Billets publiés en mars 2014

Le domaine Banfi à Montalcino. Photo : Consortium du vin de Brunello di Montalcino

Le domaine Banfi à Montalcino. Photo : Consortium du vin de Brunello di Montalcino

En Toscane, à près de 40 km de Sienne, se trouve la région de Montalcino, qui est riche de son vin prisé Brunello di Montalcino.

L’aire de production est petite, soit 240 km, « comme Singapour », a souligné Emilia Nardi du domaine Tenute Silvio Nardi. « C’est une petite région avec quatre points cardinaux qui marquent la composition des climats », a-t-elle expliqué lors de la visite annuelle du consortium du vin de Brunello di Montalcino.

Fait rare dans le monde du vin, tous les producteurs de la région sont membres du consortium qui a été créé en 1967 par le père d’Émilia Nardi et d’autres vignerons.

Du sangiovese
Le brunello (les locaux l’appellent « petit noir ») est en fait le nom local du sangiovese, le même cépage qui entre dans la composition du célèbre Chianti voisin.

Sur 24 000 hectares de territoire, la vigne y occupe 3500 hectares, dont 2100 pour le Brunello di Montalcino, qui est une appellation d’origine contrôlée garantie. Les vignes de l’appellation Rosso di Montalcino poussent sur 510 hectares, et celles de Moscadello di Montalcino (muscat) sur 50 hectares.

En tout, 208 producteurs et une cinquantaine de fermiers produisent 9 millions de bouteilles de vin par an à Montalcino, toutes appellations confondues.

La complexité de la culture en monocépage
Un peu comme le pinot noir de Bourgogne, les vins de Brunello di Montalcino sont produits en monocépage, « ce qui complique beaucoup notre travail », a fait remarquer Emilia Nardi. Lors des millésimes difficiles, les producteurs peuvent assembler les raisins des différents terroirs pour améliorer la qualité d’une saison difficile.

Par chance, le sangiovese s’adapte très bien aux sols. Et fait assez unique, le ministère italien de l’Agriculture reconnaît 89 variétés de sangiovese. « On en trouve même des variétés inconnues », a précisé Mme Nardi.

Des exportations de prestige
Chianti, Barbaresco, Barolo, Brunello di Montalcino, toutes ces appellations italiennes font d’habitude rêver l’amateur de vin éclairé.

Les exportations du vin de la région sont donc facilitées par un marché preneur. Elles totalisent 65 %, dont 5 % au Canada. Les États-Unis achètent 25 % de la production, suivis de l’Allemagne et de la Suisse.

La dégustation
Les cuvées 2009 des brunello ne sont pas encore en vente. Et bien sûr, les prix sont élevés…

brunello_argianoArgiano Rosso di Montalcino 2011
Code SAQ : 10252869
24,10 $
Le Rosso di Montalcino est un vin plus jeune que le Brunello di Montalcino, issu aussi de sangiovese. Les fruits rouges cuits, les épices, la fraise et la cerise noire donnent un excellent vin souple.

Argiano Brunello di Montalcino 2008
Code SAQ : 10252658
46 $
On perçoit immédiatement la complexité du cru par rapport au Rosso di Montalcino. Les fruits séchés, la cerise, la griotte, le thé vert et les épices sont au menu, dans une trame très acide et moyennement tannique.

Il Poggione Brunello di Montalcino DOCG 2009
Fondée en 1890, la Tenuta Il Poggione est un des plus gros producteurs de Montalcino avec 127 hectares. Grenat, ce vin sent les fruits séchés, les feuilles, la cerise concentrée, la terre et les épices. Dans le verre, il est très tannique, serré, coiffé de cerise concentrée, de griotte, de fumée, d’alcool, de feuille séchée, de thé vert et de cuir. Un vin puissant, jeune, tannique, serré qu’il faut attendre plusieurs années.

Tenuta Loacker Corte Pavone Brunello di Montalcino DOCG 2008
Le 15 août 2008, la grêle a endommagé le vignoble de Montalcino. « L’automne a commencé cette journée-là! », nous a raconté Francesco Marone Cinzano de la maison Col d’Orcia. La couleur de ce 2008 est plus soutenue que celle des vins de 2009. On y trouve des fruits rouges mûrs, de la fraise, du menthol, dans une acidité vive et moyennement tannique. Un très beau vin, très charmeur et très fin.

Poggio Alle Mura Banfi Brunello di Montalcino DOCG 2007
Code SAQ : 00701920
70 $
« 2007 a été une année merveilleuse», selon Émilia Nardi. « La maturité a été parfaite. » Après un nez discret, on goûte la griotte, la cerise, le thé vert, les noyaux de cerise noire, les épices et une touche de café. Très tannique, il affiche néanmoins une belle fraîcheur.

Poggio Al Vento Col d’Orcia Brunello di Montalcino DOCG 2006
La vanille, le bois, le thé noir et les épices marquent en premier lieu ce vin. La cerise noire, le chocolat, le champignon et le menthol apparaissent par la suite. Très bien.

Quelques vins sous la barre des 15 $

mardi 25 mars 2014 à 14 h 34 | | Pour me joindre

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vins_15dollarsRécemment, mon collègue Marc-André Gagnon de Vin Québec nous a fait remarquer une augmentation marquée du prix des vins à la SAQ.

La SAQ augmente ses prix… et ses profits
SAQ : moins de vin à prix abordable?

Il note que les vins à moins de 10 $ sont en forte baisse à la SAQ, mais pas ceux de 20 $ et plus.

En fin de semaine dernière, le quotidien La Presse rapportait une baisse des profits de la SAQ. La baisse, de 2,1 % par rapport au dernier trimestre de l’exercice précédent, survient malgré ces augmentations de prix.

La SAQ affirme que ces baisses sont dues au ralentissement des ventes en épicerie, et non dans ses succursales.

Les consommateurs commencent-ils à se lasser de ces augmentations de prix, ou est-ce dû à un ralentissement économique passager? Je ne sais pas, mais à force de goûter des dizaines de vins par semaine, je remarque une hausse généralisée du prix de vins qui, traditionnellement, brillaient par leurs rapports qualité-prix comme les vins du Portugal et de l’Espagne. Quant aux prix des Bourgognes et des Bordeaux, ils ne semblent pas diminuer malgré des millésimes récents de qualité moyenne.

Certains de ces vins impressionnent par leurs qualités organoleptiques, mais d’autres non, et leur prix plutôt élevé me fait m’interroger sérieusement.

Les petits prix
(J’ai reçu quelques précisions supplémentaires de la SAQ le mercredi 26 mars)
Dans une récente opération appelée Les petits prix, la SAQ met de l’avant 44 vins vendus sous la barre des 15 $. Sur SAQ.com, elle vend 552 bouteilles de 750 ml dont le prix se situe sous les 15 $, dans un parc total de 8011 bouteilles.

Mais en tout, la SAQ a offert au cours de l’année dans son catalogue « près de 700 vins sous la barre des 15 $ », m’a confirmé Linda Bouchard, la porte-parole de la SAQ. « Ce segment de prix représente plus de 57 % des ventes en volume de vins courants », complète-t-elle.

En proportion, les vins en vente à moins de 15 $ représentent près de 10 % selon la SAQ.

Notez bien que je ne compte pas les vins mousseux et les champagnes, seulement les vins blancs, rosés et rouges.

Voici une sélection de vins rouges que j’ai récemment goûtés qui se situent dans cette gamme de prix.

Vive la vie Grand chais de France 2012
Code SAQ : 12167211
9,95 $
Les vignes de grenache, de syrah et de marselan (un croisement créé en 1961 entre le cabernet-sauvignon et le grenache noir qu’on trouve surtout en Côte du Rhône et en Languedoc) proviennent des Costières de Nîmes, du Minervois et de Corbières. Rubis foncé violacé, on sent les notes chimiques, les fruits rouges et les fruits noirs. Et en effet, ces mêmes fruits (surtout le cassis et la prune) reviennent en bouche, accompagnés de café et de vanille. Moyennement acide et souple, ce vin contient tout de même une certaine dose de sucre, qui peut en lasser certains, mais soyons indulgents vu son prix compétitif.

Château Capendu Les jardins de Meyrac Vins de pays d’oc 2010
Code SAQ : 12167246
11 $
Un mélange à parts égales de merlot et de cabernet-sauvignon, ce vin de pays d’oc se présente sous une robe rubis à reflets grenat. Il embaume la violette, les épices, les fruits rouges transformés et l’olive. On goûte immédiatement le fruit (fraise, cassis), mais aussi le chocolat, la crème pâtissière, les épices et le poivron rouge. Il est très sec, sans aucun sucre résiduel pour arrondir les coins. Un excellent vin à ce prix.

Trevini Primo merlot/primitivo 2012
Code SAQ : 00643106
13,95 $
Les arômes chocolatés, la framboise, les fruits des champs, le bleuet, le cassis, poivron vert forment un véritable cocktail très tannique et très acide. En finale, les tannins assèchent un peu la bouche et on sent une légère influence du poivron vert.

Weingut Strehn Mittelburgenland Qualitatswein zweigelt 2011
Code SAQ : 00904441
14,25 $
Le cépage zweigelt est l’un des deux cépages rouges les plus plantés en Autriche. Ce croisement de blaufränkisch et de St. Laurent a été créé en 1922 par Fritz Zweigelt. Le résultat ici? Un vin léger et peu tannique qui rappelle le Beaujolais, avec des arômes floraux et poivrés. Très agréable.

Dino Illuminati Montepulciano d’Abruzzo Riparosso 2012
Code SAQ : 10669787
14,95 $
Code LCBO : 269985
14,10 $
Le nez discret (café, cerise) fait ensuite place en bouche à la cerise noire, à la griotte, au thé blanc, aux épices. Bien que l’acidité et les tannins soient élevés, le vin demeure assez souple, frais et fin.

Un cidre pour terminer
Les Vergers Lafrance Légende d’Automne

Code SAQ : 00883942
12,75 $
Les fruits de ce cidre fort proviennent du jus de 12 000 pommiers, auquel on ajoute 20 % de cidre de glace. Ce cidre est bien sucré, mais bien équilibré grâce à une acidité vive. On goûte les pommes rouges et les pommes jaunes, ainsi que des épices. Très bien.

Dégustation en primeur des blancs liquoreux de Sauternes 2011 avant les futures mises à prix. AFP Photo/Jean-Pierre Muller

Dégustation en primeur des blancs liquoreux de Sauternes 2011 avant les futures mises à prix. AFP Photo/Jean-Pierre Muller

En ce premier jour de printemps, un fait divers rapporté par le journal Sud Ouest à Bordeaux m’a fait sourire. Un client a tenté d’escroquer un hypermarché en remplaçant l’étiquette d’un vin en vente à 135 € par celle d’un vin qui se détaille 4 €. Je ne suis pas très habile en mathématiques, mais je vois la spectaculaire « économie » que ce client a tenté de réaliser aux dépens de l’hypermarché bordelais.

Le service de sécurité de l’hypermarché a arrêté l’escroc, qui a ensuite été confié aux soins de la police locale.

Au-delà de ce fait divers, le prix des vins fait souvent grincer des dents la plupart des consommateurs.

Certains d’entre eux poussent les hauts cris devant les prix affichés par les monopoles canadiens comme la SAQ et la LCBO. Le monopole de la SAQ est d’ailleurs régulièrement remis en question par des contribuables qui préféreraient un marché plus libre et ouvert à la concurrence.

Mais là n’est pas mon propos. Je veux plutôt attirer votre attention sur la hausse des prix des vins de Bourgogne et de Bordeaux en France (France 24 et Le Figaro en ont parlé). Les faibles récoltes du millésime 2013 se traduiront par des prix en hausse de 30 % pour les bourgognes, et de 20 % pour les bordeaux.

Le coupable : les conditions météo, qui ont été exécrables dans plusieurs régions de France en 2013, mais aussi en 2012; les prix des vins de ce millésime devraient également être en hausse de près de 20 %.

En France et en Europe en général, le vin est beaucoup plus abordable que dans notre chère Amérique. C’est bien sûr normal, puisque les traditions et le marché vinicoles y sont établis depuis fort longtemps.

Mais cette hausse risque de faire grimacer des consommateurs habitués à payer leur pinard à un prix juste. Alors, mes chers amis, consolez-vous : nous ne serons plus les seuls à nous plaindre du prix des vins!

fontanario_de_PegoesDeux blancs
Côté Tariquet 2012

Code SAQ : 00561316
19,35 $
Ce vin français populaire au Québec m’a marqué par son équilibre. Du citron confit, de la lime, de l’abricot, un chouïa de sucre et une pointe de fumée baignent dans une trame moyennement acide.

Foxglove chardonnay Central Coast 2011
Code SAQ : 11900928
22,70 $
Ce chardonnay californien déploie d’intenses odeurs de beurre, de caramel, de vanille et de fruits tropicaux. Ces particularités de vin du Nouveau Monde se confirment en bouche : beurre, caramel, bois, vanille, crème, fruits tropicaux, groseille, pêche, citron confit, épices et acidité moyenne. Un vin assez bien fait, mais il souffre d’une légère chaleur alcoolique.

Trois rouges
Fontanário de Pegões Adega de Santo Isidro de Pegões Palmela 2011

Code SAQ : 10432376
13,80 $
Le nez, très aromatique, dégage des notes chimiques, des fruits noirs et de la vanille après l’aération. En bouche, ce vin est très mûr, avec d’intenses saveurs de cassis. Le café, des épices, le champignon et des arômes de poivron vert entrent ensuite en scène, mais de manière plus modérée. Le cépage castelão donne un vin intéressant et à bon prix.

Rutini cabernet-sauvignon/malbec
Code SAQ : 11769317
18,30 $
La famille argentine Rutini, qui est de descendance italienne, est célèbre grâce à son Trumpeter. Cette cuvée plus chère que la gamme Trumpeter s’annonce corsée avec sa couleur rubis foncé et ses odeurs de prune et de bleuet. Les arômes typiques du cabernet-sauvignon et du malbec, épices, bleuets, cassis, champignons, fumée, arômes végétaux, vanille et eucalyptus entrent ensuite en jeu. Un très bon vin bien moelleux avec une acidité et des tannins modérés.

Azienda Agricola COS Cerasuolo di Vittoria 2010
Code SAQ : 11577391
36,25 $
Les trois amis vignerons Giambattista Cilia, Guisto Occhipinti et Pinuccia Strano (ce qui forme l’acronyme COS) ont fondé cette cave en 1980. Le nero d’avola (60 %) et le frappato (40 %), des cépages très plantés en Sicile, forment un vin aux flaveurs animales, de cerise noire confite, de kirsch, de griottes, de plants de tomate et de thym. Ces arômes provençaux appellent le gigot d’agneau.

Des vins de la péninsule ibérique

mardi 18 mars 2014 à 15 h 24 | | Pour me joindre

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La cueillette du cépage albarino en Espagne. Photo : AFP Photo/Miguel Riopa

La cueillette du cépage albarino en Espagne. Photo : AFP Photo/Miguel Riopa

Comprenant l’Espagne et le Portugal, la péninsule ibérique reste un terroir exceptionnel pour la production de vins de qualité supérieure.

Les vins de Porto, au Portugal, et ceux de la Rioja, en Espagne, n’ont plus à faire leurs preuves.

Au Québec, en matière de ventes, les vins de la péninsule ibérique font toutefois moins belle figure que les vins français, italiens et californiens.

Pour la première fois en 25 ans, la SAQ lance une opération de vente sur des vins espagnols et portugais. Le prochain Courrier vinicole portera donc sur la péninsule ibérique avec 88 vins, dont 67 espagnols et 21 portugais.

La presse spécialisée a goûté un échantillonnage de ces vins. En voici quelques-uns.

raventosLes blancs
Raventós I Blanc Manuel Raventós gran reserva personal Conca del Riu Anoia 2007

Code SAQ : 12159123
69 $
À la fin de 2012, le producteur Raventós I Blanc a quitté l’appellation Cava pour adhérer à l’appellation régionale espagnole Conca del Riu Anoia, afin de mieux respecter ses traditions vinicoles. Les cépages autochtones parellada et xarello (les mêmes que le cava) produisent un mousseux citronné avec de la lime, des champignons et une vive acidité. Très bien, mais malheureusement trop cher.

Quinta do Vallado branco reserva Douro 2011
Code SAQ : 12146103
33 $
Les cépages portugais gouveio (50 %), arinto (35 %), rabigato (10 %) et viosinho (5 %) donnent un vin léger avec de délicats arômes de citron, d’herbes douces et de zeste de citron. Excellent.

Bodega Viña Nora Nora da Neve Rias Baixas 2009
Code SAQ : 12147317
33 $
Ce vin espagnol tiré de l’albarino goûte la crème, la vanille, la banane, le citron et la lime. On sent l’influence du bois en fin de bouche. Très bien dans le genre.

Clos Mogador Nelin Priorat 2011
65 $
Avec son Clos Mogador, le vigneron espagnol d’origine française René Barbier s’est hissé parmi les meilleurs de sa profession. Issu des cépages maccabeu, pinot noir et grenache blanc, son Nelin 2011 est certes un peu chaud (l’alcool), mais des épices, de la vanille, du citron confit et de beaux amers lui confèrent une belle complexité.

Les rouges
Solanes Cims de Porrera Priorat DOCa 2007

Code SAQ : 10358604
35 $
Formé de carignan (45 %), de grenache (30 %), de cabernet-sauvignon (15 %), de syrah (5 %) et de merlot (5 %), ce vin espagnol tire sur le tabac noir, les épices, le cassis et le champignon. Il est très tannique, d’un bloc et très acide. Très bien, mais attendez-le quelques années.

solanes_cimsVinas de Gain Artadi Rioja 2010
Code SAQ : 12154656
35 $
Timide en début de bouche, ce vin de la Rioja (100 % tempranillo) engendre des arômes de poivre, de cassis, de fraise, de café, de grains de café et de prune. Très bien.

Dosteras Montsant 2010
Code SAQ : 12159326
36 $
Le grenache offre ici des arômes de cassis, de poivron rouge, de cerise noire et de thé blanc. Une belle acidité et des tannins souples annoncent une longue finale. Excellent.

OmLet Niepoort Douro 2010
Code SAQ : 12146154
51 $
La production de ce vin est un partenariat entre le Portugais Dirk Niepoort et l’Espagnol Telmo Rodriguez (OmLet, c’est Telmo à l’envers). Les cépages portugais souzao, tinta roriz et touriga francesa composent l’encépagement du vin. Les fruits rouges, le bleuet, le cassis, le plant de tomate donnent un vin passablement tannique, mais je m’attendais à un peu plus de complexité dans ce vin.

Mauro vino de la tierra de Castilla y Leon 2010
Code SAQ : 12140705
52 $
Un vin de tempranillo qui est souple avec des fruits rouges et noirs comme le cassis et la fraise. Du tabac, ainsi que des épices et des herbes de Provence, surtout le thym, teintent ce vin élégant et bien présent en bouche.

Bodegas Estefania Tilenus Pieros Bierzo 2003
Code SAQ : 12144634
59 $
Selon certains scientifiques, le cépage mencia s’approche du cabernet franc. Ici, après des arômes de viande, il développe des saveurs de cigare, de tabac noir, de fruits noirs, de cassis, de boîte à épices, de pâtisserie et de fumée. La trame est très tannique et très acide. C’est donc un excellent vin jeune, complexe et de garde.

Georges Duboeuf | Photo : Radio-Canada/Ronald Georges

Georges Duboeuf | Photo : Radio-Canada/Ronald Georges

À presque 81 ans, Georges Duboeuf n’est plus tout à fait jeune, mais il contrôle encore la destinée du géant vinicole qu’il a fondé, bien que son fils Franck en est le directeur général.

Depuis près de 40 ans, ses vins sont distribués au Canada et il nous rend visite régulièrement. Cela faisait quatre ans qu’il n’était pas venu au Québec.

Georges Duboeuf est fidèle en affaires. Ses vins sont représentés au Canada depuis près de 40 ans par la même agence, soit les Vins Philippe Dandurand. Le négociant a fait connaître ses vins lors d’Expo 67 à Montréal.

Les vins de ce négociant sont connus partout dans le monde. Il achète les raisins de 400 vignerons, qu’il considère comme ses partenaires d’affaires.

Le nom Georges Duboeuf est même devenu une marque; certaines personnes croient même que Georges Duboeuf n’existe pas ou qu’il s’agit d’un ancêtre lointain de la famille, comme cela arrive parfois avec des marques de vin.

Je suis persuadé que tout Québécois qui consomme du vin a bu au moins une fois dans sa vie une bouteille de Georges Duboeuf. Le Québec représente d’ailleurs plus de 75 % du marché canadien (l’Ontario et la Colombie-Britannique, 21 %, le reste du Canada, 4 %).

La bouteille élancée de son Brouilly et de son Côte de Brouilly a fait sa renommée puisqu’elle se démarque des bouteilles bordelaises et bourguignonnes qui constituent la norme.

Un aperçu des récents millésimes du Beaujolais
Même si ses 80 ans lui donnent une apparence frêle, Georges Duboeuf n’a rien perdu de sa capacité d’analyse, en vieux négociant professionnel qu’il est depuis plus de 50 ans. Nous lui avons donc demandé d’analyser les cinq derniers millésimes du Beaujolais.

2009
« Après des millésimes excellents, 2009 a été le meilleur millésime de ma vie. Pour la qualité, il y avait une richesse en anthocyanes et un équilibre parfait. »

2010
« Un très bon millésime très typé. »

2011
« Un millésime proche de 2009. Il y avait une très belle maturité, et c’était un millésime facile à vinifier. »

2012
« Nous avons reçu 20 orages de grêle, dont les 4 et 5 août, la veille des vendanges! La récolte a donc été petite, mais 2012 nous donne des choses qui sont bonnes. On a pu assembler les différents villages. Ce millésime vieillira moins bien que 2011 par contre. »

2013
« Nous avons vendangé de petites récoltes puisqu’il y a eu un coup de froid et de la pluie; les raisins sont donc petits, sauf à Brouilly et peut-être à Morgon. On a un déficit de production qui est inquiétant, surtout dans le Beaujolais. Tout le monde a fait de petits rendements. »

duboeuf_brouillyLa dégustation
Georges Duboeuf Beaujolais rosé 2013

19,95 $
En vente bientôt à la SAQ dépôt seulement
Discrètement, il titille le nez avec des arômes de cerise et de fraise. Il s’impose en bouche avec ces mêmes arômes ainsi que des herbes fraîches et des petits fruits rouges acidulés croquants. C’est un vin rosé léger, très agréable et pas sucré (merci!) comme bon nombre de ses frères le sont. Par contre, je le trouve un peu cher.

Georges Duboeuf Fun chardonnay réserve vin de pays d’Oc 2012
Code SAQ : 11675994
16 $
Les vins Georges Duboeuf produisent aussi du vin en dehors du Beaujolais, dans ce cas-ci dans le Languedoc-Roussillon. Les arômes typiques du chardonnay (poire, citron, fleurs blanches) sont appuyés par des fruits blancs, du sel et du citron confit en fin de bouche. La vinification en cuves d’acier inoxydable et le vieillissement partiel en barriques lui procurent un bel équilibre.

Georges Duboeuf Pouilly-Fuissé Clos Reyssié 2011
Code SAQ : 12184847
27,30 $
En Bourgogne, l’appellation Pouilly-Fuissé est située dans le Mâconnais. Les vignerons ne peuvent y produire que du vin blanc tiré de chardonnay. Les fleurs blanches et les agrumes ressortent du verre. La bouche est plus complexe avec ses arômes de vanille, de beurre, de noix, d’amande et de citron confit. Excellente acidité vive.

Georges Duboeuf Brouilly 2012
Code SAQ : 00070540
19,80 $
Code LCBO : 213934
17,95 $
Le nez charme avec ses odeurs de fraise, de cerise et de framboise. Le vin demeure dans ce registre aromatique; du poivre, de la griotte et de la betterave complètent ce vin qui demeure simple.

Georges Duboeuf Jean Descombes Morgon 2011
Code SAQ : 00856898
19,30 $
Code LCBO Vintages : 946186
17,95 $
La betterave, les fruits rouges et noirs, la framboise, le bois, les épices et la fumée structurent ce morgon souple. Bien fait, mais il n’y en a pas beaucoup à la SAQ.

Georges Duboeuf Côtes-du-Rhône réserve 2011
16,45 $
En vente bientôt.
Le grenache (60 %) et la syrah (40 %) donnent un vin bien épicé serti de cerise, de framboise et de tabac. Il s’agit d’un très bon rapport qualité-prix.

Un vin russe de type porto

mardi 11 mars 2014 à 13 h 15 | | Pour me joindre

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Des bouteilles de vin dans l’usine de Wines and Beverages of Abkhazia. | AFP Photo : Ibragim Chkadua

Des bouteilles de vin dans l’usine de Wines and Beverages of Abkhazia. | AFP Photo : Ibragim Chkadua

Près d’une semaine après les Jeux olympiques de Sotchi, un collègue (merci Robert!) m’a rapporté une bouteille de vin russe.

Notez qu’aucun vin russe ne figure dans le catalogue de la SAQ ni à la LCBO. Par contre, la société d’État ontarienne offre cinq vins de l’Ukraine, qui fait la une de l’actualité internationale depuis quelques semaines : un vin mousseux rouge demi-doux, un vin rouge, deux muscats, dont un rosé, et un vin de dessert rouge. Quatre d’entre eux proviennent de la région de Massandra en Crimée.

Selon L’atlas mondial du vin de Hugh Johnson et de Jancis Robinson, la Moldavie et l’Ukraine sont les régions les plus propices à la culture de la vigne, qui y pousse depuis plusieurs siècles avant Jésus-Christ. Certains des cépages de ces régions ont au moins 500 ans.

La bouteille que j’ai reçue provient de l’Abkhazie, une république autonome (autoproclamée en 1992) de la Géorgie.

Tiré du cépage isabelle (un croisement entre un vitis labrusca et un vitis vinifera), c’est un vin demi-doux qui affiche 140 g de sucre et 16 % d’alcool par volume. Les 600 hectares du vignoble sont situés près de la rivière Gumista.

russie_abkhazie_1Le Bouquet of Abkhazia est orange tuilé. Très aromatique, il sent les fruits séchés sucrés, le kirsch, la cerise au marasquin et le café. En bouche, par contre, ça se gâte sérieusement. Le vin, sucré, manque d’acidité. La confiture de fraise, des notes chimiques, de café, de fruits séchés complètent la palette aromatique, mais le manque de fraîcheur due à la faible acidité rend le vin lourd. De plus, les tannins n’affichent pas une belle qualité. J’ai vraiment l’impression que la vinification s’est déroulée de manière incomplète ou imprécise avant l’ajout de l’alcool neutre (le mutage).

Je l’ai fait déguster à l’aveugle à mes collègues. Beaucoup d’entre eux ont reconnu la couleur d’un vin fortifié de type porto. À une exception près, personne ne l’a réellement apprécié.

« Le goût géorgien se porte aussi sur un haut niveau de sucres résiduels, dans les rouges comme dans les blancs », ai-je trouvé dans Le Petit Larousse des vins… Je confirme.

De plus, le producteur conseille de le servir à 18-20 °C. J’ai préféré le servir bien frais, à 10-12 °C, pour tenter de masquer le manque de fraîcheur.

Le régime soviétique et la politique antialcool de Mikhail Gorbachev au cours des années 90 ont sérieusement compromis la production de vin de qualité en Russie. Depuis une dizaine d’années, des producteurs passionnés reprennent les rênes de leur terroir, et quelques producteurs de vin occidentaux s’intéressent à l’industrie du vin russe. Sommes-nous en présence d’un autre terroir à surveiller au cours des prochaines années?

Tiens, en parlant de porto…
Graham’s Late Bottled Vintage

Code SAQ : 00191239
19,95 $
Code LCBO : 191239
16,95 $
Ce porto sent le chocolat au lait, le raisin sec et le café au lait. Le chocolat, les épices, le raisin de Corinthe, le pruneau et le sucre accompagnent des tannins élevés et une acidité moyenne. C’est un excellent porto de moyenne gamme.