Blogue de Claudia Larochelle

Trouver l’amour au musée?

mardi 21 juin 2011 à 6 h 00 | | Pour nous joindre

Je connais un couple d’amis qui s’est rencontré au Musée des beaux-arts de Montréal. C’était comme dans les films. Elle était seule et déprimée, il faisait une recherche pour un scénario. Si certaines expositions sont payantes, d’autres salles avec accès gratuit du MBA regorgent d’anecdotes du genre à vivre sans débourser un sou. Je n’ai pas pu résister à l’envie de marcher dans leurs traces.

J’ai tenté l’expérience de ces visites libres avec cette vague impression d’être en vacances dans ma propre ville, d’accéder à des mondes insoupçonnés et de provoquer le destin au hasard de salles dont les Montréalais ne profitent pas assez. Or, je n’ai pas rencontré l’homme de ma vie.

Crédit : Claudia Larochelle

De Waterloo à Sainte-Hélène

Qu’à cela ne tienne, sans débourser un seul cent, je suis allée à la rencontre de Napoléon Bonaparte, le conquérant de l’Europe continentale. Et quel homme! Des fragments de sa vie y sont présentés, rappelant la fougue, l’entêtement et l’esprit combatif qui l’habitaient.

Cette expo dans les salles Napoléon, don de la collection Ben Weider, qui a tenu à ce que cet ensemble exceptionnel demeure à Montréal, n’a rien de commun et promet un véritable voyage à travers le temps. Une centaine d’œuvres et d’objets nous rappellent non seulement les arts sous le Premier Empire, mais aussi quelques bribes de sa vie sentimentale… Pas banal le monsieur.

Unique en Amérique du Nord, le fameux bicorne que le personnage portait en 1812 lors de la campagne de Russie est un incontournable. Essayer d’imaginer ce que cet homme aux mille et une stratégies pouvait cacher sous son chapeau à deux pointes m’a occupé l’esprit quelques minutes avant que je n’aperçoive plus loin Bonaparte entrant au Caire, un bronze de Jean-Léon Gérôme.

Crédit : Claudia Larochelle

Un voyage intérieur

Dans un tout autre registre, jusqu’au 4 septembre, voir l’exposition La terre est bleue comme une orange est un pur ravissement avec ses œuvres complètement consacrées à l’art contemporain. Rien à voir avec Napoléon, ces photographies, peintures, sculptures, maquettes et compagnie lèvent le voile sur des préoccupations actuelles portant sur la vie, la mort, le corps humain, la technologie, le sort de la planète… Belles réflexions en perspective.

S’asseoir quelques minutes sur un des bancs de cuir disposés au centre d’une des pièces et observer ces miracles de la création dans un silence quasi absolu est un délice qui fait oublier n’importe quel souci. À refaire.

Crédit : Claudia Larochelle

D’autres expositions sont gratuites en ces lieux presque monastiques. Informez-vous à la réception dès votre arrivée pour obtenir un plan des salles dont l’accès est libre.

Fait à noter, beaucoup de gens seuls y déambulent. Pour certains, c’est aussi ressourçant qu’une expédition en nature. J’ai constaté que c’était assez simple d’entamer la discussion avec une autre personne. C’est ainsi que mes amis Marco et Annie on fait connaissance il y a de cela quatre ans. Chaque année, ils y retournent, et refont le trajet qui les a menés jusqu’aux sentiments les plus passionnés.