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Il existe un assez large consensus au sein de la communauté gaie et de la société en général voulant que l’homosexualité ne soit pas un choix. On naît homosexuels, de la même façon qu’on naît hétérosexuel. Mais l’éditorialiste et militante britannique Julie Bindel n’y croit pas.

Julie Bindel a décidé d’être lesbienne. C’est du moins ce qu’elle proclame dans une vidéo publiée sur le site britannique du Guardian. Son orientation sexuelle ne lui a pas été imposée par la biologie. C’est un choix, dans la mesure où « l’attirance sexuelle dérive d’occasions, du hasard, ou de la curiosité », affirme-t-elle.

« Est-ce envisageable que les homosexuels fassent le choix, de manière positive, de rejeter l’hétérosexualité et de changer de côté? Bien sûr que oui! » lance l’éditorialiste, qui critique la conception « essentialiste » de l’homosexualité.

Sa position peut surprendre, puisque la théorie voulant que l’homosexualité soit une condition génétique rencontre généralement peu d’opposition, sinon de la part de groupes voulant nier la légitimité de cette sexualité (des groupes religieux, par exemple).

Pourtant, les preuves scientifiques de l’existence d’un gène homosexuel se font toujours attendre. Des études présentent bien un lien entre l’homosexualité et la biologie, mais elles sont critiquées et leurs conclusions restent encore à valider. Selon Mme Bindel, les arguments scientifiques « ne tiennent pas la route ».

Sa théorie à elle fait cependant grincer des dents plusieurs homosexuels, qui affirment que leur orientation n’a jamais été une option.

Ces derniers considèrent souvent que ceux qui disent avoir choisi d’être homosexuels ne sont pas de « vrais gais » et qu’ils ne font que des expérimentations, dit Mme Bindel.

C’est que l’idée de l’homosexualité comme résultant d’un choix fait peur, ajoute-t-elle. Si on plaide que c’est une décision, alors ceux qui défendent une logique oppressive et qui veulent imposer aux autres des modes de vie précis ont plus de « poigne » pour rétorquer que si les gais vivent de la discrimination et de la marginalisation, c’est tant pis pour eux. Qu’ils ont choisi leur sort et que, s’ils sont malheureux, ils n’ont qu’à se conformer à l’hétérosexualité.

Comme Mme Bindel, la chroniqueuse Judith Lussier est lesbienne et elle écrit souvent sur les questions liées à la communauté LGBT. Comme elle, elle pense que l’argument selon lequel l’homosexualité ne relève pas d’un choix sert souvent de stratégie pour défendre les droits des homosexuels ‒ mais que ce n’est pas forcément la meilleure stratégie.

Cette idée que l’homosexualité est une condition à laquelle on ne peut rien changer, « comme si c’était un handicap », permet de plaider que si on brime les droits des homosexuels, « c’est cruel, parce qu’ils ne sont que des victimes de la nature », dit Judith Lussier. Mais, en même temps, cet argument a des conséquences, puisqu’il laisse sous-entendre que l’homosexualité n’est acceptable que si c’est une situation inévitable.

Un gène pour mettre fin à l’homophobie?

Certains croient que si les chercheurs arrivaient à trouver le gène de l’homosexualité, cela mettrait un terme à l’homophobie. Pourtant, « ce n’est pas parce qu’on sait que c’est la génétique qui détermine la couleur de la peau que le racisme n’existe plus, et le sexisme existe, même si on sait que le sexe est déterminé par la génétique », fait valoir Julie Bindel.

Du côté du Conseil québécois LGBT, ce que la directrice de l’organisme Audrey Gauthier retient du message de Mme Bindel, c’est qu’elle prône l’idée d’embrasser fièrement son orientation sexuelle et de ne pas chercher à s’en excuser en affirmant que « ce n’est pas ma faute, je suis née comme ça ».

Peut-être qu’un jour, on décèlera hors de tout doute un gène de l’homosexualité. Il est aussi possible que cela n’arrive pas. Mais, en tant que société, il est peut-être temps de passer à une autre étape vers la reconnaissance totale des différentes orientations sexuelles, et de ne plus la rendre tributaire d’une microscopique séquence d’ADN…

Photo : Istock

Au départ, j’allais écrire : « Anulingus, peg, fisting… Les nouvelles tendances sexuelles ». Mais je me suis ravisée. S’agit-il vraiment de nouvelles tendances? Je ne voudrais pas que ceux qui les pratiquent depuis 1952 pensent que je les traite de pervers, ni que les néophytes en la matière en déduisent qu’ils sont ringards.

Si leur étendue, dans les faits, demeure incertaine, ces pratiques ont néanmoins pas mal fait parler d’elles depuis quelque temps. Elles semblent avoir quitté la zone d’ombre du tabou pour émerger, timidement, dans la culture populaire.

Mais un certain mystère les entoure. Plus d’un sexologue a déclaré forfait devant mes questions. J’ai quand même poussé mes recherches.

Commençons par l’anulingus. En gros, c’est la même chose que le cunnilingus, mais pour les fesses. Cela consiste à lécher l’anus de sa ou de son partenaire. Pour les romantiques, on peut aussi dire « faire une feuille de rose ».

Récemment, on a pu voir le personnage de Marnie, dans la série Girls, en recevoir un. Le site Salon a aussi consacré un article à l’anulingus le mois dernier.

Image tirée de Girls.

C’est une pratique très démocratique : tout le monde ayant un anus, tout le monde peut donc faire et recevoir un anulingus. Pas de jaloux.

La sexologue Marie-Ève Ross estime que c’est une pratique assez courante chez les hommes homosexuels. Chez les hétérosexuels, selon une étude de 2008, 24 % des hommes qui pratiquent le sexe anal ont déjà donné un anulingus à leur partenaire, et 15 % en ont déjà reçu un. Toutefois, chez les hommes qui ne font pas de pénétration anale, 2 % à 4 % s’adonnent quand même à l’anulingus.

On peut retirer du plaisir de cette activité parce que l’anus est une partie du corps riche en récepteurs nerveux.

La question qui tue : est-ce que c’est sale? Pas si on est propre. Toutefois, si notre partenaire est porteur de bactéries provoquant la gastro-entérite, l’ingestion peut être problématique, évalue Marie-Ève Ross. Si elles sont transmises de l’anus au vagin, des bactéries peuvent aussi provoquer des vaginites, précise la sexologue.

De plus, on peut contracter des ITS avec l’anulingus comme avec les autres types de sexe oral. Il existe des protections buccales pour limiter les risques.

Image tirée du film Young people fucking.

Continuons à parler de fesses, si vous le voulez bien, et attardons-nous maintenant au peg.

Cette pratique demande un peu plus de préparation qu’une feuille de rose. Cela nécessite une femme, un homme et un gode-ceinture (un godemiché attaché à un harnais porté à la taille). La femme porte le godemiché et sodomise l’homme.

La femme ressent du plaisir, soit grâce au contact de la base de son godemiché contre sa vulve, soit grâce à un vibromasseur placé dans la ceinture, ou encore en recherchant une stimulation vaginale avec un godemiché à deux bouts. L’homme, lui, ressent du plaisir grâce au mouvement de va-et-vient dans le rectum et l’anus, et du fait que sa prostate peut être ainsi stimulée. Les adeptes de cette pratique conseillent de commencer la recherche de la prostate avec les doigts « pour apprendre où la prostate se situe et comment elle réagit ».

Un des aspects excitants du peg réside dans le fait que les rôles hétérosexuels traditionnels au lit sont inversés, puisque c’est la femme qui fait la pénétration.

Celui qui a inventé le mot pegging en 2001, le chroniqueur Dan Savage se réjouit de voir la pratique popularisée et, surtout, libérée des préjugés qui y ont souvent été associés. Alors que par le passé, celle-ci était présentée comme un geste désagréable ou émasculant pour l’homme,  il a récemment été mis en scène dans la série américaine Broad City sans que cela soit associé à la perversité ou à l’humiliation. Au contraire, c’était présenté comme une expérience excitante et normale.

Passons maintenant au fisting. Souvent associé au sadomasochisme et récemment interdit dans la pornographie en Angleterre, le fisting consiste à faire pénétrer une main au complet dans le vagin ou le rectum. Souvent associé à l’homosexualité, il se pratique aussi entre hétéros.

Contrairement à ce que son nom laisse entendre (fist veut dire « poing »), ce n’est pas le poing fermé qui est inséré, mais plutôt une main droite, avec les doigts regroupés. La personne qui pénètre peut aussi placer sa main en forme de bec de canard pour faciliter l’intromission.

Selon des témoignages, le plaisir ne dérive alors pas d’un mouvement de va-et-vient, mais plutôt de l’étirement du vagin ou de l’anus, ou du fait de se sentir « bien rempli », m’explique Dunter Frank, conférencier spécialisé dans le BDSM et les sexualités alternatives.

Cette pratique est souvent considérée comme extrême, parce qu’elle comporte des risques importants. Elle peut occasionner des perforations ou des lésions au vagin, au rectum ou au périnée (la paroi intérieure du pelvis). Elle peut donc s’avérer dangereuse.

« Il faut y aller progressivement », dit Dunter Frank. « On ne peut pas juste dire, un soir : J’ai vu ça dans un porno, essayons ça! »

La pénétration anale est par ailleurs souvent plus ardue que la pénétration vaginale, ajoute-il. Il faut aussi prendre en compte que toutes les mains n’ont pas la même grandeur.

Selon les adeptes de cette pratique, le fisting exige une lubrification abondante, des gestes très prudents et un grand respect de son partenaire.

En France, un universitaire qui vient de rédiger un ouvrage sur le sujet dit que le fisting requiert « un principe de grande délicatesse ».

Qu’elles vous enchantent ou vous dégoûtent, ces pratiques témoignent à quel point la sexualité est un monde vaste et riche. Et pour les missionnaires curieux munis de laissez-passer, il n’y a plus beaucoup de voies impénétrables.

Un geyser. Photo : Istock

Bannie dans la pornographie au Royaume-Uni, objet de débats chez les féministes, source de honte ou de fierté chez les femmes dites « fontaines », l’éjaculation féminine crée la controverse et sème la curiosité depuis très longtemps. Les Romains, les Japonais et les Chinois avaient déjà commencé à documenter le phénomène il y a plusieurs siècles.

Mais qu’est-ce au juste que l’éjaculation féminine? Une nouvelle étude tend à montrer qu’il s’agirait d’abord et avant tout d’urine expulsée par les femmes avant ou pendant l’orgasme.

Une équipe de chercheurs français menée par le Dr Samuel Salama a étudié l’éjaculation de sept femmes à l’aide d’un ultrason. Ils ont demandé à leurs cobayes d’aller à la toilette avant l’expérience et se sont assurés que leurs vessies étaient vides. Ils ont ensuite demandé aux femmes de se stimuler sexuellement jusqu’à ce qu’elles jouissent. Les chercheurs ont fait un examen de TDM juste avant l’orgasme et ont observé que leurs vessies s’étaient remplies, puis, lors d’un dernier examen après l’orgasme et l’éjaculation, ils ont constaté que les vessies étaient à nouveau vides.

Les chercheurs ont ensuite analysé la composition chimique du liquide récupéré. Sur les sept femmes, deux avaient expulsé un liquide qui s’est avéré être de l’urine, et rien d’autre, tandis que le liquide expulsé par les cinq autres était composé surtout d’urine, mais contenait également une petite quantité d’antigène prostatique spécifique, une protéine fabriquée par les glandes de Skene, soit l’équivalent de la prostate chez les femmes.

Les chercheurs ont donc conclu que l’éjaculation féminine était «essentiellement l’émission involontaire d’urine pendant une activité sexuelle, même si une quantité marginale de sécrétion prostatique est quand même souvent présente ».

Une étude de 1996 était déjà parvenue sensiblement au même constat. Mais une autre étude (qui porte sur un tout petit échantillon de deux femmes) affirmait plutôt en 2007 que le liquide expulsé était très différent de l’urine et qu’il émanait des glandes de Skene.

Les études sur l’éjaculation féminine ne parviennent donc pas toutes exactement au même constat, et leur principal défaut est qu’elles portent sur un très petit nombre de femmes.

Les chercheurs ne s’entendent pas non plus sur le nombre de femmes qui éjaculent : on parle parfois de 10 % des femmes, parfois de 50 %.

Il semble par ailleurs que l’éjaculation féminine soit souvent confondue avec une lubrification vaginale importante, ce qui n’a rien à voir.

La science a donc encore beaucoup de travail à faire pour que l’on comprenne mieux ce phénomène. L’équipe de Samuel Salama s’est d’ailleurs déjà remise au travail et tente maintenant de vérifier si les reins s’activent plus rapidement pour produire de l’urine lorsqu’une femme est excitée sexuellement, et si oui, pourquoi.

Photo tirée du Tumblr Men taking too much space on the train

À Toronto, un groupe d’hommes a lancé une pétition pendant les Fêtes parce qu’ils craignent qu’on les oblige à tenir leurs cuisses collées dans l’autobus et le métro.

C’est qu’à New York, les autorités du service de transport en commun, la New York Metropolitan Transportation Authority, veulent mettre un terme à l’écartement des jambes des hommes dans les transports publics. (En anglais, on parle de man-spreading lorsqu’un homme qui est assis dans le métro ou l’autobus écarte ses jambes en empiétant sur l’espace des autres usagers ou en bloquant l’accès aux sièges libres à côté de lui. Il existe d’ailleurs des blogues qui collectionnent les photos d’hommes en train de monopoliser l’espace dans les transports en commun à New York, à Londres, à Boston ou à Toronto.)

New York s’apprête donc à lancer une campagne de sensibilisation pour inviter les hommes à garder leurs cuisses fermées, au moment où le métro de la métropole connaît le plus important achalandage de son histoire.

Sur l’une des affiches dévoilées, on voit un homme qui écarte ses jambes en monopolisant deux sièges tandis que des voyageurs sont obligés de rester debout. « Dude, cesse de te déployer, s’il te plaît. C’est une question d’espace », peut-on lire sur l’affiche.

Il s’agit d’une invitation à la courtoisie, pas d’une loi. Mais le Torontois Mike Wood, du groupe d’hommes Canadian Association for Equality, ne veut surtout pas que le service de transport de Toronto ait la même idée. Il demande aux autorités de reconnaître que l’écartement des jambes des hommes est une nécessité à cause de leur anatomie. Leurs testicules, plaident-ils, ont besoin d’espace.

« Ça peut parfois être douloureux pour nous de garder nos jambes fermées. On ne peut pas nous obliger à faire cela », écrit Mike Wood dans le texte de sa pétition. Il demande qu’on accepte que les hommes écartent les cuisses de la même manière qu’on accepte que les femmes allaitent dans les transports en commun.

Les quelque 1200 signataires qui l’appuient estiment que la campagne de sensibilisation à New York – qui cible aussi d’autres pratiques nuisibles comme le fait de déposer son sac sur le siège à côté de soi – est sexiste envers les hommes.

Alors, ces messieurs sont-ils simplement casse-couilles ou ont-ils vraiment besoin d’écarter les cuisses lorsqu’ils sont assis?

N’ayant pas de testicules moi-même, il m’est assez difficile de me prononcer. Par contre, je dois admettre que lorsque je suis chez moi, j’écarte les jambes. Assise sur ma chaise, à l’instant même où j’écris ces lignes, mes cuisses sont écartées d’une manière pas féminine du tout. Je réalise que coller mes cuisses ensemble me demande un effort physique : il faut que je contracte mes muscles. Avoir les jambes écartées, c’est plus confortable. Pourtant, en public, dans l’autobus, je colle les genoux comme une dame bien chic. Alors je me demande, est-ce que c’est vraiment une question de testicules, cette façon de s’étaler, ou est-ce une affaire de paresse musculaire, mêlée à nos attentes de ce à quoi doit ressembler la posture féminine et la posture masculine en public?

Par ailleurs, il faut bien admettre qu’énormément d’hommes nous donnent la preuve quotidiennement qu’il est non seulement possible de garder les cuisses collées lorsqu’on a des couilles, mais même de croiser les jambes.

John McCain le fait, Obama le fait, Don Draper le fait…

L’ex-candidat présidentiel républicain John McCain (à gauche) et le président démocrate Barack Obama (au centre)

Don Draper, dans Mad men

Selon ce blogue sur les tendances masculines, cette façon de s’asseoir est parfois ridiculisée chez les hommes, parce qu’elle est considérée comme efféminée. Pourtant, assure-t-on, c’est une posture distinguée.

Est-ce donc une question de mode? Ou est-ce que la grosseur des testicules peut effectivement provoquer une douleur chez certains hommes s’ils gardent les jambes serrées? Dans le Toronto Star, une analyste en politiques publiques et usagère des transports en commun, Rosalind Robertson, croit que si un homme ressent de la douleur lorsqu’il garde ses cuisses ensemble, il devrait peut-être consulter un médecin.

Dans le New York Times, un médecin dit pour sa part que les hommes qui ont peur d’augmenter la température de leurs testicules et de nuire à leur fertilité en gardant leurs jambes collées n’ont en fait rien à craindre. Garder ses jambes ensemble environ une demi-heure peut effectivement faire monter la température des testicules, mais pas suffisamment pour occasionner des dommages, dit le Dr Marc Goldstein, spécialiste en reproduction masculine.

De son côté, le service de transport de Toronto dit qu’il n’a pas prévu faire de campagne de sensibilisation auprès des hommes contre l’écartement des jambes, mais qu’il s’attend à ce que les usagers respectent les autres en ne monopolisant pas l’espace.

Comment atteindre / donner un orgasme

vendredi 19 décembre 2014 à 15 h 03 | | Pour me joindre

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Feux d’artifices. Istock

Orgasme : Point culminant et terme de l’excitation sexuelle, caractérisé par des sensations physiques intenses. Chez la femme, la phase orgastique est marquée par le déclenchement incontrôlable, durant quelques secondes, de contractions des muscles du vagin et du périnée, accompagnées d’une sécrétion des glandes vaginales. (Source: Larousse)

Je parlais cette semaine d’orgasmes avec une amie hétéro. Ça sonnait comme ça : Toi, la pénétration, est-ce que c’est suffisant ou non? Quelle position trouves-tu la plus efficace? Est-ce que tu jouis plus quand tu es en couple ou quand tu fréquentes un ami avec bénéfices?

Nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas exactement le même historique, mais qu’il y avait tout de même plusieurs similitudes dans nos préférences. Et puisque dimanche est la journée internationale de l’orgasme – non, ce n’est pas l’ONU qui a décrété cette journée – j’ai mené quelques recherches sur le sujet. Je suis tombée sur cette enquête toute fraîche, réalisée par l’IFOP, en France, qui porte justement sur les préférences des femmes pour atteindre l’orgasme.

Les résultats de cette enquête montrent qu’il y a un certain décalage entre la manière dont on a des relations sexuelles et ce qui permet aux femmes de jouir. On relève notamment que la pénétration vaginale, soit l’acte sexuel le plus pratiqué (83 % des femmes disent la pratiquer souvent), ne permet qu’à 28 % des femmes d’atteindre facilement l’orgasme.

 Au cours des 12 derniers mois, avez-vous eu des difficultés à atteindre l’orgasme ?

L’IFOP estime qu’une vision « phallocentrée » de la sexualité pourrait expliquer ce constat.

Ces données concernent les Françaises, mais elles sont tout de même pertinentes pour nous dans la mesure où en général, quand on se représente ce que constitue une relation sexuelle, on imagine un pénis qui fait un mouvement de va-et-vient dans un vagin (pensez à l’offre pornographique, où le clitoris, par exemple, joue rarement un rôle de premier plan…)

Cette manière de concevoir par défaut les relations sexuelles serait plutôt restrictive, selon les nouvelles données dont nous disposons sur la sexualité, d’abord parce que cela exclut les couples homosexuels qui ne pratiquent pas la pénétration – ou pas de cette manière, en tout cas – et ensuite parce que, comme le montre le sondage de l’IFOP, cette façon de faire l’amour n’est pas toujours efficace pour provoquer une réaction orgasmique chez la femme.

Cette conception des relations sexuelles écarte aussi toute une flopée de pratiques, comme le sexe oral, la masturbation, les caresses, les baisers, etc. qui sont en quelque sorte reléguées dans une sphère périphérique du sexe. On les qualifie de préliminaires, on les conçoit comme une sorte de préparation pour « l’événement principal » et on se demande si l’on doit les prendre en compte ou pas lorsqu’on s’amuse à calculer le nombre de partenaires sexuels qu’on a eus dans sa vie. Et si ces « apartés » sont justement ce que l’on préfère?

La sexologue Claudia Bernard pense que si on définit beaucoup la sexualité par la pénétration, c’est aussi peut-être à cause de notre passé judéo-chrétien qui nous a inculqué que la seule manière acceptable d’avoir des rapports sexuels était celle qui permettait de faire des bébés.

Quoi qu’il en soit, en recueillant des témoignages, je constate que les femmes ne sont pas prêtes pour autant à renoncer à la pénétration vaginale. En plus de trouver cela agréable, Magalie, par exemple, dit que même si c’est effectivement moins efficace pour jouir, dans son cas, c’est ce qui lui procure les meilleurs orgasmes – quand ça fonctionne. Et, généralement, ça fonctionne lorsque son clitoris est en contact avec le pelvis de l’homme pendant la pénétration.

D’ailleurs, selon les observations de l’IFOP, les types de pénétrations vaginales qui permettent le plus aisément de provoquer un orgasme sont celles accompagnées d’une stimulation clitoridienne. Les positions qui sont les plus orgasmiques seraient, dans l’ordre :

  1. Le missionnaire (l’homme allongé par-dessus la femme) : permets des réactions orgasmiques chez 72 % des femmes
  2. L’Andromaque (la femme assise sur l’homme) : permets des réactions orgasmiques chez 58 % des femmes
  3. Le gaufrier (la femme allongée sur l’homme) : permets des réactions orgasmiques chez 57 % des femmes
  4. La levrette (la femme à quatre pattes, l’homme à genoux derrière) : permets des réactions orgasmiques chez 53 % des femmes.

Pour bien comprendre la mécanique de l’orgasme, voici une courte vidéo de la vloggeuse Laci Green qui explique comment l’atteindre. (Activez les sous-titres pour la version française)

« Essayez d’utiliser tout votre corps : il n’y a pas que vos parties génitales qui peuvent vous exciter. Vous n’avez pas qu’une seule zone érogène. Il y a les seins, la nuque, les oreilles, le crâne, les cuisses », souligne la jeune sexologue américaine.

« Quand l’excitation monte et que vous sentez que ça vient, ça peut aider de se concentrer, de faire le vide et de ne plus penser qu’à votre plaisir… Pensez à des choses qui vous excitent, et continuer le mouvement répétitif. »
– Laci Green

L’orgasme contrarié

Malgré la meilleure volonté du monde, des blocages sur le plan physique, comme un manque de lubrification causé par un débalancement hormonal, par exemple, peuvent toutefois empêcher certaines femmes d’atteindre l’orgasme.

Mais l’aspect mécanique n’explique pas tout. Les sexologues notent depuis très longtemps que plusieurs femmes qui aimeraient avoir plus régulièrement des orgasmes avec un partenaire, mais qui n’y parviennent pas, ont des blocages psychologiques.

C’est le cas de Karine, qui m’explique que, lorsqu’elle fait l’amour, elle a une « caméra » imaginaire braquée sur elle qui l’empêche de se laisser aller. Elle a l’impression d’être observée et jugée, même si personne, concrètement, ne l’observe ni ne la juge. « Je sais que je me brime tellement, des fois », s’exaspère-t-elle en ponctuant son constat d’un mot d’église.

Sur le plan psychologique, différents obstacles peuvent empêcher les femmes (mais aussi les hommes) d’atteindre l’orgasme, confirme Claudia Bernard :

  • Un manque de désir ou un manque de stimulation
  • Des frustrations par rapport au partenaire ou un manque de confiance envers lui
  • Des complexes (la peur, par exemple, que dans telle ou telle position, on voit nos bourrelets)
  • Dn traumatisme (le fait d’avoir vécu une agression sexuelle)
  • L’intellectualisation de ce que l’on fait (si on est en train d’évaluer notre « performance » plutôt que d’apprécier le moment)

La sexologue note aussi que de trop mettre l’accent sur l’atteinte de l’orgasme peut, paradoxalement, nuire à l’objectif. Il faut dire que depuis quelque temps, plusieurs critiques mettent en garde contre la pression entourant la performance sexuelle qui fait de l’orgasme le sceau du succès d’une relation sexuelle. Cette pression peut pousser les femmes à feindre la jouissance ou à avoir l’impression de subir un échec.

Reste que l’orgasme est un besoin physiologique, rappelle Claudia Bernard. (D’accord, il n’est pas à la base de la pyramide de Maslow, mais quand même…) Et comme dit Laci Green, « il n’est pas nécessaire d’avoir un orgasme pour avoir du bon sexe, mais, soyons honnêtes, les orgasmes, c’est génial! »

La vie sexuelle secrète des animaux

lundi 29 septembre 2014 à 23 h 52 | | Pour me joindre

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Sculpture représentant deux femelles singes pratiquant le « g-g », qui consiste à frotter les parties génitales l’une contre l’autre. Crédit : Musée du sexe de New York.

Ils sont peut-être tout mignons avec leur fourrure ou leurs nageoires, mais les animaux, sachez-le, peuvent être tout aussi pervers que nous. J’arrive d’une virée à Manhattan où j’ai vu une captivante exposition présentée au Musée du sexe de New York à propos de la sexualité dans le royaume animal.

Étonnée devant l’ampleur de mon ignorance sur le sujet, j’ai poussé un peu mes recherches. Voici quelques fascinantes informations sur la vie secrète des animaux que je  vous transmets pour vous permettre de briller en soirée. (Je préfère vous prévenir, il y a des choses très troublantes à la fin de ce texte. Si vous êtes enclin aux cauchemars, vous devriez peut-être vous abstenir de lire la dernière portion…)

« Nous avons plusieurs idées préconçues à propos ce qui est  “naturel”, et nous nous référons souvent à ces préjugés pour nous aider à donner un sens au monde dans lequel nous vivons »
– Musée du sexe de New York

D’abord, rectifions les faits à propos de certaines idées erronées sur la sexualité :

  • Idée préconçue : Les organismes vivants ont seulement un sexe, mâle ou femelle, et leur sexe reste stable toute leur vie.

Fait : L’hermaphrodisme est très courant sur la planète terre. Chez la majorité des plantes et possiblement la moitié des animaux, les individus possèdent les deux sexes à la fois (c’est le cas des verres de terre et des escargots) ou ils peuvent changer de sexe au cours de leur vie. Les poissons-clown comme Némo, par exemple, ont cette capacité de changer de sexe. Lorsque la femelle dominante d’un groupe meurt, un mâle change de sexe et il devient la femelle dominante.

poisson

  • Idée préconçue : Les femelles cherchent la monogamie alors que les mâles cherchent à avoir le plus grand nombre de partenaires sexuels.

Fait : Selon les espèces, les deux sexes seront tous les deux monogames ou chercheront à avoir plusieurs partenaires. La monogamie qui dure toute la vie est en fait très rare dans le royaume animal, même chez les espèces dites monogames.

  •  Idée préconçue : Il n’y a pas d’homosexualité chez les animaux

Fait : Les relations sexuelles entre partenaires de même sexe sont loin d’être rares dans la nature. Des animaux de même sexe peuvent se montrer des signes d’affection, se faire la cour, s’accoupler et se masturber mutuellement. Ces pratiques ont été observées et documentées chez plus de 500 espèces animales.

Deux baleines grises frottent leur pénis sur l’abdomen de l’autre. Crédit : Colla / Oceanlight.com – Musée du sexe de New York

Le Musée du sexe de New York raconte d’ailleurs aux visiteurs l’histoire de Roy et Silo, deux pingouins gais du zoo de Central Park. Roy et Silo formaient un couple et ils avaient « adopté » une roche qui avait la forme d’un œuf. Attendris, les gardiens du zoo ont remplacé leur roche par un œuf fertilisé qui avait été abandonné et les deux pingouins se sont occupés de cet œuf pendant 34 jours, jusqu’à ce qu’il eût éclos.

Bon, l’histoire ne finit pas par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » parce que Silo et Roy se sont finalement séparés. Silo a rencontré Scrappy, une femelle avec qui il s’est mis en couple, et Roy est resté célibataire par la suite. Mais leur couple a tout de même duré six ans (j’ignore combien ça fait d’années en vie humaine…) et leur histoire d’amour a inspiré un livre pour enfant qui démystifie l’homosexualité.

Le livre inspiré de l’histoire de Roy et Silo.

Tous les goûts sont dans la nature

« Il n’y a pas qu’une seule forme “correcte” de pénis ou de vulve – chez les humains comme chez les animaux. Rares sont les parties de l’anatomie qui varient davantage que les parties génitales. »
– Musée du sexe de New York

Le scrotum d’un singe vervet. Crédit : Ron Magill – Musée du sexe de New York.

  • Tomber sur un os

Contrairement aux humains, certains mammifères ont un os dans le pénis. Appelé « baculum », cet os sert de support à l’érection. Il est présent chez le chien, le gorille ou le chimpanzé, par exemple.

  • Un sexe qui change de couleur

Le singe vervet est reconnu pour son sexe très coloré. Son scrotum est bleu vif et son pénis est rouge. Si un singe vervet perd son rang social, alors son scrotum change de couleur et devient plus pâle.

  • Une fente génitale chez les femelles et les mâles

Peu importe leur sexe, les cétacés, les dauphins, les marsouins et les baleines ont une fente dans la région génitale qui sert à protéger leurs organes génitaux situés à l’intérieur de leur corps. Chez les mâles, la fente est plus grande et lorsqu’il est excité, son pénis sort de sa fente. Tant les fentes des mâles que celles des femelles peuvent être pénétrées.

  • Des pénis féminins

Chez certaines espèces, les femelles possèdent un organe sexuel externe semblable au pénis. L’hyène, par exemple, possède un sexe externe qui comporte des tissus érectiles par lequel elle urine, elle se reproduit et elle accouche.

Des pratiques humaines ET bestiales

Si vous pensiez que Sade et E.L. James avaient inventé les scènes de sexe les plus perverses et les plus torrides, ravisez-vous. Les animaux ont eux aussi beaucoup d’imagination…

Du sexe oral, anal… et nasal?

Les animaux peuvent se faire des fellations, des autofellations, des cunnilingus et ils peuvent pratiquer le sexe anal. Plusieurs animaux ont des relations sexuelles face-à-face, dos à face, mais aussi la tête à l’envers et chez les oiseaux, on peut assister à des relations sexuelles en plein vol.

Mouettes à têtes grises. Crédit: Immagene.com – Musée du Sexe de New York

Les dauphins de la rivière Amazon, eux, pratiquent trois formes de pénétration. Ils peuvent faire la pénétration anale, la pénétration de la « fente génitale » et pénétrer leur évent (l’orifice sur leur tête qui leur sert à respirer).

Sculpture représentant des dauphins de la rivière Amazon. Crédit : Musée du Sexe de New York

Prostitution

Des primatologues ont observé que chez certaines espèces, comme chez les singes bonobos, il arrive qu’un animal qui détient de la nourriture reçoive les avances d’un autre animal et qu’après un rapport sexuel entre les deux, l’animal qui avait de la nourriture donne une partie de son butin à l’autre. Le phénomène a été comparé par plusieurs experts à une forme de prostitution chez les animaux.

Orgies

Dans la nature, les relations sexuelles entre plusieurs partenaires à la fois sont très communes. La limule, le lièvre de mer, le serpent-jarretière et la crépidule s’adonnent tous à ces orgies. C’est le cas aussi de plusieurs espèces de grenouilles et d’insectes. Pour plusieurs, ces orgies font en sorte que, puisque la fécondation se produit en même temps pour tous, l’accouchement se produira aussi en même temps et cela augmenterait les chances de survie de la prochaine génération.

Des serpents Thamnophis.

Des serpents Thamnophis. Crédit : Lorraine Swanson / Shutterstock.com – Musée du sexe de New York

Masturbation et jouets sexuels

Les animaux peuvent se masturber en utilisant leurs pattes, leurs mains, leurs pieds, leurs nageoires ainsi que des objets. Chez les primates, par exemple, on se masturbe avec des pierres, des racines ou des fruits.

Nécrophilie (dernière chance! Voici la partie troublante dont je vous parlais plus tôt…)

Un acte de nécrophilie a été commis par notre très canadien canard colvert, surpris en train de s’adonner au viol d’un autre canard mâle décédé. Selon le chercheur qui a surpris l’acte (qui a duré 75 minutes) le canard mort avait probablement été pourchassé en vol par l’autre mâle qui voulait le violer et il a été tué pendant la poursuite en fonçant dans la fenêtre du Musée d’histoire naturelle de Rotterdam. Ça ne s’invente pas.

Et pour ceux qui n’ont vraiment pas le cœur sensible, je peux vous parler, en prime, de la limace Ariolimax, qui a son pénis sur le côté de sa tête. Hermaphrodite, cette limace se reproduit en échangeant du sperme avec un partenaire. Or, les chercheurs ont observé que souvent, après s’être accouplé, l’Ariolimax coupe le pénis de son/sa partenaire avec la bouche. Parfois, il se met à mâcher son propre pénis jusqu’à ce qu’il se détache. Et l’organe ne se régénère pas.

Bons cauchemars!

Le sexe expliqué à nos grands-mères

mardi 2 septembre 2014 à 21 h 18 | | Pour me joindre

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Leçon d'anatomie.

Entre le Dico des filles et les conseils de Canoë pour séduire un homme, les filles et les femmes sont bombardées de lieux communs et de conseils sans base empirique sur la sexualité. Ce genre de bons conseils ne datent pas d’hier. Pour vous le prouver, je suis allée faire un petit tour aux archives de la Grande Bibliothèque où j’ai pu déterrer plusieurs charmants enseignements prodigués aux femmes entre 1875 et 1961 à propos de la sexualité.

Leçon 1 – Les menstruations, c’est un sérieux handicap, qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Quand vous êtes menstruée, évitez tout effort physique et mental. Abstenez-vous d’aller à l’école, surtout si vous êtes studieuse.

À retenir aussi : il ne faut pas se mouiller les pieds quand on a ses règles.

Le guide la femme, vers 1900

Et si vous avez des pertes blanches, c’est peut-être parce que vous vous surmenez intellectuellement.

Le guide la femme, vers 1900

Leçon 2 – Méfiez-vous du paprika.

Vous devriez éviter les aliments « susceptibles d’agir de façon spéciale sur votre cerveau et vos organes génitaux ». Voici la liste d’aliments proscrits par le Dr Hemmerdinger :

  • L’alcool
  • Le thé
  • Le café
  • Le vinaigre
  • Les épices : sel « et surtout poivre, piment, paprika »
  • Le bouillon de viande
  • Le gibier
  • Le poisson

Ah oui, vous pouvez manger des truffes, mais seulement de manière « accidentelle ».

Lui… et toi jeune fille, 1961

Leçon 3 – Du sperme de ton mari, tu as besoin. 

Voici un conseil à placer dans la catégorie que j’appelle « Comment inventer une théorie sans aucun fondement scientifique un soir où on n’a rien d’autre à faire » : lors d’une relation sexuelle, la femme absorbe par le vagin des « corps chimiques mystérieux » contenus dans le sperme de son mari. Et elle a besoin de cette substance pour maintenir son équilibre mental et intellectuel.

Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, 1947

Attendez, ce n’est pas fini!

En plus de lui permettre de rester saine d’esprit, le sperme qu’une femme absorbe lui fait adopter la personnalité de son mari : 

Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, 1947

Ça continue, ça continue…

Alors, si une femme a eu pendant longtemps des relations sexuelles avec un homme (appelons-le Gédéon) et qu’ensuite elle tombe enceinte d’un autre homme (appelons-le Léopold), eh bien, les enfants de Léopold pourraient ressembler à Gédéon.

Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, 1947

C’est pour ça que les hommes préfèrent les femmes vierges. Parce qu’ils veulent être sûrs que leurs enfants leur ressembleront à eux, et pas à vos amants précédents.

Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, 1947

Leçon 4 – Il n’y a pas de plaisir sans amour pour les filles normales.

Si une amie vous dit qu’elle peut éprouver du plaisir au lit sans être en amour, ne l’écoutez pas, ce ne sera probablement pas le cas pour vous. Et puis, elle est sûrement malade, votre amie.

Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, 1947

Notez-le bien, vous n’êtes pas censées ressentir du désir sexuel (appelé ici « élément matériel »). Ce type de désir s’observe seulement chez les hommes. Si vous, en tant que femme, vous ressentez du désir, ce n’est pas naturel : c’est parce que vous avez été influencées par le cinéma. Ou c’est à causes de vos « prédispositions anormales ».

Lui… et toi jeune fille, 1961

Leçon 5 – Ne soyez pas obsédée par l’orgasme.

L’art d’aimer son mari : l’épouse chrétienne, 1956

… Mais, en même temps, ne retenez pas non plus votre orgasme « par orgueil » ou pour éviter une grossesse.

L’art d’aimer son mari : l’épouse chrétienne, 1956.

(Psssst! Non, retenir son orgasme n’a jamais empêché personne de tomber enceinte.)

Leçon 6 – Que faire en cas d’adultère?

Si votre conjoint vous trompe, ne vous mettez pas en colère. Soyez super fine :

L’art de se faire aimer de son mari, 1875

Une autre bonne chose à faire quand votre conjoint vous trompe, c’est de vous mettre belle et de faire le ménage :

L’art d’aimer son mari : l’épouse chrétienne, 1956

Si votre conjoint vous trompe, ce n’est pas correct, non. Mais si vous, vous le trompez, c’est criminel. (Vous trouvez ça louche que cette règle qui avantage les hommes soit écrite par des hommes? Mais voyons, les hommes ne peuvent pas avoir tort « depuis 20 siècles ».)

L’art de se faire aimer de son mari, 1875

Leçon 7 – Ne dansez pas comme les Noirs.

(On semble présumer ici que vous n’êtes pas noire.) Méfiez-vous des musiques sur lesquelles les Noirs aiment danser. Elles ne sont pas artistiques : elles ne sont que sexuelles.

Lui… et toi jeune fille, 1961

Leçon 8 – Le respect, c’est seulement pour les filles pudiques.

 Si vous vous habillez de manière séduisante, vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu’on vous respecte.

Lui… et toi jeune fille, 1961

Leçon 9 – Le sport, c’est indécent quand ce sont les femmes qui en font.

Ne faites pas de sport. Le sport, c’est masculin. Et puis, ça vous obligerait à porter un maillot de bain ou un short, et ça pourrait exciter les jeunes hommes :

Lui… et toi jeune fille, 1961

Alors voilà, ces conseils ont été écrits par des hommes et des femmes, des médecins, des marchands de médicaments, des religieux et des laïcs au cours des dernières décennies.

En lisant ces absurdités pseudo-scientifiques et ces doctrines contrôlantes sur la sexualité, on peut se désoler pour nos grands-mères…

On peut aussi se demander de quoi riront nos petits-enfants en relisant les conseils qui nous sont prodigués, à nous, en ce début de millénaire.

 …

Sources :

– Richard C. Julia. Le guide de  la femme, Montréal, La Compagnie d’imprimerie Guertin, 1900?

– Dr Hemmerdinger, Armand. Elle a quatorze ans… Jeune fille, un médecin te parle, Librairie des sciences et des arts, Paris, 1947.

– Uzès, G. d’. L’art de se faire aimer de son mari, Montréal, Leprohon et Leprohon, 1875 [microfiche]

– L. Honoré, S.J. Lui… et toi jeune fille!, Casterman, Paris, 1934, réédition 1961.

– Prudence, Claude. L’art d’aimer son mari : l’épouse chrétienne, Éditions du Levain, Paris, 1956.

 

L’Origine du monde de Gustave Courbet adapté.

Dans le roman Le parfum, de Patrick Süskind, le personnage de Jean-Baptiste Grenouille est à la recherche de l’odeur la plus exquise du monde. Et pour lui, l’un des éléments composant cette fragrance est l’odeur du sexe féminin.

Plusieurs compagnies qui vendent des produits d’hygiène féminine ne seraient probablement pas d’accord avec le maître parfumeur de Süskind, puisqu’elles ont mis sur le marché des produits destinés à camoufler l’odeur du vagin et de la vulve.

C’est Nina Nguyen, une étudiante en médecine, qui a récemment attiré mon attention sur une publicité de la compagnie Monistat dans un magazine pour adolescente. La publicité présente aux filles un gel qu’on insère dans le vagin pour éliminer ses odeurs.

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Monistat conseille d’utiliser ce gel dans toute une série de circonstances :

  • après les menstruations;
  • après une relation sexuelle;
  • après l’exercice;
  • après avoir transpiré;
  • ou à n’importe quel autre moment.

« Quatre-vingts pour cent des femmes dégagent des odeurs féminines normales toutes les 2 ou 3 semaines », explique Monistat, qui précise que son gel vaginal est « un moyen efficace d’éliminer ces effluves gênants ».

Normaux, donc, mais gênants.

Ma curiosité piquée, je me suis rendue à la pharmacie la plus proche pour voir quels produits antiodeurs féminines je pourrais trouver.

Je pensais que ces désodorisants singuliers seraient peut-être difficiles à repérer et je m’apprêtais à tenter mon meilleur poker-face pour demander de manière nonchalante à un commis où je pouvais trouver des déodorants pour le vagin lorsque je les ai aperçus.

Dans la section « hygiène féminine » de ma pharmacie, une dizaine de produits différents – y compris un gel vaginal comme celui de Monistat nommé Rephresh – promettent de rafraîchir le vagin et la vulve des femmes.

La poudre désodorisante de Vagisil, par exemple, propose « une propreté rassurante » qui procure un « sentiment de confiance qui dure toute la journée ».

Quelques-uns des produits offerts en pharmacie et le magazine
Seventeen où se trouve la publicité de Monistat.

La douche vaginale de Personnelle propose quant à elle d’éliminer les « résidus vaginaux normaux », tandis que le désodorisant de Summer’s Eve suggère de donner un « arôme des îles » au sexe féminin en appliquant son vaporisateur sur la petite culotte et entre les cuisses.

« Ai-je vraiment besoin de te dire que tes aisselles ne sont pas le seul endroit du corps qui sue? Ne t’en fais pas, j’ai ce qu’il te faut. »
– Summer’s Eve sur son site web.

Image tirée du site web de Summer’s Eve

Un message anxiogène

Si l’on en croit ces produits, le sexe féminin a besoin de déodorant parce qu’il sue et ne sent pas frais.

Mais Nina trouve cette idée saugrenue. Ces produits sont présentés comme pouvant contribuer à une bonne hygiène, alors qu’en fait, ils cherchent à susciter de la honte chez les femmes par rapport à leurs fonctions corporelles, fait valoir l’étudiante en médecine.

Les préadolescentes, pense-t-elle, sont particulièrement susceptibles d’adhérer à ce message.

Pourtant, « la lubrification vaginale est une de ces fonctions corporelles normales qui ne devraient pas nécessiter de soins particuliers », dit Nina.

La gynécologue Marianne Boutet me le confirme : « On n’a pas besoin de ça. » Le vagin n’a pas besoin d’être nettoyé d’aucune manière, et pour avoir une bonne hygiène de la vulve, de l’eau suffit. « La vulve et le vagin, ce sont des muqueuses. Ce n’est pas comme de la peau extérieure. » Alors, il ne faut pas mettre n’importe quoi là.

Mme Boutet ne voit pas non plus pourquoi certaines de ces compagnies affirment que le vagin et la vulve suent beaucoup, alors qu’il n’y a pas particulièrement de glandes sudoripares dans cette région. « Il y a des glandes qui sécrètent, mais ce ne sont pas des glandes sudoripares. »

La gynécologue précise néanmoins que certaines odeurs vaginales peuvent effectivement nécessiter une attention particulière. Si ça sent le poisson pourri, par exemple, c’est le symptôme d’une infection qu’il faut traiter médicalement.

Et si on a une infection, utiliser un produit pour éliminer les odeurs pourrait aggraver le problème en déséquilibrant la flore bactérienne normale du sexe. Mme Boutet s’étonne par ailleurs des ingrédients présents dans ces produits : fécule de maïs, chlorure de benzéthonium, phosphate, alcool, parfum…. un mélange chimique qui peut engendrer des maladies de la peau ou des réactions allergiques, évalue-t-elle.

Concernant les douches vaginales, les gynécologues émettent d’ailleurs depuis longtemps des mises en garde contre ces produits – même si l’on en trouve toujours à la pharmacie. Comme le dit la gynécologue Hélène Jacquemin à la chaîne France 5 à propos de ces douches : « On ne se récure pas l’œsophage, on ne se récure pas plus le vagin. »

Quoi qu’il en soit, ne reculant ne devant rien pour enquêter, je me suis fait cobaye et j’ai testé le vaporisateur de Summer’s Eve à l’arôme des îles… sur mon poignet. Et ça sent la poupée-muffin, mêlée à une odeur de centre commercial et de chambre mortuaire. Alors Summer’s Eve, peut-être que tu trouves que mon sexe ne sent pas frais, mais moi, je trouve que c’est toi qui pues.

Image: Istock

Messieurs, allez-vous devenir stupide si vous regardez de la pornographie? Ces derniers jours, plusieurs médias, en reprenant les données d’une étude scientifique, ont laissé entendre que oui.

« Regarder de la porno endommage le cerveau », « Trop de porno tue le cerveau »… Si vous avez lu ces titres de nouvelles, vous vous êtes peut-être dit que vous alliez y penser à deux fois avant de taper de nouveau XXX dans votre barre de recherche.

Pourtant, rien ne prouve que la porno a un effet négatif sur le cerveau.

Pour cette étude, des chercheurs ont observé le cerveau de 64 hommes de 21 ans à 45 ans et ont constaté que ceux qui regardaient beaucoup de pornographie avaient un peu moins de matière grise. Ils ont aussi noté une corrélation négative entre la quantité d’heures passées à regarder de la porno et l’activité cérébrale devant des stimuli sexuels. Plus les hommes regardaient de porno, moins la partie de leur cerveau qui traite l’excitation réagissait lorsqu’on leur montrait du contenu osé.

Ces observations sont intéressantes puisqu’on se questionne énormément sur les effets de la pornographie depuis que celle-ci est devenue hyper accessible grâce à Internet. Certains en abusent-ils au détriment de leur santé? C’est une bonne question… à laquelle cette étude ne répond pas.

D’abord, les scientifiques qui ont fait la recherche disent eux-mêmes que leurs données montrent une corrélation, et non une causalité (je vous parlais de cette importante nuance dans un autre texte, ici). C’est-à-dire qu’on ignore complètement :

  1. si c’est la porno qui cause ces choses;
  2. si c’est un autre facteur;
  3. si, à l’inverse, c’est le fait d’avoir moins de matière grise qui prédispose à regarder davantage de porno.

Jim Pfaus, spécialiste du cerveau et des comportements sexuels à l’Université Concordia, m’explique que ce phénomène de la matière grise moins grande dans la partie du cerveau qui analyse l’excitation est une chose que l’on observe chez les personnes non hédoniques. Qui sont les non-hédoniques? Ce sont des gens qui retirent moins de plaisir des petites choses de la vie que les autres. Ils ont besoin de plus de stimuli que la moyenne pour être excités. « On naît comme cela, c’est une question de tempérament. »

Moins de matière grise dans cette partie du cerveau pourrait donc simplement dire qu’on a besoin de plus d’action.

Ce n’est pas tant la taille qui compte

Il me semble par ailleurs nécessaire de rappeler que si on a un cerveau plus petit que la moyenne, cela ne veut pas dire qu’on est moins intelligent. « Nous avons le même nombre de neurones, donc avoir un petit cerveau peut simplement vouloir dire que nos méninges sont plus efficaces, en quelque sorte, parce qu’ils peuvent faire la même chose avec moins d’espace », dit M. Pfaus.

« Et on ne peut pas dire que le cerveau est endommagé parce qu’il est plus petit », précise le chercheur.

Le fait que les stimuli sexuels puissent provoquer moins d’excitation chez quelqu’un qui en consomme régulièrement, de manière prévisible, n’étonne pas non plus le spécialiste du cerveau. On observe d’ailleurs cette perte de sensibilité avec la sexualité entre deux personnes : « c’est comme un couple qui fait l’amour tous les vendredis soir après le bulletin de nouvelles. Après un certain temps, les partenaires ressentiront moins d’excitation… »

M. Pfaus voit aussi un autre problème avec cette étude, soit qu’elle ne s’est intéressée qu’à la consommation de pornographie. Or, en observant d’autres comportements en ligne – comme celui des joueurs compulsifs, par exemple –, on découvrirait peut-être aussi une corrélation avec le fait d’avoir un cerveau plus petit.

Autrement dit, même si cette étude a beaucoup attiré l’attention, elle ne permet pas de tirer de conclusion sur l’effet de la pornographie sur le cerveau.

Donc la masturbation ne rend pas sourd, et jusqu’à preuve du contraire, la porno ne rend pas stupide.

Image:Istockphoto

Lorsqu’une femme vient d’accoucher, si elle a besoin de points de suture, certains gynécologues vont lui offrir de lui en faire plus qu’il n’est nécessaire afin de resserrer l’entrée de son vagin… pour son conjoint. C’est ce qu’ont affirmé des femmes la semaine dernière dans des médias européens, déclenchant une vague d’horreur.

L’intervention est surnommée « point du mari » parce qu’elle viserait à améliorer le plaisir de l’homme pendant une relation sexuelle post-accouchement en redonnant à la nouvelle maman un « vagin de jeune femme ». Or, selon les témoignages, le point du mari provoquerait de la douleur chez plusieurs femmes lors des relations sexuelles.

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