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«Blagues» sexuelles dégradantes : les deux cas du mois

Jeudi 24 octobre 2013 à 16 h 44 | | Pour me joindre

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Une militante de Femen à l'Assemblée nationale, interceptée par des agents de sécurité, le 1er octobre.
Une militante de Femen à l’Assemblée nationale, interceptée par des agents de sécurité, le 1er octobre.

Récemment, deux blogueurs québécois qui se décrivent comme des humoristes se sont fendus de textes dans lesquels ils exposent leurs fantasmes sexuels concernant des femmes québécoises réelles. Et la manière dont ils décrivent leurs fantasmes laisse entendre que le consentement de ces dernières ne serait pas nécessaire.

Le dernier cas en date, celui du blogueur Gab Roy, a émergé sur les réseaux sociaux mercredi. L’humoriste a décidé d’exposer aux internautes sur son blogue ce qu’il voudrait faire à l’actrice Mariloup Wolfe, qui a, selon lui, besoin d’un «vrai homme».

Lui proposant ses services, il s’est mis à décrire en termes très vulgaires ce qu’il aimerait lui faire. Dans son texte, il l’insulte à deux reprises et il laisse entendre qu’elle pourrait ne pas apprécier ce qu’il propose. Il mentionne qu’elle ferait «des grimaces» et qu’elle pourrait vomir. Puis il balaye cela de la main, écrivant qu’il sait quand même qu’elle aimerait cela.

Devant le tollé suscité par son texte, Gab Roy l’a finalement retiré de son site et a présenté des excuses jeudi.

Le précédent cas est celui du chroniqueur du Journal de Montréal Michel Beaudry, qui racontait au début du mois qu’il aurait bien aimé tâter les seins des militantes Femen qui ont protesté seins nus à l’Assemblée nationale le 1er octobre. Michel Beaudry expliquait dans sa chronique que s’il avait été un garde de sécurité à l’Assemblée nationale, il aurait fait exprès de toucher à leurs seins, en utilisant le prétexte « que c’était pour les cacher».

Encore une fois dans ce cas, le texte a été retiré du site du Journal de Montréal après des critiques.

Ces deux exemples montrent-ils les limites de l’humour quant au respect d’autrui? La sexologue et blogueuse Sophie Morin croit que oui. Ces deux textes cadrent directement avec la définition de harcèlement sexuel, m’explique-t-elle.

Notant une recrudescence de ce type de blagues depuis quelques années, Sophie Morin ajoute qu’elles contribuent à banaliser les agressions sexuelles et l’objectification des femmes.

« J’en ai un peu assez des gens qui disent que c’est juste des blagues. Il faut assumer. »

Dans le cas de Gab Roy, le blogueur a annoncé sur sa page Facebook jeudi après-midi que toutes les publicités qui étaient affichées sur son site avaient été retirées parce que sa régie publicitaire ne voulait plus le représenter.