Billets publiés en novembre 2012

Millésime a un an

Vendredi 30 novembre 2012 à 13 h 37 | | Pour me joindre

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© iStockphoto/ Nikola Bilic

Il y exactement un an, je publiais mon premier texte sur Millésime, le blogue vin de Radio-Canada.

Depuis, deux fois par semaine, je vous parle des vins que je déguste, des producteurs que je rencontre et de bien des sujets liés à cet univers.

En retournant sur mes pas, j’ai remarqué que vous avez apprécié mes articles sur les recettes (merci à Bob le Chef, dont vous avez beaucoup aimé la recette de bœuf bourguignon), les suggestions de vins, ainsi que les différents producteurs, pays et appellations que je mets en vedette.

Chaque jour, c’est un privilège et une passion de vous informer, de lire vos commentaires et de regarder de près vos suggestions.

Chaque semaine, surtout durant l’automne, j’assiste à des dégustations où le nombre de bouteilles est parfois affolant. Ma dégustation la plus folle? Goûter 40 vins (des syrahs) en à peine deux heures!

Merci aussi à ceux qui me suivent sur Twitter. Vous êtes près de 860 à échanger avec moi sur le monde du vin et, parfois, de la gastronomie.

Surveillez le blogue lundi. Je vous offre un calendrier de l’avent du vin. Tous les jours, soit du 3 au 20 décembre, je vous propose un vin, des suggestions pour vos achats des Fêtes. Venez aussi sur le blogue les week-ends, je serai encore plus généreux avec des propositions par thème.

Parallèlement à ce calendrier, vous pourrez participer à un concours. Le tirage des deux prix aura lieu le vendredi 21 décembre.


Le vin de la semaine
Tommasi Palanca Rosso Delle Venezie i.g.t 2010

Code SAQ : 11770756
18,60 $
Au Québec, les vins de la famille Tommasi se passent de présentation. Ce vin provient de la région de Valpolicella Classico, mais sans en détenir l’appellation. Cependant, deux des cépages du Valpolicella entrent dans son élaboration, le corvina et le rondinella; l’oseleta complète l’encépagement. La robe est rouge foncé, d’une couleur bien appuyée. Après un nez de fruits transformés et de grillé, vous aurez en bouche des fraises, des mûres, des cerises, des fleurs séchées, du thé vert et une finale de fraises mûres compotées. Assurément délicieux avec la pizza à la viande et la lasagne.

Chocolat et vin : accords surprenants

Mardi 27 novembre 2012 à 15 h 04 | | Pour me joindre

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Le chocolatier Yves Bonneau devant sa boutique.

Chocolatier en France depuis près de 25 ans, Yves Bonneau a traversé l’Atlantique avec sa conjointe depuis un peu plus d’un an. Il a depuis ouvert sa chocolaterie à Montréal, dans le quartier Ahuntsic.

En France, ses accords audacieux entre le chocolat et le vin ont fait sa renommée. Il les propose cette saison à sa nouvelle clientèle québécoise.

Étonné de la proposition, je suis allé tester dans sa boutique ces accords singuliers, très loin des sempiternelles unions entre le porto et le chocolat, parce qu’Yves Bonneau ne propose pas d’emblée d’accords avec des vins sucrés.

Le chocolatier estime que ces accords peuvent s’insérer au cours d’un repas. Les bouchées de chocolat sont petites, de 8 à 10 grammes, ce qui n’alourdit pas l’estomac. Il suffit de garder une ou deux gorgées du ou des vins que vous buvez avec vos mets.

Fabriqués avec du chocolat Valrhona à 70 % de cacao, les chocolats sont offerts dans un petit coffret qui contient 12 chocolats pour 4 personnes, soit 1 chocolat pour 3 vins différents. Yves Bonneau suggère en général des vins de 20 à 25 $.


La dégustation
Yves Bonneau conseille de prendre une bouchée de chocolat et de le laisser fondre un peu. Ensuite, croquez-le, laissez le chocolat se répandre dans votre palais et, enfin, prenez une gorgée de vin.


Le blanc, l’huile d’olive
Un chocolat blanc à l’huile d’olive enrobé de chocolat noir servi avec un pouilly-fumé.
En croquant le chocolat avec le vin, on goûte l’huile d’olive qui enlève les arômes herbacés du sauvignon blanc. L’accord est étonnant et pas sucré. En finale, on goûte le café.
Henri Bourgeois En Travertin Pouilly-Fumé 2011
Code SAQ : 00412312
26,25 $
On peut aussi marier ce chocolat avec un barbaresco italien.

Un verre de pouilly-fumé avec des chocolats. | © Radio-Canada/Ronald Georges


Le blanc, le citron
Chocolat au citron avec le même pouilly-fumé.
Ici, le mélange est plus égal. On goûte le citron du chocolat et celui du sauvignon blanc.


Le chinon, le poivron et la framboise
Un chocolat avec une ganache au poivron rouge et à la framboise servi avec un chinon de la Loire.
Un accord spectaculaire. Une explosion commune d’épices, de plants de tomates (le cabernet franc du chinon) et une finale terreuse.
Expression Alain Lorieux Chinon 2009
Code SAQ : 00873257
17,70 $
Une syrah fera aussi l’affaire avec ce chocolat.

Le chocolat au poivron rouge et à la framboise avec un chinon. | © Radio-Canada/Ronald Georges


Le chinon, la framboise
Un chocolat avec une ganache à la framboise servi avec le même vin que précédemment.
Dans ce cas, la framboise du chocolat est encore plus marquée.


Le médoc, la truffe
Un chocolat à la truffe du Périgord servi avec un bordeaux du Médoc.
Le mélange de chocolat et de vin résulte en des saveurs animales, fumées, terreuses et de champignons. Les tannins du vin s’effacent. C’est long. En finale, les olives noires du vin ressortent. Un accord particulier et très réussi!
Château Les Ormes Sorbet médoc cru bourgeois 2006
Code SAQ : 10344528
33,25 $
Les vins des Côtes du Rhône et de Châteauneuf du Pape sont aussi de bons candidats à cet accord.

Un chocolat à la truffe avec un bordeaux. | © Radio-Canada/Ronald Georges

Enfin, Yves Bonneau propose un accord entre le vin mousseux et le champagne avec du chocolat au fruit de la passion.

J’étais un peu sceptique quant à ce voyage gustatif entre le chocolat et le vin pendant le repas. Mais les chocolats sont peu sucrés et on ne change pas le vin au cours du repas. Par contre, Yves Bonneau offrira sous peu des coffrets de chocolat pour des accords avant et après les repas. Le monde des accords vin et chocolat deviendra donc encore plus varié.

Le navarin d’agneau de Bob le Chef

Jeudi 22 novembre 2012 à 11 h 14 | | Pour me joindre

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© Daniel Mathieu

Dans ce plat connu, les navets sont indispensables, puisque le mot « navarin » provient du nom de ce légume. Bob le Chef vous encourage donc à faire le plein de vitamines (les légumes) et de protéines (la viande) en vue de l’hiver qui arrive dans quelques semaines.


Pour 4 personnes
1 lb (454 g) de cubes d’agneau
½ tasse (125 ml) de farine
2 cuillères à soupe (30 ml) d’huile végétale
1 cuillère à soupe (15 ml) de beurre
2 ½ tasses (625 ml) de bouillon de volaille ou d’eau
1 cuillère à soupe (15 ml) de pâte de tomate
1 oignon espagnol coupé en petits dés
2 tasses (500 ml) de navets coupés en gros dés
2 tasses (500 ml) de carottes coupées en demi-rondelles
2 tasses (500 ml) de pommes de terre coupées en demi-rondelles
1 tasse (250 ml) de pois verts frais ou congelés
Sel et poivre au goût




Préparation
Fariner la viande.
La saisir dans un chaudron à feu fort avec l’huile et le beurre.
Mouiller avec le bouillon de volaille.
Quand le bouillon commence à bouillir, baisser le feu à moyen, ajouter la pâte de tomate et laisser mijoter à couvert.
Au bout de 30 minutes, ajouter l’oignon, les navets, les carottes et les pommes de terre.
Remettre le couvercle et poursuivre la cuisson encore 30 minutes.
Ajouter les pois verts et laisser cuire sans couvercle environ 3 minutes.
Assaisonner de sel et de poivre.
Servir.


L’accord vin
Pour ce plat mijoté, le vin rouge est une obligation. Il épousera parfaitement les contours de la viande et des légumes mijotés. Mais soyons raisonnables et déraisonnables avec deux vins pour deux bourses différentes.
Château Cailleteau Bergeron Premières Côtes de Blaye 2009
Code SAQ : 00919373
17,55 $
Un vin de Bordeaux suffisamment boisé avec des fruits frais et une grande acidité. La longueur en bouche est impressionnante pour un vin de ce prix.


Savigny-lès-Beaune Antonin Rodet 2009
Code SAQ : 10376386
28,50 $
Un bourgogne concentré où les fruits rouges frais accompagnent des saveurs légèrement boisées.

Le champagne, millésimé ou non?

Mardi 20 novembre 2012 à 16 h 21 | | Pour me joindre

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Un ouvrier remplit le pressoir de grappes de pinot noir du millésime 2012. | AFP Photo/François Nascimbeni

Lors de l’achat de votre plus récente bouteille de champagne, vous aurez peut-être remarqué l’absence de l’année, le millésime, sur la bouteille. Eh oui, la majorité des champagnes que nous buvons sont non millésimés. Ils sont le résultat de l’assemblage d’au moins deux années de récoltes. Plus précisément, c’est grâce à cette méthode que les maisons champenoises réussissent à créer des vins au goût uniforme année après année.

Ainsi, le champagne que vous allez acheter pour célébrer la fin de l’année peut contenir de 5 à 10 % de vins de l’année précédente, de 40 à 50 % de vins de 6 à 7 ans et même jusqu’à 15 ans pour certains. Il faudrait vérifier ces informations auprès de chaque producteur, mais en général, les maîtres de chai sont jaloux de leur recette!

Notez bien qu’il est tout à fait légal de vendre un champagne non millésimé, mais dont les raisins sont issus d’une seule année de récolte.

Mais est-ce les champagnes millésimés (100 % de la récolte de l’année) existent? La réponse est oui, depuis 1870. Est-ce qu’ils sont plus chers que les non millésimés? La plupart du temps, oui. À la SAQ, le champagne millésimé le moins cher, celui de Paul Goerg, se détaille à 53,25 $. Mais en général, ajoutez au moins une trentaine de dollars de plus pour vous procurer un champagne millésimé.

Et quel avantage le champagne millésimé a-t-il? Son potentiel de garde est plus grand, car souvent, son acidité est très élevée. Il faut alors qu’il se repose en cave quelques années. De plus, le champagne millésimé accompagne nombre de plats (poissons, viandes) et de fromages.

Enfin, toutes les marques de champagne élaborent des cuvées de prestige, ce qui fausse un peu les données dans la comparaison entre les millésimés et les non millésimés. Les maîtres de chai ont encore ici une occasion d’exercer la pleine mesure de leur talent.


Un producteur à surveiller
J’ai récemment goûté au Champagne Tarlant zéro brut nature rosé. Ce domaine de 14 hectares produit 40 000 bouteilles de champagne. Cette bouteille était très acide avec des arômes de fraises croquantes et de biscuit. Il était tannique en fin de bouche. Patience : la cuvée brut nature devrait sortir en janvier à la SAQ.

Le vin dans la littérature

Vendredi 16 novembre 2012 à 15 h 04 | | Pour me joindre

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© iStockphoto/Arne Thaysen

C’est le Salon du livre de Montréal et l’occasion est belle pour discuter non pas des nombreux guides du vin qui paraissent ces jours-ci, mais plutôt de la présence du vin dans la littérature. Voici quelques beaux exemples en la matière.

Le xérès
J’étais adolescent lorsque j’ai lu les nouvelles d’Edgar Alan Poe la première fois. Un titre m’avait alors intrigué : La barrique d’amontillado. Barrique de quoi? me suis-je dit en me jetant sur mon dictionnaire. Ah, du xérès? OK, il s’agit d’un vin espagnol, et l’amontillado est un style de xérès.

Dans cette nouvelle, le protagoniste entraîne sa victime dans une cave à vin pour lui faire goûter un amontillado. En chemin, il en profite pour lui faire déguster autre chose aussi, un bordeaux :
« Je cassai un flacon de vin de Graves, et je lui tendis. Il le vida d’un trait. Ses yeux brillèrent d’un feu ardent. Il se mit à rire, et jeta la bouteille en l’air avec un geste que je ne pus pas comprendre. »

Et à propos du xérès :
« Soit, dis-je, en replaçant l’outil sous ma roquelaure, et lui offrant de nouveau mon bras. Il s’appuya lourdement dessus. Nous continuâmes notre route à la recherche de l’amontillado. »


Le champagne
Les références au champagne sont nombreuses dans les romans qui mettent en vedette le célèbre cambrioleur Arsène Lupin. J’imagine que l’auteur Maurice Leblanc aimait bien les bulles :
« Pendant la nuit, et tandis que les trois détectives veillaient en bas, ou plutôt qu’ils dormaient, car le colonel Sparmiento leur avait fait boire du champagne peut-être pas très catholique, ledit colonel a décroché les tapisseries et les a fait passer par les fenêtres de sa chambre (…) »


Le sauternes
Le père de San Antonio, Frédéric Dard, n’a que des mots dithyrambiques pour le plus grand des sauternes, Yquem :
« Guitry disait qu’après du Mozart le silence qui succédait était encore du Mozart. Après une gorgée d’Yquem, les instants qui suivent sont toujours d’Yquem. »


Un bourgogne
Dans Romanée-Conti 1935, l’auteur japonais Kaiko Takeshi raconte la dégustation d’une vieille bouteille de bourgogne par deux amis :
« Une extrême tension apparut sur le visage du serveur. La main s’empara de la bouteille avec fermeté mais en préservant avec le panier un interstice de l’épaisseur d’une feuille de papier. Le goulot se glissa auprès du verre avec la prudence du chat. La bouteille n’allait-elle pas être agitée, le vin troublé, la lie soulevée – pendant tout le temps où le vin était versé, le romancier retint son souffle. Le serveur remplit les deux verres avec douceur, lenteur, en plusieurs fois, et à l’instant où il eût terminé, on l’entendit pousser un petit soupir. C’était fini. La première partie de la cérémonie s’était déroulée sans encombre, la dernière goutte avait été rentrée dans la bouteille sans couler, la lie ne s’était pas non plus échappée. Par-delà les deux verres remplis d’Histoire, les deux hommes échangèrent un regard éperdu avant de se sourire. [...]
Il y avait là, une nouvelle fois, un fruit ayant accompli sa métamorphose. »


Un bordeaux
L’humoriste Pierre Desproges a réuni dans un recueil ses chroniques radiophoniques d’humeur. Dans une de celles-ci, L’aquaphile, il me rend jaloux avec un bordeaux de grande classe :
« Je l’emmenai donc déjeuner dans l’antre bordelais d’un truculent saucier qui ne sert que six tables, au fond d’une impasse endormie du XVe où j’ai mes habitudes. J’avais commandé un Figeac 71, mon Saint-Émilion préféré. Introuvable. Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Éclatant en orgasme au soleil. Plus long en bouche qu’un final de Verdi. Un si grand vin que Dieu existe à sa seule vue. »


La Loire et la Bourgogne
L’épicurienne Chrystine Brouillet, qui a coécrit avec le sommelier Guénaël Revel un livre sur le champagne, ponctue régulièrement ses romans policiers de références vinicoles. Dans C’est pour mieux t’aimer, mon enfant, la détective Maud Graham, avec son conjoint, est invitée à un souper chez son collègue André Rouaix :
« — Quelle jolie robe, Maud! s’exclama Nicole Rouaix. Tu as l’air en pleine forme!
— Ça va, fit la détective en évitant de regarder Alain Gagnon qui tendait une bouteille de sancerre à leur hôte.
— Ce sera parfait avec le poisson (…)
Ils terminaient une bouteille de mercurey quand Graham reparla de la France. »


Et vous, quel passage mettant en relief un vin vous a frappé dans un roman?
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Références
Edgar Alan Poe, La barrique d’Amontillado dans Nouvelles histoires extraordinaires, éditions Gallimard, collection Folio, 1974, pages 196-197.
Maurice Leblanc, Les confidences d’Arsène Lupin.
Kaiko Takeshi, Romanée-Conti 1935.
Pierre Desproges, Chroniques de la haine ordinaire.
Chrystine Brouillet, C’est pour mieux t’aimer, mon enfant, Les Éditions de la Courte échelle, 1996, pages 242 et 243.

Le beaujolais nouveau survit

Jeudi 15 novembre 2012 à 11 h 35 | | Pour me joindre

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© Radio-Canada/Ronald Georges

Depuis le 13 novembre 1951, soit depuis 61 ans, les vins nouveaux du Beaujolais envahissent les marchés, de la France au Canada en passant par le Japon et les États-Unis. Explication de ce phénomène mondial qui a lieu chaque troisième jeudi de novembre.

Le vin nouveau (ou vin primeur) est commercialisé l’année même des vendanges et on le boit rapidement. La macération carbonique (on fait vinifier la grappe entière) propre à la majorité des beaujolais est encore plus accélérée grâce à l’ajout de levures synthétiques. Celles-ci mangent rapidement les sucres des raisins et donnent le goût de banane caractéristique au beaujolais nouveau.

Dans les faits, le Beaujolais déverse chez les marchands près de 450 000 hectolitres de vin nouveau. Les Asiatiques sont friands de ce vin à peine fermenté puisqu’ils en consomment la moitié. Et ô ironie, ils le boivent avant les Français à cause du décalage horaire.


Regardez un reportage de la télévision française sur le Beaujolais nouveau.


Est-ce que moi j’aime le beaujolais nouveau? N’oui… Je suis plutôt accro aux 10 crus du Beaujolais, les morgons, Fleurie et leurs autres amis. Dans tous ces cas, le cépage gamay offre une étonnante complexité.

Cette année, la fête est assombrie par la faible récolte, qui est en baisse de 30 % par rapport à 2011. Les coupables? Le gel, la grêle et la pluie. Près de 800 viticulteurs ont demandé une aide financière de l’État; certains d’entre eux devront déclarer faillite.


Ailleurs qu’en Beaujolais
Le vin nouveau est aussi produit dans d’autres régions de France, du Rhône au Roussillon en passant par l’Anjou. Des producteurs de Touraine en font (avec le même cépage qu’en Beaujolais, le gamay), mais la production est en baisse constante depuis 2007.

Soulignons aussi le vino novello italien, celui de Napa aux États-Unis et le vino joven espagnol.

Écoutez la capsule de l’émission À rebours « Le beaujolais nouveau est arrivé ».


Cette année au Québec
La SAQ commercialise un vino novello et trois beaujolais nouveaux, ce qui représente 3600 caisses. Oui, la demande est nettement moins forte que durant les années 1990 et 2000. « On essaie d’évaluer l’évolution de la consommation des Québécois, déclare Linda Bouchard, responsable des relations de presse à la SAQ. En 1975, on avait 200 caisses de la première année de l’opération au Québec. En 2000, c’était 48 000 caisses de 14 produits, dont 14 000 caisses qui se sont écoulées la première journée. »

La SAQ n’a pas mis une croix sur le beaujolais nouveau, mais elle s’ajuste au goût des palais québécois. Notamment en offrant cette année 400 caisses du beaujolais nouveau de Jean-Paul Brun, un producteur réputé pour ses crus. En plus, le nom de la cuvée, L’ancien, constitue un beau clin au beaujolais nouveau!


La dégustation (les vins étaient servis à 14 °C)
Beaujolais nouveau Georges Duboeuf 2012
Code SAQ : 10 704 221
16,95 $
Le nez classique de banane et de bonbon à la framboise apporte une bouche peu tannique, souple, avec des arômes de banane et de bonbons à la fraise en finale. Assez bon.

Beaujolais nouveau Mommessin 2012
Code SAQ : 10 704 247
15,95 $
Lui aussi marqué par la banane, à laquelle s’ajoutent des fruits frais au nez, ce vin est un peu tannique, avec des arômes de fraise, de fruits confits et de framboise sucrée. Pas très intéressant en fin de compte.

Domaine des Terres dorées Jean-Paul Brun Beaujolais nouveau 2012
Code SAQ : 11 923 994
16,95 $
Le nez de fraise est discret. En bouche, c’est un beaujolais moyennement tannique qui pique un peu la bouche. En finale, les arômes de fraises sont accentués par les tannins. Un beaujolais nouveau qui a plus de corps que les autres.

Sangiovese novello Botter Rubicone IGT 2012
10,95 $
Ce vino novello italien était légèrement plus foncé que les beaujolais (le cépage sangiovese certainement). Au nez de fruits sucrés suit une bouche de fraise et de bonbon à la fraise. Un très bon rapport qualité-prix!

Vous aurez remarqué que mes descriptions font ressortir l’absence de complexité de ces vins. Rien n’a changé : le vin nouveau est fait pour être bu rapidement, dans un esprit de fête, de convivialité, autour de plats simples (entrées, charcuteries, sandwichs) et en bonne compagnie.


Le goût de banane et de bonbon, très peu pour vous, ou bien le beaujolais nouveau vous satisfait entièrement? Exprimez-vous sur la question! Aimez-vous ou détestez-vous le vin nouveau?


(Sources : Agence France-Presse, La Nouvelle République, LeFigaro.fr)



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Bob le Chef perd son pain

Mardi 13 novembre 2012 à 11 h 55 | | Pour me joindre

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© Daniel Mathieu

En général, le pain perdu allie boulangerie et pâtisserie; les restes de pain sont mélangés à un ingrédient sucré, ce qui donne un dessert, notre pain doré au Québec (il est servi au déjeuner).

Bob le Chef a préféré l’adapter en version salée, avec du fromage.

Pain perdu au fromage
5 œufs
1 tasse (250 ml) de lait
4 tasses (1 l) de vieux pain coupé en cubes
2 tasses (500 ml) de fromage râpé de votre choix
Sel, poivre au goût

Dans un bol, mélanger les œufs et le lait.
Déposer les cubes de pain dans ce mélange et laisser tremper 10 minutes.
Incorporer le fromage, le sel et le poivre.
Verser le mélange dans un moule à pain.
Cuire au four préchauffé à 300 °F environ 1 heure.
Démouler et servir froid ou chaud.


L’accord vin
Avec un fromage de chèvre, allez-y avec un vin de la Loire.
Jean Michel Sorbe Reuilly blanc 2011

Code SAQ : 11154224
19,05 $
Le sauvignon blanc sent souvent les asperges et les petits pois, ce qui est le cas ici. En finale, une vive acidité, des notes de lime et menthol donnent un vin long en bouche.

Pinot gris Léon Beyer Alsace 2011
Code SAQ : 00968214
20,30 $
Avec un fromage plus fort, privilégiez un pinot gris. Celui-ci révèle en bouche des arômes de sucre de fruits et des fruits tropicaux. La maison Beyer est l’un des chefs de file de l’appellation Alsace en France.


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Un pinot noir allemand de grande classe

Jeudi 8 novembre 2012 à 15 h 19 | | Pour me joindre

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Le Burg Ravensburg

Comme prévu, je suis allé faire un tour au Salon des vins d’importation privée. L’événement gagne en popularité; à l’œil, je dirais qu’il y avait beaucoup plus de visiteurs que l’an dernier.

Comme je l’écrivais il y a quelques jours, le visiteur ne peut acheter de bouteilles à l’unité à ce salon. Il doit les acheter à la caisse de 6 ou de 12, et les vins ne sont pas en vente à la SAQ.

Cependant, quelques exceptions se sont faufilées aux tables. Lorsque le producteur était présent, l’agent de vin offrait parfois à la dégustation une bouteille en vente dans le réseau commercial de la SAQ.

C’est ainsi que j’ai rencontré Claus Burmester, le directeur et vinificateur de Weingut Heitlinger et de Burg Ravensburg GmbH. Parmi ses produits, j’ai particulièrement aimé son pinot noir.


Pinot noir Burg Ravensburg Löchle Qba Baden 2009
Code SAQ : 11207779
33,25 $
À l’aveugle, je l’aurais certainement confondu avec un rouge bourguignon. Le vin était tannique, épicé, fumé, avec des arômes de thé, de fruits rouge foncé et de noyaux de cerises. Il en reste peu au Québec, mais une nouvelle commande arrivera dans deux ou trois semaines.

Acquis en 2010 par le propriétaire de Weingut Heitlinger, Burg Ravensburg est un des plus vieux vignobles du monde, ayant été fondé en 1251!

Les deux propriétés, séparées de 16 km, sont situées au sud de l’Allemagne, dans la région de Bade, adjacente à L’Alsace. Plus humide et nuageuse que l’Alsace, Bade se trouve dans une bande de 130 km de long, entre la Forêt-Noire et la vallée du Rhin. Le climat y est plus chaud qu’en Moselle, la région viticole mieux connue de l’Allemagne.

En plus de ses rieslings, j’ai également dégusté le Pinot blanc Kapelle Weingut Heitlinger 2008. Le millésime 2010 est en vente à la LCBO (Vintages 283762, 27,95 $). Le 2008 était gorgé de fruits blancs, de lime et d’épices. Très acide, il avait une finale fumée.

Les vins du sud de l’Allemagne sont en grande partie consommés sur place. Lorsqu’on a la chance d’en trouver de cette qualité, il faut s’y ruer.

La Grande Dégustation de Montréal en 2011 | © Richard Blouin

Pour le dégustateur averti et pour l’amateur de vin, le mois de novembre est complètement fou avec un nombre important d’événements vinicoles. La deuxième Grande Dégustation de Montréal (l’ancien Salon des vins), qui a lieu de jeudi à samedi au Palais des congrès de Montréal, est du nombre.

Cette année, le restaurateur Carlos Ferreira (Ferreira Café et FBar) en est le porte-parole. Qui d’autre pour représenter les vins du Portugal, à l’honneur cette année avec la venue de 39 vignerons?

J’en ai profité pour lui demander comment se porte l’industrie portugaise du vin. Selon Carlos Ferreira, des entreprises ne suffisent pas à la demande, alors que d’autres ont de la difficulté à écouler leurs bouteilles. Mais ce n’est pas encore une catastrophe, l’industrie est toujours en santé. La consommation locale de vin a un peu baissé, mais l’industrie le vend ailleurs, notamment en Asie et au Brésil, qui représentent d’importants marchés.

Puisque l’événement accueille plusieurs producteurs portugais, Carlos Ferreira recommande d’aller voir l’œnologue Dirk van der Niepoort, « un personnage à découvrir », qui parle portugais, allemand, flamand, italien, anglais, français et espagnol! « Je l’appelle le Martin Picard du Portugal », dit Ferreira à propos du représentant de la cinquième génération de la maison productrice de portos et de vins tranquilles.

Il faut aussi aller discuter de vins avec des représentants de la famille Roquette, de Quinta do Crasto.

Les visiteurs auront accès à près de 1200 bouteilles. Quel vin Carlos Ferreira a-t-il le mieux apprécié récemment? Le Charme 2008 de Dirk van der Niepoort. « Il est fait de cépages portugais, mais on a l’impression de boire un vin de Bourgogne », explique le restaurateur.

De plus, le cabernet-sauvignon et des rhums du monde seront mis à l’honneur cette année à La Grande Dégustation de Montréal. Carlos Ferreira aime beaucoup le cabernet-sauvignon, « mais un merlot bien fait, c’est du grand vin », dit-il, en soulignant toutefois les grands cabernets-sauvignons américains.

Carlos Ferreira à Bien dans son assiette

Vins d’Amérique et vins privés

Jeudi 1 novembre 2012 à 14 h 47 | | Pour me joindre

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Le sommelier et chroniqueur Jacques Orhon (en collaboration avec Hélène Dion) lance un nouveau livre qui porte sur les vins du Nouveau Monde, plus spécifiquement ceux d’Amérique du Nord.

Dans Les vins du Nouveau Monde : Amérique du Nord, Canada, États-Unis, Mexique, Jacques Orhon consacre 150 pages aux vins canadiens et 150 pages aux vins américains, dont 80 à la Californie, et il recense près de 2000 vins.

Bien sûr, il s’attarde aux vignobles québécois, en recensant 50 domaines. « Faire du vin au Québec est une forme d’apostolat. Ce n’est vraiment pas évident. C’est toujours la nature qui a le dernier mot. Et malheureusement, l’humain ne veut toujours pas comprendre ou admettre que c’est toujours la nature qui a le dernier mot », affirme-t-il.

Il était invité à l’émission de Catherine Perrin à la Première Chaîne de Radio-Canada.

- Écoutez l’entrevue avec Jacques Orhon >>

Dans ce livre qui lui a demandé près de trois ans d’écriture, Jacques Orhon consacre aussi quelques pages aux vins du Mexique.

Interrogé sur la qualité des vins du Nouveau Monde et du Canada, Jacques Orhon croit qu’« il faut aller chercher les spécificités propres par rapport à un peuple, et par rapport à un vignoble. Il faut que chaque pays puisse s’exprimer. » Il parle ici notamment du pinot noir de l’Oregon.

Il souligne la « maturité de réflexion et de philosophie » du vignoble de Niagara et il conseille fortement à tout amateur de vin de visiter le vignoble de la vallée de l’Okanagan. « Là, il y a un potentiel assez extraordinaire. »

Les vins du Nouveau Monde : Amérique du Nord, Canada, États-Unis, Mexique, Les Éditions de l’Homme.



Le salon des vins d’importation privée
L’achat de vin en importation privée permet d’agrandir l’offre, mais il y a une contrainte : on doit acheter à la caisse de 6 ou de 12 bouteilles.

Organisé par le Raspipav, le Salon des vins d’importation privée aura lieu en fin de semaine à Montréal au marché Bonsecours, et à Québec le 6 novembre à l’Espace Dalhousie. Et cette contrainte s’y applique aussi puisque le visiteur ne pourra y acheter de bouteilles à l’unité.

Les détails du salon sont ici.

Peu importe, sautez sur cette occasion de déguster des vins de producteurs primés. Entre autres, 20 des 40 vins (dont les 10 premiers) du Jugement de Montréal seront en dégustation au salon.

Je rappelle que lorsque vous achetez une caisse de vin auprès d’un agent importateur de vin, il vous livrera votre produit dans 1 des 93 magasins attitrés de la SAQ où vous paierez la somme due.

L’an dernier, j’avais fait de belles découvertes, notamment les vins de Tawse, le crémant de Bordeaux du Château Majoureau, les Bordeaux de la Famille Ouzoulias, les Chablis de Francine et Olivier Savary et les vins de Stolpman Vineyards. Je souhaite tomber sur d’aussi belles surprises lors de mon passage dimanche matin.


Le vin de la semaine
Frappato Caruso & Minini Terre di Giumara i.g.p 2011

Code SAQ : 11793173
16,65 $
Tout nouveau tout beau à la SAQ, ce vin composé du cépage frappato goûte la fraise, les épices et le graphite (des éléments minéraux). Servez-le frais (16 °C) avec une pizza aux tomates et à la mozzarella.