Billets classés sous la catégorie « Prostitution »

Prostitution

Crédit : Istock

Une prostituée qui offre ses services en ligne à Montréal fait environ 50 $/heure de moins qu’à Vancouver, et 80 $ de moins qu’à Toronto, même lorsqu’on tient compte du coût de la vie.

En fait, sur 22 grandes villes américaines, asiatiques, australiennes et européennes étudiées par la revue britannique The Economist à partir des profils en ligne de 190 000 prostituées, c’est seulement à Tokyo qu’on affiche des tarifs plus bas qu’à Montréal.

Les prix ont été ajustés au coût de la vie par rapport à New York. Source: The Economist

On observe aussi dans la revue que les montants demandés par les prostituées ont mondialement décliné au cours des dernières années. Alors qu’en 2006, en moyenne dans le monde, une prostituée pouvait demander plus de 350 $CA pour une heure en sa compagnie, en 2014, elle réclame environ 50 $ de moins. C’est une baisse de 14 %.

La crise financière de 2008 peut expliquer cette chute, dit-on dans la revue, mais ce ne serait pas le seul facteur. L’immigration continue contribue aussi à cette baisse, parce que les prostituées venues d’ailleurs sont davantage disposées à diminuer leurs honoraires lorsqu’elles arrivent dans une nouvelle ville, ce qui tire les prix vers le bas.

The Economist, qui a analysé uniquement les données portant sur les prostituées féminines, note également que la nationalité et le physique d’une prostituée influencent grandement ses tarifs. Les blondes, minces, à fortes poitrines affichent des prix plus élevés que les autres. Par exemple, une femme aux cheveux blonds demande à peu près 35 $ de plus qu’une femme aux cheveux roux, et une femme de peau noire à New York fait 115 $ de moins qu’une femme blanche.

Représentation caricaturale d'un proxénète.

Photo: Istockphoto

« Je ne suis pas un pimp. Je ne crois pas au mot pimp. Pimp, c’est comme la fée des dents, comme dans les films des années 1970, avec de gros chapeaux et de grosses chaînes au cou. Ce n’est pas moi, ça. »

Voilà les mots d’un proxénète de 27 ans désigné sous le pseudonyme « C8 » dans le cadre d’une vaste étude sur la prostitution aux États-Unis. Produite par le Urban Institute et commanditée par Washington, l’enquête s’attarde notamment à la vision que les proxénètes ont d’eux-mêmes. Et apparemment, les pimps n’aiment pas le mot « pimp ».

« Je ne me suis jamais considéré comme un pimp. Je considère juste que je fais partie de la vie urbaine. »
– E3, un proxénète

Un des proxénètes interrogés préfère se définir comme « un homme d’affaires », tandis qu’un autre assure que le terme ne colle plus à la réalité.

« Même si les filles ont des pimps, ils sont chums et blondes. Un pimp, c’est quelqu’un qui garde tout l’argent et le dépense n’importe comment. De nos jours, ça n’arrive presque plus. »
E10, un proxénète

Être pimp, c’est un état d’esprit, croit quant à lui le proxénète D8. « J’ai déjà été dans cet état d’esprit. Et cet état d’esprit, ça consiste à “casser une bitch”», ajoute-t-il en faisant référence aux prostituées.

D’autres considèrent que le terme ne s’applique pas à eux parce que leurs activités sont plus sophistiquées que celles qu’ils attribuent à un pimp. « Je suis une madame, pas une pimp », dit une femme reconnue coupable d’avoir conspiré en vue de prostituer une mineure.

« Les pimps, ce sont des salopes. Elles ne vont pas faire de la publicité ou quoi que ce soit. Elles utilisent l’intimidation pour convaincre les filles de se vendre et de ramener l’argent. Moi, je fais la publicité, j’amène les clients, la sécurité, et je ne prends pas tout leur argent.
– F1, une femme proxénète

Plusieurs soutiennent par ailleurs que le terme est associé à tort à la violence.

« La façon dont les médias présentent les pimps est inexacte. Ils nous présentent comme des animaux, des tyrans, des prédateurs », dit un proxénète de 38 ans.

« Tout le monde présente ça comme si la fille était forcée à le faire. Une fille n’est jamais forcée. C’est toujours un choix. Si tu veux t’en aller, tu peux toujours t’en aller. »
– G8, une femme proxénète

Néanmoins, 15 % des proxénètes interrogés dans l’enquête ont dit faire usage de violence pour contrôler les prostituées.

Pour la majorité, ce qui les a poussés à devenir proxénètes est l’influence d’un membre de la famille qui était déjà dans le milieu ou le fait d’avoir grandi dans un quartier où il y avait de la prostitution. Plusieurs affirment aussi être devenus proxénètes après avoir, dans un premier temps, vendu de la drogue. D’autres soutiennent avoir choisi de devenir proxénètes parce qu’ils s’étaient découvert des talents pour convaincre et manipuler les gens.

C’est le cas de B3.

« Ça a commencé à l’école. J’étais le genre de gars capable de convaincre une fille de coucher avec moi et mes amis. J’avais le don de l’éloquence, j’étais toujours capable de convaincre une fille d’adopter mon point de vue. C’était comme un défi. Je voulais voir jusqu’où je pouvais convaincre une fille d’aller. »
– B3

L’étude du Urban Institute porte sur la structure de l’industrie illicite du sexe, sur la fixation des prix et sur les motivations de ceux qui s’y trouvent. Outre les témoignages de 73 personnes reconnues coupables de proxénétisme, le rapport présente également le point de vue de policiers, d’avocats, de prostitués et de personnes reconnues coupables de diffusion de pornographie juvénile. En tout, 250 témoignages ont été recueillis dans 8 villes américaines, dont Atlanta, Miami et Seattle.

Pour consulter le rapport, c’est ici.

Angélique / Dessin : Lili Boisvert

Ceci est une histoire réelle. Les illustrations sont inspirées des descriptions faites par Angélique, ex-prostituée.

Angélique, c’est un pseudonyme qu’elle utilise parce qu’elle est un peu paranoïaque.

Il y a quelques mois seulement, Angélique se prostituait. Mais son histoire avait commencé trois ans auparavant.

Plus »

Peut-on être prostituée et en sécurité?

vendredi 20 décembre 2013 à 15 h 29 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

@BoisvertLili

Maison close

Le jugement de la Cour suprême de vendredi qui invalide trois dispositions du Code criminel qui encadrent la prostitution rend-il ce « métier » moins dangereux? Les groupes de femmes ne s’entendent pas à ce sujet.

Plus »