Billets publiés en mars 2012

La remontée du beaujolais

Jeudi 29 mars 2012 à 14 h 44 | | Pour me joindre

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© Radio-Canada/Ronald Georges

Au cours des dernières années, les amateurs avertis se sont bien moqués du beaujolais, surtout du beaujolais nouveau. La popularité de ce vin commercialisé le troisième jeudi de novembre a plombé les autres appellations de la région. Aujourd’hui, les ventes de beaujolais nouveau sont en forte baisse; la région se remet peu à peu sur pied en mettant de l’avant ses autres vins.

Oui, le vin du Beaujolais peut être un peu plus complexe et, selon les millésimes, vieillir un peu. Je pense aux 10 crus du Beaujolais, avec des terroirs différents les uns des autres, qui donnent des vins nuancés.

Notez qu’on produit aussi du blanc dans le Beaujolais, à partir de chardonnay. La production est confidentielle et le résultat, très bon. On y fait aussi un peu de rosé, 3 à 4 % de la production totale, en constante progression.

J’étais au Rendez-vous Beaujolais-Montréal, où près de 40 producteurs, dont certains très connus comme Georges Duboeuf, Loron et Mommessin, ont présenté leurs vins, surtout les cuvées 2010 et parfois 2011.

Le producteur Pierre-Marie Chermette | © Radio-Canada/Ronald Georges

C’est unanime, plusieurs producteurs me l’ont confirmé : les millésimes 2009, 2010 et 2011 sont semblables et tous aussi spectaculaires. Et certains affirment que 2011 est le plus abouti de ces trois millésimes.

Encore une fois, j’ai eu la preuve que les beaujolais sont des vins complets, c’est-à-dire qu’ils peuvent tenir tête à des viandes ou se bonifier en cave quelques années. Ce sont des vins fruités et plus tanniques qu’on le croit.

Un conseil : essayez d’acheter du 2009, une grande année, et les vins seront moins jeunes (malheureusement, il en reste peu, huit à la SAQ, et encore moins à la LCBO).


Les vins de la semaine
Château de La Chaize
Brouilly Château de La Chaize 2009
Code SAQ : 00565663
18,45 $

Beaujolais Les Griottes Vissoux Pierre-Marie Chermette 2010
Code SAQ : 11259940
17,25 $

Chénas Quartz Domaine Piron & Lameloise 2010
Code SAQ : 10367412
20,70 $
LCBO Vintages 240481 | 2009

 

Aussi, écoutez ma chronique hebdomadaire à l’émission Bien dans son assiette à la Première Chaîne. Je parle des muscadets du Domaine de l’Écu et des vins du Beaujolais.


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© iStockphoto/Kevin Miller

Votre prochaine sortie au restaurant aura lieu dans un restaurant « apportez votre vin » et vous ne savez pas sur quelle bouteille arrêter votre choix?

Sans conteste, les « apportez votre vin » permettent d’économiser sur les bouteilles de vin, dont le prix en restaurant est, la plupart du temps, le double ou le triple de celui affiché chez les marchands de vin.

Premier conseil : informez-vous sur le menu. Cela vous indiquera quel genre de vin sera approprié avec ce que vous aimez manger.

Dans le cas des restaurants français, je demeure conservateur en vous recommandant du vin blanc avec les poissons et du vin rouge avec les viandes rouges. Mais pour les plats végétariens, la volaille (surtout le poulet) et le porc, votre choix peut se fixer sur du blanc ou du rouge, selon vos préférences. En rouge, je recommande un beaujolais, principalement un des dix crus de la région, ou un côtes-du-Rhône jeune. En blanc, j’opte pour un vin gras, comme un chardonnay du Nouveau Monde, ainsi qu’un coteaux-du-Languedoc ou un minervois.

Deuxième conseil : si le menu du restaurant n’est pas disponible, prenez un vin passe-partout. J’aime bien les minervois, les corbières et les vins portugais. Et en blanc, pourquoi pas un bordeaux ou un bergerac?

Pour les restaurants asiatiques et indiens, l’union des saveurs avec les vins blancs d’Alsace n’est plus à prouver, mais les producteurs australiens et néo-zélandais créent eux aussi de petites merveilles avec ces cépages. En rouge, je vous propose un beaujolais ou encore un rosé, un tavel.

Enfin, pour ceux dont cette sortie au restaurant est une grande soirée, apportez vos grandes bouteilles. Certains restaurants offrent des carafes pour bien oxygéner vos grands crus favoris.

 

Les températures
Il n’y rien de plus désagréable que de déguster du vin trop chaud ou trop froid. Dans la mesure du possible, refroidissez votre bouteille de rouge une heure au réfrigérateur et votre blanc au moins deux heures. Si vous n’avez pas accès à un réfrigérateur avant d’arriver au restaurant, demandez un seau à glace. Parfois, certains restaurateurs peuvent placer votre bouteille dans leur réfrigérateur pendant quelques minutes.

Bon appétit!

 

Quelques suggestions
En rouge
Ortas Rasteau Côtes du Rhône Villages 2010
Code SAQ : 00113407
15,40 $

Domaine Borie de Maurel Esprit d’automne Minervois 2010
Code SAQ : 00875567
16,30 $

En blanc
Chardonnay Fleur du Cap Western cape 2011
Code SAQ : 00340406
14,65 $

Pinot gris Pierre Sparr réserve Alsace 2010
Code SAQ : 11675679
16,65 $

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La Grèce, berceau de la vigne

Jeudi 22 mars 2012 à 15 h 30 | | Pour me joindre

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Des vignes à Samos | Photo : Wikipédia/Babbsan47

L’histoire du vin en Grèce se compte en milliers d’années, ce pays méditerranéen étant l’un des berceaux de la civilisation moderne. L’apparition du vin y remonte à 1500 avant Jésus-Christ, tant sa culture que son commerce. Et n’oubliez pas Dionysos, le dieu du vin.

Composé de neuf régions administratives, le vignoble grec se trouve dans un climat chaud, tempéré par la mer, par l’altitude et par l’exposition au nord des terres.

Depuis 1981, lors de l’adhésion de la Grèce à l’Union européenne, l’apport de subventions a permis la modernisation de la production vinicole, améliorant du même coup la qualité des vins. La production est d’ailleurs composée à 60 % de blancs, les rouges représentant 40 %.

À l’exemple de l’Italie, la Grèce compte une quantité appréciable de cépages autochtones, près de 300. En blanc, retenons surtout l’athiri, l’assirtiko et le roditis. En rouge, les vins grecs se démarquent grâce entre autres à l’aighiorghitiko, au limnio, au mavrodaphni et au xinomavro.

Bien sûr, les cépages internationaux comme le sauvignon blanc et le chardonnay en blanc, et le cabernet franc, le cabernet sauvignon, le cinsault, le grenache, le merlot et la syrah en rouge côtoient les locaux.

Je déplore par contre la rareté des vins grecs au Québec et en Ontario. Est-ce que le manque de compréhension de la langue grecque, un peu comme dans le cas des vins allemands, intimide le consommateur?

 

La suggestion de la semaine
Tsantali Reserve Rapsani 2007
Code SAQ : 00741579
17,25 $

Un vin grec au nez de café, de cacao et de fruits noirs macérés. En bouche, le vin, doté d’une belle acidité, est entouré de cassis et de bleuets sur une finale tannique. Très bon. Tiens, avec un bon poulet cuit au barbecue, ce serait super.

 

 

Aussi en blanc, une Retsina, un vin blanc sec idéal pour l’apéritif. Lors de la fermentation, on ajoute de la résine de pin. Attention : ce vin n’est pas un modèle de finesse, mais servi très frais, il devient intéressant.
Retsina Malamatina
Code SAQ : 00315937
5,15 $

Écoutez l’entrevue « Vin et Grèce antique », à l’émission Bien dans son assiette.

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Bouchon de liège ou capsule à vis?

Mardi 20 mars 2012 à 11 h 04 | | Pour me joindre

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© iStockphoto/Digital Paws

L’anecdote est amusante. J’étais chez une amie qui voulait ouvrir une bouteille de vin allemand, sans succès. La voyant se démener avec la bouteille, je me suis approché pour lui prêter main-forte. Pour me rendre compte qu’elle se battait avec une capsule à vis!

Pour les vins de consommation courte, soit de moins de deux ans, la capsule à vis est suffisante. La bouteille se conserve debout sans problème; avec le liège, il faut que le vin mouille un peu le bouchon, sinon celui-ci s’assèche et perd ses propriétés. En plus, les défenseurs de la capsule à vis les plus ardents allèguent qu’elle peut remplir les mêmes fonctions que le bouchon de liège pour les vins de garde.

Qu’en est-il vraiment?

Pour les vins de garde, le liège détenait auparavant un avantage indéniable sur la capsule à vis : des pores microscopiques laissent entrer l’air, ce qui favorise une lente oxydation, nécessaire au vieillissement du vin. Cet avantage n’est plus tout à fait vrai : les capsules à vis actuelles contiennent de pareilles ouvertures pour le même effet.

Autres avantages de la capsule à vis :

  • c’est un choix écologique puisqu’on peut la recycler. Et on sauve quelques arbres (le Portugal produit la majorité des bouchons de liège);
  • plus de goût de bouchon (5 à 10 % des bouteilles de vin sont touchées par ce phénomène);
  • on peut conserver les bouteilles debout;
  • le rebouchage est facile.

Pour les vins de tous les jours, ceux que vous achetez et que vous allez consommer dans moins de 48 heures la plupart du temps, la capsule à vis est parfaite. Personnellement, je n’ai pas de préférences.

Certains producteurs aiment aussi le bouchon en verre, dont est pourvu le bien bon Zantho Zweigelt Qualitätswein Burgenland 2009 (Code SAQ : 10790384, 15,95 $), un vin rouge autrichien.

Enfin, je n’aime pas les bouchons de plastique. Il rend le rebouchage de la bouteille difficile.

Voici deux vins que j’aime bien, un blanc et un rouge, bouchés à l’aide d’une capsule à vis :

Marsanne Tahbilk Nagambie Lakes Central Victoria 2009
Code SAQ : 00865436
17,60 $

Pinot noir Sherwood Estate Marlborough 2010
Code SAQ : 10384061
19,95 $

 

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L’ABC de la dégustation

Jeudi 15 mars 2012 à 11 h 00 | | Pour me joindre

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Des sommeliers dégustent du vin.

Avant de porter le verre à leurs lèvres, pourquoi les amateurs avancés tournent-ils leur verre, le regardent et y mettent leur nez? Parfois, cette analyse permet de prévoir à quoi ils auront affaire. Le nez de ce vin rouge semble complexe avec des odeurs animales et de pâtisserie? Il sera peut-être boisé et corsé. Mais, ô complexité du vin, toute règle a ses exceptions.

C’est ainsi qu’il m’est déjà arrivé de tomber sur un vin peu invitant au nez : la sueur, le cheval (l’écurie au complet!)… l’animal nous attendait. Mais en bouche, il était (le vin, pas l’animal!) sublime : charnu avec des fruits rouges frais et des beaux tannins.

Ainsi, vous voulez avoir l’air d’un pro? Voici trois règles à suivre.

1- L’inspection visuelle : regardez le vin dans votre verre. Votre blanc tire-t-il sur le vert, le jaune or ou le jaune paille, ou il est tuilé? Quant au rouge, il peut emprunter diverses nuances, soit violacées, rubis, grenat ou presque brunes.

2- L’inspection olfactive : sentez une première fois le vin. Remuez le verre un peu et sentez de nouveau. L’odeur sera faible ou aromatique (marquée). Sa qualité peut varier de simple à vulgaire en passant par la complexité. Enfin, que sentez-vous? Des fruits frais, transformés, des arômes végétaux, des odeurs animales, d’épices, de bois?

3- L’inspection gustative : portez le vin à votre bouche. Essayez de remarquer la présence du vin sur la langue. Ensuite, le vin est-il très ou peu acide? L’alcool est-il très présent? Dans le cas des vins rouges, comment sont les tannins? Souples, durs, agressifs, en grand nombre?

Enfin, j’aime bien calculer combien de secondes le goût du vin demeure en bouche (la présence gustative). Les vins de qualité sont normalement capables de tenir la route… sur la langue.

 

La suggestion de la semaine
Orphéus Etna rosso 2008
Code SAQ : 10675968
21, 80 $

Un vin de Sicile composé des cépages autochtones nerello mascalese et nerello mantellato plantés sur les sols volcaniques autour du mont Etna. Attendez-vous à un vin rouge très aromatique avec des notes de graphite, de fruits rouges et de viande. En bouche, une acidité élevée épouse un caractère minéral et balsamique, ainsi que du cassis, du café et du chocolat noir. Idéal avec des viandes rôties.

Des cavistes au Québec?

Lundi 12 mars 2012 à 11 h 48 | | Pour me joindre

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Chez un caviste en France | © AFP Photo/Pierre Verdy

Éternel débat qu’est celui de la privatisation de la SAQ. Le professeur en sciences de la gestion à l’Université du Québec à Trois-Rivières Frédéric Laurin propose une libéralisation partielle de la vente de vins et de spiritueux. « On devrait permettre à des petits cavistes de vendre librement du vin, pour un service à la clientèle un peu plus dynamique. Cela donnerait un peu plus de concurrence et des prix plus bas (de près de 30 %) », croit-il.

Catherine Perrin, animatrice de l’émission Médium large à la Première Chaîne de Radio-Canada, a reçu ce spécialiste de la distribution de vin au Québec et à l’étranger, ainsi que le journaliste politique et grand amateur de vin Vincent Marissal.

Écoutez la discussion ici.

Sceptique à cette proposition de libéralisation, Vincent Marissal, en outre, ne croit pas que le gouvernement l’acceptera. Selon lui, la SAQ offre une bonne variété de vin, avec un inventaire de 9000 à 10 000 produits. « Le consommateur québécois est très bien servi », tranche-t-il.

Je suis un peu plus du même avis que Vincent Marissal. L’offre de la SAQ est tout de même impressionnante. En plus, elle couvre l’ensemble du territoire québécois; c’est-à-dire qu’un consommateur vivant loin des centres urbains peut commander près de chez lui une bouteille en vente à Québec par exemple. Ce qu’un réseau de distribution privé ne peut pas toujours garantir.

Cependant, la proposition d’un réseau de cavistes est intéressante. Oui, des vins plus rares, des vins d’appellations moins connues et des vins hors normes (par exemple les fameux vins nature dont on parle beaucoup) auraient peut-être une meilleure visibilité. Mais est-ce que les prix baisseraient nécessairement? J’en doute. Je crois que le gouvernement ajusterait les taxes en conséquence afin de pallier une possible baisse des ventes à la SAQ.

Et vous, qu’en pensez-vous? Écrivez-moi ici dans la section « commentaires » ou à mon courriel personnel.

L’étude sera disponible dans quelques jours sur le site Internet de Frédéric Laurin.

La route du vin des Jutra : Louise Portal

Vendredi 9 mars 2012 à 11 h 00 | | Pour me joindre

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Louise Portal | Photo : Wikipédia/Asclepias

La soirée des Jutra 2012 aura lieu le 11 mars et elle sera diffusée à la télévision de Radio-Canada.

Cette remise de prix qui récompensent les artisans de l’industrie du cinéma québécois est l’occasion de regarder de plus près quelles sont leurs préférences en matière de vin.

Louise Portal aime les bulles sans retenue, « pour les grandes célébrations comme le sera la soirée des Jutra. Et je viens de découvrir un champagne rose extraordinaire qui me met des bulles au cœur : il s’appelle Forget-Brimont. Aurais-je la surprise d’en boire une coupe? » se demande l’actrice qui espère remporter un Jutra dans la catégorie meilleure actrice de soutien.

Consultez aussi les choix de Martin Léon
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Consultez aussi les choix de Jean-Marc Vallée

Jean-Marc Vallée | © Radio-Canada/Ronald Georges

La soirée des Jutra 2012 aura lieu le 11 mars et elle sera diffusée à la télévision de Radio-Canada.

Cette remise de prix qui récompensent les artisans de l’industrie du cinéma québécois est l’occasion de regarder de plus près quelles sont leurs préférences en matière de vin.

Le film Café de Flore, du réalisateur Jean-Marc Vallée, est en nomination dans plusieurs catégories : meilleure réalisation, meilleure direction de la photographie, meilleure direction artistique, meilleur maquillage, meilleure coiffure et film s’étant le plus illustré hors Québec.

Jean-Marc Vallée aime tous les bons vins, qu’ils soient rouges ou blancs. Ses vins préférés proviennent de France, notamment les sancerres blancs, les rouges de Bordeaux et de Bourgogne, ainsi que les champagnes, dont le Ruinart. « J’aime bien aussi les vins qui ont du coffre, du panache, de la personnalité, dont plusieurs rouges californiens, italiens et australiens. »

Sans conteste, sa gâterie préférée demeure les whiskys single malt d’Écosse, avoue-t-il en terminant.

Consultez aussi les choix de Martin Léon
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Thomas Bachelder, vigneron itinérant

Mardi 6 mars 2012 à 11 h 00 | | Pour me joindre

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Thomas Bachelder à Nuit-Saint-Georges en Bourgogne devant ses raisins dans le pressoir. | Photo : Delaney-Bachelder

Après avoir dégusté les chardonnays de Thomas Bachelder, explorons un peu comment produire trois vins différents sans détenir de terres.

Traditionnellement, le vigneron possède ses terres.
Il y vit et y travaille en vue de produire des vins.

Quoi faire quand on n’est pas propriétaire de ses terres? On peut acheter des raisins. C’est ce que font certains producteurs de vin, les négociants, comme on les appelle. C’est ce que fait Thomas Bachelder, qui les vinifie sur place en quatre séjours par année. « Je vais faire la mise en bouteille des 2010 et rester deux semaines en Bourgogne et en Oregon. À ce moment, je vais soutirer les vins et les remettre en cuve. Je reviens pour la filtration, le collage et la mise en bouteille. En même temps, je vérifie les blancs et les rouges de 2011. Ensuite, je rends visite aux récoltants pour m’assurer des contrats de 2012. Je rencontre aussi la banque et l’avocat. Donc chaque fois que je vais en Bourgogne et en Oregon, je travaille sur trois millésimes », m’explique le vigneron qui vit à Niagara.

Après le Clos Jordanne
Thomas Bachelder a lancé les vins du Clos Jordanne en Ontario, « un rêve », dit-il.

Pour la petite histoire, la création du Clos Jordanne s’inspire d’une entreprise fondée à la fin des années 80 par Bernard Repolt de Jaffelin et Karl Kaiser d’Inniskillin. « Ils ont décidé de faire du pinot noir et du chardonnay sous la marque Alliance, un genre d’Opus One. » À la fin des années 90, Vincor (du Canada) et Boisset (de Bourgogne) se sont associés en plantant du pinot noir et du chardonnay.

Des vignes de Niagara réservées à Delaney-Bachelder. | Photo : Delaney-Bachelder

Par la suite, Constellation a acheté Vincor. Les relations ont donc changé. Et Thomas Bachelder sentait de plus en plus le besoin de fonder son vignoble, ou au moins de lancer ses propres vins.

À la maison
Qu’est-ce que boit un vigneron dans le confort de son foyer? Thomas Bachelder m’explique, en parlant de sa conjointe, Mary Delaney : « C’est une amatrice de vins rouges, mais qui aime de plus en plus les sancerres et les bons chardonnays minéraux. En cuisinant les samedis et les dimanches, on s’ouvre une bouteille de blanc. Je trouve qu’on ne boit pas assez de rouge. J’essaie de plus en plus d’ouvrir deux bouteilles de rouge chaque semaine. »

En famille durant la récolte 2011 à Niagara. | Photo : Delaney-Bachelder

Dans 10 ans
À l’avenir, Thomas Bachelder souhaite laisser tomber la consultation (il conseille cinq domaines). « Je pense que c’est un peu le marché qui va décider : est-ce que je vais continuer avec les trois terroirs ou est-ce que c’est important que j’achète des vignes? S’il faut des vignes, un domaine, on va le faire, mais j’ignore où il sera situé. »

Des vins bios

Vendredi 2 mars 2012 à 11 h 00 | | Pour me joindre

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Les vins du Wingut Sander en Allemagne | © Radio-Canada/Ronald Georges

Cette semaine, je suis allé déguster des vins biologiques à l’événement La renaissance des appellations, qui regroupait près de 200 vignerons.

Sujet à la mode s’il en est que le vin biologique et biodynamique. Ses producteurs cherchent la pureté du terroir et tendent à revenir aux méthodes de production naturelles, sans utiliser de produits chimiques, de pesticides ni de levures industrielles, autant dans les champs que dans les vins.

Sans le savoir, vous en buvez peut-être, certains producteurs ayant embrassé ce mode de viticulture depuis la fin des années 70.

Les vins qui m’ont le plus impressionné lors de cette journée : les cuvées 2009 et 2010 d’André Ostertag. Ses vins blancs tirés de riesling, de pinot gris et de muscat possèdent tous un profil exemplaire : un fruité discret et une acidité élevée, mais qui s’allie aux notes de fumé, de pierre, de craie et de graphite. Seul le gewurztraminer m’a légèrement déçu par son manque d’acidité.

Quelques bouteilles du Domaine Ostertag | © Radio-Canada/Ronald Georges

Les vins du Domaine Ostertag peuvent tous se conserver en cave plusieurs années. Sinon, réservez-les pour des plats asiatiques raffinés et des recettes de poisson audacieuses.

Pinot gris « Barriques » Ostertag Alsace 2009
Code SAQ : 00866681
29,20 $

Riesling Heissenberg Ostertag Alsace 2009
Code SAQ : 00739813
37,75 $

Pinot gris Fronholz Ostertag Alsace 2009
Code SAQ : 00924977
40,50 $

Riesling Muenchberg Ostertag Alsace Grand cru 2008
Code SAQ : 00739821
50,50 $