Un an pour sceller ou inverser une tendance

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 publié le 19 octobre 2014 à 10 h 59

À un an des prochaines élections, si notre sondage confirme l’avance des libéraux dans les intentions de vote, il révèle tout autant les défis et écueils qui attendent les chefs fédéraux au cours de la prochaine année.

Stephen Harper et l’usure du pouvoir

La rentrée parlementaire devait être l’occasion pour le premier ministre Harper de renverser la tendance et de redonner un nouveau souffle à son gouvernement. Le moins qu’on peut dire, c’est qu’il demeure loin, très loin du compte.

Si notre sondage Ekos réalisé conjointement avec iPolitics confirme l’avance des libéraux dans les intentions de vote, il illustre à quel point l’effritement des appuis envers le Parti conservateur est profond.

Peu importe sous quel angle on regarde les intentions de vote, les conservateurs sont en mauvaise position. Ils sont troisièmes auprès des électeurs de moins de 44 ans, troisièmes auprès de l’électorat féminin, ils sont loin derrière leurs adversaires sur bien des terrains qui leur ont offert la clé de leur majorité en 2011, soit en Colombie-Britannique, mais surtout en Ontario, et auprès de l’électorat issu de la classe immigrante et des communautés culturelles.

Et contrairement à leurs adversaires libéraux et néo-démocrates, les conservateurs ne peuvent miser sur la popularité de leur chef. Avec une cote de désapprobation de 63 %, Stephen Harper est de loin le chef le plus impopulaire de tous. Après près de neuf ans à la tête du pays, l’usure du pouvoir fait mal. La question se pose : est-il en train de récolter le fruit des tactiques ultra-partisanes qui avaient jusqu’à récemment si bien servi les intérêts électoraux du Parti conservateur.

Cela dit, il faut le souligner, Stephen Harper n’a jamais été personnellement particulièrement populaire, la marche vers la victoire a toujours reposé davantage sur une stratégie électorale quasi scientifique que sur une vague d’appui et un engouement populaire. Lors des élections passées, il était au diapason des priorités de Canadiens. Cette fois-ci, c’est loin d’être certain.

Alors que les stratèges conservateurs misent sur d’importantes baisses d’impôts, seuls 16 % des Canadiens y voient la meilleure façon d’utiliser les nouveaux surplus que s’apprête à engranger le fédéral. C’est là un chiffre qui surprend, d’autant plus que les enjeux fiscaux, comme les taxes et la dette, demeurent un enjeu prioritaire pour l’électorat canadien.

Comment renverser la tendance? Les conservateurs auront besoin de l’aide d’une conjoncture politique qui ramènerait à l’avant-plan du débat politique leurs thèmes de prédilection, l’ordre public, la sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme. D’où leurs efforts sur ces deux fronts dans le contexte de la lutte contre la menace que pose ici le groupe armé État islamique. Mais pour l’instant du moins, ces thèmes sont loin derrière d’autres enjeux comme la santé, l’éducation, l’éthique, les écarts de richesse dans notre société.

Le défi des conservateurs, c’est finalement de lutter contre le désir de changement au sein de l’électorat et sur lequel met à profit le chef libéral Justin Trudeau.

Justin Trudeau et le test de crédibilité

Pour toutes les critiques qu’il s’est attirées au cours des dernières semaines pour sa position sur l’Irak, pour sa blague déplacée sur le sujet, pour toutes les critiques qu’il s’attire depuis des mois pour son manque de contenu, Justin Trudeau continue de trôner en tête des intentions de vote à l’échelle du pays. C’est parfois à se demander s’il ne détient pas un brevet pour une nouvelle sorte de téflon politique.

Les données du sondage, réalisé par Ekos pour le compte de Radio-Canada et iPolitics, suggèrent que pour l’instant du moins, « l’effet Irak » demeure bien difficile à évaluer. Est-ce là le genre d’enjeu qui prend plus de temps à s’implanter au sein de l’électorat? Peut-être. Les stratèges libéraux l’espèrent certainement. Justin Trudeau a beau conserver son avance, la glace demeure mince par endroit.

Depuis le mois d’août, son taux d’approbation a chuté de 3 % pour se porter à 46 %, alors qu’à l’inverse la proportion des Canadiens qui n’apprécient pas sa performance a augmenté pour se porter à 37 %. Ce sont certes là des chiffres qu’envierait le premier ministre Harper. Mais la réalité demeure que le chef libéral a encore du travail à faire pour dissiper les doutes qui subsistent au sein de l’électorat quant à son leadership et à sa capacité de gouverner le pays.

On peut dire que l’immense campagne de publicité des prochaines semaines, qui inondera les ondes et les différents magazines pour faire la promotion de ses mémoires politiques, tombe pile-poil. Le chef libéral espère ainsi consolider ses appuis, mais rejoindre surtout une tranche de l’électorat qui s’intéresse moins à la politique, ce 17 % qui n’a toujours pas d’opinion sur sa performance.

Avec ce livre intitulé Terrain d’entente, sur sa vie, ses souvenirs, Justin Trudeau espère jeter un éclairage très personnel sur les fondements de son engagement en politique. S’il refuse de dévoiler son programme, ses promesses, ses plans précis en vue de la prochaine campagne, il mise sur le fait que sa vision d’ensemble sur l’économie, les infrastructures, l’éducation, le rôle de l’État fédéral, le fédéralisme en 2015, sa façon de faire de la politique autrement, que ses prises de positions claires sur la marijuana, le Sénat, l’avortement, les pipelines, lui donnent les moyens de se définir et de définir son parti comme l’option anti-Harper.

Thomas Mulcair et le défi de s’imposer

Pour un parti qui aspire à prendre le pouvoir dans 12 mois, la côte est longue à remonter pour le NPD. Ce n’est pas pour rien que les néo-démocrates font le pari de dévoiler les plus gros éléments de leur plateforme électorale dès maintenant. Thomas Mulcair et ses troupes jouent le tout pour le tout. C’est que le NPD semble en moins mauvaise posture qu’il n’y paraît à première vue. Il est non seulement en bien meilleure posture qu’il ne l’était à un an des élections de 2011, mais sa marge de croissance demeure importante.

Pour commencer, il y a la popularité de Thomas Mulcair. Il a un taux d’approbation de 58 %. Les chiffres le confirment, plus les Canadiens le découvrent et le connaissent, plus ils l’apprécient. Sa performance solide en Chambre, tant au sujet du scandale du Sénat, que sur le front des dossiers épineux comme celui de l’Irak au cours des dernières semaines, a campé sa crédibilité auprès de l’électorat canadien.

Le problème, bien sûr, c’est que ce respect qu’il inspire comme chef de l’opposition ne veut pas dire que les Canadiens voient en lui un premier ministre potentiel. Surtout, cette cote d’appréciation ne s’est pas matérialisée par une hausse d’appui proportionnelle pour le parti qu’il dirige. Il est confronté au problème perpétuel du NPD, convaincre les Canadiens que son parti est capable de diriger le pays, convaincre  les Canadiens de mettre de côté leurs a priori.

Là où les néo-démocrates gardent espoir, c’est quand ils constatent que leur parti est le deuxième choix du plus grand nombre d’électeurs au pays. Selon l’analyse des sondeurs d’Ekos, 30 % des Canadiens placent le NPD au second rang dans l’échelle de leurs appuis, ce qui en fait le parti avec le plus important potentiel de croissance, certes. Mais dans cette joute électorale, être deuxième n’offre pas les clés du 24 Sussex. Le défi du NPD, c’est de créer les conditions pour changer cette dynamique.

Le NPD préférerait certainement être en meilleure posture à un an des élections. Mais pour faire contre mauvaise fortune bon cœur, Thomas Mulcair et ses troupes semblent au moins escompter être en bonne position pour récupérer le vote anti-Harper si jamais les appuis du Parti libéral venaient à s’effriter.

Douze mois, c’est une éternité en politique. Justin Trudeau n’a pas fait ses preuves sous les projecteurs et la pression d’une campagne électorale nationale. Il a également montré qu’il n’est pas à l’abri de «s’auto-pelure-de-bananiser ». Qui sait si le jour ne viendra pas où les électeurs ne lui pardonneront pas un de ses faux pas. À un an des élections, c’est du moins ce qu’espèrent conservateurs et néo-démocrates.

Catégorie : Québec

Mon carnet

Le surplus commence à fondre

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 publié le 10 octobre 2014 à 17 h 07

Le gouvernement Harper a déjà commencé à piger dans la caisse créée par le retour à l’équilibre budgétaire avant même la confirmation de cet équilibre. Le premier ministre Harper se garde une petite gêne. Si son gouvernement affiche un déficit quatre fois moins important que prévu pour l’année terminée le 31 mars dernier, M. Harper soutient qu’à l’heure actuelle, on est encore en léger déficit pour la présente année, situation à laquelle plus personne ne croit. Le surplus est à nos portes, une année plus tôt que prévu.

Son ministre Joe Oliver a d’ailleurs commencé la distribution des bonbons bien avant l’Halloween, le 11 septembre : 550 millions de dollars sur deux ans aux PME par un crédit d’impôt qui devrait créer environ 800 emplois. M. Harper a décidé jeudi de donner suite lui-même à une proposition fort populaire, du moins auprès d’une certaine clientèle, en doublant le crédit d’impôt pour l’activité physique des enfants. Le communiqué parle du plafond porté à 1000 $ en 2015, mais il faut préciser qu’on parle d’un crédit d’impôt sur cette somme-là, donc un retour de 150 $ maximum plutôt que les 75 $ actuels.

L’initiative était présentée lors de son instauration en 2007 comme un incitatif financier pour les familles à étendre la pratique du sport chez les enfants. Dans la vraie vie, pour utiliser une expression populaire, il faut que vous ayez les moyens de dépenser dans un premier temps les 1000 $ en question pour obtenir, dans votre déclaration de revenus de l’année suivante, les 150 $. Comme dans le cas de bien des rabais en magasin, il vous faut dépenser pour économiser!

Encore dans la vraie vie, si votre sport de prédilection est le hockey, comme c’est le cas pour le premier ministre Harper, vous savez qu’une saison de hockey coûte bien plus que 1000 $. Même chose pour plusieurs des activités admissibles. Les 150 $ ne feront pas nécessairement la différence dans la décision de s’adonner ou pas à une activité dont l’inscription officielle peut coûter dans les 500 $, dépenses qui grimpent rapidement dans les milliers de dollars quand on compte l’équipement et les déplacements pour des tournois, par exemple. Parlez-en aux parents engagés dans le soccer ou le hockey.

Encore en 2007, les stratèges conservateurs répondaient à ces réalités concrètes qu’il valait mieux remettre l’argent dans les poches des parents, qui savent mieux comment organiser et choisir les activités de leurs enfants. Cela valait surtout mieux que de subventionner les organismes et conseils scolaires, afin qu’ils puissent financer par exemple des ouvertures de gymnases en soirée ou durant les week-ends pour organiser des activités comme le basketball, le badminton, le volleyball ou je ne sais trop.

Évidemment, cela transpirait de cette même philosophie qui remet l’argent aux particuliers pour tout, des particuliers bien particuliers en plus… Si on revient aux familles visées et surtout touchées en fin de compte, on peut dresser un constat intéressant qui en dit long.

À partir des données fiscales de 2011 disponibles à l’Agence du revenu du Canada, on peut établir la répartition du crédit d’impôt pour l’activité physique. Quand je disais qu’il fallait pouvoir dépenser pour économiser, avoir les moyens de se payer le crédit d’impôt, cela se vérifie dans les chiffres.

Sur les 816 millions de dollars en dépenses pour activités physiques déclarées par les familles canadiennes en 2011, on constate que les individus avec moins de 50 000 $ en revenus, soit 56,2 % des contribuables, déclaraient à peine plus de 15 % du total des dépenses. Pas étonnant, me direz-vous, puisqu’ils ont moins les moyens d’inscrire leurs enfants. Bien sûr, mais rappelez-vous que les conservateurs ont « vendu » la mesure en parlant de faciliter l’accès et d’inciter plus de jeunes à l’activité physique.

À l’inverse, les 16 % de contribuables qui ont plus de 70 000 $ de revenus imposables déclaraient 52 % des 816 millions de dollars de dépenses. Ils comptaient pour 46 % de tous ceux qui réclamaient le crédit. C’est encore une fois normal à première vue, puisqu’ils ont davantage d’argent à dépenser et, en plus, ils payent plus d’impôt au départ.

Peut-être, mais si on revient à l’objectif officiel du programme, l’incitation, faire une différence, on peut penser qu’on retournait à ces familles mieux nanties un 75 $ qui avait peu d’influence sur  leurs décisions, parce que leurs enfants étaient déjà inscrits à toutes sortes d’activités. Les études sur la participation à ces activités, couplée aux revenus des ménages, le montrent clairement. Et ces données de l’Agence du revenu le confirment. Elles n’ont pas décidé en masse d’inscrire leurs enfants à des activités auxquelles elles ne participaient pas auparavant. Elles sont simplement récompensées parce qu’elles font déjà partie d’une certaine clientèle.

Elles ont appris jeudi que la récompense passera à 150 $. Pour répondre en partie aux critiques qui trouvent que les familles à plus bas revenus ne touchent pas le crédit parce qu’elles ne paient pas ou très peu d’impôt, le gouvernement Harper en fait un crédit remboursable. À noter qu’il faut toujours que ces familles puissent consacrer l’argent aux activités admissibles avant de toucher le crédit de 15 % l’année suivante. Pas si évident, quand on connaît le coût réel de la participation aux sports organisés.

Catégorie : Ottawa

On exagère

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 publié le 8 octobre 2014 à 19 h 44

Le premier ministre Harper affirmait le 30 septembre, au moment où son Cabinet venait de se réunir pour approuver la participation du Canada aux frappes aériennes (il ne l’annoncera formellement que trois jours plus tard), que la lutte contre le groupe armé État islamique (EI) était noble et nécessaire.

Alors pourquoi, pour convaincre les opposants, lui et ses ministres exagèrent-ils la réalité?

Le premier ministre lui-même a donné le ton, en quelque sorte, en dénonçant à deux reprises, la semaine dernière, le fait que l’EI va jusqu’à décapiter des enfants. Son ministre Jason Kenney a renchéri, durant le débat aux Communes sur la participation canadienne, en mentionnant que les extrémistes poussent la torture jusqu’à ce même point.

Le problème, c’est qu’il n’y a pas de preuve de ces décapitations d’enfants, ni dans un rapport de l’ONU, publié il y a quelques jours, ni auprès de l’organisation Human Rights Watch qui enquête sur les exactions de l’EI.

Le ministre d’État Gary Goodyear a non seulement repris cette idée des décapitations d’enfants dans son discours aux Communes, il a aussi accusé les militants d’obliger les parents à enterrer leurs enfants vivants. Une autre accusation impossible à vérifier. Un ministre irakien a fait état d’un charnier où des centaines de femmes et d’enfants auraient été enterrés vivants, mais il n’y a aucune indication que ce soit des parents qui aient été obligés de le faire.

Pourtant, le catalogue des exactions du groupe armé État islamique est bien fourni, il n’y a nul besoin de l’exagérer.

Autre exagération, celle du ministre des Affaires étrangères John  Baird. Il affirmait, lors du débat en Chambre, que le Conseil de sécurité de l’ONU avait donné sa bénédiction à l’offensive.

À la séance spéciale du 19 septembre du Conseil de sécurité, présidée par le secrétaire d’État américain John Kerry, la résolution adoptée à l’unanimité demandait aux États membres d’appuyer les efforts du gouvernement irakien contre les militants. Mais ce serait exagéré de présenter cette résolution comme l’assentiment du Conseil aux frappes de la coalition menée par les États-Unis.

Par ailleurs, à la période des questions, puis en entrevue, le ministre responsable de l’aide internationale, Christian Paradis, a présenté ainsi les frappes aériennes canadiennes : « Alors, c’est pour ça qu’on dit que des actions militaires aussi ciblées vont aider à établir davantage les corridors humanitaires [de sorte] qu’on puisse assurer une sécurité de nos gens. L’un ne va pas sans l’autre. »

Établir des corridors humanitaires n’a été mentionné ni par le premier ministre, ni par le ministre de la Défense, ni par le président américain Barack Obama comme objectif de la présente campagne.

Dans ce débat, il n’y a pas que les conservateurs qui semblent parfois parler à tort et à travers.  Le chef libéral Justin Trudeau, en point de presse avant le vote aux Communes, a été pris de court par une question à propos de ce que le Canada ferait si la Turquie invoquait l’article 5.  Il a fini par comprendre que cet article est ce qu’il appelle, lui, le déclencheur de l’OTAN, c’est-à-dire l’obligation faite aux pays membres du traité de l’Atlantique Nord de venir en aide à tout membre dont le territoire est attaqué.

Mais la palme revient au ministre de la Sécurité publique Steven Blaney. Il témoignait devant un comité des Communes sur la menace terroriste au Canada.  À la question « le Canada va-t-il se mettre à contrôler les sorties des citoyens de son territoire? », il a répondu qu’il n’était pas question de contrôler les sorties de territoire, qu’il laissait cela aux États totalitaires.

Il y a deux problèmes avec cette réponse. D’abord, la majorité des pays dans le monde contrôlent les sorties de territoire, les États-Unis le font (sauf aux sorties par la route), les pays européens le font. Au Moyen-Orient, on peut même avoir droit à un long interrogatoire avant de pouvoir quitter un territoire.

Deuxièmement, le ministère de M. Blaney a lui-même annoncé à quelques reprises que le Canada se dirigeait vers un système de contrôle des sorties. Il faut espérer que le ministre Blaney a simplement mal saisi la question. À la fin des audiences, le député néo-démocrate Craig Scott est revenu à la charge, soulignant que le précédent directeur du Service canadien de renseignement de sécurité lui-même déplorait l’absence d’un système de contrôle des sorties. Le ministre n’a pas saisi l’occasion pour corriger le tir.

Catégorie : Ottawa

Il y a Pierre Karl Péladeau et il y a… PKP

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 publié le 4 octobre 2014 à 19 h 02

Jean-François Lisée connaît très bien les médias et les journalistes. Il savait pertinemment que ses déclarations sur Pierre Karl Péladeau, la veille de la Conférence nationale des présidents du Parti québécois, relanceraient le débat et que les journalistes multiplieraient les questions pour alimenter la controverse.

Ainsi, Jean-François Lisée croit que Pierre Karl Péladeau ne devrait pas être à la fois l’actionnaire de contrôle de Québecor et le chef du Parti québécois. Ce serait « une bombe à retardement » pour le Parti québécois qui se rendrait vulnérable face à ses adversaires, selon le député de Rosemont. Pierre Karl Péladeau a aussitôt réagi sur Facebook et a refusé d’envisager de se départir de ses actions.

Jean-François Lisée adopte une stratégie différente des autres candidats potentiels en montant au filet. Le sondage Léger Marketing qui ne lui accordait que 2 % d’appuis l’a peut-être convaincu de passer à l’offensive. Pourtant, aucun des autres candidats n’a fait mieux que 7 %, sinon, bien sûr, Pierre Karl Péladeau. Ce dernier a décroché un stratosphérique 53 %, avant même d’avoir re-levé le poing.

Est-ce à dire que Jean-François Lisée joue le tout pour le tout? Tandis que les Drainville, Ouellet, Marceau et Cloutier miseraient à la fois sur la direction du parti et, en cas de défaite, sur l’espoir de se rendre indispensable auprès du nouveau chef?

Ces stratégies et ces manoeuvres semblent vouées à se heurter à une implacable réalité : le candidat Pierre Karl Péladeau jouit d’une telle avance qu’il n’y a qu’une seule personne qui peut le mener à sa perte et cette personne, c’est… PKP. Son manque d’expérience politique, son tempérament que l’on dit bouillant, son ancienne vie de patron de presse qui multipliait les lock-out et ses propos parfois imprécis pourraient contribuer à sa chute.

C’est ce que ses adversaires peuvent espérer de mieux.

Sinon, aux yeux des militants du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau possède d’extraordinaires qualités. Homme d’affaires prospère, souverainiste et nationaliste économique, fils d’un homme d’affaires prospère, souverainiste et aimé de tous, il est aussi un des artisans du monde du spectacle québécois, auquel il s’intègre avec l’appui de sa femme qui est une vedette du petit écran. Pierre Karl Péladeau est également un mécène très actif pour la culture québécoise.

Le fait qu’il soit l’actionnaire de contrôle de Québecor est en général jugé comme un atout par bien des militants de la base du PQ, qui voit finalement en lui le seul qui puisse à la fois vaincre les libéraux de Philippe Couillard et mener le Québec aux Nations unies. Qui dit mieux?

Il fallait voir l’accueil chaleureux et empressé que les militants lui ont réservé à Sherbrooke samedi. Il est intéressant de lire les commentaires des citoyens sur ses entrées Facebook. Ils sont tout simplement dithyrambiques. Il est fascinant aussi de voir la crainte qu’il provoque chez ses adversaires libéraux, caquistes et solidaires, qui jugent bon de réagir à ses rares interventions.

Bien sûr, Pierre Karl Péladeau peut perdre. Mais s’il perd, ce sera essentiellement de sa faute. Ce n’est pas Pierre Karl Péladeau et les autres, non, c’est plutôt Pierre Karl Péladeau et… PKP. Les autres, les Cloutier, Drainville, Lisée, Marceau, Ouellet, ne compteront véritablement que si PKP trébuche ET tombe dans un précipice.

Rappelons-nous qu’un grave accident de vélo n’aura pas suffi à le faire vaciller. Au contraire, l’homme est revenu le plus rapidement possible à l’Assemblée nationale. Il a ainsi envoyé un message parfaitement clair aux autres aspirants-chefs. Il sera de la course quoiqu’il arrive, à n’en pas douter.

Et il est désormais évident que cette course à la direction du Parti québécois est bel et bien lancée.

Catégorie : Québec

Des réponses! Sérieusement!

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 publié le 2 octobre 2014 à 8 h 57

La période des questions est également devenue celle des réponses depuis quelques jours. Après l’incident Calandra-Mulcair-Scheer la semaine dernière au sujet de la participation militaire canadienne au combat contre le groupe armé État islamique en Irak, on a senti le vent tourner vendredi.

Le virage le plus spectaculaire et le plus remarqué a sans doute été les excuses larmoyantes de Paul Calandra aux Communes pour ses réponses sans rapport avec les questions du mardi précédent. Mais le véritable signal du changement d’attitude est venu d’ailleurs, de tout en haut de la machine Harper en fait.

Interrogé sur la situation en Irak et l’engagement canadien pendant le point de presse lié à la signature de l’entente commerciale avec l’Union européenne, le premier ministre Harper n’a même pas eu l’air agacé. Deux jours après avoir appris aux Canadiens à partir de New York que son gouvernement examinait une demande américaine de contribution militaire accrue en Irak, M. Harper a pris le temps de bien faire le tour de la question, de son point de vue, dans les deux langues officielles. Une réponse élaborée, sans taloche à ses adversaires ni à la presse :

« Je vais répéter cette réponse. Évidemment, l’idée que le Canada mène les États-Unis vers un conflit militaire est tout à fait bizarre. Le président Obama a dit, disait pendant l’été, son intention de mener une coalition contre la menace de l’État islamique. Nous avons eu des conversations à cet égard. C’est un… il y a un bilan public sur cette question.

Le Canada a répondu aux demandes des Nations unies et en conversation avec nos alliés. Je dois dire, je ne dis pas que nous avons répondu avec une réticence. On a ici une vraie menace pas seulement dans la région, pas seulement à nos alliés ou aux États-Unis, mais c’est aussi une menace réelle contre nous. On ne peut pas avoir un califat terroriste ouvert qui contrôle un grand territoire et qui est en train de préparer des attaques terroristes contre des cibles ici et à travers le monde. On ne peut pas tolérer ça.C’est la raison pour laquelle le président a décidé d’agir, et nous le félicitons pour sa volonté et la volonté des États-Unis et nos autres alliés. Quand on appuie quelque chose et quand on appuie quelque chose parce que c’est nécessaire et parce que c’est souhaitable, c’est essentiel que nous fassions notre part. C’est l’histoire de notre pays. On ne reste pas juste spectateur. Ça serait tout à fait irresponsable. C’est la raison pour laquelle le Canada a contribué vite dans cet effort. Il y a d’autres demandes toujours. Nous prendrons nos propres décisions et nous évaluerons ces décisions selon nos objectifs, nos capacités. Mais à la fin, nous n’avons pas l’intention de ne pas supporter nos alliés et nos amis à travers le monde. C’est presque tout le monde qui reconnaît que c’est une mission nécessaire. Nous n’avons pas l’intention quand je suis premier ministre de devenir juste des spectateurs quand notre propre sécurité est en question. »

On peut être d’accord ou pas avec son analyse, ses intentions et sa politique étrangère, mais on ne pouvait plus reprocher à son gouvernement de considérer l’enjeu entièrement derrière des portes closes. On n’en était pas à une véritable consultation de l’opposition, encore moins en public, mais on pouvait comprendre les priorités de M. Harper et ses convictions profondes.

En fait, on pouvait se demander pourquoi avoir attendu les dénonciations d’à peu près toute l’industrie du commentaire politique, surtout au Canada anglais, pour fournir des réponses respectueuses, non pas des interrogateurs, mais de la délicatesse et du sérieux de l’enjeu. Après tout, on envoie des Canadiens dans une zone à risque, aucun doute là-dessus. Et les larmes de M. Calandra n’ont pas fait oublier qu’il agissait comme secrétaire parlementaire du premier ministre et qu’il était donc en service commandé, pas un agent libre.

Une fois le signal donné par le premier ministre Harper, l’effet s’est fait sentir dans tout l’appareil de sorte que le ministre John Baird a fourni des réponses plus que propices en début de semaine à la période des questions. Toute l’information souhaitée par l’opposition n’y était pas nécessairement, mais il allait aussi loin qu’il croyait pouvoir le faire tout en ne finissant pas ses réponses par une insulte ou une pique à ses adversaires, la recette préférée de M. Baird habituellement.

M. Harper a poursuivi dans la même veine mardi et hier, prouvant ainsi que ce n’est pas faute d’être capable d’autre chose qu’on utilise le mépris comme arme principale à la période des questions. Et le gouvernement ne semble pas s’en porter plus mal, au contraire.

Catégorie : Ottawa

La définition de PKP

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 publié le 1 octobre 2014 à 18 h 50

En politique, il existe un principe incontournable quand un adversaire redoutable se dresse à l’horizon : « définis ton adversaire avant qu’il ne se définisse lui-même ».

Souvenez-vous du mot  « girouette » utilisé si souvent par Jean Charest pour décrire Mario Dumont de l’ADQ, que le président de l’Assemblée nationale avait été obligé de le mettre à l’index, de l’interdire en tant que propos non parlementaire.

C’est en appliquant ce principe qu’on peut analyser les discussions de corridors sur celui qu’on appelle maintenant simplement PKP : Pierre Karl Péladeau.

Il se dresse comme le candidat le plus sérieux à la direction du Parti québécois. Certains parlent d’un rouleau compresseur qui ne laissera rien l’arrêter sur son passage. En tout cas, ses adversaires politiques semblent entendre le moteur du rouleau compresseur.

Le libéral Martin Coiteux l’a traité d’irresponsable parce qu’il a dénoncé les mesures d’austérité du gouvernement Couillard. Le chef de la CAQ, François Legault, s’est demandé à voix haute si PKP n’était pas devenu marxiste-léniniste parce qu’il défend le « modèle québécois ».

« Irresponsable », « marxiste-léniniste », cela commence à ressembler à des tentatives de définir l’adversaire politique.

Pendant ce temps, le principal intéressé tente lui-même de se définir. Défenseur du modèle québécois, pourfendeur de l’austérité, et ainsi de suite.

Quelle étiquette lui collera à la peau quand il se lancera dans la course à la succession de Pauline Marois?

Catégorie : Québec

L’exercice de relations publiques

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 publié le 30 septembre 2014 à 11 h 55

La trentaine de citoyens qui s’étaient déplacés lundi soir pour assister au premier forum citoyen de la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise à Lévis semblaient très heureux de pouvoir débattre de tarifs et de crédits d’impôt. Instauration de péages sur les ponts, abolition des droits de scolarité… les idées et les débats n’ont pas manqué.

À l’extérieur de l’hôtel où se tenait le forum, toutefois, un nombre équivalent de citoyens ne se sont pas gênés pour condamner ce qu’ils tiennent déjà pour un « exercice bidon ». Plusieurs manifestants ont aussi dénoncé l’ « austérité » à laquelle le gouvernement Couillard aurait choisi de condamner le Québec, mélangeant visiblement la colonne des dépenses avec celle des revenus, autour de laquelle est essentiellement centré le mandat de la commission.

Même à l’intérieur de l’enceinte, un participant a exprimé d’entrée de jeu des réserves semblables quant à la valeur de l’exercice : « Qu’est-ce qui nous dit que le gouvernement va tenir compte de nos conseils? Le gouvernement Bouchard ne l’a pas fait en 1996 », a-t-il déclaré. Trois heures plus tard, l’exercice s’est conclu sur le même genre de mise en garde d’une participante : « Je suis venue en n’y croyant pas vraiment, et je n’y crois pas plus maintenant », s’est-elle exclamée.

Pour le fiscaliste Luc Godbout, qui préside les travaux de cette commission, le défi est là : convaincre les Québécois que les conclusions du rapport qu’il remettra ne sont pas écrites d’avance, que les citoyens seront véritablement écoutés. C’est là en fait non seulement le défi de sa commission, mais aussi celui de sa proche cousine, la Commission de révision permanente des programmes, et même, pourrait-on dire, celui du gouvernement Couillard dans son ensemble.

Si certains sont prêts à croire que « tout est sur la table », comme le claironne le gouvernement, plusieurs demeurent sceptiques, à commencer par les groupes sociaux. Amir Khadir, qui était sur place, n’a pas manqué de faire un lien entre le scepticisme ambiant et la crise de confiance envers les institutions qui s’observe depuis quelques années déjà.

Au-delà même du contexte sociopolitique, il semble y avoir, à leur face même, une contraction entre les prétentions de ces commissions et celles des membres du gouvernement. Alors que les premières nous disent pouvoir examiner sans réserve toutes les possibilités pour réformer la fiscalité et les services publics, le gouvernement et son premier ministre répètent sans cesse que les services publics actuels dépassent la capacité de payer des Québécois, qu’il faut faire des choix, même si cela est douloureux.

Le scepticisme quant à la marge de manœuvre réelle de ces commissions ne se dissipera pas facilement. En fait, tant que cette contradiction perdurera, plusieurs risquent de continuer de ne voir dans ces travaux rien de plus qu’un vaste exercice de relations publiques.

Catégorie : Québec

Une présidence impuissante, et pour longtemps

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 publié le 30 septembre 2014 à 9 h 54

Le NPD a décidé de prendre le président de la Chambre des communes au mot. Andrew Scheer invoquait l’impuissance historique de la présidence pour ne pas intervenir dans la querelle Mulcair-Calandra, qui s’est conclue dans les pleurs vendredi dernier. En se reposant sur la tradition parlementaire, le président Scheer disait ne pas avoir l’intention de s’en éloigner, « à moins d’une invitation à le faire de la Chambre elle-même ».

Le NPD a donc décidé d’utiliser sa journée d’opposition d’hier pour proposer un changement au règlement qui permettrait explicitement à la présidence de la Chambre de juger de la pertinence des réponses et de limiter les répétitions pendant la période des questions.

On ne parle pas ici d’une réforme en profondeur de la procédure parlementaire, mais bien d’un remède administré dans le feu de l’action à la suite d’un incident, avec les limites que ça peut comporter, bien sûr.

Si on passe par-dessus certaines considérations partisanes dans le débat actuel, il est quand même intéressant de revenir sur la position qui sera celle du gouvernement Harper, un gouvernement qui vante à chaque occasion sa transparence et son imputabilité. C’est le leader du gouvernement en Chambre, Peter VanLoan, qui l’a expliquée devant ses collègues hier.

On a donc eu droit pour commencer aux louanges de notre système parlementaire :

  • « La période des questions est un élément fondamental. »
  • « C’est la démocratie à l’oeuvre. »
  • « La Chambre des communes est un chef de file mondial en matière de reddition de comptes. »

Et M. VanLoan de préciser en quoi le premier ministre et ses ministres peuvent alors expliquer leurs décisions, les mesures prises, etc.

Veut-il améliorer les pratiques en permettant au président de gentiment ramener un ministre ou un secrétaire parlementaire dans le droit chemin de la pertinence? Oubliez ça, on ne peut pas juger de la valeur d’une réponse, même dans les cas extrêmes comme celui de M. Calandra la semaine dernière. Autrement dit, toutes les réponses sont bonnes!

Il ajoute que le changement proposé par le NPD ne toucherait que les réponses, pas les questions posées,  et qu’il serait donc injuste d’imposer un fardeau au gouvernement de cette façon. Pourtant grand amateur de procédures parlementaires, M. VanLoan devrait savoir que les lignes directrices de la Chambre, adoptées en 1964, expriment en quatre points ce que les questions posées devraient être et en 17 points ce qu’elles ne devraient pas être. Pour ce qui est des réponses? Un seul critère, assez minimal merci! Qu’elles soient adressées à la présidence!

Quand on dit que c’est la période des questions, pas celle des réponses…

M. VanLoan base son argumentaire pour crier à l’injustice de la motion du NPD sur le fait que les membres du Cabinet, y compris le premier ministre, ne bénéficient d’aucun avis préalable sur les questions à venir, qu’ils doivent être prêts à tout, chaque jour, ce qui nécessite une préparation minutieuse. De quoi vous faire verser des larmes de Calandra… ou plutôt de crocodile, sur le sort de ces pauvres ministres.

Avec cet argument, M. VanLoan vient bien involontairement de nous expliquer en bonne partie d’où viennent ces réponses à côté de la plaque, souvent ultra-partisanes, qui viennent des banquettes ministérielles. Pourquoi se donner la peine de mettre du contenu, surtout quand on tient compte en plus du chrono qui ferme le micro après 35 secondes?

M. VanLoan nous dit que la motion du NPD ne s’attaque qu’à une partie du problème. Très possible qu’il ait raison. Il serait alors intéressant de savoir si son gouvernement serait prêt à renoncer à ses réflexes naturels de partisanerie, sarcasme, invective et moquerie en échange d’un changement moins limité et moins improvisé que celui proposé par le NPD en réaction à la controverse de la semaine dernière.

Catégorie : Ottawa

Une conception étriquée du service public

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 publié le 29 septembre 2014 à 17 h 08

Est-ce qu’Élaine Zakaïb ou Christian Dubé auraient démissionné s’ils avaient occupé un poste de ministre?

À mon avis, ils n’auraient pas pris la décision de quitter leurs fonctions. Or, le message que ces deux députés démissionnaires envoient est très clair : la fonction de député d’opposition n’est pas vraiment importante, d’autres défis méritent davantage leurs précieuses énergies.

Les partis politiques, dans ces deux cas, ne sont pas responsables de cette situation. Ils auraient préféré garder en leur sein ces députés de bonne réputation. Et conserver leurs sièges.

Moins de six mois après avoir été élus, ces deux députés jugent acceptable de demander à leurs électeurs de se soumettre à une nouvelle campagne électorale et d’engendrer des dépenses d’environ un demi-million de dollars pour tous les Québécois.

En agissant de la sorte, ils réduisent la fonction de député de l’opposition à un malheureux accident de parcours qui s’inscrit mal sur la feuille de route des ambitieux. Ils font l’étrange démonstration qu’ils n’étaient pas faits pour être députés, même s’ils sont parvenus à occuper cette fonction avec un certain mérite.

Ils démontrent qu’ils avaient une certaine conception du service public. Une conception qui donnait finalement au public un rôle plutôt secondaire. Et il vouait un caractère très relatif à l’engagement et au sens du devoir.

Catégorie : Québec

Le facteur du gouvernement

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 publié le 26 septembre 2014 à 17 h 42

Cette semaine, le ministre de la Santé Gaétan Barrette est devenu le facteur du gouvernement. Celui qui livre le message, celui qui livre la marchandise.

Depuis qu’il a pris le pouvoir, le premier ministre Couillard affirme à qui veut l’entendre que son gouvernement ira au bout de ses ambitions, qu’il réformera en profondeur les programmes et la fiscalité du Québec. Il n’est pas le premier politicien à nous le promettre. Il ne serait pas le premier à ne pas tenir parole.

Vous avez donc raison d’être sceptiques et de douter.

Pour montrer sa détermination, il lui fallait un porteur de ballon, un facteur. Un ministre qui ne reculera pas, qui ne déviera pas de l’objectif. Ce ministre, il l’a trouvé. Il s’appelle Gaétan Barrette.

On peut l’aimer ou ne pas l’aimer. Je l’ai moi-même traité de « girouette » quand il est passé de la CAQ au PLQ. Mais comme soldat politique, il a parfaitement rempli sa mission.

Il a arraché une entente avec les médecins et a posé le premier jalon du grand chambardement de l’État québécois en déposant un projet de loi. Il a dû prendre un chemin tortueux avec les médecins, et son projet de loi ne passera probablement pas comme une lettre à la poste. Mais le message est livré : le gouvernement est sérieux.

Le bulldozer ouvre le chemin et trace la voie. Les ministres qui doutaient de la détermination de leur gouvernement (il y en a) devront suivre.

On se demande quand même ce qui restera debout une fois que tous les ministres auront suivi le bulldozer…

Catégorie : Québec