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Êtes-vous un narcissique sexuel?

vendredi 16 janvier 2015 à 8 h 19 | | Pour me joindre

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Imaginez le scénario suivant : vous rencontrez quelqu’un qui vous plaît et qui susurre à votre oreille qu’il est un dieu du sexe. Cette personne vous dit aussi d’emblée qu’elle ne veut pas apprendre à vous connaître. Puis, lorsque vous hésitez à passer sous la couette avec elle, elle vous implore d’arrêter de réfléchir et insiste à grands coups de carpe diem. Soyez prévenu, vous avez peut-être affaire à un narcissique sexuel.

Le comportement du narcissique sexuel se caractérise notamment par un sentiment que tout lui est dû au lit et une confiance démesurée en ses habiletés sous la couette. Il éprouve peu d’empathie et n’hésite pas à les exploiter les autres pour satisfaire ses envies. Il établit aussi difficilement des relations intimes.

De plus, selon une récente étude, l’amant narcissique est plus susceptible, lorsqu’il est en couple, de tromper son partenaire.

Mais comment savoir si on est soi-même un narcissique sexuel?

M. Hurlbert a développé un questionnaire pour évaluer l’indice de narcissisme sexuel des personnes qu’il a étudiées. Plus vous êtes fortement d’accord avec ces affirmations, plus le chapeau vous fait :

  • Je considère que je sais très bien ce que je fais au lit.
  • J’estime que j’ai un style particulier lorsque je fais l’amour.
  • Je pense que je suis meilleur au lit que la plupart des gens de mon âge.
  • Je connais des techniques sexuelles uniques.
  • Lors d’une relation sexuelle, c’est moi qui tiens les rênes.
  • Si je m’investis dans une relation de couple, les relations sexuelles sont un droit.
  • Dans certaines situations, il peut être acceptable de tromper son partenaire.
  • En couple, je m’attends à ce que mon partenaire satisfasse mes désirs sexuels.
  • Une trop grande intimité entre des partenaires peut interférer avec le plaisir sexuel.
  • Il n’y a pas assez de gens qui veulent avoir des relations sexuelles juste pour le plaisir.
  • Les émotions peuvent interférer avec le plaisir sexuel.
  • En matière de sexualité, les gens ne vivent pas assez dans le moment présent.

On peut s’attendre à ce qu’un partenaire narcissique imbu de lui-même et peu soucieux des autres ne fasse pas un très bon amant. Toutefois, le narcissisme n’a pas que de mauvais côté. Selon cette étude, les narcissiques, parce qu’ils ont tendance à avoir des associations très positives par rapport à la sexualité et qu’ils sont très sûrs d’eux au lit, pourraient se révéler de bons partenaires à court terme.

Mais j’ai comme l’impression qu’idéalement, lorsqu’on est devant quelqu’un de narcissique, il vaut mieux soi-même être narcissique. Je peux imaginer, par exemple, que si Samatha de Sex and the city rencontrait Barney, de How I met your mother, ça pourrait donner une scène érotique intéressante.

Reste qu’il est possible d’avoir confiance en soi au lit sans pour autant être narcissique. Et que le narcissisme a aussi été associé à une propension à être insatisfait de sa vie sexuelle à long terme. Alors, à quoi ça sert de se prendre pour un dieu du sexe si on ne s’amuse pas tant que ça?

Monster High

Lorsqu’on s’interroge sur le rapport des femmes à leur corps et l’obsession de la maigreur, on pense souvent à l’influence de la silhouette de Barbie ou à celle des mannequins dans les magazines.

Mais les jouets et la mode ne sont pas les seuls univers où la maigreur extrême est la norme.   Dans le monde des bandes dessinées pour enfants, par exemple, les corps émaciés sont très présents et pourtant, cet univers imaginaire – créé par les adultes – est généralement exempt de critiques.

Dans la majorité des dessins animés, les filles sont inhumainement minces. Leur taille est plus fine que leur tête, et leurs yeux sont plus gros que leur bras – et parfois même que leurs cuisses.

Le format qu’on voit partout, c’est :

Petite taille + yeux énormes + nez minuscule + longs membres maigres + grosse tête / gros cheveux.

Les seins eux aussi sont montrés d’une manière précise : ils sont bien polis. Ils ne sont jamais gros, jamais tombants, jamais absents non plus. Ils sont petits, mais toujours visibles.

Regardons un peu ce que ça donne chez les filles de Monster High, une série hyper populaire à l’heure actuelle auprès des fillettes :

Daculaura, de Monster High

Quelques années avant Monster High, les poupées Bratz (MGA Entertainment, 2001) étaient chéries par les fillettes :

Chez les Bratz, le nez est si petit qu’il est invisible.

Quand on regarde du côté des films pour enfants, on trouve encore partout la combinaison petite taille + yeux énormes + nez minuscule + longs membres maigres + gros cheveux. Les héroïnes de La reine des neiges (Disney, 2013), Elsa et Anna, correspondent bien à ce modèle.

Récemment, l’illustratrice de Buzzfeed Loryn Brantz  s’est amusé à dessiner des tours de taille normaux aux princesses de Disney. À gauche, c’est la version originale d’Elsa, à droite, c’est la version non-anorexique de Brantz.

Voici maintenant le prince Hans et Anna…

Pour voir d’autres formes de corps, il faut regarder du côté des personnages de sorcières, et encore, ce n’est pas tout le temps facile. Plusieurs « méchantes » sont maigres.

Si on s’attarde aux personnages féminins secondaires, leur corps est généralement identique à celui du personnage féminin principal. Prenez Pocaontas et Nakoma (Disney, 1995).

Pocahontas, Disney

…Ou Ariel la petite sirène et ses soeurs.

Image : Le petite sirène, Disney

Les personnages masculins aussi sont disproportionnés, me direz-vous. C’est vrai. Les princes sont généralement dessinés en triangle (épaules larges, taille fine et gros bras), mais il existe tout de même une grande variété de corps et de visages pour les hommes dans les dessins animés. Regardons par exemple les personnages dans Dragons (DreamWorks, 2010) :

Quand on observe ces personnages, on réalise que les deux filles sont maigres, tandis que les gars ont différentes formes. Image : Dragons, DreamWorks.

Les personnages masculins peuvent être dodus, maigres ou obèses, grands ou petits. Leur taille n’est pas plus étroite que leur visage, ils peuvent avoir des nez de différentes tailles et des yeux de dimensions variés.

Même dans les dessins animés pour adultes, les hommes ont droits aux kilos en trop, mais ça ne semble pas être le cas pour les femmes.

Image : Les Simpson

Les Pierrafeu

Par ailleurs, en comparant les hommes et les femmes, souvent, la différence entre les deux sexes est immense : l’homme a l’air d’un géant et, mise juste à côté, la femme a l’air d’une enfant.

Les parents de Meredith dans Rebelle (Pixar, 2012). Regardez la main du père par rapport à la main de la mère.

Or, les distorsions effectuées sur les corps des personnages de dessins animés féminins n’ont pas toujours été aussi extrêmes. Si l’on remonte un peu dans le temps, disons il y a 60 ans, on remarque que les personnages féminins ne sont pas anormalement maigres, que leurs yeux ne sont pas énormes, ni leur chevelure. Oui, elles ont encore un petit nez et elles sont minces, mais elles sont beaucoup moins difformes. Prenez Blanche-Neige (Disney, 1937) et Cendrillon (Disney, 1950) :

 

Blanche-Neige (Disney, 1937)

Cendrillon (Disney, 1950)

Lorsqu’on s’interroge sur le rapport des femmes à leur corps, on peut bien sûr montrer du doigt Barbie et les magazines. Mais même si l’on met en garde les fillettes contre ces modèles, ne risquent-elles pas tout de même de développer une vision déformée de ce qu’est un corps féminin si on leur montre dès leur plus jeune âge des princesses qui ont des proportions de monstres?

 

Istock

La semaine dernière, au paroxysme du mouvement #AgressionNonDénoncée, j’ai lu sur Facebook l’appel d’un homme, un père, qui demandait des conseils pour mettre sa fille en garde contre les agressions sexuelles sans pour autant restreindre sa liberté et son autonomie.

Ne voulant pas répéter l’erreur du Service de police de la Ville de Montréal qui a déclaré que, pour éviter d’être agressées dans les taxis, les femmes devraient être sobres et accompagnées lorsqu’elles montaient dans un véhicule, ce père voulait néanmoins s’assurer que sa fille évite le plus possible les prédateurs sexuels dans sa vie.

Avec sa question en tête, je me suis rendue dans un studio d’art martial pour discuter de viol et d’autodéfense. Car si l’envie de « faire peur aux filles » afin qu’elles se méfient des agresseurs semble être une option logique pour un parent, ça l’est moins quand on réalise que les agresseurs sont généralement des personnes connues des victimes et que cela reviendrait, en fait, à demander aux femmes de se méfier de tous les hommes, spécialement de ceux de leur entourage. Les spécialistes d’autodéfense, eux, proposent donc une autre voie : inculquer la confiance en soi et la capacité de reconnaître une situation menaçante.

Voici quelques stratégies proposées par le propriétaire du studio Satori, Louis-Christophe Laurin, pour contrecarrer une situation menaçante.

Louis-Christophe Laurin au Dojo Satori.

1. Reconnaître une menace et se donner le droit de réagir

La première chose à faire lorsqu’on souhaite développer des techniques d’autodéfense est de prendre conscience qu’on a le droit de ne pas accepter une situation qui nous est imposée par quelqu’un d’autre et qui nous rend mal à l’aise ou qui nous fait peur. Il arrive fréquemment qu’une femme placée dans une situation qui la rend mal à l’aise reste « trop polie », explique Louis-Christophe.

« Souvent, on fige parce qu’on est mal à l’aise d’être mal à l’aise. »
– Louis-Cristophe

Parce qu’elle ne veut pas se donner en spectacle ou parce qu’elle doute de son jugement pour évaluer la situation qu’elle est en train de vivre (surtout si elle connaît son agresseur), elle va laisser une grande marge de manœuvre à la personne qui la menace. C’est pourquoi le premier réflexe à développer lorsque l’on fait de l’autodéfense, c’est de s’écouter soi-même, de se donner le droit d’être mal à l’aise avec une situation et de rejeter celle-ci.

« Si tu sens que quelqu’un est dans ta bulle, si tu te sens menacée, si une personne t’impose quelque chose que tu n’aimes pas, tu as le droit de te sentir mal à l’aise et tu as le droit de réagir par rapport à ça. »
– Louis-Christophe

On reconnaît notamment une situation menaçante au fait que la personne qui nous rend mal à l’aise ne respecte pas notre « bulle ». Cette notion de bulle renvoie au fait que, socialement, on respecte généralement une certaine distance par rapport aux autres dans un espace public ou dans une pièce. Par exemple, sans nous en rendre compte, on aura le réflexe de ne pas s’installer directement à côté de quelqu’un dans l’autobus lorsqu’il y a beaucoup de sièges libres.

« Après, ça ne veut pas dire que tu dois commencer à frapper quelqu’un simplement parce qu’il s’assoit à côté de toi dans l’autobus, précise en riant Louis-Christophe. Mais c’est normal si ça te rend mal à l’aise. »

Ensuite, on reconnaît une situation menaçante à l’insistance de la personne qui envahit notre espace. Si on se déplace et que la personne nous suit, si la personne nous touche, si on lui dit d’arrêter et qu’elle continue, on peut considérer qu’elle représente une menace.

 « Quelqu’un qui insiste même après que tu lui as dit que tu n’étais pas à l’aise avec son comportement, c’est quelqu’un de suspect. »
– Louis-Christophe

2. Visualiser

Dans un cas où la personne continue à être harcelante et à nous toucher, malgré qu’on a exprimé notre désaccord, il faut être prêt mentalement à riposter. « Tu as beau connaître des techniques d’autodéfense, es-tu capable de faire mal à quelqu’un? Même si tu connais la personne qui t’agresse? », demande Louis-Christophe.

 « L’autodéfense, c’est d’abord et avant tout psychologique. Ça peut avoir l’air con, mais c’est en faisant de la visualisation, en imaginant des scénarios, des situations, qu’on développe notre capacité à réagir. Si on veut être capable d’appliquer des réflexes d’autodéfense en situation réelle, il faut les avoir imaginés dans notre tête avant. »
– Louis-Cristophe

En situation d’agression, il peut y avoir une gradation dans les réactions. « Plus la personne va loin, plus toi, tu as le droit d’aller loin, expose Louis-Christophe.

Néanmoins, il faut aussi comprendre que s’il peut y avoir une escalade physique, il peut aussi y avoir une désescalade. C’est-à-dire que si une femme frappe un homme qui l’agresse dans les testicules et que celui-ci se retrouve au sol, paralysé par la douleur, la femme n’a plus le droit de continuer à le frapper.

3. Crier, mais pas n’importe quoi

Si on est agressé et qu’il y a des gens à proximité, il est évidemment recommandé de crier. Toutefois, un  « Aaaaahhhh! », même aussi strident que celui dans Psychose, n’est pas nécessairement efficace pour obtenir de l’aide.

« Les gens, malheureusement, ont très peu tendance à intervenir. Ils se disent : “Ah, c’est juste une chicane, des gens saouls, je ne vais pas les déranger, ce n’est pas de mes affaires.” Il faut donc les interpeller le plus possible. »
– Louis-Christophe

Que faut-il crier, alors?

  • Des ordres : « Lâche-moi! » ou « Recule! »
  • Des indications sur ce qui se passe : « Il m’agresse! » ou « Je ne te connais pas! »
  • Des appels à l’action : « Aidez-moi! », « Appelez la police! »

4. Prendre un autoportrait

Énormément de femmes ressentent cette peur tenace qui les prend au ventre lorsqu’elles marchent seules dans la rue, surtout le soir. Elles ont peur d’être suivies.

Lorsque ce sentiment survient, pour en avoir le cœur net, on peut traverser la rue et vérifier si la personne derrière nous traverse aussi. Si on continue d’avoir peur, on peut entrer dans un lieu public, comme un dépanneur ou un bar.

S’il n’y a nulle part où entrer, Louis-Christophe conseille de téléphoner à un ami et de lui dire où l’on se trouve. Une autre bonne chose à faire est de prendre un autoportrait de soi en incluant la personne qui nous suit dans la photo et de l’envoyer à un ami. Un agresseur qui sait qu’il peut être identifié sera beaucoup moins tenté de passer à l’acte.

5. La technique du petit poignet

Dans la situation où une personne nous attrape par le poignet, voici un moyen efficace pour se défaire de son emprise :

  • On tourne rapidement son poignet de sorte que la partie la plus mince de notre os se retrouve contre les doigts de l’agresseur, là où la main peut s’ouvrir.
  • On donne un élan sec à son poignet pour le retirer de la prise.
  • On peut aussi taper avec son autre main sur le bras de son adversaire pour le surprendre pendant qu’on fait la manœuvre.

6. La gifle

Non, on ne parle pas ici de la gifle qu’on voit dans le film lorsqu’une femme traite un homme de salaud. Quand on donne une gifle en situation de légitime défense, ce qu’il faut faire, c’est cibler l’oreille de l’agresseur avec la paume de la main. Appliquée avec force, cette gifle ne crée aucune lésion corporelle, mais elle peut paralyser de douleur l’agresseur et donner le temps à sa victime de s’enfuir.

« C’est presque aussi efficace que la technique du coup de pied dans les testicules », assure Louis-Christophe.

La paume de la main doit viser l’oreille de l’agresseur.

La technique deSuperman

Cette technique est recommandée dans une situation de viol imminent, lorsque l’agresseur est au-dessus de sa victime et qu’il l’étrangle. Voici la marche à suivre :

  • Plutôt que de tirer sur les mains de l’agresseur pour qu’il lâche son cou, la victime propulse ses bras entre ceux de l’adversaire d’un coup sec.
  • Parce que l’agresseur est en déséquilibre, il devra se rattraper en posant ses mains au sol. C’est l’occasion de lui mettre les doigts dans les yeux.
  • Pendant que l’agresseur a mal, la victime lui saisit la tête et la descend vers le sol en profitant de l’occasion pour se relever et s’enfuir.

Bien sûr, ces stratégies ne s’appliquent pas à toutes les situations. Parfois, écouter sa peur et figer est la solution la plus sûre pour éviter des blessures.

Par ailleurs, il importe de le préciser, le message que promeut l’autodéfense ne vise aucunement à dédouaner le gouvernement de sa responsabilité d’assurer la sécurité des citoyens. Il rappelle seulement aux femmes que même si elles sont plus petites que les hommes, elles disposent d’options. Comme aux échecs, même si on n’a qu’un petit pion, en évaluant bien la situation et en misant sur la ruse, il est possible de déjouer le roi.

Victimes

Une femme sur trois. Un homme sur six. Ce sont les statistiques officielles qui montrent à quel point les victimes d’agressions sexuelles sont nombreuses au Canada.

L’actualité récente a mis à l’avant-plan le troublant sujet de la violence sexuelle. Dans la foulée de l’affaire Ghomeshi, des milliers de personnes ont brisé le silence sur Twitter avec les mots-clics #BeenRapedNeverReported et #AgressionNonDenoncee.

Les témoignages et les statistiques sur les agressions sexuelles font un peu tourner la tête, tant on connaît peu l’ampleur du phénomène. Un phénomène social, oui, mais qui se vit de manière très privée et auquel les victimes font face souvent sans aide. Comment peuvent-elles limiter les dégâts? Quelles sont leurs options? Et comment doit-on réagir lorsqu’une personne nous dit qu’elle s’est fait agresser?

D’abord, il faut savoir qu’une personne ayant subi une agression peut être submergée par beaucoup d’émotions complexes et parfois difficiles à identifier. Elle peut :

  • se sentir coupable, seule, confuse, honteuse, sale
  • appréhender des commentaires désagréables si elle parle de ce qui est arrivé
  • se sentir responsable de ce qui lui est arrivé
  • avoir peur qu’on ne la croie pas
  • avoir peur de subir des représailles de la part de l’agresseur
  • éprouver des sentiments contradictoires par rapport à l’agresseur
  • avoir peur de la réaction de sa famille, de ses amis ou de ses collègues
  • avoir peur du processus judiciaire

Toutes ces réactions peuvent la pousser à taire l’incident pendant très longtemps. Or, les répercussions (dépression, anxiété, problèmes sexuels, problèmes relationnels, etc.) peuvent se manifester sur une longue période par la suite.

L’une des conséquences très nocive et pernicieuse d’une agression sexuelle est une perte d’estime de soi. La victime en sera touchée sans toujours s’en rendre compte sur le coup.

Pourquoi une agression peut-elle nuire à l’estime personnelle? D’abord, parce que, souvent, l’agresseur va menacer et insulter la victime ou lui dire qu’elle est responsable de ce qui lui est arrivé. Mais l’agression peut aussi avoir des conséquences sur la confiance en soi, simplement du fait qu’elle envoie le message suivant à la victime : « Tu n’es pas un être humain qui vaut la peine d’être respecté. »

Comme l’agresseur n’a pas tenu compte du consentement de sa victime, inconsciemment, celle-ci risque d’assimiler l’idée qu’elle ne mérite pas qu’on tienne compte de son avis, de ses désirs, de ses décisions.

Briser le silence : un choix difficile, mais qui comporte des effets positifs

Briser le silence en parlant de ce qu’elle a vécu à une personne de confiance ou en portant plainte auprès de la police est souvent un choix déchirant pour la victime. Mais il faut néanmoins savoir que, lorsque celle-ci choisit de parler, cela a des effets positifs. Exemples :

  • cela l’aide à surmonter le sentiment de honte qu’elle ressent
  • elle se sent moins isolée
  • cela lui permet d’obtenir de l’aide
  • cela l’aide à sortir de l’état de déni dans lequel elle se trouve et à faire face à ses émotions
  • cela aide à limiter les conséquences de l’agression sur elle

Que faire lorsque quelqu’un nous dit avoir subi une agression sexuelle?

Lorsqu’une personne de notre entourage nous confie qu’elle a subi une agression sexuelle, notre réaction peut avoir des effets importants sur elle, tant positifs que négatifs. Voici donc les deux principales recommandations des groupes d’aide aux victimes dans cette situation :

1. Ne pas mettre la parole de la personne en doute

Ce sujet est très délicat, parce que, oui, les fausses déclarations de viol existent. Des personnes ont été injustement accusées d’avoir commis des agressions. Et cela représente sans nul doute un grand drame dans la vie de ces dernières. Toutefois, il faut mettre les choses en perspective : les fausses déclarations de viol sont rares. Selon une étude américaine, elles représentent entre 2 % et 10 % des accusations. Le FBI, lui, parle plutôt de 2 %, soit le même pourcentage de fausses déclarations qu’on observe pour les autres types de crime.

Or, même si les fausses déclarations de viol sont rares, le réflexe de douter la parole d’une personne qui dit avoir subi une agression est très répandu. C’est pourquoi il faut être conscient que, lorsque l’on remet en question la parole d’une présumée victime, on la victimise une seconde fois, ce qui peut provoquer de nouvelles séquelles psychologiques.

2. Écouter

La victime a besoin d’être écoutée et de voir que ses émotions sont reconnues comme recevables.

Il ne faut donc pas tenter d’excuser l’agresseur, ni juger ou blâmer la victime, ni chercher à trouver des « erreurs » qu’elle aurait pu commettre, en lui disant qu’elle aurait dû agir de telle ou telle manière.

Il ne faut pas non plus chercher à obtenir trop de détails à propos de l’agression si la victime ne veut pas en parler. Il ne faut ni minimiser ni dramatiser ce qui est arrivé. Par ailleurs, il est inutile de se mettre à surprotéger la victime, par exemple en l’empêchant de sortir de chez elle, de voir ses amis ou de dormir à l’extérieur de chez elle. Il faut lui laisser son indépendance et la laisser continuer sa vie normalement.

On peut l’encourager à aller chercher de l’aide, mais il ne faut pas faire pression sur elle pour qu’elle dénonce l’agresseur si elle ne le désire pas. Dénoncer une agression sexuelle peut, dans certains cas, s’avérer une expérience encore plus pénible pour la victime que ne l’a été l’agression elle-même.

Si on ne sait pas quoi dire à la personne qui se confie à nous, ce n’est pas grave. Souvent, il suffit de l’écouter et d’être présent.

Où obtenir de l’aide? L’hôpital, la trousse médicolégale, la police et les intervenants sociaux

Dans les cas où l’agression sexuelle vient juste de survenir, on conseille à la victime d’aller à l’hôpital, même si elle ne porte pas de blessures physiques. Le personnel hospitalier va pouvoir vérifier son état général, faire des tests pour détecter d’éventuelles ITS ou permettre de prévenir une grossesse.

De plus, dans un centre spécialisé, la victime peut utiliser une trousse médicolégale pour faire des prélèvements de sperme, de salive ou de sang sur son corps ou ses vêtements, qui permettront d’identifier ultérieurement l’agresseur si elle souhaite porter plainte. Ces prélèvements permettent d’établir le profil génétique de l’agresseur de manière scientifique. Même si la victime ne sait pas encore si elle veut porter plainte, elle peut utiliser ce service au cas où elle choisirait de le faire.

Des tests peuvent aussi être effectués pour évaluer si elle est sous l’effet de drogues (prises volontairement ou non) ou de l’alcool, de sorte qu’elle pourra prouver qu’elle n’était pas en mesure de consentir physiquement ou mentalement à un acte sexuel.

Tout le monde a droit à ce service, homme ou femme.

Ensuite, si la victime désire porter plainte à la police, voici ce qu’elle doit savoir :

  • elle peut être accompagnée par un proche pour le faire;
  • sauf exception, il n’y a pas de prescription pour un tel crime, c’est-à-dire qu’elle peut porter plainte même plusieurs années après les faits;
  • elle peut porter plainte simplement pour signaler l’agression ou entreprendre des procédures devant les tribunaux. En tout temps, elle peut décider de retirer son désir de poursuivre.
  • une agression sexuelle est un crime contre la personne. Si une personne porte plainte et qu’elle est reconnue comme victime, c’est donc la société (la Couronne) qui s’occupera de la défense et la victime n’aura pas à payer de frais d’avocat.

Lorsque la victime contactera la police, on lui posera de multiples questions pour savoir quand l’agression a été commise et où. On lui demandera si elle connaissait l’agresseur et si elle pense qu’il est possible d’obtenir des éléments de preuves comme des empreintes digitales, du sang, du sperme, des vêtements qui ont été endommagés,  des témoignages, etc.

La police fera enquête dans tous les dossiers et, si elle dispose de suffisamment d’éléments de preuve, il y aura dénonciation. Par la suite, la décision de poursuivre appartient au tribunal. 

Outre l’assistance médicale et légale, il est aussi possible d’obtenir de l’aide sur d’autres plans, notamment dans les cas où l’agression sexuelle a été commise longtemps auparavant. Les psychologues, les travailleurs sociaux et les sexologues sont des professionnels qui peuvent tous aider les victimes à limiter ou à surmonter les dommages causés par une agression sexuelle sur le plan psychologique.

 Pour obtenir de l’aide :
– Ligne téléphonique gratuite partout au Québec : 1 888 933-9007.
– Liste des centres désignés où l’on trouve les trousses médico-légale après un viol, par région, au Québec
Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel
– Ailleurs au Canada : service d’Aide aux victimes et les programmes et services pour les victimes d’actes de violence sexiste
– Pour les jeunes : Jeunesse J’écoute : 1800-688-6868

Rappelons que l’Organisation mondiale de la santé a déclaré en 2013 que la violence sexuelle représentait un grave problème de santé publique et qu’il convenait d’améliorer la prise en charge des victimes à l’échelle mondiale.

Pour l’OMS, les agressions sexuelles étant un problème de société, c’est mondialement qu’il faudrait s’y attaquer. En ce sens, tout faire reposer sur les épaules des victimes dont on exige une dénonciation n’est pas une option très constructive. L’OMS propose plutôt de renforcer et d’élargir les lois définissant ce qu’est une agression sexuelle, de modifier les normes culturelles en matière de relations entre les hommes et les femmes et de faire de la sensibilisation auprès de la population.

Sources : Service de police de Montréal, Trêves pour elles, le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), La Table de concertation sur les agressions à caractère sexuel

 À lire aussi :
– « Je n’ai pas dénoncé mon agresseur, voici pourquoi »
– L’agresseur sympathique et les fausses victimes

Le sexe expliqué à nos grands-mères

mardi 2 septembre 2014 à 21 h 18 | | Pour me joindre

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Leçon d'anatomie.

Entre le Dico des filles et les conseils de Canoë pour séduire un homme, les filles et les femmes sont bombardées de lieux communs et de conseils sans base empirique sur la sexualité. Ce genre de bons conseils ne datent pas d’hier. Pour vous le prouver, je suis allée faire un petit tour aux archives de la Grande Bibliothèque où j’ai pu déterrer plusieurs charmants enseignements prodigués aux femmes entre 1875 et 1961 à propos de la sexualité.

Leçon 1 – Les menstruations, c’est un sérieux handicap, qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Quand vous êtes menstruée, évitez tout effort physique et mental. Abstenez-vous d’aller à l’école, surtout si vous êtes studieuse.

À retenir aussi : il ne faut pas se mouiller les pieds quand on a ses règles.

Le guide la femme, vers 1900

Et si vous avez des pertes blanches, c’est peut-être parce que vous vous surmenez intellectuellement.

Le guide la femme, vers 1900

Leçon 2 – Méfiez-vous du paprika.

Vous devriez éviter les aliments « susceptibles d’agir de façon spéciale sur votre cerveau et vos organes génitaux ». Voici la liste d’aliments proscrits par le Dr Hemmerdinger :

  • L’alcool
  • Le thé
  • Le café
  • Le vinaigre
  • Les épices : sel « et surtout poivre, piment, paprika »
  • Le bouillon de viande
  • Le gibier
  • Le poisson

Ah oui, vous pouvez manger des truffes, mais seulement de manière « accidentelle ».

Lui… et toi jeune fille, 1961

Leçon 3 – Du sperme de ton mari, tu as besoin. 

Voici un conseil à placer dans la catégorie que j’appelle « Comment inventer une théorie sans aucun fondement scientifique un soir où on n’a rien d’autre à faire » : lors d’une relation sexuelle, la femme absorbe par le vagin des « corps chimiques mystérieux » contenus dans le sperme de son mari. Et elle a besoin de cette substance pour maintenir son équilibre mental et intellectuel.

Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, 1947

Attendez, ce n’est pas fini!

En plus de lui permettre de rester saine d’esprit, le sperme qu’une femme absorbe lui fait adopter la personnalité de son mari : 

Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, 1947

Ça continue, ça continue…

Alors, si une femme a eu pendant longtemps des relations sexuelles avec un homme (appelons-le Gédéon) et qu’ensuite elle tombe enceinte d’un autre homme (appelons-le Léopold), eh bien, les enfants de Léopold pourraient ressembler à Gédéon.

Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, 1947

C’est pour ça que les hommes préfèrent les femmes vierges. Parce qu’ils veulent être sûrs que leurs enfants leur ressembleront à eux, et pas à vos amants précédents.

Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, 1947

Leçon 4 – Il n’y a pas de plaisir sans amour pour les filles normales.

Si une amie vous dit qu’elle peut éprouver du plaisir au lit sans être en amour, ne l’écoutez pas, ce ne sera probablement pas le cas pour vous. Et puis, elle est sûrement malade, votre amie.

Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, 1947

Notez-le bien, vous n’êtes pas censées ressentir du désir sexuel (appelé ici « élément matériel »). Ce type de désir s’observe seulement chez les hommes. Si vous, en tant que femme, vous ressentez du désir, ce n’est pas naturel : c’est parce que vous avez été influencées par le cinéma. Ou c’est à causes de vos « prédispositions anormales ».

Lui… et toi jeune fille, 1961

Leçon 5 – Ne soyez pas obsédée par l’orgasme.

L’art d’aimer son mari : l’épouse chrétienne, 1956

… Mais, en même temps, ne retenez pas non plus votre orgasme « par orgueil » ou pour éviter une grossesse.

L’art d’aimer son mari : l’épouse chrétienne, 1956.

(Psssst! Non, retenir son orgasme n’a jamais empêché personne de tomber enceinte.)

Leçon 6 – Que faire en cas d’adultère?

Si votre conjoint vous trompe, ne vous mettez pas en colère. Soyez super fine :

L’art de se faire aimer de son mari, 1875

Une autre bonne chose à faire quand votre conjoint vous trompe, c’est de vous mettre belle et de faire le ménage :

L’art d’aimer son mari : l’épouse chrétienne, 1956

Si votre conjoint vous trompe, ce n’est pas correct, non. Mais si vous, vous le trompez, c’est criminel. (Vous trouvez ça louche que cette règle qui avantage les hommes soit écrite par des hommes? Mais voyons, les hommes ne peuvent pas avoir tort « depuis 20 siècles ».)

L’art de se faire aimer de son mari, 1875

Leçon 7 – Ne dansez pas comme les Noirs.

(On semble présumer ici que vous n’êtes pas noire.) Méfiez-vous des musiques sur lesquelles les Noirs aiment danser. Elles ne sont pas artistiques : elles ne sont que sexuelles.

Lui… et toi jeune fille, 1961

Leçon 8 – Le respect, c’est seulement pour les filles pudiques.

 Si vous vous habillez de manière séduisante, vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu’on vous respecte.

Lui… et toi jeune fille, 1961

Leçon 9 – Le sport, c’est indécent quand ce sont les femmes qui en font.

Ne faites pas de sport. Le sport, c’est masculin. Et puis, ça vous obligerait à porter un maillot de bain ou un short, et ça pourrait exciter les jeunes hommes :

Lui… et toi jeune fille, 1961

Alors voilà, ces conseils ont été écrits par des hommes et des femmes, des médecins, des marchands de médicaments, des religieux et des laïcs au cours des dernières décennies.

En lisant ces absurdités pseudo-scientifiques et ces doctrines contrôlantes sur la sexualité, on peut se désoler pour nos grands-mères…

On peut aussi se demander de quoi riront nos petits-enfants en relisant les conseils qui nous sont prodigués, à nous, en ce début de millénaire.

 …

Sources :

– Richard C. Julia. Le guide de  la femme, Montréal, La Compagnie d’imprimerie Guertin, 1900?

– Dr Hemmerdinger, Armand. Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, Librairie des sciences et des arts, Paris, 1947.

– Uzès, G. d’. L’art de se faire aimer de son mari, Montréal, Leprohon et Leprohon, 1875 [microfiche]

– L. Honoré, S.J. Lui… et toi jeune fille!, Casterman, Paris, 1934, réédition 1961.

– Prudence, Claude. L’art d’aimer son mari : l’épouse chrétienne, Éditions du Levain, Paris, 1956.

 

Shirley Zussman. Dessin : Lili Boisvert

Shirley Zussman, sexologue à New York, vient d’avoir 100 ans. Elle a travaillé dans les années 1960 avec les célèbres sexologues Masters et Johnson, ceux-là mêmes qui ont inspiré l’excellente télésérie Masters of sex.

Née au début de la Première Guerre mondiale (1914), elle a connu au cours de sa carrière l’arrivée de la pilule contraceptive, la révolution sexuelle, l’épidémie du sida, et j’en passe.

En entrevue avec le magazine Time, elle a livré ses réflexions sur la sexualité en 2014. Voilà ce que ça donne.

  • Que pense-t-elle du sexe de nos jours, à l’ère de Tinder?

La propension des jeunes à coucher avec autrui sans être en amour ne l’impressionne pas tant que ça. Selon elle, cette tendance n’est pas aussi « frénétique » aujourd’hui que ça pouvait l’être il y a 50 ans.

« Dans les années 1960, il y avait une quête folle du plaisir sexuel », se remémore-t-elle.

(Bon, alors, les baby-boomers, hum hum… Si vous voulez nous faire la morale, on saura quoi vous répondre.)

  • Quel est le plus grand problème avec la sexualité contemporaine, à son avis?

On n’a plus assez de temps pour se désirer.

La manière dont on gère le temps dans notre société est très différente d’avant, selon la Dre Zussman. On travaille énormément, et cela nuit à notre capacité de ressentir du désir.

« Tout le monde est tout le temps occupé. On veut tout faire, tout savoir. Et il y a aussi le contexte économique qui n’aide pas. L’économie dans laquelle nous vivons requiert énormément de temps et d’efforts de la part des gens. Or, il y a une limite à l’énergie qu’on peut consacrer à quelqu’un, au désir qu’on peut ressentir envers quelqu’un, lorsqu’il y a toute cette pression pour faire plus d’argent, pour gravir les échelons, pour s’acheter un chalet… »

Dre Zussman au début de sa carrière.

« Le désir, ça demande du temps, mais on est trop exténués. C’est ça la conséquence. »

  • Selon elle, qu’est-ce que les gens cherchent par rapport à la sexualité?

Le plaisir sexuel n’est qu’une partie de ce que les hommes et les femmes veulent, croit la sexologue centenaire.  « Les hommes et les femmes veulent de l’intimité, de la proximité, ils veulent quelqu’un qui les comprenne, ils veulent s’amuser, et ils cherchent quelqu’un qui se soucie vraiment d’eux, même une fois sortis du lit. »

  • Qu’a-t-elle appris en travaillant avec Masters et Jonhson?

Que le sexe, ce n’est pas glamour et merveilleux par défaut. « Il faut en quelque sorte apprendre à être un bon amant […] Le truc n’est pas nécessairement d’en discuter, mais il faut commencer en se touchant, en se caressant, en s’embrassant, et ne pas se précipiter pour aller faire sonner la cloche dorée au milieu du carrousel. »

Faire sonner la cloche dorée au milieu du carrousel… Je vous l’avais dit, qu’elle était cool.

Pour en savoir davantage, l’entrevue intégrale en anglais est ici

L’Origine du monde de Gustave Courbet adapté.

Dans le roman Le parfum, de Patrick Süskind, le personnage de Jean-Baptiste Grenouille est à la recherche de l’odeur la plus exquise du monde. Et pour lui, l’un des éléments composant cette fragrance est l’odeur du sexe féminin.

Plusieurs compagnies qui vendent des produits d’hygiène féminine ne seraient probablement pas d’accord avec le maître parfumeur de Süskind, puisqu’elles ont mis sur le marché des produits destinés à camoufler l’odeur du vagin et de la vulve.

C’est Nina Nguyen, une étudiante en médecine, qui a récemment attiré mon attention sur une publicité de la compagnie Monistat dans un magazine pour adolescente. La publicité présente aux filles un gel qu’on insère dans le vagin pour éliminer ses odeurs.

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Monistat conseille d’utiliser ce gel dans toute une série de circonstances :

  • après les menstruations;
  • après une relation sexuelle;
  • après l’exercice;
  • après avoir transpiré;
  • ou à n’importe quel autre moment.

« Quatre-vingts pour cent des femmes dégagent des odeurs féminines normales toutes les 2 ou 3 semaines », explique Monistat, qui précise que son gel vaginal est « un moyen efficace d’éliminer ces effluves gênants ».

Normaux, donc, mais gênants.

Ma curiosité piquée, je me suis rendue à la pharmacie la plus proche pour voir quels produits antiodeurs féminines je pourrais trouver.

Je pensais que ces désodorisants singuliers seraient peut-être difficiles à repérer et je m’apprêtais à tenter mon meilleur poker-face pour demander de manière nonchalante à un commis où je pouvais trouver des déodorants pour le vagin lorsque je les ai aperçus.

Dans la section « hygiène féminine » de ma pharmacie, une dizaine de produits différents – y compris un gel vaginal comme celui de Monistat nommé Rephresh – promettent de rafraîchir le vagin et la vulve des femmes.

La poudre désodorisante de Vagisil, par exemple, propose « une propreté rassurante » qui procure un « sentiment de confiance qui dure toute la journée ».

Quelques-uns des produits offerts en pharmacie et le magazine
Seventeen où se trouve la publicité de Monistat.

La douche vaginale de Personnelle propose quant à elle d’éliminer les « résidus vaginaux normaux », tandis que le désodorisant de Summer’s Eve suggère de donner un « arôme des îles » au sexe féminin en appliquant son vaporisateur sur la petite culotte et entre les cuisses.

« Ai-je vraiment besoin de te dire que tes aisselles ne sont pas le seul endroit du corps qui sue? Ne t’en fais pas, j’ai ce qu’il te faut. »
– Summer’s Eve sur son site web.

Image tirée du site web de Summer’s Eve

Un message anxiogène

Si l’on en croit ces produits, le sexe féminin a besoin de déodorant parce qu’il sue et ne sent pas frais.

Mais Nina trouve cette idée saugrenue. Ces produits sont présentés comme pouvant contribuer à une bonne hygiène, alors qu’en fait, ils cherchent à susciter de la honte chez les femmes par rapport à leurs fonctions corporelles, fait valoir l’étudiante en médecine.

Les préadolescentes, pense-t-elle, sont particulièrement susceptibles d’adhérer à ce message.

Pourtant, « la lubrification vaginale est une de ces fonctions corporelles normales qui ne devraient pas nécessiter de soins particuliers », dit Nina.

La gynécologue Marianne Boutet me le confirme : « On n’a pas besoin de ça. » Le vagin n’a pas besoin d’être nettoyé d’aucune manière, et pour avoir une bonne hygiène de la vulve, de l’eau suffit. « La vulve et le vagin, ce sont des muqueuses. Ce n’est pas comme de la peau extérieure. » Alors, il ne faut pas mettre n’importe quoi là.

Mme Boutet ne voit pas non plus pourquoi certaines de ces compagnies affirment que le vagin et la vulve suent beaucoup, alors qu’il n’y a pas particulièrement de glandes sudoripares dans cette région. « Il y a des glandes qui sécrètent, mais ce ne sont pas des glandes sudoripares. »

La gynécologue précise néanmoins que certaines odeurs vaginales peuvent effectivement nécessiter une attention particulière. Si ça sent le poisson pourri, par exemple, c’est le symptôme d’une infection qu’il faut traiter médicalement.

Et si on a une infection, utiliser un produit pour éliminer les odeurs pourrait aggraver le problème en déséquilibrant la flore bactérienne normale du sexe. Mme Boutet s’étonne par ailleurs des ingrédients présents dans ces produits : fécule de maïs, chlorure de benzéthonium, phosphate, alcool, parfum…. un mélange chimique qui peut engendrer des maladies de la peau ou des réactions allergiques, évalue-t-elle.

Concernant les douches vaginales, les gynécologues émettent d’ailleurs depuis longtemps des mises en garde contre ces produits – même si l’on en trouve toujours à la pharmacie. Comme le dit la gynécologue Hélène Jacquemin à la chaîne France 5 à propos de ces douches : « On ne se récure pas l’œsophage, on ne se récure pas plus le vagin. »

Quoi qu’il en soit, ne reculant ne devant rien pour enquêter, je me suis fait cobaye et j’ai testé le vaporisateur de Summer’s Eve à l’arôme des îles… sur mon poignet. Et ça sent la poupée-muffin, mêlée à une odeur de centre commercial et de chambre mortuaire. Alors Summer’s Eve, peut-être que tu trouves que mon sexe ne sent pas frais, mais moi, je trouve que c’est toi qui pues.

Dans Homeland, quand l’agent de la CIA Carrie Mathison a eu une mauvaise journée (comme quand ses patrons ne la croient pas qu’une attaque terroriste contre les États-Unis est imminente), elle sort dans les bars et va se trouver un one-night-stand pour se remonter le moral.

Le fait d’avoir des relations sexuelles avec quelqu’un sans être en couple peut être bénéfique, selon une récente étude. À une condition : que le sexe sans attaches, vous trouviez cela cool.

L’auteure de l’étude, la professeure de psychologie Zhana Vrangalova, a analysé les réponses de 371 étudiants américains. Elle a leur demandé ce qu’ils pensaient de ce type de rapports sexuels, puis ce qu’ils ressentaient après avoir eu une aventure sans lendemain.

Elle a observé que ceux qui ne voyaient pas de problème dans le sexe sans attaches disaient davantage ressentir de sentiments positifs après être passés à l’acte que ceux qui n’aimaient pas cela. Les premiers avaient une meilleure estime d’eux-mêmes et ressentaient moins d’anxiété que les seconds.

« Cette étude suggère certainement que le sexe sans lendemain est une bonne chose pour ceux qui y sont ouverts et qui désirent ce type de relation sexuelle »
– Zhana Vrangalova, dans Pacific Standard.

L’auteure de l’étude précise tout de même que ces résultats ne signifient pas que ces personnes trouvent que le sexe occasionnel est meilleur que le sexe pratiqué dans le cadre d’une relation amoureuse.

« La vaste majorité des gens, même lorsqu’ils ont une attitude positive quant au sexe sans lendemain, disent quand même vouloir des relations amoureuses et aimer cela. C’est simplement qu’ils aiment aussi les autres types de relations premières », dit la professeure.

Dans Ces gars-là, Sugar Sammy tente de convaincre Simon que le meilleur moyen de ne plus être en peine d’amour est d’avoir un one-night-stand. Simon n’est pas convaincu, comme en témoigne sa main dans la face.

Les conclusions de Mme Vrangalova peuvent paraître évidentes. On imagine assez aisément qu’une personne fière d’avoir scoré avec quelqu’un qui lui plaisait a plus de chances d’avoir l’ego gonflé le lendemain et de passer une belle journée que celle qui s’est sentie utilisée ou qui trouve ce type de relations dégradantes, par exemple.

Mais, malgré leur prévisibilité, ces conclusions viennent un peu nuancer celles de plusieurs autres, réalisées au cours des dernières années. Des études comme celle-ci, qui associe les aventures sans lendemain à la dépression, ou comme cette autre qui affirme qu’elles procurent moins d’orgasmes que le sexe entre amoureux.

En fait, le sexe sans lendemain ne serait ni mal ni bien. Ses effets dépendraient seulement de nous.

« De nombreuses recherches en psychologie montrent que, lorsqu’on agit de manière authentique, en respectant ses désirs et ses valeurs, on est plus épanoui et on a une meilleure santé mentale », résume assez bien Mme Vrangalova.

Qui a dit qu’il en fallait deux?

mardi 10 juin 2014 à 18 h 13 | | Pour me joindre

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Projet monokini 2.0

Elina

Elles n’ont qu’un seul sein, et pas question d’en rougir.

Les survivantes du cancer du sein qu’on voit dans les photographies artistiques de Monokini 2.0 posent fièrement dans des maillots de bain qui laissent clairement voir le résultat de la mastectomie qu’elles ont subie.

«Je ne veux pas me cacher, je ne veux pas cesser de nager, je ne veux pas subir de chirurgie plastique et je ne veux pas être obligée de porter une prothèse inconfortable à la plage. Je veux me sentir libre et active comme avant mon cancer.»

-Elina, modèle pour Monokini 2.0

« La féminité, ça ne dépend pas du fait d’avoir des seins (ou de ne pas en avoir) », dit Sirpa.

Qui a dit qu’il en fallait deux? est le titre de cette série d’images qui déstabilisent par leur désinvolture spectaculaire.

« Faire partie de ce projet a été très stimulant », dit Milsse

Colorés, scintillants, les maillots adaptés au corps de ces survivantes du cancer du sein soulignent délibérément l’ablation.

« Nous voulons montrer que vous pouvez être entière, belle et sexy même si vous n’avez qu’un sein ou plus de seins du tout », peut-on lire sur le site web de Monokini 2.0.

Katja pose pour Monokini 2.0.

Monokini 2.0 est dirigé par le duo d’artistes finlandais Tärähtäneet Ammat et Nutty Tarts, auquel se sont joints des designers de haute couture.

La collection de maillots sera présentée en images à l’occasion d’expositions, mais aussi sur des passerelles de défilés de mode en Finlande, en Suède et en Norvège.

« Le cancer a fait des trous dans mes os et a pris mon sein, mais c’est tout. Je ne laisse pas cela dérober tout ce que j’ai de précieux en moi », dit Marjaana.

Les artistes disent avoir reçu plusieurs demandes de la part de femmes qui ont vu ces photos et désiraient se procurer un maillot. Une campagne de socio-financement a donc été lancée et les designers espèrent bientôt pouvoir commercialiser trois modèles.

Image: Istock

Messieurs, allez-vous devenir stupide si vous regardez de la pornographie? Ces derniers jours, plusieurs médias, en reprenant les données d’une étude scientifique, ont laissé entendre que oui.

« Regarder de la porno endommage le cerveau », « Trop de porno tue le cerveau »… Si vous avez lu ces titres de nouvelles, vous vous êtes peut-être dit que vous alliez y penser à deux fois avant de taper de nouveau XXX dans votre barre de recherche.

Pourtant, rien ne prouve que la porno a un effet négatif sur le cerveau.

Pour cette étude, des chercheurs ont observé le cerveau de 64 hommes de 21 ans à 45 ans et ont constaté que ceux qui regardaient beaucoup de pornographie avaient un peu moins de matière grise. Ils ont aussi noté une corrélation négative entre la quantité d’heures passées à regarder de la porno et l’activité cérébrale devant des stimuli sexuels. Plus les hommes regardaient de porno, moins la partie de leur cerveau qui traite l’excitation réagissait lorsqu’on leur montrait du contenu osé.

Ces observations sont intéressantes puisqu’on se questionne énormément sur les effets de la pornographie depuis que celle-ci est devenue hyper accessible grâce à Internet. Certains en abusent-ils au détriment de leur santé? C’est une bonne question… à laquelle cette étude ne répond pas.

D’abord, les scientifiques qui ont fait la recherche disent eux-mêmes que leurs données montrent une corrélation, et non une causalité (je vous parlais de cette importante nuance dans un autre texte, ici). C’est-à-dire qu’on ignore complètement :

  1. si c’est la porno qui cause ces choses;
  2. si c’est un autre facteur;
  3. si, à l’inverse, c’est le fait d’avoir moins de matière grise qui prédispose à regarder davantage de porno.

Jim Pfaus, spécialiste du cerveau et des comportements sexuels à l’Université Concordia, m’explique que ce phénomène de la matière grise moins grande dans la partie du cerveau qui analyse l’excitation est une chose que l’on observe chez les personnes non hédoniques. Qui sont les non-hédoniques? Ce sont des gens qui retirent moins de plaisir des petites choses de la vie que les autres. Ils ont besoin de plus de stimuli que la moyenne pour être excités. « On naît comme cela, c’est une question de tempérament. »

Moins de matière grise dans cette partie du cerveau pourrait donc simplement dire qu’on a besoin de plus d’action.

Ce n’est pas tant la taille qui compte

Il me semble par ailleurs nécessaire de rappeler que si on a un cerveau plus petit que la moyenne, cela ne veut pas dire qu’on est moins intelligent. « Nous avons le même nombre de neurones, donc avoir un petit cerveau peut simplement vouloir dire que nos méninges sont plus efficaces, en quelque sorte, parce qu’ils peuvent faire la même chose avec moins d’espace », dit M. Pfaus.

« Et on ne peut pas dire que le cerveau est endommagé parce qu’il est plus petit », précise le chercheur.

Le fait que les stimuli sexuels puissent provoquer moins d’excitation chez quelqu’un qui en consomme régulièrement, de manière prévisible, n’étonne pas non plus le spécialiste du cerveau. On observe d’ailleurs cette perte de sensibilité avec la sexualité entre deux personnes : « c’est comme un couple qui fait l’amour tous les vendredis soir après le bulletin de nouvelles. Après un certain temps, les partenaires ressentiront moins d’excitation… »

M. Pfaus voit aussi un autre problème avec cette étude, soit qu’elle ne s’est intéressée qu’à la consommation de pornographie. Or, en observant d’autres comportements en ligne – comme celui des joueurs compulsifs, par exemple –, on découvrirait peut-être aussi une corrélation avec le fait d’avoir un cerveau plus petit.

Autrement dit, même si cette étude a beaucoup attiré l’attention, elle ne permet pas de tirer de conclusion sur l’effet de la pornographie sur le cerveau.

Donc la masturbation ne rend pas sourd, et jusqu’à preuve du contraire, la porno ne rend pas stupide.