Blogue de Lili Boisvert

Les hommes trouvent le cerveau des femmes super sexy

mercredi 27 mai 2015 à 22 h 37 | | Pour me joindre

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L’avocate Amal Alamuddin et son mari l’acteur George Clooney. Photo : PC

Est-ce que les femmes préfèrent les hommes musclés ou les dadbod (les bedaines à papa)?  Est-ce que les hommes préfèrent les femmes qui ont des courbes ou les silhouettes filiformes?

Si l’on en croit les considérations esthétiques qui pleuvent sur Internet et dans les magazines, nous sommes obsédés par l’apparence physique lorsque nous cherchons un partenaire sexuel.

Mais le professeur David Bainbridge, de l’Université Cambridge, ne pense pas que les critères physiques sont si fondamentaux dans le choix d’un partenaire. À tout le moins dans le cas des hommes.

L’intelligence des femmes est un critère très prisé par la gent masculine, fait-il valoir.

Contrairement à ce que l’on a tendance à croire, des critères physiques comme la grosseur des seins ou la longueur des jambes n’a pas tant d’importance dans la sélection d’une partenaire, dit le biologiste et auteur du livre Curvology : The Origine and Power of Female Body Shape, un livre qui porte pourtant sur l’importance des courbes (c’est-à-dire du gras) dans le corps des femmes.

Bien des gens réagissent toutefois avec circonspection devant la déclaration de M. Bainbridge. Quoi, l’homme, cette créature superficielle prête à se rompre le coup pour regarder le décolleté et les jambes des dames en jupes valorise l’intellect des femmes?!? (vous trouverez ce type de réaction ici, par exemple).

La prémisse peut sembler contre-intuitive. Mais pas tant que ça non plus.

D’un point de vue évolutionniste, l’importance de l’intelligence du partenaire sexuel est quand même plutôt logique. Parce que pour que l’espèce humaine perdure, il ne suffit pas de  faire des bébés : il faut aussi assurer leur survie. Et des parents intelligents, débrouillards, allumés, sont plus à même de trouver des ressources pour nourrir et protéger leurs rejetons que des parents stupides.

Non seulement une femme intelligente est plus susceptible d’être un bon parent responsable, mais son discernement fait aussi supposer que ses parents étaient eux-mêmes des gens intelligents qui l’ont élevée d’une manière optimale pour sa santé, dit M. Bainbridge, ce qui la rend d’autant plus désirable.

En fait, dans le monde contemporain, l’art, l’humour  ou la musique sont possiblement des champs de compétences qui dérivent de la sélection sexuelle et de cette volonté de montrer à l’autre sexe que l’on possède des aptitudes intellectuelles poussées, dit M. Bainbridge dans son livre.

Si le commentaire du biologiste concernant le charme des aptitudes intellectuelles féminines porte sur les préférences des hommes hétéros, j’ai quand même l’impression que la même logique s’applique pour les préférences des femmes envers les hommes. (David Bainbridge reconnaît d’ailleurs lui-même que si l’on dispose de peu d’informations sur les préférences sexuelles féminines, c’est parce que la science a un biais qui l’a fait, historiquement, s’intéresser surtout aux préférences masculines.)

On suppose souvent de manière simpliste que les femmes veulent des hommes forts et musclés parce « qu’à l’époque des hommes des cavernes », elles cherchaient des compagnons qui pouvaient protéger la famille « contre les dinosaures » (haha!) et chasser du gibier avec leurs gros biceps. Mais ce qu’on omet de mentionner, c’est que dans les faits, la force physique n’est absolument pas la seule qualité qui permet de fournir des ressources à une famille préhistorique.

Un homme préhistorique responsable doit, par exemple, savoir comment construire des armes et tendre des pièges. Or ces compétences relèvent de l’intelligence, pas du tour de bras. Et si l’on considère que madame préhistorique participait elle aussi aux activités pour assurer la survie du groupe – ce que disent plusieurs historiens – alors de toute évidence, l’intelligence devient un trait fort séduisant chez les deux sexes.

L’apparence physique joue quand même un rôle de séduction, M. Bainbridge ne le nie pas. Seulement, tout rapporter au corps, ça fait peut-être vendre des cosmétiques et des abonnements au gym, mais ça ne fait pas nécessairement des enfants forts.