Il faut être à Regina, dans un magasin d’articles nautiques, en train d’écouter ce qui devrait être une annonce sur les crédits d’impôt pour les PME, pour constater à quel point Stephen Harper n’a pas l’intention de lâcher le morceau sur la coalition.
Sauf que plus il revient à la charge, plus ses propres vulnérabilités sur le sujet refont surface.
Il y a eu la lettre cosignée avec Gilles Duceppe et Jack Layton en 2004.
Et Stephen Harper a beau répéter qu’il n’était pas question de ravir le pouvoir aux libéraux sans élections, de nouvelles interprétations de cette première crise parlementaire minoritaire refont surface.
Dans une entrevue accordée au National Post, l’ancien directeur de campagne et ancien chef de cabinet de Harper, Tom Flanagan, a affirmé que le scénario d’une coalition était bel et bien sur la table. Une affirmation que le principal intéressé a ensuite démentie à l’émission Power and Politics de la CBC.
Et c’est sans compter les commentaires que Stephen Harper a lui-même émis sur le sujet dans le passé et qui viennent de réapparaître sur YouTube.
http://www.youtube.com/watch?v=vDTmpXj9vyM
C’était en 1997, il venait de quitter la politique pour diriger la National Citizens Coalition.
Questionné à ce sujet, Stephen Harper affirme aujourd’hui qu’il parlait « d’unir la droite, de rassembler les progressistes-conservateurs et les réformistes ».
 « Comme chef de mon parti depuis 9 ans, je n’ai jamais tenté de prendre le pouvoir sans une victoire dans une élection, et les autres partis ont tenté ça en 2008. »
Vrai, mais le débat est peut-être plus nuancé que ça. Car il s’agit d’établir si dans le passé il a bel et bien défendu l’idée que l’opposition prenne le pouvoir sans obtenir un mandat en campagne électorale. Il accuse justement ses adversaires de ce genre de complot.
Et… oui… le passé du chef conservateur compte dans ce débat. Ce dernier se permet bien d’invoquer le passé de ses adversaires, répétant qu’on ne peut croire la profession de foi anticoalition de Michael Ignatieff, simplement parce que les libéraux avaient tenté de former une coalition en 2008.
En ce jour 4 de la campagne, la coalition est-elle en train de se révéler une arme à double tranchant pour les conservateurs?
Toujours est-il que Stephen Harper ne peut plus simplement attaquer ses adversaires, il est forcé de défendre sa propre crédibilité sur la question.




