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Le Domaine Drouhin en Oregon

Mardi 16 avril 2013 à 15 h 35 | | Pour me joindre

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Le Domaine Drouhin pinot noir Laurène Dundee hills Oregon 1995 | © Radio-Canada/Ronald Georges

L’Oregon viticole est jeune, avec pas tout à fait 45 ans d’existence. Et, il y a 20 ans, peu d’amateurs connaissaient cette région américaine.

La maison bourguignonne Drouhin a vu le potentiel viticole de l’Oregon dès les années 1980. Officiellement, Drouhin a fondé son vignoble en 1988, mais les raisins de ce millésime provenaient de fermage (achat de raisins). Comme à la maison (en France), le domaine de l’Oregon allait se concentrer sur deux cépages : le chardonnay et le pinot noir. Et Véronique Drouhin, la fille de Robert, a vinifié toutes les cuvées réalisées depuis les débuts de cette aventure en Amérique.

Après 20 ans de carrière dans l’industrie de la musique, David Millman a pris les rênes du vignoble en Oregon. Rencontre et dégustation de la gamme Cloudline, créée en 2002 et dont les raisins sont achetés auprès de fermiers locaux, et de la gamme du Domaine Drouhin.





Cloudline pinot gris Willamette valley 2010
Code SAQ : 11883531
20,10 $
Code LCBO Vintages : 159988
Prix : 17,95 $
Le nez est doté d’arômes épicés et chimiques. La bouche révèle un pinot gris, somme toute assez classique, avec des notes de fruits blancs, de poire, d’épices. Un vin acide, rond, minéral et fumé.

Cloudline pinot noir Willamette valley Oregon 2011
Bientôt en vente à la SAQ
Le nez de terre, de cerises noires, de cannelle et de thé est suivi d’une bouche de fraises amères, de thé, de terre mouillée, d’épices et de cannelle. Les tannins ne sont pas en reste avec une bonne présence. Un excellent rapport qualité-prix pour un pinot noir.

Cloudline pinot noir Willamette valley Oregon 2009
Code SAQ : 11334161
20,70 $
Des odeurs de vêtements mouillés (oui, ça peut arriver pour le pinot noir!) surprennent le nez en premier lieu. En deuxième lieu, le vin goûte les petits fruits des champs, comme la fraise et la framboise. Les tannins sont souples et l’acidité pas trop marquée. À boire sans plus tarder.

Domaine Drouhin pinot noir Willamette valley Oregon 2010
Code SAQ : 11166559
39,50 $
La différence de prix avec les vins précédents paraît tout de go : le nez est complexe, avec des notes de fruits des champs et de griottes. La finale est longue et les saveurs de cerises, de kirsch, de violette, de thé vert, d’épices et de cassis se mélangent à des tannins souples ainsi qu’à une acidité marquée. Un vin très élégant, que j’aurais pris pour un bourgogne à l’aveugle.

Domaine Drouhin pinot noir Laurène Dundee hills Oregon 2008
Code SAQ : 10710508
55 $
Des odeurs animales et terreuses ressortent du verre. Ensuite, la longue trame est très tannique et acide, complétée d’arômes de cerises et de cannelle. Un vin encore jeune, qui peut donc se garder quelques années en cave.

David Millman nous a également fait goûter les millésimes 2009 et 1995 des pinots noirs Laurène; ils ne sont pas en vente en magasin. Le 2009 était incroyablement complexe avec les flaveurs de kirsch et de fumée. Quant au 1995, il respirait encore la jeunesse, ce qui lui assure une autre garde de cinq ans.

Décès de Jean Charton
L’un des pionniers de l’industrie canadienne du vin et des spiritueux n’est plus. Jean Charton s’est éteint le 7 avril à l’âge de 89 ans. Le président du conseil de Charton-Hobbs, un agent de vin présent partout au Canada, avait pris en 1954 les rênes de Herdt et Charton, la compagnie que son père avait fondée en 1921. C’est en 1988, en association avec sa fille Caroline et la famille Hobbs, qu’il a créé Charton-Hobbs. C’est à partir de ce moment que l’entreprise s’est consacrée uniquement aux boissons alcoolisées.

Thomas Bachelder | © Radio-Canada/Ronald Georges

Le Montréalais Thomas Bachelder est une vedette du vin au Canada. Les chardonnays et les pinots noirs primés du Clos Jordanne, un vignoble situé en Ontario, c’est lui.

Ayant quitté le Clos Jordanne en 2010, Thomas Bachelder vient de lancer son entreprise de négoce, Delaney-Bachelder, avec sa conjointe. Particularité : les premiers produits de cette nouvelle aventure sont trois chardonnays du millésime 2009, mais de régions différentes, soit l’Oregon, le Niagara et la Bourgogne.

Rencontre avec un vigneron qui a tissé des racines dans les trois terroirs où il a travaillé.

La dégustation
Bachelder Oregon Chardonnay 2009, Willamette Valley AVA
Code SAQ : 11584814, 34 $
LCBO Vintages 273334, 34,95 $
Un vin blanc où la pierre, les épices et le bois (après quelques minutes d’aération) se succèdent au nez. La bouche, croquante, recèle des arômes de pomme verte, d’épices et de craie en fin de bouche. À boire sur trois ou quatre ans avec des poissons.

Bachelder Niagara Chardonnay 2009, Niagara Peninsula VQA
Code SAQ : 11584857, 33,75 $
LCBO Vintages 271841, 34,95 $
La facture plus américaine (boisée) du chardonnay se sent avec les odeurs de beurre, de bois, de pâtisserie et de banane. La bouche toute délicate laisse place à la lime, au caractère minéral et à la crème. Pourquoi pas avec un fromage en fin de repas?

Bachelder Bourgogne Chardonnay 2009, Bourgogne A.O.C.
Code SAQ : 11584620, 34 $
LCBO Vintages 272005, 34,95 $
Des fleurs parfumées et un peu de poire m’ont accueilli en premier lieu. En deuxième lieu (en bouche), le vin est minéral avec de la craie, des fruits blancs et de la lime en fin de bouche. Gardez-le quelques années et buvez-le avec un poisson en sauce.

Un conseil : dégustez-les côte à côte pour mieux apprécier les différences des terroirs.

Un micro-négoce
Depuis qu’il a terminé ses études en œnologie en Bourgogne, Thomas Bachelder n’a qu’un rêve en tête : acheter des vignes et démarrer un domaine en Bourgogne. Problème : le coût à l’hectare de la vigne les rend inaccessibles. « Je suis né Québécois, pas fils d’un vigneron en France. Je n’avais pas les moyens. Je suis un fils de mécanicien et ma mère était secrétaire à l’église », me raconte le vinificateur.

Thomas Bachelder en plein travail en Oregon | Photo : Delaney-Bachelder

La solution : acheter des raisins, louer une cave et le pressoir, et ce, dans chacune des trois régions de ses vins, avec le concours des amis rencontrés en Oregon, en Bourgogne et à Niagara.

Aujourd’hui, Thomas Bachelder se considère comme un Québécois déraciné qui a des racines en trois endroits. « En France, on a des bons amis et une filleule. En Oregon, c’est là que ma femme Mary était à la maison avec les enfants qui étaient à l’école primaire. Là, en Ontario, les enfants sont à la fin de l’école primaire et au début du secondaire. Si j’oublie les amis d’Oregon et de France, j’oublie mes racines », fait-il remarquer.

Dans un prochain article, je parlerai plus en détail des déplacements professionnels de Thomas Bachelder, de son séjour au Clos Jordanne, des vins qu’il aime et de son avenir dans l’industrie vinicole.