Le vin du 17 décembre : un rouge ontarien
Pinot noir Le Clos Jordanne Village reserve VQA Niagara 2009
Code SAQ : 10745487
30,25 $
Situé dans la péninsule du Niagara, Le Clos Jordanne s’est tout de suite imposé comme une référence en vins de qualité. Le style bourguignon des chardonnays et des pinots noirs de ce producteur est plus que concluant et ses vins se sont attiré d’élogieuses critiques. Dans cette cuvée, le millésime 2009 est marqué par le thé, des saveurs de sous-bois, des fruits rouges et des tannins souples. Excellent avec le foie de veau, la lasagne à la viande et les pâtés de gibier.
Billets classés sous la catégorie « Ontario »
Les vins de l’avent : un rouge ontarien
Vins d’Amérique et vins privés
Le sommelier et chroniqueur Jacques Orhon (en collaboration avec Hélène Dion) lance un nouveau livre qui porte sur les vins du Nouveau Monde, plus spécifiquement ceux d’Amérique du Nord.
Dans Les vins du Nouveau Monde : Amérique du Nord, Canada, États-Unis, Mexique, Jacques Orhon consacre 150 pages aux vins canadiens et 150 pages aux vins américains, dont 80 à la Californie, et il recense près de 2000 vins.
Bien sûr, il s’attarde aux vignobles québécois, en recensant 50 domaines. « Faire du vin au Québec est une forme d’apostolat. Ce n’est vraiment pas évident. C’est toujours la nature qui a le dernier mot. Et malheureusement, l’humain ne veut toujours pas comprendre ou admettre que c’est toujours la nature qui a le dernier mot », affirme-t-il.
Il était invité à l’émission de Catherine Perrin à la Première Chaîne de Radio-Canada.
- Écoutez l’entrevue avec Jacques Orhon >>
Dans ce livre qui lui a demandé près de trois ans d’écriture, Jacques Orhon consacre aussi quelques pages aux vins du Mexique.
Interrogé sur la qualité des vins du Nouveau Monde et du Canada, Jacques Orhon croit qu’« il faut aller chercher les spécificités propres par rapport à un peuple, et par rapport à un vignoble. Il faut que chaque pays puisse s’exprimer. » Il parle ici notamment du pinot noir de l’Oregon.
Il souligne la « maturité de réflexion et de philosophie » du vignoble de Niagara et il conseille fortement à tout amateur de vin de visiter le vignoble de la vallée de l’Okanagan. « Là, il y a un potentiel assez extraordinaire. »
Les vins du Nouveau Monde : Amérique du Nord, Canada, États-Unis, Mexique, Les Éditions de l’Homme.
Le salon des vins d’importation privée
L’achat de vin en importation privée permet d’agrandir l’offre, mais il y a une contrainte : on doit acheter à la caisse de 6 ou de 12 bouteilles.
Organisé par le Raspipav, le Salon des vins d’importation privée aura lieu en fin de semaine à Montréal au marché Bonsecours, et à Québec le 6 novembre à l’Espace Dalhousie. Et cette contrainte s’y applique aussi puisque le visiteur ne pourra y acheter de bouteilles à l’unité.
Les détails du salon sont ici.
Peu importe, sautez sur cette occasion de déguster des vins de producteurs primés. Entre autres, 20 des 40 vins (dont les 10 premiers) du Jugement de Montréal seront en dégustation au salon.
Je rappelle que lorsque vous achetez une caisse de vin auprès d’un agent importateur de vin, il vous livrera votre produit dans 1 des 93 magasins attitrés de la SAQ où vous paierez la somme due.
L’an dernier, j’avais fait de belles découvertes, notamment les vins de Tawse, le crémant de Bordeaux du Château Majoureau, les Bordeaux de la Famille Ouzoulias, les Chablis de Francine et Olivier Savary et les vins de Stolpman Vineyards. Je souhaite tomber sur d’aussi belles surprises lors de mon passage dimanche matin.
Le vin de la semaine
Frappato Caruso & Minini Terre di Giumara i.g.p 2011
Code SAQ : 11793173
16,65 $
Tout nouveau tout beau à la SAQ, ce vin composé du cépage frappato goûte la fraise, les épices et le graphite (des éléments minéraux). Servez-le frais (16 °C) avec une pizza aux tomates et à la mozzarella.
Paul Bosc, pionnier du vin au Canada
Mes collègues de l’émission Les visionnaires ont réalisé un portrait de Paul Bosc, fondateur et propriétaire du Château des Charmes, à Niagara-sur-le-Lac.
Né en Algérie, Paul Bosc y a étudié l’agriculture, pour ensuite parfaire ses connaissances en la matière à l’Université de Dijon. Il a ensuite pris les rênes d’une importante cave en Algérie, la Cave coopérative de Marengo.
Après un court passage en France à la suite de l’indépendance de l’Algérie, en 1962, la famille Bosc s’est installée au Canada. « J’ai tout de suite vu que le climat que nous avions ici était très semblable à celui de la Bourgogne », explique Paul Bosc. « Mon père est un homme du Vieux Monde qui s’est très bien adapté au Nouveau Monde », renchérit son fils, Paul-André Bosc.
Aujourd’hui, le Château des Charmes produit de 60 à 65 000 caisses de vin bon an mal an. La production est exportée aux États-Unis, au Japon et en Chine. Quelques-uns de ses vins blancs sont même envoyés en France.
Les vins bios du domaine canadien Tawse
Depuis plusieurs dizaines d’années, l’Ontario est reconnu comme un producteur de vins très acceptables, dont quelques domaines travaillent de manière biologique.
C’est le cas du domaine Tawse, situé à Niagara, qui cultive même une partie de ses raisins en biodynamie.
Moray Tawse, un banquier de Toronto, a fondé Tawse en 2001. Grand amateur de vins de Bourgogne ─ il vient d’acquérir un domaine à Gevrey-Chambertin, le Domaine Maume ─ Moray Tawse voulait proposer des chardonnays et des pinots noirs canadiens capables de rivaliser avec ceux de la Bourgogne.
Le vinificateur Paul Pender a supervisé les processus des deux certifications, biologique et biodynamique. Le domaine est également conseillé par Pascal Marchand, un Québécois qui vit en Bourgogne depuis plus de 20 ans. Il s’est fait connaître au Domaine des Épeneaux, à Pommard. Il conseille des domaines au Chili, en Australie et en Californie.
Le domaine couvre 85 hectares, dans 6 vignobles différents. Deux d’entre eux sont certifiés en production biologique depuis 2010. Deux autres le seront dans deux ans, et dans trois ou quatre ans, tous les vignobles seront certifiés biologique ou biodynamique.
Mode de culture
Les pesticides, les fongicides et les fertilisants chimiques sont interdits en production viticole biologique et biodynamique. Le domaine utilise des chevaux pour les labours, et des agneaux mangent les mauvaises herbes qui peuvent attaquer les raisins.
Et on plante vraiment de tout chez Tawse : chardonnay, riesling, pinot noir, merlot, cabernet franc, cabernet-sauvignon, gewurztraminer, pinot gris, syrah et sauvignon blanc.
Mon verdict
Tawse Quarry Road vineyard chardonnay 2010
Un vin blanc assez pâle certifié biologique et biodynamique Écocert. Au nez de poire, de beurre, de crème et de citron suit une bouche assez longue sur des arômes de paille, de fleurs et de citron. Un chardonnay assez élégant, peu boisé, bien équilibré qui ira bien avec des coquillages, des crevettes cocktail, des salades, du poisson frit et du poulet.
Tawse Quarry Road pinot noir 2009
Produit l’année avant sa certification biologique, ce pinot noir le sera pour le millésime 2010. Au nez aromatique de caramel et de cerises séchées se superposent des saveurs de thé, ainsi qu’une finale tannique et asséchante. Passez-le en carafe 20 minutes et servez-le à 14 °C avec du porc et du poulet grillé.
En vente au Québec
Riesling Echos Tawse VQA Niagara peninsula 2009
Code SAQ : 11156220
19,95 $
Échos Tawse chardonnay Niagara peninsula 2009
Code SAQ : 11039736
23,25 $
Riesling Tawse icewine Twenty Mile Bench VQA 2009
Code SAQ : 11572522
36 $
Pinot noir Grower’s blend Tawse VQA péninsule du Niagara 2009
Code SAQ : 11617049
36 $
Meritage Tawse péninsule du Niagara 2007
Code SAQ : 11593139
67 $
En vente en Ontario
Rosé Sketches of Niagara Tawse 2011
Vintages 172643
15,95 $
Riesling Sketches of Niagara Tawse
Vintages 89029
17,95 $
Chardonnay Sketches of Niagara Tawse
Vintages 89037
19,95 $
Riesling Quarry Road Tawse
Vintages 198853
21,95 $
Cabernet franc Grower’s Blend Tawse 2009
Vintages 284570
26,95 $
Gewürztraminer Quarry road vineyard Tawse 2010
Vintages 243717
28,95 $
Vin de glace Riesling Tawse 2009
Vintages 204990 | Bouteille de 200 mL
34,95 $
Chardonnay Quarry Road Tawse
Vintages 111989
34,95 $
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Thomas Bachelder, vigneron itinérant

Thomas Bachelder à Nuit-Saint-Georges en Bourgogne devant ses raisins dans le pressoir. | Photo : Delaney-Bachelder
Après avoir dégusté les chardonnays de Thomas Bachelder, explorons un peu comment produire trois vins différents sans détenir de terres.
Traditionnellement, le vigneron possède ses terres.
Il y vit et y travaille en vue de produire des vins.
Quoi faire quand on n’est pas propriétaire de ses terres? On peut acheter des raisins. C’est ce que font certains producteurs de vin, les négociants, comme on les appelle. C’est ce que fait Thomas Bachelder, qui les vinifie sur place en quatre séjours par année. « Je vais faire la mise en bouteille des 2010 et rester deux semaines en Bourgogne et en Oregon. À ce moment, je vais soutirer les vins et les remettre en cuve. Je reviens pour la filtration, le collage et la mise en bouteille. En même temps, je vérifie les blancs et les rouges de 2011. Ensuite, je rends visite aux récoltants pour m’assurer des contrats de 2012. Je rencontre aussi la banque et l’avocat. Donc chaque fois que je vais en Bourgogne et en Oregon, je travaille sur trois millésimes », m’explique le vigneron qui vit à Niagara.
Après le Clos Jordanne
Thomas Bachelder a lancé les vins du Clos Jordanne en Ontario, « un rêve », dit-il.
Pour la petite histoire, la création du Clos Jordanne s’inspire d’une entreprise fondée à la fin des années 80 par Bernard Repolt de Jaffelin et Karl Kaiser d’Inniskillin. « Ils ont décidé de faire du pinot noir et du chardonnay sous la marque Alliance, un genre d’Opus One. » À la fin des années 90, Vincor (du Canada) et Boisset (de Bourgogne) se sont associés en plantant du pinot noir et du chardonnay.
Par la suite, Constellation a acheté Vincor. Les relations ont donc changé. Et Thomas Bachelder sentait de plus en plus le besoin de fonder son vignoble, ou au moins de lancer ses propres vins.
À la maison
Qu’est-ce que boit un vigneron dans le confort de son foyer? Thomas Bachelder m’explique, en parlant de sa conjointe, Mary Delaney : « C’est une amatrice de vins rouges, mais qui aime de plus en plus les sancerres et les bons chardonnays minéraux. En cuisinant les samedis et les dimanches, on s’ouvre une bouteille de blanc. Je trouve qu’on ne boit pas assez de rouge. J’essaie de plus en plus d’ouvrir deux bouteilles de rouge chaque semaine. »
Dans 10 ans
À l’avenir, Thomas Bachelder souhaite laisser tomber la consultation (il conseille cinq domaines). « Je pense que c’est un peu le marché qui va décider : est-ce que je vais continuer avec les trois terroirs ou est-ce que c’est important que j’achète des vignes? S’il faut des vignes, un domaine, on va le faire, mais j’ignore où il sera situé. »
Le Clos Jordanne, vedette ontarienne
En 1999, les sociétés Vincor Canada et Boisset jetaient les premières bases d’une aventure commune : un vignoble ontarien destiné à produire des chardonnays et des pinots noirs de qualité. Le Clos Jordanne était né. Les premières vignes plantées en 2000 dans la péninsule du Niagara.
En 2003, le Québécois Thomas Bachelder était engagé pour diriger les opérations vinicoles du Clos Jordanne. Les vins se sont rapidement attiré des critiques élogieuses pour leur style bourguignon, entre autres.
J’ai goûté au Chardonnay Village Reserve Le Clos Jordanne Niagara Peninsula 2008 (Code SAQ : 11254031, 30,50 $).
C’est un vin blanc moderne, c’est-à-dire avec des arômes de beurre et de crème. La bouche est crémeuse, complétée de notes de citron et de pâtisserie. Une belle acidité réunit le tout.
Thomas Bachelder a quitté le Clos Jordanne en 2010. Son second, Sébastien Jacquey, a pris la relève du domaine. Quant à Thomas Bachelder, il vient de lancer trois chardonnays de trois terroirs différents. J’aurai l’occasion de le rencontrer et de les goûter prochainement.



