promet de diriger sa nouvelle coalition, devenue parti politique.

L’adolescent de 16 ans est-il devenu pragmatique, ou préserve-t-il son rêve?

À suivre…

Catégorie: Québec

Le grand jour pour François Legault

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 publié le 14 novembre 2011 à 9 h 07

François Legault effectue un retour en politique active aujourd’hui. 

En guise de rappel, voici quelques extraits de sa conférence de presse du 25 juin 2009, le jour de sa démission, sept mois et demi après sa réélection comme député de Rousseau. 

« Pour moi, il y a trois défis qu’il nous faudra surmonter. D’abord, le Québec a toujours un écart de richesse important avec les autres États en Amérique du Nord. Ensuite, nos réseaux publics de santé et d’éducation connaissent de graves problèmes d’efficacité. Et enfin, le Québec vit une crise des finances publiques. »

 Sur sa vision politique qui, en deux ans et demi, n’a pas tellement changé :

« Il faut changer la culture dans nos écoles, dans nos commissions scolaires, dans nos hôpitaux et dans nos agences de santé pour mettre en place une culture de l’évaluation et une culture des résultats. »

 Sur la souveraineté qui ne se réalise pas et le fédéralisme qui ne se renouvelle pas :

« […] il y a des Québécois fédéralistes qui souhaiteraient renouveler le fédéralisme, mais le fruit n’arrête plus [...] n’en finit plus de mûrir, et puis on se retrouve dans une situation où le Québec n’a pas réglé son problème constitutionnel. Donc, je pense que ce qui est vrai pour les souverainistes est aussi vrai pour les fédéralistes. »

 

« Bien, je continue à penser que la souveraineté, c’est un projet pertinent. Puis, moi, je suis un ancien puis peut-être un futur homme d’affaires, donc j’aime ça être en contrôle. Donc, de contrôler tous nos pouvoirs, c’est quelque chose, là, que je souhaiterais. Je pense qu’on serait mieux servis. Maintenant, il faut prendre acte qu’actuellement il y a tellement de cynisme, il y a tellement peu de confiance de la population envers la classe politique que tout projet politique, que ce soit la souveraineté du Québec ou des projets de création de richesse ou tout projet de société, devient presque impossible à présenter. Donc, on a des questions à se poser, tout le monde. Bon. Moi, le premier, j’ai fait 10 ans en politique, mais, vous aussi, et tout le monde, on doit se poser des questions. »

Sur la chef de sa formation politique, Pauline Marois :
(traduction de l’anglais)

Journaliste : « Pourquoi ne pas attendre et participer à une éventuelle course à la direction du Parti québécois? »
François Legault : « Il n’y a pas de course à la direction présentement, et j’ai confiance en Mme Marois. »

Catégorie: Québec

Fournier : « L’évolution… évolue… »

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 publié le 10 novembre 2011 à 21 h 39

 Le ministre de la Justice, dans notre système parlementaire, doit incarner l’indépendance propre au troisième pouvoir, le judiciaire.

Ce ministre au statut unique et de grande valeur, doit être réservé dans ses propos, tout en retenue et ne jamais donner l’impression qu’il veut ou peut influencer les juges dans le cadre de leur fonction. C’est le seul ministre du Cabinet qui peut tenir tête au premier ministre s’il le juge à propos.

Ce gouvernement a tenu une Commission d’enquête sur le processus de nomination des juges (commission Bastarache), ce premier ministre a dû démissionner en janvier 1990, alors qu’il était ministre conservateur de la Condition physique et du Sport amateur, pour avoir tenu une conversation inappropriée avec un juge… Nous voilà malgré tout, encore une fois, au coeur d’une controverse sur l’indépendance judiciaire.

Le premier ministre Charest a voulu créer une commission d’enquête en contournant la Loi sur les commissions d’enquête, il a dû revenir sur sa décision.

Le ministre de la Justice a défendu plus d’une fois cette commission façonnée au goût du premier ministre. Jean-Marc Fournier a même soutenu, le dimanche 23 octobre (lors du congrès du PLQ), que la juge Charbonneau devrait d’abord établir sa preuve avant de demander les pleins pouvoirs. Voilà un ministre déculotté par la demande de la juge Charbonneau qui a exigé lundi (7 novembre) les pleins pouvoirs. France Charbonneau porte maintenant sur ses épaules l’indépendance de sa fonction.

Bonne chance, Madame la juge!

 

Catégorie: Québec

Les premiers mots de la commissaire Charbonneau

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 publié le 10 novembre 2011 à 11 h 02

La lettre de France Charbonneau au premier ministre Jean Charest mérite d’être lue avec attention.

D’autant, qu’en écrivant à Jean Charest, la commissaire s’adresse pour la première fois aux Québécois.

Alors, examinons ce document, qui tient en une seule page. D’abord, il est rédigé sur le papier à en-tête de la juge de la Cour supérieure, ce qui paraît logique, puisque c’est en vertu de cette fonction qu’elle a été nommée commissaire. Cela a surtout l’avantage de souligner son indépendance par rapport au premier ministre. 

La question de l’indépendance de la commissaire est aussi la clé qui permet de comprendre le deuxième paragraphe. France Charbonneau y précise qu’elle a accepté le mandat du juge en chef en sachant qu’elle aurait pour tâche d’examiner l’étendue, la portée du mandat et les pouvoirs de la commission. 

Mme Charbonneau paraît dire deux choses ici :

1. Elle a accepté l’affectation confiée par le juge en chef de la Cour supérieure, sans avoir obtenu tous les détails.

2. En affirmant qu’elle avait pour devoir de procéder à cet examen sur le mandat et les pouvoirs de la commission, France Charbonneau chasse ici le nuage qui aurait pu assombrir son indépendance. La commissaire ne demande pas des pouvoirs élargis au premier ministre. Ici, on voit plutôt une juge de la Cour supérieure fédérale, dont l’expertise est sollicitée et qui, après examen, formule des recommandations au chef de l’exécutif provincial. 

Dans le troisième paragraphe, la commissaire motive ses recommandations. « Il apparaît essentiel », écrit-elle, que la commission puisse contraindre les témoins, leur offrir l’immunité, et qu’une entière et réelle immunité protège les commissaires.

Le premier ministre n’avait plus le choix et il a finalement jeté les armes.

Résultat : le nouveau décret rend quasi obsolète un autre décret, adopté il y a trois semaines à peine , le 19 octobre. De ce premier décret, il ne reste que le mandat et le nom de la commissaire. 

Et, somme toute, ces deux décrets deviennent une démonstration et une accablante preuve administrative de l’échec du gouvernement Charest dans sa tentative de créer une commission d’enquête démunie et désarmée.

Catégorie: Québec

De Gilles à Pauline, de Gérard à François

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 publié le 8 novembre 2011 à 22 h 58

C’est tout l’art de dire non, avec gentillesse. 

Réponse de Gilles Duceppe à Pauline Marois : « Comme je te l’ai dit en privé, je n’exclus pas de me joindre à toi et au Parti québécois dans l’avenir, mais je ne me sens pas prêt, actuellement, à replonger dans la vie politique active. »

C’est gentil, mais c’est aussi habile. Même si Gilles Duceppe réitère qu’il n’a pas l’intention de « prendre la place de qui que ce soit », il laisse une porte grande ouverte pour un retour à la vie politique et qui plus est, au Parti québécois. L’ancien chef du Bloc québécois écrit qu’il souhaite que Pauline Marois mène le PQ à la victoire aux prochaines élections. Il souligne aussi le courage exceptionnel que la chef du PQ a démontré au cours des derniers mois. 

 Je note tout de même un léger reproche dans la seconde phrase de cette lettre : « Cette invitation ayant pris une tournure publique, je me sens l’obligation de lever toute ambiguïté. »  Puisque c’est Pauline Marois qui a donné une « tournure publique » à cette invitation, c’est elle qui a contraint Gilles Duceppe à faire preuve de clarté. D’ailleurs, c’était probablement l’objectif de la chef péquiste : obliger Gilles Duceppe à se positionner et c’est dorénavant chose faite. 

Mais, à terme, il y a bien peu, dans cette lettre, pour rassurer Pauline Marois. Certes, M. Duceppe a écrit que « cela ne signifie nullement, comme certains l’ont affirmé, que je me tienne en « réserve de la république ». Néanmoins, Gilles Duceppe n’a pas dit que la direction du Parti québécois ne l’intéressait pas. On comprend surtout qu’il ne se manifestera pas, tant que Pauline Marois sera aux commandes.

L’ADQ et la CAQ

L’autre missive est d’une nature différente. Gérard Deltell s’adresse officiellement aux membres de son parti, mais il fait également un geste d’ordre stratégique qui vise François Legault. Le chef adéquiste indique tout autant à ses membres qu’à François Legault, le cadre dans lequel devront se dérouler les négociations. C’est de bonne guerre. S’il y a fusion, lire ici la disparition de l’ADQ, Gérard Deltell veut faire les choses dans l’ordre et le respect des membres de son parti.

Cela dit, ça ne change pas grand-chose. Dans l’état actuel, ou bien l’ADQ négocie cette fusion avec succès ou bien ce parti paraît en voie de disparaître aux prochaines élections générales. Il est clair que ce n’est pas Gérard Deltell qui a les grosses cartes dans son jeu. Avec cette lettre, M. Deltell tente tout de même d’établir les règles dans l’espoir de forcer François Legault et ses propres députés à s’y soumettre, du moins en apparence. 

Un texte de Michel Pepin

 

Catégorie: Québec

Le patron de l’Unité permanente anticollusion, Robert Lafrenière, a congédié Jacques Duchesneau, directeur de l’Unité anticollusion, le vendredi 28 octobre pour manque de loyauté.

Moins d’une semaine plus tard, la sous-ministre des Transports, Dominique Savoie, a révélé qu’elle est en discussion avec Jacques Duchesneau pour mettre en œuvre le plan d’action du ministère dans la foulée du rapport accablant de l’Unité anticollusion, dévoilé par Radio-Canada.

Témoignage de la sous-ministre des Transports à la commission parlementaire de l’administration publique, le jeudi 3 novembre 2011, à propos de Jacques Duchesneau :

 

« […] et nous avons aussi commencé à regarder le type de collaboration (avec Jacques Duchesneau) que nous pourrions avoir sur certaines actions que nous pourrions prendre […] développer une expertise en soumissions […] former nos enquêteurs, nous avons une équipe d’enquêteurs […] ce type de discussions là. La décision prise par l’UPAC évidemment ne concerne pas le ministère des Transports. Mais M. Duchesneau avait raison, c’est exact qu’il est en réflexion et nous sommes en discussion pour voir s’il souhaite continuer à travailler avec le ministère des Transports pour nous aider à mettre en place le plan d’action. La décision n’est pas prise, mais nous sommes en discussion, effectivement. »

Catégorie: Québec

 Le 10 décembre 2009, Norman MacMillan, ministre délégué du plus important donneur d’ouvrage du gouvernement, celui des Transports, disait la chose suivante :

« On ne peut pas empêcher la compagnie x de donner 3000 $ au Parti libéral. »

Or, la loi électorale interdit le financement des partis politiques par les entreprises. Celui qui est député depuis plus de vingt ans avait par la suite affirmé avoir fait une erreur en s’exprimant. Une enquête du directeur général des élections (DGE)  l’avait ensuite blanchi :

« Les vérifications sont complétées et elles n’ont pas permis de trouver de financement corporatif. » — le DGE

Le même homme nous avait appris, ce 10 décembre 2009, que chaque ministre doit amasser 100 000 $ par année pour le Parti libéral du Québec :

 « Depuis que je suis ministre, c’est 100 000 $ par année [que je dois amasser]. C’est moi qui m’occupe de ça. C’est moi qui fais les appels. C’est mon bureau qui s’occupe de ça. J’ai toujours fait ça de même. »

Le 2 novembre dernier, on apprend qu’à quatre reprises, en 2007, 2008, 2009, deux directeurs de l’usine de Papiers Fraser ont versé 3200 $ au PLQ, et c’est le député Norman MacMillan qui a reçu les dons des entreprises. Cette fois, le DGE a envoyé des constats d’infractions aux deux ex-directeurs. Le ministre qui n’est pas visé par le DGE répond :

« Ces gens-là ont payé par des chèques personnels, je n’étais pas au courant. »

Le ministre connaissait toutefois très bien les deux individus :

« Depuis 22 ans que je suis là, ces gens participaient à toutes mes affaires [les activités de financement]. »

***  SURPRISE! Voilà que le 3 novembre, le DGE retire ses constats d’infractions, constatant que Papiers Fraser n’existe plus, qu’elle a fait faillite.

Marco Veilleux, l’un des deux directeurs de l’ex-usine, travaille maintenant pour la nouvelle entreprise Fortress, situé au même endroit, à Thurso. 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la loi sur le financement des partis politiques semble difficile à appliquer. Les gestes illégaux datent de cinq ans…

Dans son témoignage, le chef de l’Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, avait qualifié certains gens d’affaires qui participaient aux cocktails de financement des partis politiques « d’incontournables » et de « vautours ». Le qualificatif « d’imprenables » vient de devenir un peu plus pertinent aujourd’hui.

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Les hommes de Duceppe

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 publié le 1 novembre 2011 à 11 h 45

Pendant que Mme Marois vit un long supplice, dans l’ombre, le cercle d’hommes qui a toujours été près de Gilles Duceppe veille et travaille à la permanence du Bloc québécois. En décembre, avec la venue d’un nouveau chef au Bloc, ils perdront vraisemblablement leur emploi…

Ils seront alors disponibles pour leur ancien patron.

Dans ce cercle :

— L’ancien chef de cabinet de Duceppe François Leblanc

— Le directeur général du parti Gilbert Gardner

— Le directeur de l’organisation Bruno Tousignant

— La conseillère politique Marie-France Charbonneau (conjointe de F. Leblanc)

À suivre…

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