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Chacun d’entre nous a une relation bien particulière avec les avions; souvenirs heureux ou malheureux d’un voyage, d’un départ, de retrouvailles. Mais ce que je vous propose ici est tout autre : aborder l’avion du point de vue de l’observation, pour le plaisir de voir ces puissantes machines à l’œuvre.

Dorval / Crédit : Jo-Annie Larue

Jean-Pierre est admiratif de tout ce qui vole, mais depuis une quinzaine d’années, il s’intéresse particulièrement à l’observation d’avions. C’est un vrai. Et c’est avec lui que je pars en safari! 

Dorval / Crédit : Jo-Annie Larue

Je rencontre Jean-Pierre au métro Crémazie vers 15 h, d’où nous partons pour l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Il me fait un itinéraire tellement précis et détaillé pour qu’on se rejoigne que déjà, pour moi, c’est clair : il pourrait facilement jouer au contrôleur aérien.

On commence par aller à un endroit bien connu des aérophiles, au cul-de-sac de la rue Pitfield, parallèle à l’autoroute 13, sur le côté est. On y accède par le boulevard Côte-Vertu. Jean-Pierre me dit que c’est un endroit plutôt familial. Quelques personnes sont déjà sur place.

Dorval / Crédit : Jo-Annie Larue

De cet endroit, les avions passent vraiment très près au-dessus de nos têtes. C’est impressionnant. On sent le vrombissement des moteurs et, dans tout notre corps, la vibration des ailes qui pourfendent l’air. Contrairement à ce que j’avais imaginé, le bruit est loin d’être assourdissant.

Jean-Pierre voit les avions qui arrivent à l’horizon avant même qu’ils ne soient de la taille d’une poussière. Un œil de lynx qui fixe sa proie. Je dois attendre quelques secondes de plus avant d’être excitée à mon tour et de me positionner avec mon appareil photo.

Nous quittons l’endroit pour aller à l’extrémité ouest du chemin Saint-François sur le bord de la piste 24 droite, afin de voir les avions se poser devant nous. Le paysage autour est tout à fait bucolique. On prend quelques minutes pour regarder un canard colvert (malard) au milieu de l’étang.

Dorval / Crédit : Jo-Annie Larue

Nous nous retrouvons dans une ambiance complètement différente de celle présente aux abords de l’autoroute que nous venons à peine de quitter. Dire que nous sommes à quelques minutes seulement du centre-ville de Montréal!

Pour faire de la bonne photo ou simplement pour mieux observer, il est conseillé d’apporter un petit escabeau (trois marches minimum), car la clôture est souvent plutôt haute. Nous nous perchons pour mieux voir.

Dorval / Crédit : Jo-Annie Larue

Il y a différentes façons de pratiquer l’observation d’avions. Jean-Pierre me montre ceux qui sont placés sur le bord des pistes près des grands aéroports internationaux, qui prennent des photos et qui aiment regarder voler ces impressionnantes machines. Certains, plus fanatiques, tiennent même un journal de bord et notent les immatriculations aperçues sur les avions arrivant et partant, ainsi que l’heure à laquelle ils ont été aperçus, etc.

Dorval / Crédit : Jo-Annie Larue

Il y a également ceux qui se passionnent pour les avions de guerre et qui sont souvent de réelles encyclopédies vivantes. Ils connaissent tout des avions qui les passionnent : l’année de fabrication, le modèle, les détails du moteur et plein d’autres choses dont le commun des mortels ignore l’existence. On en trouve aussi qui s’intéressent davantage aux modèles que l’on trouve dans l’aviation privée et qui font souvent partie de clubs.

Jean-Pierre est un « touche-à-tout » et aime bien toutes ces catégories. Moi, je suis de la catégorie « je joue avec ma caméra et les avions », et je prends, par exemple, le cliché d’un avion qui part au-dessus d’un avion qui arrive.

Dorval / Crédit : Jo-Annie Larue

Nous revenons ensuite sur nos pas sur le chemin Saint-François du côté ouest de l’autoroute 13, où nous nous installons pour regarder à nouveau des avions qui passent au-dessus de nos têtes. « C’est un bon spot », me confirme Jean-Pierre.

Les avions arrivent et partent environ aux 10 minutes ou moins en cette fin d’après-midi. Comme les petits appareils Jazz passent souvent, on peut essayer d’attraper toutes les différentes couleurs que peut avoir l’engin : rouge, orange, vert, jaune. Je n’ai pas été assez alerte dès le début pour réussir, alors je vous mets au défi!

Dorval / Crédit : Jo-Annie Larue

Près de nous, il y a Jean-Louis, qui est venu avec son chien. Dans la jeune trentaine, il est passionné d’avions et de photos, et vient promener son labrador ici tous les jours.

Dorval / Crédit : Jo-Annie Larue

Jean-Pierre a tout prévu.

Voici l’ensemble du vrai aérophile :

Dorval / Crédit : Jo-Annie Larue

Ça fait déjà quelques heures que nous sommes là, alors nous remballons nos trucs et nous partons. J’aurai manqué l’A380, mais je l’attraperai à un autre moment. De toute façon, il arrive chaque jour à l’aéroport vers 17 h 30 et repart vers 20 h 30.

Nous nous éloignons sur l’autoroute et je continue de regarder les avions voler au-dessus de nos têtes avec de plus en plus d’étincelles dans les yeux (rassurez-vous, je ne suis pas au volant). Voilà une escapade gratuite qui m’aura donné des ailes!

Ce billet risque de rejoindre davantage les filles que les garçons. En toute honnêteté, je doute fort que ma proposition séduise la gent masculine à la testostérone débordante. Alors, messieurs, vous êtes prévenus et nous nous reprendrons, bien sûr! Quant à vous, mesdames, mûres pour une soirée de filles nouveau genre? Exit les interminables et surtout coûteuses démonstrations de plats de plastiques et de chandelles aux parfums de salon funéraire! 

Faites l’acquisition de véritables trésors vestimentaires et donnez une seconde vie à vos vieilles fringues sans débourser un sou. Stratégique. Écologique. Économique. 

Crédit : Julie Jasmine Boudreau

Le concept est d’une simplicité! Il vise à échanger vos reliques vestimentaires contre celles de vos copines tout en profitant de l’occasion pour bavarder de tout et de rien. 

Dans le jargon, ce genre de soirée s’appelle – attention, mise en garde pour les yeux sensibles ou juvéniles, gros mot à l’horizon – switch and bitch. Sachez que ce terme est couramment utilisé. Mais, pour les besoins, j’opterai pour la traduction libre troquer et papoter. C’est joli et nettement plus adéquat pour un billet radio-canadien. 

Ce type d’événements, c’est-à-dire une bande de filles réunies autour de quelques rafraîchissements en quête de nouvelles trouvailles vestimentaires où les hautes fréquences atteignent des sommets inégalés, a vraiment la cote. 

Comme toute bonne soirée, un minimum d’organisation est requis pour un succès garanti. On sélectionne adéquatement ses invitées. On trouve un endroit propice où le bruit est accepté sans jugement. Et on boucle tout ça avec quelque chose à se mettre sous la dent. 

Crédit : Julie Jasmine Boudreau

Cassée comme un clou et hôte du rassemblement? Lors de l’envoi des invitations, mentionnez avec assurance que vous fournissez l’ambiance extra et les gras trans. Un ou deux sacs de croustilles, quelques hors-d’œuvre bon marché du commerce et des sucreries. Vingt dollars plus tard, voilà! Chaque convive comprendra qu’elle aura la responsabilité d’humidifier son propre gosier. 

Mon petit côté opportuniste vous dira de privilégier des amies qui ont du goût, sans quoi, vous et vos convoqués aurez la mine basse après l’activité. Après tout, on vise une bonne pêche. 

Mon petit côté insensible vous dira de profiter de l’occasion pour essayer de vous débarrasser enfin du curieux chandail reçu l’an dernier, un cadeau de votre belle-mère. Après tout, on vise à dégraisser ses placards. 

Quant au mâle de la maison, il devra se tenir à l’extérieur du périmètre de sécurité clairement délimité par un amoncellement d’escarpins, de chandails, de vestons et de foulards. À noter que la puissance des décibels le guidera aussi. 

Lors de ladite soirée, pour éviter l’anarchie ou les blessures, instaurez quelques règles de bonne conduite. Les coups portés au visage sont interdits. En cas de litige entre deux participantes, un arbitre peut être nécessaire. 

Les fringues ont un certain pouvoir d’attraction, mais d’autres items peuvent attirer les foules. On peut élargir le spectre vers des bouquins, des meubles, des collections en tout genre, des accessoires d’extérieur, des vêtements de poupons. Les possibilités sont infinies.

Crédit : Julie Jasmine Boudreau

Et à l’approche de la journée nationale du déménagement, ce genre de réunion vous épargnera peut-être un carton ou deux. Idem si vous prévoyez plaquer mari et pays dans les prochains mois pour un périple autour du monde. Un troquer et papoter s’impose. 

À la fin de la soirée, habituellement, chaque participante repart chez elle, fière de ses acquisitions et avec encore un portefeuille bien garni. Il se peut que certaines partent bredouilles parce que les tailles, les couleurs et les coupes n’ont pas su leur plaire, mais tant pis, ce fut une très belle soirée de filles. À vrai dire, l’échange de morceaux devient simplement un prétexte pour passer un bon moment entre copines. 

Quant à vous, organisatrice en chef, votre implication se termine lorsque vous irez porter à un organisme caritatif les pièces qui n’ont pas su trouver preneuse durant la soirée, mais qui seront tout autant appréciées par leurs nouveaux propriétaires

Il est si facile d’avoir un jardin à la maison que, dès demain, vous pourriez posséder votre propre mini Jardin botanique au salon! Il suffit de faire quelques échanges entre bons voisins, et d’avoir sous la main un peu de compost*.

Crédit : Jo-Annie Larue

Party boutures

Mes deux voisins Gabriel et Annie sont venus chez moi il y a quelques semaines avec des graines, des pousses qu’ils venaient de couper, des ciseaux et des pots; on faisait notre premier party boutures.

Après avoir ouvert la bouteille de vin, on a couvert la table de papier journal afin de ne pas tout salir. J’avais ma terre et les outils nécessaires pour empoter des fleurs, soit des petites pelles et un mini râteau.

Crédit : Jo-Annie Larue

Annie était bien fière de nous dire que grâce à ses gloires du matin, on ne verrait plus son balcon d’ici la fin de l’été. Gabriel nous parlait du gigantisme de son pothos. De mon côté, j’étais contente de leur apprendre qu’il suffit de planter, de biais, une seule feuille de crassula pour qu’elle devienne un jour un Bonzaï.

Gabriel a soulevé un bon point : il est parfois difficile de garder des boutures dans ces petits pots verts de plastique, car l’eau s’évacue par les petits trous et il faut donc mettre la main sur beaucoup de petites soucoupes. Solution de remplacement : une pinte de lait vide et une paire de ciseaux.

Crédit : Jo-Annie Larue

Depuis, mes plantes ont déjà grandi de plusieurs centimètres. Je garde de cette expérience de multiples conseils sur les plantes, de nouveaux spécimens, en plus d’avoir fait connaissance avec mes voisins. Et ce n’est bien sûr que party remis!

*Compost gratuit

Deux fois l’an, la ville offre aux résidents de Montréal de la terre gratuite. Compostée toute l’année à l’Écocentre Saint-Michel, cette terre est ensuite redistribuée aux citoyens à plusieurs endroits de la ville.

Il suffit donc de vous présenter à votre point de quartier avec une preuve de résidence, quelques chaudières (certains y vont carrément avec une remorque), une pelle et une bonne paire de bras!

Crédit : Jo-Annie Larue

Crédit : Jo-Annie Larue