Blogue de Philippe Rezzonico

FIJM 2015 (Jour 10): les feux d’artifice de Mika et Joss Stone

vendredi 26 juin 2015 à 0 h 38 | | Pour me joindre

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Joss Stone: du talent et une voix phénoménale. Photo courtoisie FIJM/Victor Diaz Lamich

Joss Stone: du talent et une voix phénoménale. Photo courtoisie FIJM/Victor Diaz Lamich

Outre ses six séries consacrées aux diverses formes de jazz, le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) présente, cette année encore, une foule de spectacles pour les amateurs de pop, de rock, de blues, de country et de soul. Voici donc des suggestions d’événements en salle pour les amateurs de musique populaire.

Au fur et à mesure que le FIJM se déroulera, ces suggestions seront graduellement remplacées par les critiques desdits spectacles. Revenez-y donc. À vos marques, prêt, partez!

(Critique) 26 juin – Steve Miller Band (salle Wilfrid-Pelletier), 19 h 30 : Il n’y avait pas un quart d’heure d’écoulé que Steve Miller avait expédié Jungle Love, Abracadabra, Space Cowboy et Take the Money and Run, comme s’il semblait prendre cette dernière au pied de la lettre. Un début de spectacle épatant, quoique livré sans trop de chaleur. Tout un contraste avec l’intense Garland Jeffreys qui venait de livrer une dizaine de chansons en une heure, au point où il a dû, lui aussi, expédier Wild In the Streets, pour se conformer à la durée allouée pour une première partie.

Heureusement, le grand Steve qui a fort belle allure à 72 ans, a su lever le pied pour expliquer la genèse de certaines chansons (Sugar Babe, Shu Ba Da Du Ma Ma, Lovin’ Cup) de son album The Joker (1973) qui sont rarement au menu. De belles raretés, ça. Sourire éclatant, main gauche leste et touche inspirée sur le manche de sa guitare. Seules les limites vocales, ici et là, trahissaient les décennies de métier de Miller.

Cela n’a pas paru sur les classiques livrés après un intermède acoustique. The Joker était impeccable et la psychédélique Fly Like An Eagle a fait planer tout le monde, notamment des femmes qui revivaient leurs années 1970 en dansant sur les flancs du parterre. Rockin’ Me, Swingtown et Jet Airliner (partiellement entendue en mode acoustique) étaient parmi les incontournables qui ont bouclé en puissance une prestation qui s’est achevée avec plus de passion qu’elle ne s’était amorcée.

(Critique) 27 juin – James Cotton/John Mayall/Harry Manx (salle Wilfrid-Pelletier), 19 h 30 : Que se passe-t-il quand trois artistes dont la moyenne d’âge dépasse les 70 ans partagent une affiche blues? On honore l’esprit des disparus. Cotton, lauréat du prix B.B. King, symbolise à lui seul l’esprit de l’harmoniciste Sonny Boy Williamson, qui fut l’une de ses influences, Muddy Waters, dont il fut le musicien, et B. B. King, dont il fut très proche.

La voix de Cotton est presque inaudible quand il parle, mais quel souffle! Il faut le voir atteindre les notes les plus aiguës ou les plus basses avec son harmonica tout en se tortillant sur sa chaise, chaloupant les notes à volonté. Tel feu B.B. King, l’expression du visage de l’Américain évoque le bonheur total. Sentiment partagé quand il reprend I Got My Mojo Working de son pote Muddy et la Rocket 88 de Jackie Brenston, faisant ainsi le pont entre le blues et l’une des premières chansons Rock n’ Roll. Épique.

James Cotton: passion intacte à l'aube de ses 80 ans. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

James Cotton: passion intacte à l’aube de ses 80 ans. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

Changement de registre après une heure avec le Britannique John Mayall (81 ans) qui affiche la forme d’un homme de 65 berges. La part d’héritage de Mayall repose sur les compositions de Freddie King (You Know That You Love Me), Moose Alison (Parchman Farm) et de T-Bone Walker (Stormy Monday) en plus des siennes. Non! Pas de place pour les demandes spéciales comme Room To Move. Mais on ne perd rien au change. Homme orchestre pouvant jouer des claviers, de la guitare et de l’harmonica, Mayall est transcendant avec ses musiciens et ça dégouline de blues lourd bien senti. Coup de cœur pour Lone Gone Midnight.

Arrive ensuite Harry Manx, le jeunot, qui remplace à une semaine d’avis Taj Mahal, malade. Manx a aussi des racines blues, mais pas les mêmes que ses illustres collègues d’un soir. Au sein de sa musique riche et goûteuse, Manx a une forte propension au folk, au jazz (formidable trompettiste) et au blues arabisant, ce qui n’est pas l’enchaînement rêvé après les salves explosives de Cotton et de Mayall. On a même vu des spectateurs quitter le parterre malgré les splendides livraisons. Pas assez musclé à leur goût, Harry. Le vieux routier a néanmoins su honorer le passé, lui aussi, avec Tijuana (J.J. Cale), Can’t Be Satisfied (Waters) et Baby Please Don’t Go (Big Joe Williams). L’honneur est sauf.

(Critique) 29 juin – Erykah Badu (salle Wilfrid-Pelletier), 19 h 30 : Dès qu’elle entre sur scène, Erykah Badu impose le respect: le regard, l’attitude, le bras pointé vers les spectateurs comme s’ils étaient ses sujets. En fait, ils le sont. Dès qu’elle termine 20 Feet Tall en ouverture, bras pointés au ciel comme le fait le sprinter Usain Bolt, jusqu’à Bag Lady, au premier rappel, quand elle projette de l’eau sur les amateurs comme si elle les baptisait, Badu est la grande prêtresse du neo-soul.

Voix porteuse, groove irrésistible et chants fédérateurs : Badu a tenu la foule en haleine durant près de deux heures dans ce qui ressemblait bien plus à une communion qu’à un spectacle. C’était frappant après Cleva – avec son solo de basse dégoulinant de funk – et It’s Gonna Be Alright, transformé en chant d’église par les choristes. L’habituelle froideur de la salle Wilfrid-Pelletier avait cédé sa place à une ambiance digne d’une soirée torride au Métropolis en raison des centaines de spectateurs qui dansaient dans les allées ou au-devant de la scène. Erykah Badu a mis le feu.

Plaisir communicatif avec Erykah Badu. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

Plaisir communicatif avec Erykah Badu. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

« Où sont mes soldats? » a lancé Badu, prétexte à l’interprétation de Soldier et du fameux « Yes siree!!! » repris par la foule en liesse. Également un hommage à Outkast, « mon groupe préféré de tous les temps », histoire de chanter Liberation. Puis, quand on pense l’affaire bouclée après la remise du prix Ella-Fitzgerald sur les planches par le président Alain Simard, la chanteuse, comblée de joie et portée par la foule enchaîne avec Didn’t Cha Know.

Et puis Believe In Yourself, majestueuse, qui fait office de cri d’espoir. Et puis encore une, Tyrone, qui fait hurler de plaisir tout ce qui est féminin dans la salle, c’est-à-dire, les deux tiers de l’assistance. Le gros, gros délire. Quand Badu a quitté la main sur le cœur, on savait que l’on venait de voir un des meilleurs spectacles du FIJM, mais aussi un des meilleurs de l’année.

(Critique) 1er juillet – Huey Lewis and the News (salle Wilfrid-Pelletier), 19 h 30 : C’était tout simple, durant les années 50. Les chansons rock n’ roll et doo-wop parlaient de filles, d’amour et de bagnoles. Au fond, c’est ce que fait Huey Lewis and the News depuis 35 ans, comme il l’a rappelé aux Montréalais avec un premier passage dans la métropole depuis 1986. Pas d’écran géant, pas de vidéos ni d’effets spéciaux. Neuf musiciens et leurs chansons. La vieille école, quoi.

Les dynamiques The Heart of Rock n’ Roll et Workin’ For a Livin’, offertes en ouverture et clôture, définissent l’essence du groupe besogneux qui a une âme pour cette musique et son passé. Où diable peut-on entendre de nos jours Um, Um, Um, Um, Um, Um  (Major Lance) et Little Bitty Pretty One (Thurston Harris), livrées en bivouac, sinon dans un spectacle de Bruce Springsteen? Les spectateurs ne sont pas fait prier pour le volet participatif dès qu’ils reconnaissaient une chanson (If This Is It, Heart and Soul, Stuck With You, The Power of Love) qui a fait les beaux jours de la radio FM. Back In Time, en effet.

Huey Lewis, le bon vieux temps du rock n' roll. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

Huey Lewis, le bon vieux temps du rock n’ roll. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

Pas évident, quand même, de lier I Want a New Drug à Small World. Lewis s’est souvenu qu’un saxophoniste de légende (Stan Getz) avait enregistré la deuxième chanson avec lui. Bonne idée, dans un festival de jazz. Moins bonne idée : les nouveaux titres. On lui pardonne Love is Killing Me (très bien), mais pas While We Were Young, (où il a faussé). Cette dernière nous a peut-être privé d’un « classique » comme Hip To Be Square.

Quiconque a vu cette bande dans sa jeunesse peut vous le certifier : musicalement, ce groupe doté de quatre cuivres joue aussi bien qu’il y a trois décennies. Lewis a la même attitude et le plaisir intact, mais il ne fait plus son saut de cosaque comme Jean-Luc Brassard et, rayon voix, ça racle et ça fausse occasionnellement. Mais bon… En 1986, Huey Lewis and The News était encore un jeune groupe contemporain dont les influences n’étaient pas si lointaines. En 2015, ses membres sont de vieux pros nostalgiques qui font revivre le bon temps du rock n’ roll. Et c’est très bien ainsi.

(Critique) 2 juillet – Bobby Bazini (salle Wilfrid-Pelletier) 19 h 30 : Au terme d’une prestation de plus d’une heure durant laquelle Booker T. Jones a aligné dans une marmite soul bien grasse les immortelles Hey Joe (Hendrix), Don’t Let Me Down (Beatles), Respect (Otis Redding), ainsi que ses propres monuments (Green Onions, Hang ‘Em High), je m’inquiétais pour Bobby Bazini. Comment pouvait-t-il rivaliser avec l’histoire de la musique avec un grand H?

En faisant jeu égal, tout simplement. Elles ont beau être jeunes, les I Wonder (magnifique), Turn Me On (bon funk) et autres Down On My Knees (nappée d’orgue B-3) du grand Bobby, avec neuf musiciens et choristes, on pense que tout son catalogue a été enregistré sur l’étiquette Stax, à Memphis, où Booker T. a amorcé sa carrière avec les M.Gs en 1962. Bazini se permet même de s’approprier avec brio You Haven’t Done Nothin’ (Stevie Wonder) et Fa-Fa-Fa-Fa-Fa (Sad Song) (Redding), cette dernière, en compagnie de Booker T. qui jouait avec le grand Otis dans les années 1960. Grand moment.

Bobby Bazini et Booker T. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

Bobby Bazini et Booker T. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

L’arme secrète de Bazini? Sa voix graveleuse dotée d’un timbre de papier sablé qui rappelle parfois les inflexions de Rod Stewart et le timbre de l’Écossais Paolo Nutini. Il peut ainsi interpréter Summertime comme si elle avait été écrite pour lui. Mais il devrait s’abstenir pour La vie en rose… Bel effort, mais cette voix si particulière est taillée sur mesure pour l’anglais. Pas d’explication rationnelle, ici. Simple constat.

Le jeune homme qui fait craquer les jeunes femmes (il fallait entendre les cris) n’a donc pas raté son coup à son premier passage à la Place des Arts. En fait, ce spectacle achevé ne fait que confirmer sa progression des dernières années. Et ce n’est pas fini.

(Critique) 3 juillet – Lucinda Williams/The Mavericks/Justin Townes Earle (salle Wilfrid-Pelletier) 19 h 30 : C’est vaste, l’americana. Et elle prend différentes formes. Pour Justin Townes Earle, fils du grand Steve, ça se conjugue avec des chansons douces amères ou grinçantes, qui contrastent avec le côté pince-sans-rire du monsieur. Une guitare et une voix. L’americana à sa plus simple expression, qui n’en est pas moins évocatrice. Rien à voir avec The Marvericks dont le terrain de jeu folk-country-rock-surf-garage rime avec fiesta.

Cela a tellement surpris les spectateurs venus principalement voir Lucinda Williams, qu’ils en sont restés bouche bée et assis (sauf deux dames qui dansaient au coin du parterre) quand le plus jouissif groupe tex-mex-mariachi-latino a ouvert le feu avec ses salves de guitares, de cuivres, d’orgue et d’accordéon. Comment peut-on demeurer assis durant Back In Your Arms Again? Il est vrai que les Mavericks en étaient à un tout premier passage dans la métropole en plus de 30 ans de carrière. Méconnaissance pardonnée.

Après une Ramblin’ Rose belle à faire pleurer, Raul Malo et ses copains ont remis le pied au plancher, et là, ils ont eu la foule à l’usure. Personne n’a ensuite touché le dossier de son siège jusqu’à la fin d’une heure torride conclue avec une délirante All You Ever Do Is Bring Me Down. L’americana festive, c’est ça.

Lucinda Williams, ses chansons et ses blessures. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

Lucinda Williams, ses chansons et ses blessures. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

Puis, Lucinda Williams s’est amenée avec son timbre de voix aussi rauque que certaines de ses chansons sont tragiques. Pose menaçante à la guitare, livraisons crues et intenses. Hormis un problème de micro durant Car Wheels On a Gravel Road, on plonge totalement avec elle. Et ça fait mal durant la bien nommée Broken Angel, l’erreur judiciaire racontée dans West Memphis et sa vision de la vie qu’elle résume dans When I Look at the World. Zéro filtre.

Mais ses chansons peuvent aussi être un exutoire quand Unsuffer Me et Honey Bee se transforment en brûlots, gracieuseté de son explosif trio de musiciens. Après une Get Right With God qui dit tout, quelle bonne idée de boucler cette prestation tripartite de quatre heures avec Rockin’ in the Free World. Car, l’americana, c’est aussi la liberté.

(Critique) 4 juillet – Pokey LaFarge (Club Soda), 18 h : En 19 années de couverture du FIJM, ça ne loupe pas. Le 4 juillet, mon parcours croise immanquablement des artistes américains. Sûrement un complot…. Samedi, Pokey LaFarge, trentenaire revisitant le swing, le jazz et le ragtime avait tout pour plaire avec un inventaire d’instruments (guitares acoustiques et électriques, contrebasse, batterie, banjo, trompette, saxophone, clarinette, harmonica, gazou, cuillères, planche à laver) à n’en plus finir.

Tout ce bazar permet à la foule de faire la fête et de danser sur des airs de ragtime (Underground), de hillbilly (Bowlegged Woman), de shuffle (Riverboat Shuffle), de western-swing (City Summer Blues) et de jazz festif digne d’être livré au Preservation Hall de La Nouvelle-Orléans (Wanna Be You Man). Éclectique, Pokey? Plutôt.

Pokey LaFarge: musique d'antan et chansons d'aujourd'hui. Photo courtoisie FIJM/Benoit Rousseau

Pokey LaFarge: musique d’antan et chansons d’aujourd’hui. Photo courtoisie FIJM/Benoit Rousseau

Ça explique la présence d’un public plus âgé que lui qui adore ces musiques du passé, mais aussi de spectateurs dans la vingtaine et trentaine encore plus nombreux, car les trois-quarts de ses chansons sont des compositions originales. Affiliation instantanée avec les gens de sa génération.

À son quatrième passage chez nous, LaFarge a joué presque tous les tires du tout chaud Something In the Water – bonne première impression -, sans omettre les rassembleuses La La Blues, Close the Door, ainsi qu’une tornade nommée Central Time. Si vous avez entendu les vitres du Club Soda trembler en marchant sur le boulevard Saint-Laurent à ce moment, voilà l’explication.

(Critiques) 5 juillet – Mika (salle Wilfrid-Pelletier), 19 h 30 et Joss Stone (Métropolis) 20 h 30 : Un artiste de première partie qui n’est pas annoncé au moment de mettre sous presse le programme du festival, cela arrive occasionnellement. Le hic, c’est que ça torpille drôlement la logistique quand Mika se pointe à 20 h 50 au lieu de 19 h 45 et que le journaliste doit être au Métropolis à 21 h 35 pour voir Joss Stone, qui a, elle aussi, un artiste qui la précède sur scène.

C’était donc écrit d’avance que le Britanicco-libanais n’allait avoir droit qu’à une quarantaine de minutes de mon attention. Quoique pour retenir l’attention, Mika s’y connaît : veston constellé d’étoiles, décor de carton-pâte (une métropole urbaine), musiciens compétents et quatre choristes en forme.

Mika: un feu d'artifice de musique pop. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

Mika: un feu d’artifice de musique pop. Photo courtoisie FIJM/Denis Alix

Avec une voix perchée, une dégaine spectaculaire, une théâtralité innée et un bon sens du rythme, Mika peut enchaîner un titre mélodique (No Place In Heaven), une chanson aux airs de comptine (Toy Boy) et une salve de pop pure (Popular Song) à volonté. Et lorsqu’il extirpe Grace Kelly de son sac, le parterre se lève, comme mû par un ressort. Un spectacle de Mika, c’est une invitation à la danse. Tout le monde bat la mesure durant Talk About You quand Mika glisse sur son piano. Et (Big Girl) You Are Beautiful provoque la même frénésie que la toute première fois qu’elle a été interprétée à Montréal.

Je me doutais que j’allais rater une jolie pétarade en quittant la salle Wilfrid-Pelletier, mais si la pop bonbon peut être délectable à petites doses, rien de tel qu’une chanteuse soul qui met ses tripes sur la table pour satisfaire son homme. Et Joss Stone a donné le ton d’entrée de jeu en liant deux de ses plus gros succès (You Had Me/Super Duper Love) comme s’ils avaient été créés ainsi. On se croyait déjà au rappel.

Souriante (comme toujours), sensuelle (plus que jamais) et de nouveau blonde (après quelques colorations capillaires excentriques), la chanteuse de 28 ans est dotée d’une assurance qui lui faisait défaut à 20 ans (c’est normal). Elle sait désormais mettre ses chansons en contexte et dialoguer avec la foule. Stone a même accepté de chanter Free Me – pas prévue au programme – à la suite d’une demande d’une spectatrice. Musicalement, elle refuse de faire du sur-place.

Joss Stone, une voix à déplacer des montagnes. Photo courtoisie FIJM/Victor Diaz Lamich

Joss Stone, une voix à déplacer des montagnes. Photo courtoisie FIJM/Victor Diaz Lamich

Beaucoup de nouvelles chansons (Love Me, Molly Town) à paraître sur son disque Water For Your Soul dans deux semaines (31 juillet) sont baignées dans des rythmes reggae ou latins (on pensait voir Shakira durant The Answer), influences jamais exploitées dans le passé. Une bonne note pour We Are Who We Are qui risque de devenir une incontournable.

Nul doute qu’on se rappellera des livraisons à couper le souffle de I Don’t Wanabe Your Landlord Anymore – uniquement accompagnée à la guitare acoustique – et de I Put a Spell On You – en mode blues électrique. Voix puissante et flexible parfaitement maîtrisée, surfant sur ses registres de mezzo-soprano et de contralto, Joss Stone a démontré que personne ne l’approche quand elle décide d’être à la fois Janis Joplin et Aretha Franklin durant la même chanson.

Mais elle est avant tout Joss Stone et personne d’autre quand elle interprète à fond la caisse Fell In Love With a Boy, où quand elle transforme avec ses musiciens le Métropolis en fournaise avec une version dégoulinant de funk de Some Kind of Wonderful d’une durée d’un quart d’heure. Lorsqu’elle a conclu le tout en lançant deux douzaines de roses blanches – une à une – dans la foule, on se disait que le FIJM se terminait sur deux jolis feux d’artifice.