Blogue de Julie Jasmine Boudreau

Troquer et papoter

jeudi 23 juin 2011 à 22 h 10 | | Pour nous joindre

Ce billet risque de rejoindre davantage les filles que les garçons. En toute honnêteté, je doute fort que ma proposition séduise la gent masculine à la testostérone débordante. Alors, messieurs, vous êtes prévenus et nous nous reprendrons, bien sûr! Quant à vous, mesdames, mûres pour une soirée de filles nouveau genre? Exit les interminables et surtout coûteuses démonstrations de plats de plastiques et de chandelles aux parfums de salon funéraire! 

Faites l’acquisition de véritables trésors vestimentaires et donnez une seconde vie à vos vieilles fringues sans débourser un sou. Stratégique. Écologique. Économique. 

Crédit : Julie Jasmine Boudreau

Le concept est d’une simplicité! Il vise à échanger vos reliques vestimentaires contre celles de vos copines tout en profitant de l’occasion pour bavarder de tout et de rien. 

Dans le jargon, ce genre de soirée s’appelle – attention, mise en garde pour les yeux sensibles ou juvéniles, gros mot à l’horizon – switch and bitch. Sachez que ce terme est couramment utilisé. Mais, pour les besoins, j’opterai pour la traduction libre troquer et papoter. C’est joli et nettement plus adéquat pour un billet radio-canadien. 

Ce type d’événements, c’est-à-dire une bande de filles réunies autour de quelques rafraîchissements en quête de nouvelles trouvailles vestimentaires où les hautes fréquences atteignent des sommets inégalés, a vraiment la cote. 

Comme toute bonne soirée, un minimum d’organisation est requis pour un succès garanti. On sélectionne adéquatement ses invitées. On trouve un endroit propice où le bruit est accepté sans jugement. Et on boucle tout ça avec quelque chose à se mettre sous la dent. 

Crédit : Julie Jasmine Boudreau

Cassée comme un clou et hôte du rassemblement? Lors de l’envoi des invitations, mentionnez avec assurance que vous fournissez l’ambiance extra et les gras trans. Un ou deux sacs de croustilles, quelques hors-d’œuvre bon marché du commerce et des sucreries. Vingt dollars plus tard, voilà! Chaque convive comprendra qu’elle aura la responsabilité d’humidifier son propre gosier. 

Mon petit côté opportuniste vous dira de privilégier des amies qui ont du goût, sans quoi, vous et vos convoqués aurez la mine basse après l’activité. Après tout, on vise une bonne pêche. 

Mon petit côté insensible vous dira de profiter de l’occasion pour essayer de vous débarrasser enfin du curieux chandail reçu l’an dernier, un cadeau de votre belle-mère. Après tout, on vise à dégraisser ses placards. 

Quant au mâle de la maison, il devra se tenir à l’extérieur du périmètre de sécurité clairement délimité par un amoncellement d’escarpins, de chandails, de vestons et de foulards. À noter que la puissance des décibels le guidera aussi. 

Lors de ladite soirée, pour éviter l’anarchie ou les blessures, instaurez quelques règles de bonne conduite. Les coups portés au visage sont interdits. En cas de litige entre deux participantes, un arbitre peut être nécessaire. 

Les fringues ont un certain pouvoir d’attraction, mais d’autres items peuvent attirer les foules. On peut élargir le spectre vers des bouquins, des meubles, des collections en tout genre, des accessoires d’extérieur, des vêtements de poupons. Les possibilités sont infinies.

Crédit : Julie Jasmine Boudreau

Et à l’approche de la journée nationale du déménagement, ce genre de réunion vous épargnera peut-être un carton ou deux. Idem si vous prévoyez plaquer mari et pays dans les prochains mois pour un périple autour du monde. Un troquer et papoter s’impose. 

À la fin de la soirée, habituellement, chaque participante repart chez elle, fière de ses acquisitions et avec encore un portefeuille bien garni. Il se peut que certaines partent bredouilles parce que les tailles, les couleurs et les coupes n’ont pas su leur plaire, mais tant pis, ce fut une très belle soirée de filles. À vrai dire, l’échange de morceaux devient simplement un prétexte pour passer un bon moment entre copines. 

Quant à vous, organisatrice en chef, votre implication se termine lorsque vous irez porter à un organisme caritatif les pièces qui n’ont pas su trouver preneuse durant la soirée, mais qui seront tout autant appréciées par leurs nouveaux propriétaires