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	<title>Plus on est de fous, plus on blogue! &#187; Michel Cormier</title>
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		<title>De la soif de liberté des Chinois</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Jan 2012 03:18:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe Cipriani</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'actualité vue par les livres]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[chinois]]></category>
		<category><![CDATA[Liu Xiaobo]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Cormier]]></category>
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		<description><![CDATA[C’est l’année du dragon d’eau qui commencera le 23 janvier en Chine. Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier le mythique animal : idéaliste, actif, volontaire, confiant, entreprenant, scrupuleux, chanceux, versatile, agressif, déterminé. Plusieurs épithètes dont peut se revendiquer la Chine, à tout le moins sur le plan financier. Devenue deuxième économie mondiale derrière les États-Unis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est l’année du dragon d’eau qui commencera le 23 janvier en Chine. Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier le mythique animal : idéaliste, actif, volontaire, confiant, entreprenant, scrupuleux, chanceux, versatile, agressif, déterminé.</p>
<p>Plusieurs épithètes dont peut se revendiquer la Chine, à tout le moins sur le plan financier. Devenue deuxième économie mondiale derrière les États-Unis au cours de la dernière année, elle pourrait pâtir quelque peu des difficultés en Europe et aux États-Unis, mais devrait conserver une croissance enviable.</p>
<p>Sur le plan politique, le Congrès du Parti communiste, à l’automne, devrait mener au renouvellement de la classe dirigeante chinoise. Mais ceux qui placent des espoirs de changement en Xi Jinping, successeur pressenti de Hu Jintao à la présidence, risquent d’être déçus.</p>
<p>Dans <em>Les Héritiers de Tiananmen</em>, l’ancien correspondant de Radio-Canada Michel Cormier, sans même croire à une véritable démocratisation, préfère espérer une r</p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-152" style="border-style: initial;border-color: initial" src="http://blogues.radio-canada.ca/plusonblogue/files/2012/01/Cormier-192x300.jpg" alt="" width="192" height="300" /></p>
<p>esponsabilisation du gouvernement, cruellement absente à Pékin. Mais à la lecture de son livre très fouillé, les espoirs de démocratie semblent plus éloignés que jamais.</p>
<p>D’une part, parce que les dissidents chinois qu’il a rencontré, ceux qui ont été au cœur de la révolte de Tiananmen, réprimée dans le sang le 4 juin 1989, étaient loin d’être animés par une pensée révolutionnaire.</p>
<p>Au contraire, portés par la tolérance momentanée du régime à l’égard de la liberté d’expression, ils souhaitaient plutôt convaincre les dirigeants de changer, de se moderniser.  Une pensée confucéenne traditionnelle, où ils se voyaient comme conseillers de l’empereur plutôt qu’en opposants.</p>
<p>Cette particularité est capitale pour comprendre le rôle des intellectuels de l’époque de Tiananmen, de même que l’attitude des Chinois d’aujourd’hui.</p>
<div><span style="color: #0000ee"><span style="text-decoration: underline"><br />
</span></span>C’est aussi un trait que déplore Liu Xiaobo, écrivain chinois brillant et dissident emprisonné, récipiendaire in absentia du Prix Nobel de la paix en 2010. Dans <em>La philosophie du porc</em>, un recueil de ses textes et allocutions, le titre évoque justement la soumission de son peuple.Comme les porcs, écrit-il, les Chinois « dorment quand ils sont rassasiés, et mangent ce qu’on leur donne quand ils se réveillent. [Le régime] les maintient au stade des besoins primaires, sans leur laisser droit à de plus grandes ambitions. »Or, relèvent les deux ouvrages, les dissidents qui ont payé par la prison et l’exil réalisent qu’il s’agissait d’une erreur d’attribution fondamentale de croire qu’on pouvait convaincre le régime de changer. La modération, confient-ils, a finalement nui à leur cause.</p>
<p><strong>L’échec du matériel</strong></p>
<p><a href="http://blogues.radio-canada.ca/plusonblogue/files/2012/01/Xiaobo.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-153" src="http://blogues.radio-canada.ca/plusonblogue/files/2012/01/Xiaobo-195x300.jpg" alt="" width="195" height="300" /></a>Aujourd’hui, les Chinois ont-ils toujours la soif de liberté qui les a habités en 1989? Tant le livre de Michel Cormier que celui de Liu Xiaobo répondent par la négative.</p>
<p>Bien que l’économie de marché ait reproduit ce que la Chine décriait d’inégalités et de corruption en Occident, elle a apporté un certain confort matériel.</p>
<p>Selon Michel Cormier, ces réformes économiques ont effectivement servi de réformes politiques. Les jeunes ont troqué les espoirs contre l’attrait du matériel, les mêmes gadgets qu’ils fabriquent, <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2012/01/13/002-apple-iphone-chine.shtml" target="_blank">comme le montre cette ruée vers l’iPhone 4S</a>. Et un autre point pour la philosophie du porc&#8230;</p>
<p>De même, Liu Xiaobo craint cette « aisance relative » qui semble satisfaire les Chinois, des « consciences achetées » qui relèguent dans l’oubli les victimes du massacre de 1989. (Un événement gommé dans les livres d’histoires chinois, dont les jeunes de moins de 25 ans n’ont ni souvenir, ni même connaissance.)</p>
<p>Li implore ses compatriotes de recouvrer la dignité d’être humain, cette soif de changement, sinon ils ne seront que « des esclaves sans fierté » qui mériteront leurs « gouvernants médiocres ».</p>
<blockquote><p>« Un pouvoir qui tue est écoeurant; un pouvoir qui ment pour défendre les meurtres qu’il a commis est méprisable. Et une nation qui le tolère est désespérante. »<br />
-Liu Xiaobo, <em>La philosophie du porc</em></p></blockquote>
<p>Or, non seulement les dirigeants actuels ne martèlent plus le message d’antan où les Chinois n’étaient pas prêts pour la démocratie, ils la brandissent désormais comme une menace de l’impérialisme américain.</p>
<p>Comme le souligne Michel Cormier, la Chine a décidé en 1989 que non seulement la nouvelle économie de marché pouvait cohabiter avec la dictature, mais que la dictature était la condition de sa réussite. Le 21<sup>e</sup> siècle est en train de lui donner raison.</p>
</div>
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