Billets publiés en août 2011

Parti québécois : une crise comme les autres?

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 publié le 31 août 2011 à 21 h 26

Le Parti québécois est né d’un schisme au sein du Parti libéral. Son existence a été marquée par les dissensions :  l’« étapisme », le « beau risque » et l’« affirmation nationale » ont donné lieu à autant de déchirements internes. Les chefs du Parti québécois ont presque tous subi des remises en question de la base militante.

C’est devenu un lieu commun de mentionner que les crises et les disputes sont inscrites dans l’ADN de cette formation politique.

Les députés péquistes qui participent au caucus à Saguenay en sont à mesurer l’ampleur de la crise actuelle. À première vue, il paraît y avoir deux clans : ceux qui croient qu’il s’agit d’une crise comme les autres et ceux qui y voient un péril bien plus grand.

Le Parti québécois n’est peut-être pas menacé de disparition, ce serait une prédiction bien audacieuse. Néanmoins, les sondages indiquent que très peu de députés péquistes pourraient conserver leur siège avec François Legault dans la course.

Le PQ a toujours pu compter sur une bonne partie de l’électorat souverainiste, même dans les mauvais jours. Pour plusieurs raisons, cet électorat semble désormais être beaucoup plus mobile.

Quelques députés jugent que cette situation est suffisamment grave pour exiger des changements au programme du parti adopté en avril. Pascal Bérubé, Sylvain Pagé et Bernard Drainville ont soumis des propositions à leurs collègues.

Plusieurs sources indiquent que Pauline Marois autorisera, en certaines circonstances, des votes libres de ses députés à l’Assemblée nationale, question d’assouplir la « ligne de parti ».  En revanche, et c’est bien paradoxal, il est question d’imposer une plus grande discipline aux députés péquistes.

Pauline Marois doit s’assurer de l’appui sans faille de son caucus et elle l’obtiendra probablement.

Or, cela risque de ne pas être suffisant. Le Parti québécois a perdu son élan. Même en recréant son unité interne, il devra désormais compter sur les erreurs de Jean Charest et de François Legault pour reprendre la position de tête dans les intentions de vote.

D’autant que, pendant ce temps, le mouvement souverainiste ne risque pas de se plier aussi docilement à cet appel à l’unité de Pauline Marois.

Catégorie: Québec

Un ancien journaliste chez Stephen Harper

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 publié le 31 août 2011 à 19 h 09

Le nouveau directeur des communications de Stephen Harper est largement inconnu au Québec. Pas surprenant, Angelo Persichilli était chroniqueur au Toronto Star et à l’hebdomadaire The Hill Times à Ottawa. Il a aussi été rédacteur du journal italien Corriere Canadese de Toronto pendant plusieurs années.

Grand cas a été fait au cours des dernières heures du fait que celui-ci ne parle pas français. La réalité est que, si ma mémoire est bonne, seuls deux des huit derniers directeurs des communications de Stephen Harper étaient parfaitement bilingues.

Plusieurs notent que le premier ministre a cette fois-ci rompu avec sa tradition de nommer des stratèges partisans issus des rangs conservateurs, souvent montrés du doigt pour les relations tendues entre le bureau du premier ministre et la presse parlementaire.

Dans l’entourage de Stephen Harper, on note que, fort d’une carrière journalistique de plus de 30 ans, Angelo Persichilli amènera une nouvelle perspective dans l’équipe de communications et permettra de développer une stratégie à long terme pour ce gouvernement majoritaire.

Pour découvrir l’homme et ses idées, quoi de mieux que de consulter ses chroniques passées.

Par exemple, le 27 mars dernier, à la veille de l’élection, il avait reproché à Stephen Harper et à Jack Layton d’avoir raté une occasion en or de redéfinir le débat politique en développant un compromis nécessaire à l’adoption du budget et à la survie des conservateurs aux Communes.

Puis, sur les relations avec la presse, Angelo Persichilli fait le parallèle entre Trudeau et Harper, qui tous les deux ont développé l’art d’éviter le filtre des médias pour s’adresser directement aux Canadiens.

Quant à la place du Québec au sein d’un gouvernement conservateur majoritaire, Angelo Persichilli a écrit que le fait que les forces conservatrices aient été presque oblitérées ne ferait que réduire les « ambitions injustifiées du Québec », car selon lui, Stephen Harper aura réussi à déboulonner le mythe selon lequel il est impossible de gagner une majorité sans le Québec.

Il concluait en écrivant : « Je suis certain que Harper ne fera pas preuve de discrimination à l’égard des citoyens du Québec, leurrés pendant des années par leurs propres politiciens, qui leur ont fait croire que leur vote avait plus de poids que celui des autres Canadiens. En même temps, c’est certainement un plus pour tous les Canadiens, de toutes les provinces, que cette forme de chantage politique soit finie. »

Au bureau du premier ministre, on souligne que « le premier ministre accorde une place importante au Québec au sein de notre gouvernement. Il est déterminé à ce que la voix des Québécois soit entendue et à construire une base solide d’appuis au Québec au cours des prochaines années ».

 Angelo Persichilli entrera en poste dès mardi.

Catégorie: Ottawa

Marois : l’épreuve du feu

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 publié le 31 août 2011 à 14 h 58

Le caucus du Parti québécois se déroule sur fond de crise à Saguenay, le mercredi 31 août. En juin, cinq députés péquistes démissionnaient. Hier, le président du PQ de la région de Montréal-Centre, Atim Leon, quittait son poste.

Trois autres présidents d’associations de comtés, ceux de Mercier, de Saint-Henri-Sainte-Anne et de Laurier-Dorion, songent à faire de même ainsi que deux membres de l’exécutif de Montréal-Centre : la conseillère Annick Pouliot et Pierre-Yves Mailhot, vice-président au contenu.

L’issue du caucus est déterminante pour ce petit groupe constituant une partie de la relève péquiste. Dans la trentaine, ils attendent de voir comment le PQ pourra renouveler ou non son discours et se sortir de la crise.

 À l’entrée du caucus, Pauline Marois a demandé à son parti de se ressaisir et de retrouver sa cohérence. Depuis l’élection fédérale (2 mai), qui a vu le Bloc québécois être pratiquement anéanti, la chef au vote de confiance de 93 % (16 avril) doit déployer tout son talent pour rassurer ses députés. Ces derniers craignent, à leur tour, de subir le même sort que la presque majorité des députés bloquistes. Le rival politique que constitue François Legault et des sondages franchement décourageants pour le PQ viennent compliquer la tâche de Pauline Marois.

Alors que Jean Charest promeut son Plan Nord en Asie, Pauline Marois doit composer avec un député aux 10 idées (Bernard Drainville), un ex-péquiste souhaitant prendre la direction… du PQ (Pierre Curzi) et un mouvement indépendantiste qui éclate et se transforme en une nébuleuse critiquant la chef du PQ.

 Pauline Marois subit l’épreuve du feu.

Catégorie: Québec

Ce n’est qu’un au revoir…..

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 publié le 31 août 2011 à 8 h 32

Comme vous le savez, le directeur des communications de Stephen Harper quittera ses fonctions le 5 septembre prochain.

Dimitri Soudas a donc profité d’une séance d’information sur le voyage du premier ministre en Italie et en France pour participer au sommet international sur l’avenir d’une Libye post-Kadhafi pour faire ses adieux.

« Je veux profiter de l’occasion pour dire au revoir à tous ceux à qui j’ai eu le plaisir de donner de l’information afin qu’ils puissent la partager avec les Canadiens sur une base quotidienne, pas toujours d’une façon aussi transparente que je l’aurais voulu. Mais ça, c’est la beauté de notre démocratie », a lancé Dimitri dans une déclaration écrite qu’il a lue en anglais.

Eh oui… Il ne fallait pas se surprendre que ce stratège, qui orchestrait minutieusement chaque sortie de son chef, qui contrôlait scrupuleusement le message des troupes conservatrices, ait choisi de s’en tenir à un discours écrit pour dire au revoir, un discours où chaque parole, comme toujours, était pesée.

« De me lever à 6 h le matin avant le lever du soleil pour me coucher à 1 h du matin avant qu’il ne se lève à nouveau ne m’a pas laissé le temps de faire autre chose que de servir pendant près de 10 ans le premier ministre, qui, selon moi, est un des meilleurs premiers ministres que le Canada ait eus.

« Et je dis 6 h le matin, car c’est l’heure à laquelle Julie Van Dusen (une reporter de CBC) m’appelait pour me demander ce qui se passait, et 1 h du matin, puisque c’est l’heure à laquelle je finissais mes appels et mes courriels, puisque j’avais la responsabilité de corriger chaque reportage télévisé, sur le web, à la presse écrite, à la radio ou sur Twitter, car ceux-ci contenaient des erreurs que je me devais de corriger calmement, poliment et avec tact, afin de m’assurer que les journalistes ne perdraient pas leur crédibilité aux yeux de leurs lecteurs. Disons que nous avons frappé une moyenne au bâton de 500 », a-t-il conclu sur un ton pince-sans-rire.

Aussi partisan que loyal envers Stephen Harper, Dimitri Soudas avait beau avoir la politique dans le sang, l’heure est venue pour lui de recentrer ses priorités, prendre le temps de voir grandir ses trois enfants. Voilà pourquoi il déménage sa famille vers Toronto et se tourne vers le secteur privé, dans un emploi qu’il ne dévoilera qu’à une date ultérieure.

« Mais si on me demande si je vais m’ennuyer des journalistes qui couvrent la politique, la réponse c’est oui, car vous m’offrez l’adrénaline dont j’ai besoin », a ajouté Dimitri. Puis, il a conclu à la blague : « Ceci est ma dernière séance d’information comme directeur des communications du premier ministre. Amusez-vous à torturer mon successeur. »

Ce successeur n’a pas encore été annoncé, mais une chose est certaine, pour le meilleur ou pour le pire, c’est la fin d’une époque ici sur la colline du Parlement.

Cela étant dit, tous ici savent que ce n’est qu’un au revoir…..

Mise à jour :

À midi, Twitter s’est enflammé, alors que le bureau du premier ministre a annoncé qu’Angelo Persichilli, chroniqueur au Toronto Star, sera le nouveau directeur des communications ( http://twitter.com/persichilli). Unilingue, il sera secondé par Andrew MacDougall qui, lui, parle français, et gagne du galon comme directeur des communications associé.

Catégorie: Ottawa

Trois petits coups pour Jack Layton

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 publié le 24 août 2011 à 18 h 50

Ils auront été plusieurs milliers à faire la file sous la pluie pour venir dire adieu à Jack Layton.

Un long serpentin de Canadiens que le chef du NPD aura touché chacun à sa façon.

Sa dignité face au cancer, sa détermination, la touche de respect qu’il aura voulu réintroduire dans le débat politique, sa vision pour le Canada, les raisons étaient nombreuses. Mais le respect et la proximité que ressentaient ces Canadiens étaient pourtant les mêmes pour tous.

Pour les députés du NPD qui soudainement se sentent orphelins, cet élan d’affection est devenu source d’inspiration. Un à un ils ont dit au revoir à ce chef que certains auront à peine eu le temps de connaître.

Certains ont pleuré, d’autres lui ont donné un dernier baiser de la main, d’autres se sont inclinés dans un silence chargé des mots qui ne seraient plus jamais échangés avec leur chef.

Puis, après les dignitaires, c’était au tour du personnel politique, les camarades de combat de Jack Layton, ceux avec qui il a rebâti le NPD, avec qui il a orchestré cette mémorable dernière campagne électorale.

Parmi eux, il y avait Karl Bélanger, son attaché de presse de la première heure à Ottawa. Dans un geste plein d’affection et d’une complicité secrète, il a donné trois coups de BlackBerry sur le cercueil de son chef, de son mentor.

Trois coups de BlackBerry… C’était LE code.

Lorsque Jack Layton faisait un discours, et qu’il s’éternisait, porté par l’enthousiasme qu’on lui connaissait, alors Karl lui envoyait successivement trois messages sur son BlackBerry…

Trois vibrations rapides à la ceinture de Jack Layton, pour lui rappeler qu’il était temps de conclure et de tirer sa révérence.

Combien de fois Karl Bélanger s’est-il prêté à l’exercice? Il n’oserait même pas essayer de compter.

Mais aujourd’hui, c’était la dernière fois.

Trois petits coups, pour dire adieu.

Catégorie: Ottawa