Blogue de Ronald Georges

Le beaujolais nouveau survit

Jeudi 15 novembre 2012 à 11 h 35 | | Pour me joindre

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© Radio-Canada/Ronald Georges

Depuis le 13 novembre 1951, soit depuis 61 ans, les vins nouveaux du Beaujolais envahissent les marchés, de la France au Canada en passant par le Japon et les États-Unis. Explication de ce phénomène mondial qui a lieu chaque troisième jeudi de novembre.

Le vin nouveau (ou vin primeur) est commercialisé l’année même des vendanges et on le boit rapidement. La macération carbonique (on fait vinifier la grappe entière) propre à la majorité des beaujolais est encore plus accélérée grâce à l’ajout de levures synthétiques. Celles-ci mangent rapidement les sucres des raisins et donnent le goût de banane caractéristique au beaujolais nouveau.

Dans les faits, le Beaujolais déverse chez les marchands près de 450 000 hectolitres de vin nouveau. Les Asiatiques sont friands de ce vin à peine fermenté puisqu’ils en consomment la moitié. Et ô ironie, ils le boivent avant les Français à cause du décalage horaire.


Regardez un reportage de la télévision française sur le Beaujolais nouveau.


Est-ce que moi j’aime le beaujolais nouveau? N’oui… Je suis plutôt accro aux 10 crus du Beaujolais, les morgons, Fleurie et leurs autres amis. Dans tous ces cas, le cépage gamay offre une étonnante complexité.

Cette année, la fête est assombrie par la faible récolte, qui est en baisse de 30 % par rapport à 2011. Les coupables? Le gel, la grêle et la pluie. Près de 800 viticulteurs ont demandé une aide financière de l’État; certains d’entre eux devront déclarer faillite.


Ailleurs qu’en Beaujolais
Le vin nouveau est aussi produit dans d’autres régions de France, du Rhône au Roussillon en passant par l’Anjou. Des producteurs de Touraine en font (avec le même cépage qu’en Beaujolais, le gamay), mais la production est en baisse constante depuis 2007.

Soulignons aussi le vino novello italien, celui de Napa aux États-Unis et le vino joven espagnol.

Écoutez la capsule de l’émission À rebours « Le beaujolais nouveau est arrivé ».


Cette année au Québec
La SAQ commercialise un vino novello et trois beaujolais nouveaux, ce qui représente 3600 caisses. Oui, la demande est nettement moins forte que durant les années 1990 et 2000. « On essaie d’évaluer l’évolution de la consommation des Québécois, déclare Linda Bouchard, responsable des relations de presse à la SAQ. En 1975, on avait 200 caisses de la première année de l’opération au Québec. En 2000, c’était 48 000 caisses de 14 produits, dont 14 000 caisses qui se sont écoulées la première journée. »

La SAQ n’a pas mis une croix sur le beaujolais nouveau, mais elle s’ajuste au goût des palais québécois. Notamment en offrant cette année 400 caisses du beaujolais nouveau de Jean-Paul Brun, un producteur réputé pour ses crus. En plus, le nom de la cuvée, L’ancien, constitue un beau clin au beaujolais nouveau!


La dégustation (les vins étaient servis à 14 °C)
Beaujolais nouveau Georges Duboeuf 2012
Code SAQ : 10 704 221
16,95 $
Le nez classique de banane et de bonbon à la framboise apporte une bouche peu tannique, souple, avec des arômes de banane et de bonbons à la fraise en finale. Assez bon.

Beaujolais nouveau Mommessin 2012
Code SAQ : 10 704 247
15,95 $
Lui aussi marqué par la banane, à laquelle s’ajoutent des fruits frais au nez, ce vin est un peu tannique, avec des arômes de fraise, de fruits confits et de framboise sucrée. Pas très intéressant en fin de compte.

Domaine des Terres dorées Jean-Paul Brun Beaujolais nouveau 2012
Code SAQ : 11 923 994
16,95 $
Le nez de fraise est discret. En bouche, c’est un beaujolais moyennement tannique qui pique un peu la bouche. En finale, les arômes de fraises sont accentués par les tannins. Un beaujolais nouveau qui a plus de corps que les autres.

Sangiovese novello Botter Rubicone IGT 2012
10,95 $
Ce vino novello italien était légèrement plus foncé que les beaujolais (le cépage sangiovese certainement). Au nez de fruits sucrés suit une bouche de fraise et de bonbon à la fraise. Un très bon rapport qualité-prix!

Vous aurez remarqué que mes descriptions font ressortir l’absence de complexité de ces vins. Rien n’a changé : le vin nouveau est fait pour être bu rapidement, dans un esprit de fête, de convivialité, autour de plats simples (entrées, charcuteries, sandwichs) et en bonne compagnie.


Le goût de banane et de bonbon, très peu pour vous, ou bien le beaujolais nouveau vous satisfait entièrement? Exprimez-vous sur la question! Aimez-vous ou détestez-vous le vin nouveau?


(Sources : Agence France-Presse, La Nouvelle République, LeFigaro.fr)



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