Le pouvoir aux écoles?

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 publié le 20 novembre 2014 à 9 h 52

Les élections scolaires ont été un échec lamentable avec un taux de participation inférieur à 5 %.

En réaction, que prévoit faire le ministre de l’Éducation Yves Bolduc?

Réduire le nombre de commissions scolaires.

Pour réaliser des économies? Non, pas vraiment. Il s’agit plutôt de donner plus de pouvoir aux écoles, dit le ministre.

Vingt millions de dollars ont été dépensés pour tenir des élections scolaires qui étaient une catastrophe annoncée.

Ces élections ont produit un gâchis que le gouvernement Couillard veut maintenant utiliser comme prétexte pour procéder à une réforme dont il n’a jamais parlé en campagne électorale.

À bien y songer, peut-être que la Coalition avenir Québec avait une approche plus saine (et plus économique) d’annuler les élections et ensuite de procéder à une réforme du système d’éducation. D’autant que la CAQ aurait eu la légitimité d’agir, puisqu’elle avait affiché ses couleurs bien avant la campagne électorale.

Il est maintenant question à Québec d’abolir les élections et les postes de commissaires scolaires.

Néanmoins, sans élections scolaires, comment justifie-t-on le maintien de la taxe scolaire?

Québec pourrait décider d’aller chercher les mêmes sommes, mais par un autre procédé.

Cela demeure une opération assez risquée pour un gouvernement de refondre ou de déplacer une taxe, d’autant que la tentation pourrait être forte d’aller en chercher un peu plus dans le porte-monnaie des contribuables.

Enfin, qu’est-ce que ça signifie concrètement de donner plus de pouvoirs aux écoles?

Le concept a quelque chose de très séduisant. Mais que signifie-t-il?

Est-ce que chaque école aura sa liste de professeurs remplaçants? Est-ce que chaque école choisira ses professeurs spécialistes et ses professionnels? Est-ce que les professeurs auront un mot à dire sur les programmes d’enseignement? Est-ce que les conseils d’établissement pourraient s’arroger des pouvoirs qu’ils n’ont pas actuellement? Quels seront les nouveaux rôles des directions d’école?

Le pouvoir aux écoles, très bien, mais quels pouvoirs?

Le Parti libéral de Philippe Couillard a choisi de tenir les Québécois dans l’ignorance à l’égard de son projet de réforme globale du système d’éducation, à moins que nous assistions à une improvisation pure et simple.

Dans les deux cas, il y a lieu d’être inquiet.

On ne peut qu’espérer dorénavant que Québec prenne le temps de procéder à une consultation élargie et à une réflexion approfondie avant de bouleverser le système d’éducation pendant plusieurs années.

Catégorie : Québec

Bisbilles en coulisse

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 publié le 18 novembre 2014 à 16 h 34

Ça grince, c’est certain.

Une rencontre spéciale du caucus libéral dédiée à la question des tarifs des services de garde est un signe indéniable d’un niveau d’inquiétude élevé parmi les élus libéraux.

Ça grince chez les libéraux, et c’est très rare.

L’entrevue du ministre de l’Économie Jacques Daoust, au quotidien Le Devoir, est une autre démonstration que les projets du gouvernement Couillard ne passent pas facilement, même au sein du Conseil des ministres!

Lorsqu’un ministre prend le soin d’expliquer qu’il n’exprime pas la position de son gouvernement, mais plutôt la sienne, dans un dossier qui est au cœur de l’actualité, c’est le signe qu’il y a des fissures.

Lorsque le premier ministre se sent obligé d’affirmer au Salon bleu que c’est « l’harmonie totale » au sein de son gouvernement, et que les ministres Daoust et Coiteux (président du Conseil du Trésor) jugent nécessaire de se serrer la main en public, c’est qu’il y a des dissensions.

Des fissures et des dissensions, c’est normal. Tous les conseils des ministres vivent des désaccords. Ce qui étonne, c’est que ces fissures deviennent visibles. Pour un gouvernement libéral, sans être inédit, c’est peu fréquent.

Alors, qu’est-ce que ça signifie? D’abord que mener de front des compressions budgétaires et des réformes majeures de structures (en santé et bientôt en éducation), c’est éprouvant, et encore plus particulièrement pour un nouveau gouvernement.

C’est aussi un signe de l’ampleur de ces compressions budgétaires, et surtout de l’importance de la hausse des tarifs des services de garde qui était envisagée par le gouvernement Couillard.

Par ailleurs, ça soulève un point d’interrogation sur la capacité du premier ministre Philippe Couillard non seulement d’assurer la bonne humeur de son caucus, mais, d’abord et avant tout, de maintenir la cohésion dans son Conseil des ministres.

Catégorie : Québec

Vide, le tiroir-caisse?

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 publié le 17 novembre 2014 à 14 h 36

On a beaucoup fait état de l’impact des allègements fiscaux offerts par le gouvernement Harper aux familles et aux PME avant même que les finances publiques ne soient totalement redressées. Deux choses ont surtout été retenues :

  • les 3,2 milliards de dollars comptabilisés dès cette année maintiennent le fédéral en déficit une année de plus;
  • le premier surplus projeté, pour l’an prochain, passe de 6,4 milliards à 1,9 milliard de dollars.

De ces données à court terme, on a aussi conclu que le tiroir-caisse était vide ou à peu près, et que les adversaires des conservateurs auraient des choix douloureux et impopulaires à faire pour financer leurs engagements électoraux. On pensait tout de suite au projet de garderies du NPD, une des rares promesses dont le financement a été clairement fixé (295 millions de dollars la première année, 590 millions la suivante et ainsi de suite).

Le NPD promet aussi de rétablir l’indexation à 6 % du transfert en santé à partir de 2017, tandis que Justin Trudeau parle vaguement de dépenses prioritaires en infrastructures et éducation postsecondaire plutôt que de baisses d’impôt. Aucun chiffre précis de son côté, mais on comprend que des fonds importants vont être nécessaires si on veut avoir un impact réel.

Question maintes fois entendue, MM. Mulcair et Trudeau vont-ils vraiment oser revenir sur les baisses d’impôt ciblées des conservateurs? M. Mulcair dit déjà qu’il va renverser la vapeur sur les impôts des sociétés, tandis que M. Trudeau veut faire de même avec le fractionnement du revenu.

Quand on y regarde de plus près, dans quelle mesure ont-ils vraiment besoin de revenir sur les mesures des conservateurs pour financer leurs choix politiques? En l’état actuel des choses, si les trois partis se basent sur la mise à jour de M. Oliver, on constate une prévision de surplus qui passent de 4,3 à 13,1 milliards de dollars durant le mandat du prochain gouvernement, quel qu’il soit, pour un total de 30 milliards de dollars sur quatre ans. Et ça, c’est après absorption annuelle des 4,6 milliards de dollars des allègements fiscaux récemment annoncés, des 2,5 milliards de dollars en revenus perdus à cause des prix pétroliers plus bas et en tenant compte d’un coussin pour imprévus de 3 milliards de dollars.

D’accord, en proportion de l’économie et du budget fédéral, ce n’est pas la marge de manoeuvre qu’avait Paul Martin en 2000 lorsqu’il a scié les jambes de Stockwell Day avec des baisses d’impôt des particuliers massives. Mais ce n’est pas négligeable non plus de l’avis des experts, qui alimentent la réflexion du ministre Oliver.

Pas négligeable, mais pas acquis non plus nous rappelle-t-on. Le spectre des fluctuations à la baisse des prix du pétrole plane au-dessus des préparatifs budgétaires de Joe Oliver. Un exemple de cette incertitude, M. Oliver a rencontré une dizaine d’analystes du secteur des affaires et des finances un mois avant son exposé de la semaine dernière et leurs prévisions ne tiennent plus au terme de l’exercice tellement la chute des prix du brut a été rapide.

D’où cette baisse de 2,5 milliards de dollars des recettes annuelles prévues par M. Oliver pour les prochaines années. Une bonne raison de ne pas tenir pour acquise la marge de 30 milliards de dollars sur quatre ans.

Ça, c’est la raison macroéconomique, mais il y a toujours des raisons politiques qui ne relèvent pas des analystes ni même des experts du ministère des Finances. Et qui relèvent certainement plus de Stephen Harper que de Joe Oliver.

  • Raison politique numéro un : les conservateurs ont encore deux promesses de 2011 qui dépendaient du retour à l’équilibre budgétaire : un crédit d’impôt pour l’activité physique des adultes et le doublement du plafond des contributions au CELI, le compte d’épargne libre d’impôt. Donc, forte incitation à les matérialiser.
  • Raison politique numéro deux : pouvez-vous imaginer les conservateurs ne rien changer à ces prévisions de surplus sur quatre ans dans le prochain budget? Joe Oliver consacrant des surplus en les budgétant carrément? Déjà, depuis la semaine dernière, leurs partisans, comme les gens de la Fédération canadienne des contribuables, dénoncent le fait qu’on n’ait pas encore éliminé, non seulement le déficit, mais les surplus des années suivantes!
  • Raison politique numéro trois : même si tous « n’achètent » pas le discours sur le retour du déséquilibre fiscal, il reste que des surplus persistants, pour ne pas dire permanents, viennent troubler les rapports entre Ottawa et les provinces. C’est d’autant plus vrai qu’à partir de 2017, les transferts vont commencer à croître moins vite que sous l’ancienne formule d’indexation, notamment en matière de santé. Donc, baisses de revenus ou hausse des dépenses à Ottawa pour éliminer les surplus et… pouf! Disparu le « déséquilibre fiscal » si irritant, qu’on adopte ou pas l’expression. Tout est question de perception ici.

Quoi surveiller dans les prochains mois, particulièrement sur le parcours budgétaire de Joe Oliver? Certainement l’évolution des prix du pétrole. Une détérioration de ce côté-là pourrait aider M. Oliver à justifier le maintien d’une certaine marge de manoeuvre. Ça va commencer dès la réunion dans les prochains jours des pays de l’OPEP. Vont-ils choisir de défendre à tout prix leur part de marché, à commencer par l’Arabie saoudite?

De nouvelles annonces du gouvernement Harper? Dans le budget ou d’ici là? Après tout, il a l’avantage d’avoir déjà les leviers en main. Dans la tradition des conservateurs, des mesures ciblées, populaires et probablement, dans ce cas-ci, avec échéance, pour permettre des ajustements en cas de coup dur du côté de l’économie mondiale. Le tiroir-caisse n’est  pas vide pour l’instant, mais ça pourrait être de courte durée.

Les conservateurs se rappellent avec une larme au coin de l’oeil les dernières véritables baisses d’impôt sur le revenu, celles de Paul Martin en 2000, mais il y a deux inconvénients à ça. Des baisses du taux d’imposition ou des changements aux tranches de revenu ont des effets récurrents et croissants. En cas d’imprévu, elles restent là et peuvent vous entraîner à nouveau en déficit.

De plus, pour avoir un impact électoral, elles doivent être considérables. Et là, c’est l’argent qui manque tout simplement. Par exemple, les données du directeur parlementaire du budget montrent que la seule baisse de 15 à 14 % du plus bas taux d’imposition coûterait plus de 3 milliards de dollars dès la première année pour augmenter sans cesse ensuite.

Tout ceci veut donc dire qu’il reste une certaine marge de manoeuvre financière qui va permettre aux trois grands partis de piger dans le tiroir-caisse pour se positionner. Et ils promettent tous d’offrir des choix assez différents, question d’alimenter un débat de fond sur l’envergure, le rôle et la place de l’État fédéral.

Catégorie : Ottawa

Souvenirs d’Afghanistan

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 publié le 12 novembre 2014 à 18 h 28

Les dates de la participation du Canada à la Guerre en Afghanistan ont été inscrites sur le Monument commémoratif de guerre à Ottawa.
Les dates de la participation du Canada à la Guerre en Afghanistan ont été inscrites sur le Monument commémoratif de guerre à Ottawa. Crédit photo : Jordan Press, Ottawa Citizen.

En cette année 2014, où s’est terminée la plus longue mission de combat des Forces canadiennes, en Afghanistan, et au lendemain du jour du Souvenir, un livre mérite d’être mentionné.

Son titre n’est qu’en anglais : Afghanistan, a Canadian Story. Mais il y a des textes en français à l’intérieur et surtout des photos, beaucoup de soldats, de groupes de soldats, de soldats avec des enfants et des soldats ou des machines de guerre dans la poussière et le désert de l’Afghanistan.

C’est normal, c’est un livre fait par des soldats, d’abord et avant tout pour des soldats, qui apporte un éclairage intéressant sur leur vécu. Par exemple, le padre André Gauthier, qui a fait partie des premiers militaires déployés dès 2002 à Kandahar, écrit ceci à propos d’une mission d’appui aux frappes américaines sur Tora Bora, à la base de Bagram, près de Kaboul :

« Le tempo est intense. Avant l’heure X, je suis sur le tarmac, je parle aux troupes. Je prie avec les militaires. Je bénis leurs médaillons,  je leur donne la communion. Je les rassure, les réconforte, les bénis. C’est la première opération de combat aéroportée à laquelle ils participent. J’ai compris l’importance de la vie spirituelle en zone de combat. En fait il n’y a pas d’incroyant dans les tranchées ou lorsqu’on s’approche de la mort. »

Pour entendre les réflexions du padre André Gauthier au lancement du livre :

Parfois, ce sont des conjoints de soldats décédés qui écrivent, parfois des civils qui ont travaillé côte à côte avec les soldats. Et l’adjudant-maître Robert Gagné écrit ceci à propos de son équipe d’armuriers déployée pendant huit mois entre juillet 2007 et février 2008 :

« Un de mes buts personnels était de ramener toute cette équipe à la maison saine et sauve, ce qui a été le cas. Le sentiment de fierté et du devoir accompli par toute cette équipe de techniciens était palpable à travers les conversations lors du retour au Canada. »

Plusieurs des souvenirs évoqués par les soldats tournent autour des enfants et de leur sourire, comme l’écrit le caporal-chef Gary Racette, déployé en 2009.

« Le sourire dont j’ai été témoin et qui a marqué mon existence à jamais est survenu lorsque je lui ai tendu (NDLR : à une fillette afghane de 5 ans) une canette de Pepsi bien froide qui sortait de la glacière de mon véhicule blindé. Privée d’électricité depuis le tout début de son existence, cette jeune enfant n’avait apparemment jamais connu le sentiment d’avoir quelque chose de froid dans les mains. […] son sourire s’est illuminé et a rayonné encore plus fort que ce que le soleil de juillet pouvait accomplir. Il a du même coup réchauffé mon cœur et m’a fait réaliser que pour certains individus sur cette terre, la définition du bonheur se situe à des niveaux différents. »

Voici les témoignages de trois autres militaires rendus le soir du lancement :

Je laisse le dernier mot à l’adjudant Phil Palmer d’Ottawa, un des deux seuls textes de 2014. Il décrit comment un matin, en promenant son chien, il a vu passer au-dessus de sa tête le dernier avion qui ramenait au Canada des soldats de la mission afghane, escorté de deux CF-18. Ça l’a ému aux larmes.

« (traduction libre) L’Afghanistan a changé ma vie. Mon épouse et moi avons probablement passé l’équivalent de trois ans séparés, au cours des 10 dernières années, pour des opérations en Afghanistan ou reliées à l’après 11 septembre. Ces affectations nous ont laissés tous les deux blessés, physiquement et mentalement, et tous les deux nous avons été affectés par le stress de ces opérations. Malgré tout, nous sommes décidés à tout faire pour guérir notre union, nos corps et nos esprits, pour nous-mêmes et nos enfants. Nous ne voulons pas ajouter nos noms à la trop grande liste des victimes de cette guerre. »

Le premier ministre Stephen Harper écrit, en avant-propos, que ce livre présente une mosaïque de points de vue. Sa lecture fait comprendre, comme le disent les militaires qui ont travaillé à colliger l’ouvrage, que la réponse à la question « cela valait-il la peine? » est complexe.

www.afghanistanacanadianstory.ca/

Catégorie : Ottawa

Le cynisme

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 publié le 11 novembre 2014 à 11 h 38

Les sondages placent souvent les politiciens au bas de l’échelle de confiance (remarquez, les journalistes ne sont parfois pas bien loin). Je me suis toujours dit que ce cynisme était un peu injuste pour des femmes et des hommes qui sacrifient une carrière, un bon salaire, pour servir l’État.

Peu importe le parti, je me suis même surpris à me dire que s’ils faisaient des promesses, c’était pour les tenir. Gel des tarifs, pas d’augmentation de taxes, création d’emplois, etc.

Alors, quand le ministre des Finances Carlos Leitao a affirmé lundi que la création de 250 000 emplois sur 5 ans n’était pas une promesse du Parti libéral, mais un « objectif », j’ai compris pourquoi nos politiciens sont toujours au bas de l’échelle de confiance.

Quoi? Un objectif? Pas une promesse? On avait tous mal compris? Alors, j’ai douté. Est-ce que j’avais mal compris? Avais-je mal interprété les mots utilisés en campagne électorale?

La réponse est non! Les paroles s’envolent, les écrits restent. Dans un communiqué publié le 6 mars par le PLQ, on peut lire : « Engagement : l’équipe économique du PLQ créera 250 000 emplois en 5 ans. »

Il me semble que c’est assez clair, non?

Une déclaration déroutante

Je précise, j’aime bien M. Leitao. Je le trouve candide, pas trop langue de bois, relativement transparent, pédagogue. Mais sa déclaration est déroutante.

- Il est ministre des Finances. A-t-il déjà baissé les bras sur sa capacité à créer des emplois?

- Le gouvernement est-il si ébranlé par les pertes d’emplois de septembre qu’il voit l’avenir en noir?

- Le fameux « trio économique » tant vanté est-il en train de se faire marquer plus de buts qu’il n’en marque?

- Mais surtout : que vaut une promesse électorale si six mois plus tard elle ne tient plus?

Une déclaration malhabile

En ce sens, la déclaration du ministre est non seulement malhabile, mais elle envoie aussi un message négatif au moment même où l’économie du Québec a de la difficulté à créer des emplois.

Rassurez-vous par contre. Le gouvernement prépare la réplique. Il décortique le marché du travail, avec comme prémisse qu’on ne peut plus l’analyser comme on le fait depuis 50 ans. Les mises à la retraite et la multiplication des emplois à temps partiel remettent en question la grille d’analyse, et donc ses conclusions négatives actuelles.

À suivre…

Catégorie : Québec

La famille Ford n’a peut-être pas dit son dernier mot. Arrivé deuxième dans la course à la mairie de Toronto la semaine dernière, voilà que Doug Ford songe à se lancer en politique provinciale. Un site Internet pour promouvoir sa candidature vient d’être mis en ligne.

D’ici quelques semaines, il pourrait se lancer dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario. Le PC doit se choisir un nouveau chef ce printemps. Il deviendrait chef de l’opposition officielle, avec une chance d’affronter et de détrôner la première ministre libérale aux élections générales de 2018.

Dans les milieux conservateurs, on trépigne à l’annonce de cette possible candidature. Mais pas nécessairement d’impatience. C’est parce que la présence de Doug Ford pourrait être une arme à double tranchant.

Le PC a deux tâches devant lui d’ici 2018. D’abord il faut reconstruire le PC à l’interne et reconquérir les membres désenchantés par les quatre dernières défaites électorales. Puis, il faut convaincre le reste des Ontariens que le parti peut gouverner en tenant compte de chacune des régions de la province.

Doug Ford peut probablement aider à la première tâche, la reconstruction du parti. Mais plusieurs critiques doutent qu’il puisse réaliser la deuxième tâche — et la plus importante pour les conservateurs —, soit l’obtention du pouvoir.

Rebâtir le parti

Certains membres du PC craignent que la personnalité forte et la grandiloquence de Doug Ford ne transforment la course à la direction en concours de décibels, plutôt que d’avoir une discussion constructive sur les enjeux majeurs qui touchent la province.

Du même coup, la seule présence d’une « célébrité » comme Ford ferait rayonner les débats au-delà des sous-sols d’églises et des salles communautaires, où ces événements ont souvent lieu. Elle permettrait de joindre l’électorat en général, et du même coup, de contribuer à augmenter la visibilité et la cote du parti.

Une visibilité qui pourrait entraîner des gains concrets, en augmentant le nombre de membres et de donateurs. Surtout que l’attrait de Doug Ford dans certains coins de Toronto et de ses banlieues (une région riche en sièges, où le PC a fait chou blanc au cours des quatre dernières élections générales) est un des atouts majeurs qui manque au parti. La presque totalité des députés du PC viennent des régions rurales ou semi-rurales. Une percée dans la région de la métropole ontarienne pourrait être la clé qui mène au bureau du premier ministre.

Bref, que Doug Ford gagne ou perde la course à la direction, le seul fait qu’il y participe apporterait certaines retombées positives pour le parti.

Convaincre les Ontariens

Plusieurs au sein du PC se demandent si le jeu en vaut la chandelle.

L’avantage que pourrait procurer Doug Ford vient avec un risque qui n’est pas à négliger. Il est populaire, mais il est aussi une figure polarisante. On l’aime ou on le déteste. C’est bon pour susciter l’intérêt, générer de l’attention médiatique et mobiliser une certaine base électorale. Mais ce n’est pas nécessairement ce dont le PC a besoin présentement.

Le PC a besoin de ramener au bercail les « Red Tories », les progressistes qui ont déserté le parti au profit des libéraux depuis 10 ans, et a besoin d’une figure rassembleuse pour convaincre les électeurs indécis. Doug Ford n’a pas encore prouvé qu’il pouvait être ce genre de candidat. En fait, il a plutôt prouvé le contraire en quatre ans comme conseiller municipal et en huit semaines de campagne à la mairie.

Décision personnelle

Doug Ford dit qu’il annoncera dans quelques semaines sa décision de se lancer ou non dans la course à la direction du PC. En plus des éléments précédents, sa réflexion en comptera sûrement deux autres :

  • Sa principale adversaire risque d’être Christine Elliott, la veuve de l’ancien ministre fédéral des Finances Jim Flaherty. Les Flaherty-Elliott sont des amis proches de la famille Ford. Ils ont défendu le maire Rob Ford au plus fort du scandale du « crackgate ». Une bataille entre les deux pourrait endommager cette relation. Doug y songera peut-être avant de poser sa candidature.
  • L’état de santé de son frère Rob ne s’améliore pas. Sa tumeur cancéreuse n’a pas rétréci après deux traitements de chimio. Il devra en subir un troisième et peut-être un quatrième d’ici Noël. Doug aime dire que, pour lui, la famille passe avant tout. Un autre morceau du casse-tête qui fera sans doute partie de ses réflexions

Catégorie : Ontario

Le discours important

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 publié le 5 novembre 2014 à 14 h 31

On nous avait promis un discours important. Toute la journée samedi, les stratèges de François Legault disaient aux journalistes qu’ils croisaient, dans les corridors de l’hôtel où se déroulait le congrès de la CAQ, d’être très attentifs au discours que devait prononcer leur chef le lendemain.

Important, le discours l’aura été, mais peut-être pas pour les raisons qu’on avait laissé entendre dans l’entourage du chef de la CAQ. Alors qu’on nous l’avait présenté comme un discours visant à réaffirmer le nationalisme dont se réclame la CAQ, le discours aura plutôt donné l’impression que la CAQ devenait de plus en plus fédéraliste.

Depuis la fondation de sa coalition, François Legault avait toujours indiqué qu’il voulait s’extirper de la dualité opposant fédéralistes et souverainistes pour mieux relever les défis économiques auxquels le Québec est confronté. Dans cette optique, le gouvernement devait redresser ses finances publiques, après quoi la prochaine génération de politiciens pourrait rouvrir le débat sur le statut du Québec. Il leur appartiendrait alors de choisir entre le fédéralisme renouvelé ou la souveraineté du Québec.

Pour bien mettre en évidence le fait que la CAQ voulait se distancier des débats sur l’avenir du Québec, François Legault avait déjà, en campagne électorale, indiqué clairement qu’il était hors de question pour son parti d’organiser un référendum. De la même manière, on ne l’avait pas non plus entendu prendre position en faveur de la réintégration du Québec au sein de la famille constitutionnelle canadienne. Tous ces débats, qu’il assimilait à de « vieilles chicanes », ne semblaient guère l’intéresser.

Dimanche, François Legault a toutefois semblé se rapprocher de l’une des deux options auxquelles fera face le Québec lorsque ses finances publiques seront rétablies. Alors que le chef de la CAQ exclut toujours un référendum sur l’indépendance du Québec, il n’écarte plus la ratification de la Constitution canadienne, même s’il prend bien soin d’ajouter qu’il ne sera plus en politique si cela se produit.

La question est donc : qui François Legault voulait-il courtiser avec son « discours important » de dimanche? À entendre ses stratèges, on avait l’impression qu’il chercherait à attirer le vote péquiste en adoptant un fort positionnement nationaliste, et en réitérant qu’une page d’histoire s’était tournée lors des dernières élections générales avec la débandade du Parti québécois. Sauf qu’à entendre le discours et les échanges qui ont suivi avec les journalistes, on a plutôt l’impression qu’il a tenté de courtiser une certaine frange de l’électorat fédéraliste en écartant définitivement le référendum, et tout en ouvrant la porte à la ratification de la Constitution.

Ambiguïté dans les intentions? Mauvaise interprétation de la part des journalistes? Maladresse de la part de M. Legault? On n’en sait trop rien. Bref, le « discours important » de dimanche aura davantage semé la confusion qu’il n’aura éclairci les électeurs sur le nouveau positionnement de la CAQ. Une impression renforcée par le fait que, depuis, François Legault ne semble pas très enclin à vouloir préciser sa pensée sur ce sujet. Ce n’est pas la première fois que la CAQ – ou son prédécesseur, l’ADQ – se trouve ainsi assise entre deux chaises.

Catégorie : Québec

Réforme de l’éducation : l’improvisation libérale

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 publié le 4 novembre 2014 à 10 h 44

Après une réforme du réseau de la santé, voilà que le gouvernement libéral de Philippe Couillard annonce qu’il s’engage dans une réforme du réseau de l’éducation.

Mais alors, pour quelles raisons le premier ministre Couillard n’a-t-il pas jugé bon d’en parler lors de la dernière campagne électorale?

Est-ce parce que les libéraux n’ont pas vu venir le faible taux de participation aux élections scolaires? Difficile à croire. Peut-être qu’ils n’ont pas pris la peine d’y réfléchir, mais il est plus probable que les libéraux ont préféré attendre que le taux de participation parle de lui-même.

Il demeure qu’il s’en dégage une sérieuse impression d’improvisation de la part du gouvernement Couillard. Sous la pression de la Coalition avenir Québec, le ministre de l’Éducation Yves Bolduc a indiqué que le taux de participation à ces élections serait un test pour l’avenir des commissions scolaires. Dès lors, la suite était prévisible.

À moins de 5 % de participation, il est très clair que la démocratie scolaire est malade. Néanmoins, il faut reconnaître que c’était déjà pas mal clair en 2007 avec un taux de participation de 8 %.

Une réforme de la démocratie scolaire et des structures qui y sont associées serait beaucoup plus compliquée que le ministre Bolduc ne l’imagine. Et, en plus, sa propre crédibilité comme ministre de l’Éducation a gravement souffert, dans ce milieu, de ses déclarations maladroites sur les livres et les bibliothèques scolaires.

L’opération pourrait se révéler assez délicate.

L’abolition des commissions scolaires paraît tout de même peu probable. Même la CAQ a abandonné cette option et propose de les remplacer par des centres de services régionaux.

Un facteur déterminant est que la communauté anglophone bénéficie d’une protection constitutionnelle qui vise à lui assurer la gestion de ses écoles. En outre, cette communauté est intimement liée à la base électorale du Parti libéral, et elle est déjà heurtée par la réforme des structures en santé. Il serait toutefois difficile pour le gouvernement Couillard d’aller de l’avant avec une réforme à deux vitesses, l’une pour les francophones et l’autre pour les anglophones.

Le ministre Bolduc et le premier ministre Couillard auront peut-être besoin de plus que quelques semaines pour concocter le projet de loi pour mener à bien cette réforme de l’éducation, car elle pourrait être plus complexe qu’ils ne l’imaginent aujourd’hui.

Néanmoins, cela n’excuse en rien la négligence dont le chef libéral a fait preuve en omettant d’en parler aux Québécois au moment opportun. Et tout indique que cette réforme de l’éducation n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette négligence de M. Couillard, qui semble avoir décidé, comme tant d’autres avant lui, qu’une campagne électorale ne constituait pas une occasion pour aborder des sujets sérieux.

Catégorie : Québec

Il faut d’abord dire que ça fait 30 ans que les gens d’affaires et fonctionnaires québécois vont en Chine, et on voit que la machine est bien huilée.

Pour cette mission, notre ancien collègue Jean-François Lépine faisait partie de l’équipe du premier ministre en tant que facilitateur. Il faut dire que Jean-François Lépine connaît bien la Chine parce qu’il y a été correspondant, notamment en 1984, lors de la mission du premier ministre René Lévesque. Cette fois-ci, il assistait le gouvernement particulièrement sur des questions d’étiquette. Comment agir? Comment aider les délégués québécois à mieux comprendre la mentalité chinoise?

J’en ai moi-même appris beaucoup sur l’étiquette dans l’Empire du Milieu. Il y a toutes sortes de façon de faire les choses. Par exemple, la carte de visite est très importante en Chine. On la remet à deux mains, et la personne qui la reçoit doit immédiatement la lire. Lorsqu’on reçoit ainsi une carte de visite, l’étiquette veut donc qu’on en prenne connaissance, et que gentiment, on pose une question à la personne qui nous l’a remise. Si je remets ma carte à mon vis-à-vis chinois, il va me poser des questions sur mon travail de correspondante parlementaire : « Ah, vous couvrez la politique québécoise, est-ce que vous êtes très occupée? Ça doit être passionnant! »

Autre exemple, quand on porte un toast, il faut tenir compte de la hiérarchie des gens avec qui on trinque. Ainsi, mon verre doit être plus bas que celui de la personne qui m’accompagne, surtout si c’est quelqu’un d’important.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, en compagnie du gouverneur du Shandong, Guo Shuqing, lors d'une rencontre à Jinan. Photo : Radio-Canada

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, en compagnie du gouverneur du Shandong, Guo Shuqing, lors d’une rencontre à Jinan. Photo : Radio-Canada

L’affaire du porc

Le premier ministre Couillard a commis un impair lorsqu’il a tenté de vendre davantage de porc québécois aux Chinois. Cela s’est passé lors de la rencontre de Philippe Couillard avec Guo Shuqing, le gouverneur du Shandong, dans un hôtel de la capitale, Jinan.

Le gouverneur est un homme important. Il dirige une province de 97 millions d’habitants. C’est énorme. C’est aussi un banquier et un candidat sérieux à la vice-présidence de la Chine dans la prochaine transition en 2018-2019.

Pendant ce tête-à-tête très officiel, le premier ministre Couillard a d’abord soulevé la question du porc. Les Chinois, de grands producteurs de porc, ont commencé à importer cette viande il y a une dizaine d’années. Le Québec aimerait donc faire partie des fournisseurs. Le gouverneur du Shandong lui a bien expliqué que du porc, ils en avaient, et que pour l’instant, ce n’était pas ce qu’ils recherchaient, qu’ils seraient davantage intéressés par l’importation de boeuf et d’agneau.

Philippe Couillard a commis un impair en faisant du porc le premier point de sa rencontre avec les dirigeants chinois. Alors qu’il insistait, le gouverneur lui a poliment opposé une fin de non-recevoir.

Quelles sont les conséquences de cette maladresse? Ce n’est pas clair. Une chose est sûre : les Chinois vont s’en souvenir. C’est une tache dans son dossier, dans ses relations avec la Chine. Le fait qu’il ait insisté a mis le gouverneur dans une situation d’embarras. Ce dernier l’a ramené à l’ordre une deuxième et une troisième fois.

Voici ce qu'on nous offre dans une chambre d'hôtel de Jinan, dans la province de Shandong, en Chine!

Voici ce qu’on nous offre dans une chambre d’hôtel de Jinan! Photo : Radio-Canada/Martine Biron


Prendre ses distances d’Ottawa

À Pékin, les premiers ministres du Québec, de l’Ontario et de l’Île-du-Prince-Édouard ont rencontré le ministre chinois des Territoires et des Ressources, Jiang Daming, pour discuter des ressources naturelles canadiennes.

La délégation canadienne aurait-elle pu rencontrer le ministre Daming s’il n’y avait pas eu trois premiers ministres autour de la table? En faisant front commun, les provinces s’ouvrent des portes.

Cette délégation conjointe à Pékin donne le signal que les provinces entendent développer une certaine autonomie dans leurs relations avec la Chine par rapport au fédéral. On sait qu’Ottawa a des relations assez difficiles avec l’Empire du Milieu, tant sur le plan économique que politique.

Après tout, l’Ontario et le Québec représentent les deux tiers de la population du Canada, et la moitié de l’économie du pays. En s’unissant pour tisser des liens avec la Chine, elles prennent leurs distances du fédéral et elles s’organisent. Cela ne veut pas dire qu’elles sont contre Ottawa, ou qu’elles trouvent que le fédéral travaille mal.

Elles se rendent bien compte qu’elles doivent être plus autonomes si elles veulent forger des alliances. Elles voient bien qu’avec les relations difficiles entre le gouvernement fédéral et la Chine, elles feraient peut-être mieux de prendre leurs propres affaires en main.

En passant, ce qui frappe à Pékin, c’est la pollution. On voit de la fumée et de la brume dans la lumière des phares. La pollution est  visible à l’œil nu! C’est quand même impressionnant!

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, en tête-à-tête avec le maire de Shanghai, une ville chinoise de 24 millions d'habitants

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, en tête-à-tête avec le maire de Shanghai, une ville chinoise de 24 millions d’habitants. Photo : Radio-Canada/Martine Biron


Carte postale de Shanghai

Shanghai ressemble à un immense Time Square new-yorkais. C’est très clinquant. On sent très bien la relation amour-haine que les Chinois peuvent avoir avec les Occidentaux. Toutes les femmes qui sont sur les immenses panneaux publicitaires sont des Occidentales. Ils vendent des jeans et des produits de luxe, mais les femmes qui les présentent, ce ne sont jamais des Chinoises.

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Le persécuté

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 publié le 31 octobre 2014 à 10 h 41

« Vous semblez obnubilés », a lancé Stéphane Bédard aux journalistes au sujet de Pierre Karl Péladeau mercredi. Pressé de questions sur la situation de conflit d’intérêts dans laquelle se serait ou non placé PKP, le chef intérimaire du Parti québécois n’a pas caché son agacement. Il s’en est également aussi pris au leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, qu’il accuse d’être « obsédé » par le député de Saint-Jérôme.

Il est vrai que les journalistes se sont montrés, ce midi-là, particulièrement insistants envers le chef intérimaire, sans compter l’intérêt qu’ils ont démontré jusqu’à présent à disséquer les moindres prises de parole de PKP depuis son entrée en fonction. À cela s’ajoutent l’empressement des autres formations politiques présentes à l’Assemblée nationale à braquer les projecteurs sur PKP et leur insistance à vouloir tenir un débat sur l’indépendance des médias.

Si le chef péquiste intérimaire se montre publiquement agacé, on fait peu de cas en coulisse de toutes les critiques dont fait l’objet le favori à la succession de Pauline Marois. En fait, plusieurs militants péquistes voient plutôt d’un bon œil toute l’attention – même négative – que l’on porte au député vedette de leur formation politique. Pour nombre d’entre eux, c’est le signe que PKP est le mieux placé pour devenir chef du PQ.

Il y a bien sûr cette idée, ouvertement exprimée dans les rangs péquistes, ou sinon, tacitement sous-entendue, que c’est la crainte qu’inspire Pierre Karl Péladeau qui incite ses adversaires à s’acharner sur lui. C’est là la meilleure démonstration, croit-on, qu’il doit être choisi chef.

À cela s’ajoute l’idée, voire l’espoir, que Pierre Karl Péladeau devienne une sorte de martyr ou de souffre-douleur, accablé pour son appui à la souveraineté du Québec. Plus PKP sera critiqué, plus on semblera s’acharner sur lui, plus ce dernier sera à même de poser en persécuté et d’engranger des appuis populaires, estime-t-on dans les rangs péquistes.

On fait aussi le pari qu’il vaut mieux épuiser immédiatement toutes les questions que peut susciter son éventuelle accession aux postes de chef de l’opposition officielle et de premier ministre. Dans la mesure où le débat aura été fait, on pense qu’il sera plus difficile pour les adversaires de PKP de susciter l’indignation sur ces sujets une fois qu’il aura, le cas échéant, accédé à de nouvelles fonctions.

En 2005, les péquistes avaient fait en quelque sorte le même pari : ils s’étaient imaginé que les révélations ayant entouré la consommation de cocaïne passée d’André Boisclair, en pleine course à la direction, l’immuniseraient contre des attaques sur ce sujet une fois qu’il serait devenu chef. Ils faisaient erreur. Dans les mois après son accession à la tête du PQ, André Boisclair avait été poursuivi par les mêmes allégations, Jean Charest ne se privant pas pour rappeler les « erreurs de jugement » et pour souligner le « manque de maturité » dont aurait fait preuve le chef péquiste.

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