Blogue de Martin Leclerc

La Coupe des Kings : un improbable accident

Mardi 12 juin 2012 à 15 h 43 | | Pour me joindre

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Les Kings de Los Angeles ont concrétisé lundi soir l’une des plus improbables conquêtes de l’histoire de la Coupe Stanley. Et malheureusement, leur triomphe contribuera à perpétuer l’un des grands mythes du hockey, à savoir qu’il suffit de se tailler une place dans les séries éliminatoires pour espérer remporter le gros trophée.

Une lectrice m’écrivait il y a une dizaine de jours que malgré le fait qu’elle soit une « fan finie » de hockey, elle avait cessé de regarder les matchs de la LNH depuis plusieurs semaines parce que les dernières séries éliminatoires étaient les « pires de l’histoire du hockey » et qu’elle n’était plus capable de souffrir le jeu ultra-défensif pratiqué par la plupart des formations qui avaient franchi le premier tour.

Elle n’avait pas tort. À compter du second tour, les séries ont été ennuyeuses à mourir, même pour ceux qui étaient payés pour assister aux matchs.

En plus, on a eu droit à l’un des duels les moins relevés de l’histoire lors de la ronde ultime. Cette finale de la Coupe Stanley opposant une équipe de 8e place (les Kings) à une formation de 6e place (les Devils) était en quelque sorte un phénomène paranormal. Des « accidents » de ce genre sont arrivés très peu souvent dans l’histoire de la LNH.

Il est inutile de remonter jusqu’à Matusalem, puisque le format des séries éliminatoires et le nombre d’équipes ont constamment évolué au cours des dernières décennies. Toutefois, au cours des 30 dernières années, jamais deux équipes aussi mal classées pendant la saison ne s’étaient rencontrées en grande finale.

Par ailleurs, en plus de se tailler une place en séries de justesse, les Kings présentaient cette saison la 29e attaque de la LNH. Cela illustre à quel point leur gardien Jonathan Quick a été phénoménal depuis le premier jour du calendrier jusqu’au dernier match de la finale.

La semaine dernière, à la conférence de presse confirmant la nomination de Michel Therrien à titre d’entraîneur en chef du Canadien, le nouveau directeur général Marc Bergevin a souligné que le but de son équipe la saison prochaine sera de participer aux séries éliminatoires.

« Comme le démontrent les Kings et les Devils, tout peut survenir lorsqu’on parvient à se qualifier pour les séries éliminatoires », disait-il.

Cette formule a depuis été reprise par plusieurs commentateurs.

Il est difficile d’être en désaccord avec l’objectif fixé par Bergevin. Le succès sportif ne surgit habituellement pas de façon instantanée. Et lorsqu’on vient d’hériter d’une équipe de 15e place, le fait de prendre part aux séries éliminatoires constitue déjà un immense progrès.

Par contre, il n’est pas tout à fait juste de prétendre que tous les participants ont une chance de remporter la Coupe quand les séries se mettent en branle.

Avant que les Kings et les Devils surgissent d’une boîte à surprises ce printemps, les champions des 30 années précédentes avaient en moyenne terminé au 2e rang de leur association. Et de leur côté, les finalistes avaient fini quelque part entre le 3e et le 4e rang.

Et au cours des 12 finales qui ont précédé l’affrontement entre Los Angeles et le New Jersey, les champions avaient bouclé la saison avec une moyenne de plus de 101 points au classement. Les finalistes, eux, avaient récolté une moyenne de plus de 100 points.

Tout ça pour dire que la Coupe Stanley est généralement l’aboutissement de plusieurs années d’excellence et de constance. Et que, normalement, elle ne se remporte pas par un incroyable concours de circonstances comme celui auquel nous avons assisté cette année.

Les Kings, malgré tout, méritent l’admiration de tous. Il n’en reste pas moins que leur conquête a été l’une des plus décisives de l’ère moderne. Ils ont éliminé de façon expéditive les trois meilleures formations de l’Association de l’Ouest et se sont façonné une fiche de 16-4 au cours des deux derniers mois.

Si leur présence en finale était accidentelle, c’était un fort joli accident!

Markov veut déménager…

L’hiver dernier, alors que son genou n’en finissait plus de ne pas guérir et que ses chances de revenir au jeu semblaient fort minces, Andrei Markov avait fait sourciller quelques observateurs en mettant sa maison de Candiac à vendre.

Dix jours plus tard, le défenseur du CH s’était toutefois ravisé et sa résidence avait été retirée du marché.

Ces derniers temps, le seul joueur du Canadien à avoir joué sous les ordres de Michel Therrien a récidivé en confiant à une agente le mandat de vendre sa propriété pour la coquette somme de 1,5 million, qui correspond à la valeur marchande selon mes informations.

Markov a remis sa maison sur le marché trois semaines après la nomination de Marc Bergevin à titre de directeur général. S’attend-il à quitter Montréal ou a-t-il simplement décidé de changer de quartier? Allez savoir.

« Il s’agit pourtant d’un quartier très populaire auprès des hockeyeurs. Plusieurs s’y sont installés au cours des deux dernières années. L’endroit est d’ailleurs situé à seulement 10 minutes du complexe d’entraînement de Brossard », indique un spécialiste de l’immobilier qui œuvre principalement dans ce secteur.