Billets classés sous « Vignoble »

Le Domaine des Météores après le gel du 18 septembre 2014. Les filets qui protègent le vignoble sont encore au sol. Photo : Domaine des Météores

Le Domaine des Météores après le gel du 18 septembre 2014. Photo : Domaine des Météores

Faire de la viticulture au Québec et au Canada, dans des climats nordiques, relève du courage, et exige des nerfs solides et, parfois, une bonne once de folie.

C’est ce qu’a constaté André Cellard, propriétaire avec Chantal Ippersiel du Domaine des Météores à Ripon, en Outaouais.

La nuit du 18 au 19 septembre, un gel terrible a presque anéanti ce vignoble en culture biologique. À – 4 °C, la photosynthèse dans les plants s’est arrêtée. Impossible donc que la maturation nécessaire au développement sain des raisins se poursuive. « Il a fait – 4 °C pendant 5 à 6 heures. La feuille s’est cassée en deux », raconte André Cellard, qui a constaté les dégâts 12 à 24 heures plus tard.
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L’Orpailleur, pionnier du vin québécois

Jeudi 11 septembre 2014 à 15 h 53 | | Pour me joindre

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Photo : Ronald Georges

Photo : Ronald Georges

Cet été, j’en ai profité pour visiter quelques vignobles québécois, question de mieux faire connaissance.

Voici maintenant venu le temps d’en parler, au moment où les vendanges se mettent en marche dans quelques propriétés.

Premier arrêt à Dunham en Estrie, au Vignoble de L’Orpailleur.

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Des grappes de cabernet jura. Wikipédia/Jakob Federer

Des grappes de cabernet jura. Wikipédia/Jakob Federer

Jeremy Ducourt, un vigneron bordelais, a planté le mois dernier des vignes qui ne nécessitent aucune utilisation de produits chimiques.

Il espère ainsi réduire de 80 à 100 % les traitements de fongicides et de pesticides. Selon Jeremy Ducourt, « réduire l’utilisation des pesticides est une responsabilité morale, sociale et économique ».

Le vignoble planté, résultat d’une année de recherche, mesure 3,3 hectares. Les cépages résistants aux maladies sont du cal604, un croisement allemand de sauvignon blanc et de riesling, et du cabernet jura, un croisement suisse de cabernet sauvignon.

Rassurant, Jeremy Ducourt affirme que ces croisements ne sont pas des « monstruosités génétiques industrielles », seulement de la fertilisation croisée traditionnelle en prenant les graines des deux cépages et en les faisant germer dans une serre.

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Le nouveau vignoble de Miguel Torres au Chili.

Le nouveau vignoble de Miguel Torres au Chili.

La revue Decanter a récemment annoncé que le géant du vin espagnol Miguel Torres avait acheté un autre vignoble, de 230 hectares, au Chili, dans la vallée d’Itata.

Jusqu’ici, il n’y a rien d’étonnant à cette acquisition : en plus de posséder des vignobles dans plusieurs régions en Espagne, Torres est propriétaire de vignes en Californie et a forgé des coentreprises en Chine et en Inde.

En fait, cet achat est purement stratégique : Torres, inquiet des changements climatiques, cherche des terres qui, avec le temps, pourront mieux résister aux effets des changements climatiques.

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Vue du Vignoble Rivière du chêne sur la terrasse attenant la salle de réception. | © Radio-Canada/Ronald Georges

Samedi, je suis allé observer les vendanges au Vignoble Rivière du chêne, à Saint-Eustache, au nord de Montréal. L’une des représentantes commerciales du vignoble, Nadia Dufour, m’a fait visiter le domaine de 20 hectares et son chai. J’ai aussi rencontré les propriétaires, Isabelle Gonthier et Daniel Lalande, ainsi que le maître de chai, Laëtitia Huet.


Promenade dans les vignes
Les vignes de cépages hybrides (frontenac gris, vidal, vandal-cliche, maréchal foch, etc.) sont plantées dans un sol sablonneux, mais les propriétaires prévoient planter du pinot noir et du chardonnay l’an prochain.

J’ai dégusté quelques baies, et je vous confirme qu’elles sont gorgées de sucre, que l’acidité est bien présente et que, pour les cépages à vin rouge, on perçoit bien les tannins.

Cette année, les maladies ont épargné les raisins, mais les guêpes se sont payé quelques festins. Attirées par le sucre des baies, elles les piquent, ce qui les fait pourrir.

En somme, Daniel Lalande m’a confirmé ce que disent tous les propriétaires de vignobles au Québec : l’été 2012 fut exceptionnel et les fruits sont d’une qualité inégalée.

Au cours de ma promenade dans les vignes, je suis tombé sur les vendangeurs qui s’activaient à cueillir soigneusement les grappes de raisin. Quelques minutes plus tard, au dîner à la cabane à sucre attenante au domaine, j’étais le seul dans la salle à me contenter d’une portion modérée de lasagne, puisque je n’avais pas vendangé depuis 8 h le matin!


Dans le chai
Le maître de chai du vignoble, Laëtitia Huet, m’a fait faire le tour des installations. Originaire de la Loire, Laëtitia Huet a étudié en viticulture et en oenologie à Beaune, en Bourgogne. Elle chapeaute la production du vin depuis 2008, après trois ans en tant qu’assistante de Richard Bastien, qui est maintenant œnologue-conseil.

Le chai est constitué des équipements les plus modernes en viniculture. Des cuves de 9700 l à chapeau flottant, 2 cuves géantes de 12 700 l, des cuves de 7500 l et une série de 5000 l complètent le lot pour les fermentations des vins blancs et rouges.

J’ai eu la chance de goûter le moût de la base du vin mousseux. La pomme verte et une belle acidité ont déjà pris leur place dans le mélange. Ce qui deviendra le Phénix blanc 2011, l’un des vins populaires du domaine, est presque prêt. J’ai aussi dégusté les bases de William blanc et de Phénix blanc 2012, dans lesquels on perçoit déjà la précision des fruits.

Pour le vieillissement en fûts, Laëtitia Huet privilégie le bois usagé, mais elle expérimente le bois neuf avec des fûts Radoux, de la forêt de Nevers en val de Loire, et des fûts Dargaud et Jaeglé. Chaque barrique de 228 l (près de 300 bouteilles) coûte la bagatelle de 1000 $… Pour l’instant, le cépage saint-pépin est vieilli dans ces fûts. Les vins que j’ai goûtés en fût étaient encore en plein vieillissement; l’équilibre entre le fruit, l’acidité et les tannins n’étant pas encore atteints, mais cela ne saurait tarder.

Il ne reste qu’à attendre l’arrivée du millésime 2012 en magasins et à la boutique du domaine. Croisons les doigts pour que le vin soit à l’image du climat exceptionnel que les vignerons québécois ont eu en 2012.