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Le printemps des atlas

Vendredi 11 mai 2012 à 13 h 38 | | Pour me joindre

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Parce qu’elle représente sur une surface plane des réalités multidimensionnelles, « les cartes mentent » dit le cartographe Nicolas Lambert. Et il a raison. Même la représentation classique que nous connaissons tous sous forme de planisphère ne rend pas compte de l’échelle réelle des continents.

La carte est un outil d’information. Mais l’information est parcellaire.

  • Du coup, elle se fait également outil de propagande:

Source: http://blog.mondediplo.net/2012-02-09-Le-Cachemire-un-casse-tete-cartographique

  • outil militaire:

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Source: google map – centrage sur la frontière libano-israélienne

  • ou encore un instrument pour définir la souveraineté territoriale:

Car le travail que fait aujourd’hui la Russie pour cartographier les fonds marins de l’Arctique a pour but de prouver sa souveraineté sur ce qu’elle considère être « son » Arctique.

Donc. Tout atlas n’est pas bon à lire.

Ou à acquérir. Beaux, colorés, tristes à mourir, épurés ou exhaustifs… il ne suffit pas d’en posséder un, mais de trouver celui qui nous va.

  • Classique ?

 

Carte des phénomènes climatiques extrêmes du Pew Center on Global Climat Change 
http://www.c2es.org/science-impacts/extreme-weather-events-map

 

  • Ou artistique ?


Source: Atlas du Diplo 2009, en ligne:  http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/esquissevarsovie

 

S’intéresse-t-on, par exemple dans le cas de l’immigration, aux flux migratoires (comme l’Atlas des migrations publié chez Autrement – ) et donc à la perspective des États d’accueil, ou aux parcours (et à la misère) des migrants (Atlas des migrants du réseau Migreurop – dont la nouvelle mouture paraitra en septembre prochain).

Quelle histoire a voulu raconter le cartographe? Quels éléments sont mis en relief ?

  • La carte de l’archipel de Cisjordanie, publiée dans l’Atlas du Diplo 2010 et disponible en ligne, va dans ce sens:

Source en ligne: http://www.regarddegeographe.com/article-37038642.html (monde diplo édition 2010).

  • Et les États-Unis ont déjà l’air moins puissants vus ainsi:

Source: http://flourish.org/upsidedownmap/

Tout est question de perspective. Et c’est le cartographe du Monde Diplomatique, Philippe Rekacewicz, qui en parle le mieux:

Reportage d’Arte sur Philippe Rekacewicz


 

 

La planète littéraire est en deuil aujourd’hui; Maurice Sendak, auteur et illustrateur jeunesse incontournable, est décédé à 83 ans. Pratiquement tous les médias américains, plusieurs médias internationaux de même que le porte-parole de la Maison-Blanche ont souligné avec tristesse le décès de ce grand artiste et ont fait l’éloge de son talent. Son ouvrage le plus connu, Where the wild things are (Max et les maximonstres), publié en 1963, est sans contredit un classique américain de la littérature jeunesse, mais il ne s’agit là que d’un des nombreux titres qu’il a publiés.

Where the wild things are relate les aventures imaginaires d’un petit garçon nommé Max, que sa mère envoie au lit sans souper parce qu’il est trop turbulent. Furieux, Max, qui porte un costume de loup, part alors dans un voyage imaginaire qui va faire de lui le roi des « maximonstres » (« wild things »), dans une île peuplée de monstres aussi drôles que cruels avec lesquels il fait une fête « épouvantable ». Mais le petit garçon choisit finalement de quitter ce royaume pour retourner dans sa chambre.

À sa sortie, Where the wild things are en avait choqué plusieurs, qui estimaient que le récit était sombre et incitait les enfants à se rebeller contre leurs parents. Or, il s’agit d’une véritable ode à l’imagination de la jeunesse, illustrée avec la finesse qui a fait la marque de Maurice Sendak. Un autre album de Sendak, In the night kitchen (Cuisine de nuit), paru en 1970, avait suscité la controverse parce qu’on y voyait un petit garçon nu. Mais Maurice Sendak ne craignait

pas de bouleverser certaines âmes plus sensibles et l’a fait tout au long de sa vie. Son travail remettait en question l’habituelle rectitude politique de la littérature jeunesse. On avait d’ailleurs fait de cette question l’objet d’une discussion à l’émission plus tôt cet hiver.

L’importance de l’œuvre de Sendak dans la culture populaire américaine n’est plus à démontrer. Where the wild things are a été adapté au cinéma par Spike Jonze en 2009, d’après un scénario de l’auteur américain Dave Eggers. Des produits dérivés avaient même été mis en vente lors de la sortie du film dans les magasins de la chaîne Urban Outfitters. Patrick Watson a lui aussi été inspiré par Where the wild things are et a composé une chanson portant le titre de l’album. Et tout récemment, Barack Obama a lu le classique de Sendak à des enfants lors de la traditionnelle chasse aux œufs de Pâques à la Maison-Blanche.

 

Il ne fallait pas se surprendre d’entendre hier nos invités, des éditeurs passionnés, défendre leur rôle d’éditeur avec fougue et éloquence. Confrontés aux réalités virtuelles qui ouvrent grand la porte à l’autoédition en ligne et qui fragilisent leur métier, ils se disent prêts à relever le défi, à s’adapter, à réaffirmer l’importance de leur travail et à chercher toujours inlassablement les nouvelles voix littéraires.

Écoutez table ronde avec Mélanie Vincelette, Antoine Tanguay et Éric de Larochellière. >>

Certes, le dialogue que construit l’éditeur avec ses auteurs les invite à se remettre en question et à publier des livres mieux achevés. L’autoédition, en revanche, épargne à l’auteur les douloureuses étapes de relecture et de corrections, lui permettant de dévoiler son œuvre sans filtre et d’entretenir une relation plus directe avec ses lecteurs, en plus de lui permettre un accès plus direct aux profits générés par la vente de son livre.

Mais, outre ces considérations commerciales, on peut se demander si l’autoédition permet aussi que soient enfin publiés des livres de grande qualité dont le ton ou le contenu ne correspondent pas aux lignes éditoriales des maisons d’édition. Ne nous donne-t-elle pas accès à de nouveaux horizons littéraires, à des auteurs qui échappent aux règles de la commercialisation, à une avant-garde encore inconnue des éditeurs? Étrangement, la question est rarement abordée sous cet angle dans la presse. Il faut dire que les critiques établis ne témoignent peu ou pas des livres autoédités, qu’ils ne connaissent pas.

Tous semblent pourtant convaincus que, oui, il se publie en ligne des petites merveilles en autoédition. Sans pour autant brandir d’exemples concrets. Même Anthony Horrowitz, l’écrivain britannique qui a publié dans le Guardian une longue lettre dans laquelle il se demande à quoi servent les éditeurs, n’a pas réussi à trouver en ligne une œuvre vraiment digne d’intérêt. En France, certains livres autoédités se sont bien vendus, comme le pamphlet La crise au Sarkozistan, du journaliste Daniel Schneidermann. Mais de l’avant-garde? Des auteurs brillants négligés par les maisons d’édition traditionnelles? Il semble que ce soit difficile à trouver.

Il doit pourtant il y en avoir. En connaissez-vous?