Saviez-vous que la 11e édition de Canada Reads se déroule cette semaine sur les ondes de CBC Radio One? C’est le collègue Jian Gomeshi qui est, cette année encore, à la barre de cette joute oratoire qui vise à promouvoir la littérature canadienne. La nouveauté de cette 11e édition, c’est que l’équipe de Canada Reads a demandé aux panélistes de défendre des essais plutôt que des oeuvres de fiction. Une belle idée qui renouvelle efficacement la formule.
Depuis lundi, on peut donc entendre l’acteur Alan Thicke défendre The Game de Ken Dryden, le mannequin Stacey McKenzie défendre On a Cold Road de Dave Bidini, le rappeur Shad défendre Something Fierce de Carmen Aguirre, la femme d’affaires Arlene Dickinson défendre Prisoner of Tehran de Marina Nemat et l’inénarrable avocate Anne-France Goldwater défendre The Tiger de John Vaillant.
Les échanges sont plutôt musclés depuis le début de la semaine. Anne-France Goldwater, égale à elle-même, a commencé la semaine en lionne et a tenu des propos assez controversés. Elle a en effet traité l’auteure de Prisoner of Tehran, Marina Nemat, de «terroriste», ce qui a bien entendu semé l’émoi au Canada anglais. On en a même parlé au Québec… Quelques larmes ont même été versées et on a eu droit à quelques alliances stratégiques, comme c’est le cas lors de chaque édition.
J’ai participé, en coulisses, à cinq éditions du Combat des livres – le pendant francophone de Canada Reads. J’étais en effet de l’équipe de production des cinq éditions présentées dans le cadre de Christiane Charette. J’ai également été une auditrice assidue du Combat des livres alors qu’il était présenté par Marie-France Bazzo dans le cadre d’Indicatif Présent. Et lors de chaque édition, il vient un moment où les esprits s’échauffent, où les paroles dépassent parfois un peu, beaucoup, la pensée des panélistes et où les mots peuvent même blesser.
Ceux qui parmi vous ont suivi les éditions passées du Combat des livres savent ce à quoi je fais référence. «It’s the name of the game», comme diraient nos amis à CBC? Pas nécessairement. Mais l’engagement des panélistes qui défendent un livre, que ce soit au Combat des livres ou à Canada Reads, est tel que parfois, il y a quelques dérapages… Les panlélistes prennent leur rôle tellement à coeur, ils se sentent vraiment investis d’une mission. Bien qu’en cinq ans, j’ai été témoin de moments parfois tendus entre certains panélistes, je n’ai jamais vu de réelle mesquinerie entre ces derniers. Et quand l’édition se termine et qu’on couronne un livre, l’atmosphère redevient rapidement cordiale.
Demain, on saura quel essai sortira gagnant de cette 11e édition de Canada Reads. La lutte se fera entre The Game de Ken Dryden et Something Fierce de Carmen Aguirre. Oui, on retiendra de cette édition les propos «musclés» d’Anne-France Goldwater et l’émotivité de Stacey Mackenzie. Mais on aura aussi découvert cinq essais canadiens inspirants qui auront fait parlé de manière plus qu’animée, pendant quatre heures à la radio, cinq personnalités connues engagées envers la littérature.
Ça me permet de vous rappeler que la 9e édition du Combat des livres se tiendra du 26 au 29 mars. On vous révélera bientôt les panélistes et les livres qu’ils défendront…
