Blogue de Philippe Couture

L’autoédition permet-elle une littérature plus singulière?

Mercredi 11 avril 2012 à 14 h 00 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

philcout

Il ne fallait pas se surprendre d’entendre hier nos invités, des éditeurs passionnés, défendre leur rôle d’éditeur avec fougue et éloquence. Confrontés aux réalités virtuelles qui ouvrent grand la porte à l’autoédition en ligne et qui fragilisent leur métier, ils se disent prêts à relever le défi, à s’adapter, à réaffirmer l’importance de leur travail et à chercher toujours inlassablement les nouvelles voix littéraires.

Écoutez table ronde avec Mélanie Vincelette, Antoine Tanguay et Éric de Larochellière. >>

Certes, le dialogue que construit l’éditeur avec ses auteurs les invite à se remettre en question et à publier des livres mieux achevés. L’autoédition, en revanche, épargne à l’auteur les douloureuses étapes de relecture et de corrections, lui permettant de dévoiler son œuvre sans filtre et d’entretenir une relation plus directe avec ses lecteurs, en plus de lui permettre un accès plus direct aux profits générés par la vente de son livre.

Mais, outre ces considérations commerciales, on peut se demander si l’autoédition permet aussi que soient enfin publiés des livres de grande qualité dont le ton ou le contenu ne correspondent pas aux lignes éditoriales des maisons d’édition. Ne nous donne-t-elle pas accès à de nouveaux horizons littéraires, à des auteurs qui échappent aux règles de la commercialisation, à une avant-garde encore inconnue des éditeurs? Étrangement, la question est rarement abordée sous cet angle dans la presse. Il faut dire que les critiques établis ne témoignent peu ou pas des livres autoédités, qu’ils ne connaissent pas.

Tous semblent pourtant convaincus que, oui, il se publie en ligne des petites merveilles en autoédition. Sans pour autant brandir d’exemples concrets. Même Anthony Horrowitz, l’écrivain britannique qui a publié dans le Guardian une longue lettre dans laquelle il se demande à quoi servent les éditeurs, n’a pas réussi à trouver en ligne une œuvre vraiment digne d’intérêt. En France, certains livres autoédités se sont bien vendus, comme le pamphlet La crise au Sarkozistan, du journaliste Daniel Schneidermann. Mais de l’avant-garde? Des auteurs brillants négligés par les maisons d’édition traditionnelles? Il semble que ce soit difficile à trouver.

Il doit pourtant il y en avoir. En connaissez-vous?