Le gouvernement Harper fait grand état de SA priorité de l’automne, l’économie.
 Le premier ministre a lui-même donné le ton en consacrant à peu près tout son discours de rentrée de son caucus à l’économie. Tout au plus a-t-il laissé tomber quelques mots à la fin pour dire qu’en plus de se concentrer sur l’économie, son gouvernement « va passer à l’action sur les autres engagements de la plateforme électorale ».
 Que va faire le gouvernement dans l’immédiat en matière d’économie? Il va suivre l’évolution de l’économie mondiale et du système financier global et attendre tout en « restant flexible », le ministre Flaherty réitérant à qui veut l’entendre qu’il « maintient le cap ».
Il n’en faut pas moins à l’opposition pour rappeler novembre 2008, lorsque le gouvernement conservateur, à peine réélu, a livré une mise à jour économique et financière qui faisait encore état d’un surplus pour l’année en cours.
Une mise à jour qui mettait surtout le feu aux poudres avec l’intention, jamais mentionnée en campagne, d’éliminer les subventions aux partis politiques et le droit de grève de la fonction publique au passage.
En pleine campagne quelques semaines plus tôt, M. Harper lui-même avait suggéré aux investisseurs de profiter des aubaines à la suite de l’écroulement des marchés!
Le reste fait partie de l’histoire : coalition, prorogation et un plan d’action frisant les 50 milliards de dollars sur deux ans pour soutenir l’économie. Et sur l’élimination du déficit encouru que le ministre Flaherty maintient aujourd’hui le cap.
Mais,est-ce que le gouvernement Harper est dans une phase de déni semblable à celle de 2008, comme le prétend Nycole Turmel?
En tout cas, les conservateurs ne négligent rien pour nous prouver le contraire. On a tous entendu le credo économique de M. Harper la semaine dernière lors de sa rencontre avec Bloomberg à New York, et lors de la visite de son homologue britannique et allié, David Cameron.
Que penser de l’ouverture aux caméras hier du début de cette rencontre à trois Harper-Flaherty-Carney? Rien d’exceptionnel,  affirme l’entourage de M. Harper, après un retour du ministre des Finances et du gouverneur de la Banque du Canada d’une rencontre du G20 à Washington.
La rencontre ne l’est certainement pas. Cependant, l’ouverture aux caméras et photographes l’est tout à fait. On s’attendait presque à voir les trois hommes en « bras de chemise » s’attaquant aux démons économiques et financiers!
En fait, la phrase : « Notre gouvernement a comme principale priorité l’économie » est devenue un tel mantra qu’elle revient sans arrêt, comme si on sentait le besoin de convaincre les gens. Même la réponse écrite et lue à cinq reprises lundi en Chambre par Deepak Obraj commençait par cette phrase. Ah oui, M. Obraj répondait à la place de Tony Clement aux questions sur les dépenses du G8 il y a 18 mois!
On verra plus tard cet automne, pour la très attendue mise à jour économique et financière de M. Flaherty, comment le gouvernement navigue entre « rester flexible » et « maintenir le cap » dans la mer agitée de SA priorité.

