Blogue de Philippe Rezzonico

Le virage du Festival d’été de Québec

mercredi 8 avril 2015 à 18 h 23 | | Pour me joindre

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Keith Urban sera pour la première fois au FEQ. photo promotionnelle.

Keith Urban sera pour la première fois au FEQ. Photo promotionnelle.

Keith Urban, le chanteur country, en tête d’affiche sur les plaines d’Abraham durant le Festival d’été de Québec? Oui, monsieur! Et ce n’est pas la seule surprise de la programmation 2015 du FEQ, qui annonce ses couleurs pour les années à venir.

Country, rock’n’roll (Rolling Stones), rock alternatif (Foo Fighters), hard rock (Nickelback), hip-hop (I AM, Iggy Azelea), électro (Skrillex), pop indie (Patrick Watson) : presque chaque soirée du festival, qui se déroulera du 9 au 19 juillet, a des airs de soirée thématique. C’est voulu et ça ressemble drôlement à un virage stylistique. Explications avec le directeur de la programmation du FEQ.

« C’est un tremplin pour un virage dans l’histoire du festival », déclare le directeur de la programmation du FEQ, Louis Bellavance. « Cette année, nous investissons 3 millions de plus dans la programmation pour un budget d’environ 11 millions de dollars C’est peut-être bien la plus grosse enveloppe pour un festival au Canada. Ça va nous permettre de changer le profil. »

Il y a 10 ou 15 ans, les artistes d’allégeance pop, pop-rock, rock et hard rock dominaient la programmation du FEQ. Cette année, les organisateurs proposent des affiches pour des publics fort différents. Et dans le lot, c’est peut-être la présence d’Urban qui est la plus étonnante.

« Le bassin d’amateurs de ce que je nommerais le nouveau country est énorme en Amérique du Nord. Ces jeunes artistes country ont élargi le genre. Si on va là et que ça marche, il y a 10 gros noms que je peux programmer dans les prochaines années. Ce n’est pas différent pour l’électro ou le hip-hop. »

Si la diversité d’une programmation permet de faire plaisir à un plus large public, un spectre musical plus étendu est désormais essentiel au FEQ en raison de la spécificité des plaines d’Abraham et de ses fameux laissez-passer.

« Nous avons un site qui offre une capacité unique, qui peut accueillir jusqu’à 150 000 personnes. Mais des artistes qui peuvent attirer 80 000 spectateurs ne sont pas légion. Le laissez-passer, qui permet d’assister aux 11 soirées du festival, est échangeable, mais si je concentre ma programmation sur un genre spécifique, c’est comme si les festivaliers redonnaient le billet à la même personne. Cette année, le public qui ira voir Iggy Azalea et celui qui ira voir les vétérans de Boston ne seront pas les mêmes. Ça aussi, ça s’inscrit dans notre désir d’attirer un plus jeune public, comme on l’a déjà fait en invitant LMFAO.

« Certaines villes comme Montréal ont des festivals de niche. Nous, nous sommes un gros événement bulldozer qui ratisse large. Nous voulons varier les publics. Nous avons déjà présenté Placido Domingo, en 2009. Je referais une soirée de musique classique n’importe quand, même si c’est un véritable casse-tête que de trouver un équilibre entre tous les genres. »

Les exclusivités

Cette année, les grosses prises du FEQ sont les Rolling Stones, qui ne donnent qu’un spectacle en sol canadien cet été, et les Foo Fighters, dont le passage à Québec se voudra la seule escale québécoise. Est-ce la clé, cette notion d’exclusivité?

Les Foo Fighters donneront un seul spectacle au Québec cet été. Photo promotionnelle.

Les Foo Fighters donneront un seul spectacle au Québec cet été. Photo promotionnelle.

« Non. C’est de bâtir la meilleure programmation. Mais c’est un élément important qui te permet d’afficher ta personnalité. Cette année, un doublé comme les Stones et les Foo Fighters, ça frappe l’imagination, c’est vrai. Mais comme on savait que les Stones voulaient aller dans des marchés qu’ils n’avaient pas visités récemment et qu’ils faisaient une tournée de stades, on répondait à tous les critères.

« Quant aux Foo Fighters, ils n’avaient pas de restrictions. Ils font des stades, des arénas et des parcs de baseball. Ils font beaucoup de bruit, on les a vus à la télé [dans la série documentaire Sonic Highways] et nous sommes choyés de les avoir, alors qu’ils amorcent le cycle de leur nouvel album. »