Le Parti québécois est né d’un schisme au sein du Parti libéral. Son existence a été marquée par les dissensions : l’« étapisme », le « beau risque » et l’« affirmation nationale » ont donné lieu à autant de déchirements internes. Les chefs du Parti québécois ont presque tous subi des remises en question de la base militante.
C’est devenu un lieu commun de mentionner que les crises et les disputes sont inscrites dans l’ADN de cette formation politique.
Les députés péquistes qui participent au caucus à Saguenay en sont à mesurer l’ampleur de la crise actuelle. À première vue, il paraît y avoir deux clans : ceux qui croient qu’il s’agit d’une crise comme les autres et ceux qui y voient un péril bien plus grand.
Le Parti québécois n’est peut-être pas menacé de disparition, ce serait une prédiction bien audacieuse. Néanmoins, les sondages indiquent que très peu de députés péquistes pourraient conserver leur siège avec François Legault dans la course.
Le PQ a toujours pu compter sur une bonne partie de l’électorat souverainiste, même dans les mauvais jours. Pour plusieurs raisons, cet électorat semble désormais être beaucoup plus mobile.
Quelques députés jugent que cette situation est suffisamment grave pour exiger des changements au programme du parti adopté en avril. Pascal Bérubé, Sylvain Pagé et Bernard Drainville ont soumis des propositions à leurs collègues.
Plusieurs sources indiquent que Pauline Marois autorisera, en certaines circonstances, des votes libres de ses députés à l’Assemblée nationale, question d’assouplir la « ligne de parti ».  En revanche, et c’est bien paradoxal, il est question d’imposer une plus grande discipline aux députés péquistes.
Pauline Marois doit s’assurer de l’appui sans faille de son caucus et elle l’obtiendra probablement.
Or, cela risque de ne pas être suffisant. Le Parti québécois a perdu son élan. Même en recréant son unité interne, il devra désormais compter sur les erreurs de Jean Charest et de François Legault pour reprendre la position de tête dans les intentions de vote.
D’autant que, pendant ce temps, le mouvement souverainiste ne risque pas de se plier aussi docilement à cet appel à l’unité de Pauline Marois.

