Un ancien journaliste chez Stephen Harper

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 publié le 31 août 2011 à 19 h 09

Le nouveau directeur des communications de Stephen Harper est largement inconnu au Québec. Pas surprenant, Angelo Persichilli était chroniqueur au Toronto Star et à l’hebdomadaire The Hill Times à Ottawa. Il a aussi été rédacteur du journal italien Corriere Canadese de Toronto pendant plusieurs années.

Grand cas a été fait au cours des dernières heures du fait que celui-ci ne parle pas français. La réalité est que, si ma mémoire est bonne, seuls deux des huit derniers directeurs des communications de Stephen Harper étaient parfaitement bilingues.

Plusieurs notent que le premier ministre a cette fois-ci rompu avec sa tradition de nommer des stratèges partisans issus des rangs conservateurs, souvent montrés du doigt pour les relations tendues entre le bureau du premier ministre et la presse parlementaire.

Dans l’entourage de Stephen Harper, on note que, fort d’une carrière journalistique de plus de 30 ans, Angelo Persichilli amènera une nouvelle perspective dans l’équipe de communications et permettra de développer une stratégie à long terme pour ce gouvernement majoritaire.

Pour découvrir l’homme et ses idées, quoi de mieux que de consulter ses chroniques passées.

Par exemple, le 27 mars dernier, à la veille de l’élection, il avait reproché à Stephen Harper et à Jack Layton d’avoir raté une occasion en or de redéfinir le débat politique en développant un compromis nécessaire à l’adoption du budget et à la survie des conservateurs aux Communes.

Puis, sur les relations avec la presse, Angelo Persichilli fait le parallèle entre Trudeau et Harper, qui tous les deux ont développé l’art d’éviter le filtre des médias pour s’adresser directement aux Canadiens.

Quant à la place du Québec au sein d’un gouvernement conservateur majoritaire, Angelo Persichilli a écrit que le fait que les forces conservatrices aient été presque oblitérées ne ferait que réduire les « ambitions injustifiées du Québec », car selon lui, Stephen Harper aura réussi à déboulonner le mythe selon lequel il est impossible de gagner une majorité sans le Québec.

Il concluait en écrivant : « Je suis certain que Harper ne fera pas preuve de discrimination à l’égard des citoyens du Québec, leurrés pendant des années par leurs propres politiciens, qui leur ont fait croire que leur vote avait plus de poids que celui des autres Canadiens. En même temps, c’est certainement un plus pour tous les Canadiens, de toutes les provinces, que cette forme de chantage politique soit finie. »

Au bureau du premier ministre, on souligne que « le premier ministre accorde une place importante au Québec au sein de notre gouvernement. Il est déterminé à ce que la voix des Québécois soit entendue et à construire une base solide d’appuis au Québec au cours des prochaines années ».

 Angelo Persichilli entrera en poste dès mardi.