Blogue de Philippe Rezzonico

Heavy Montréal : la loterie Metallica

vendredi 8 août 2014 à 10 h 59 | | Pour me joindre

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James Hetfield, de Metallica, au festival Glastonbury en juin. Photo AP/Joel Ryan

James Hetfield, de Metallica, au festival Glastonbury en juin. Photo AP/Joel Ryan

Vous voulez entendre Creeping death, Whiplash, Ride the lightning, Fade to black, Master of puppets ou The shortest straw? Amateurs de Metallica, il n’en tient qu’à vous, car la prestation que livrera le légendaire groupe métalloïde, samedi, au festival Heavy Montréal, sera taillée sur mesure selon vos goûts.

En effet, ce sont les fans du groupe californien formé il y a plus de trois décennies qui détermineront la sélection des chansons présentées. Cet élément participatif du public vient s’ajouter au fait que ce spectacle de Metallica est le seul offert en Amérique du Nord cet été. Rarissime, dans les deux cas.

Les spectateurs qui se sont procuré un billet pour le festival, qui aura lieu au parc Jean-Drapeau samedi et dimanche, ont reçu un code d’accès Internet leur permettant de dresser leur liste de rêve de chansons assourdissantes sur le site de Metallica.

Les amateurs sont invités à choisir 17 titres parmi le répertoire du groupe. Seuls les détenteurs de billets peuvent se prévaloir de ce droit. Les gars de Metallica ajouteront une chanson de leur choix au programme, comme ils l’ont fait lors de leur tournée en Amérique du Sud et en Europe plus tôt cet été.

Dans le fond, c’est comme à la loterie : vous achetez un billet, vous choisissez des chansons au lieu de numéros, et vous espérez qu’elles seront jouées pendant le spectacle. Entre nous, vous serez moins déçus qu’à la loterie.

Les favorites

À Bogota, ce sont Master of puppets, One, Enter sandman, Fade to black et Seek and destroy qui ont obtenu le plus de votes. À Vienne, Enter sandman et Nothing else matters occupaient les deuxième et cinquième positions. On a pu constater que l’album « noir » de 1991 était plus prisé par le public d’Autriche que par celui de Santiago, car des classiques des années 1980 tels Battery, Seek and destroy et …And justice for all figuraient aux positions 5 à 7 au Chili. Des puristes, ces Sud-Américains.

Que nous réserve l’escale québécoise? Selon les échanges lus sur les réseaux sociaux, il semblerait que les festivaliers vont favoriser les titres des albums de la première heure Kill ’em all (1983), Ride the lightning (1984), Master of puppets (1986) et …And justice for all (1988). Une évidence : nous allons entendre Master of puppets. Le titre fédérateur de Metallica a obtenu le plus de votes dans les 24 villes où le spectacle a été présenté.

Il sera intéressant de revoir le groupe sur le site où il a fait le plein de spectateurs en 2003 (42 000 billets vendus), bien avant que les festivals Heavy Montréal et Osheaga établissent leurs quartiers généraux au parc Jean-Drapeau. On pourrait frôler ce chiffre d’assistance samedi soir.

Il y a plusieurs scènes à Heavy Montréal. Mais dès que James Hetfield, Lars Ulrich, Kirk Hammett et Robert Trujillo s’amèneront sur les planches à 20 h 15, il n’y aura plus aucun autre spectacle en cours. Tous les festivaliers vêtus de noir – couleur dominante de la communauté métal – vont converger vers un même point. Grosse congestion à prévoir.

Métal, punk et rock

Le festival propose une foule d’artistes dont la musique martèle les tympans (Slayer, Lamb of God, Anthrax, Voïvod, Unearth). Cependant, en 2014, Heavy MTL est devenu Heavy Montréal afin d’intégrer à sa programmation des groupes ayant d’autres allégeances musicales que le métal à dominante trash, speed ou rap.

On trouve donc sur l’affiche The Offspring, Bad Religion et Pennywise, qui sont d’ordinaire des clients pour le très punk Vans Warped Tour, et Twisted Sister qui, ma foi, pourrait être une tête d’affiche d’un festival rock rétro des années 1980.

Comment ces genres – et leurs clientèles respectives – cohabiteront-ils au sein de ce festival qui, depuis ses débuts, exploite une frange lourde? Peut-être le feront-ils aussi bien que le rock alternatif, le hip-hop, la pop et l’électro à Osheaga. Cela dit, si j’étais résident de Saint-Lambert, j’aurais une petite crainte en vue de ce week-end…