Blogue de Philippe Rezzonico

Le répertoire sans fond du piano man

jeudi 10 juillet 2014 à 16 h 21 | | Pour me joindre

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Billy Joel au Madison Square Garden au mois de mai. Photo AP/Scott Roth

Billy Joel au Madison Square Garden au mois de mai. Photo AP/Scott Roth

Les noms de Lady Gaga et de Bruce Springsteen ont circulé il y a quelques mois, quand les médias cherchaient à dévoiler en exclusivité l’identité des vedettes qui allaient se produire au Festival d’été de Québec. La rumeur s’est confirmée pour la gaga de lady, mais c’est finalement un contemporain de Springsteen, Billy Joel, qui se pointe sur les plaines d’Abraham vendredi. Déçus, gens de Québec? Il ne faut pas.

Le nom de Billy Joel ne vient jamais au premier rang quand on dresse la liste des grandes vedettes musicales pop-rock des années 1960 et 1970 toujours en activité. Ceux de Paul McCartney, des Rolling Stones, de Roger Waters et d’Elton John, notamment, viennent d’emblée en tête. Et pourtant…

Même après des décennies de carrière, Joel, 65 ans, demeure l’un des secrets les mieux gardés de la chanson. Cela tient en partie au fait que son œuvre est méconnue. Petit test. Nommez, de mémoire, de 5 à 10 succès des Rolling Stones. Puis autant de titres d’Elton John. Vous devriez y arriver sans trop forcer dans les deux cas.

Maintenant, nommez 10 chansons tirées du répertoire de Billy Joel. J’attends. J’attends toujours… Difficile, n’est-ce pas? Il y a Piano man, Just the way you are, You may be right, It’s still rock n’ roll to me et Scenes from an Italian restaurant.

Mais aussi Movin’ out (Anthony’s song), Miami 2017 (Seen the lights go out on Broadway), The river of dreams, We didn’t start the fire, My life, Big shot, Zanzibar, Uptown girl, A matter of trust, Allentown, New York state of mind, Don’t ask me why, She’s always a woman et An innocent man, toutes aussi bonnes, même si certains titres n’évoquent pas instantanément une mélodie dans notre tête.

Le catalogue de Joel est sans fond. Comme pour Bob Seger ainsi que pour Tom Petty et ses Heartbreakers, on se présente à un spectacle de l’ami Billy, et presque à chaque amorce de chanson, on se dit : « Ah oui, je la connais celle-là », ou encore, « C’est de lui, cette chanson? »

Le roi de New York

Avec les années, Joel est devenu le roi de la Big Apple. En 2006, il s’est offert une série de 12 spectacles au Madison Square Garden, qu’il a immortalisée sur le disque intitulé Billy Joel 12 Gardens live.

À la fin 2013, il a décidé de jouer dans la mecque new-yorkaise aussi souvent qu’il le désirait. Désir de semi-retraité, ici. Depuis le mois de janvier, il se produit au moins une fois par mois au MSG. Les sept premiers spectacles ont affiché complet et ceux de août à novembre le sont déjà. Si vous n’êtes pas à Québec ce soir, il reste quelques billets pour la prestation du 18 décembre.

Au-delà des chiffres, la popularité de Joel se mesure depuis des années par l’accueil de la foule et par le respect de ses pairs. Si vous étiez au spectacle conjoint d’Elton John et de Billy Joel au Centre Bell en 2009, vous savez que la dernière chanson interprétée fut Piano man. Même Elton le sait : Piano man, c’est le sommet. On termine la soirée avec ça.

À New York, en décembre 2012, lors du spectacle 12.12.12 dont les fonds étaient versés aux victimes de l’ouragan Sandy, il fallait entendre sur place l’accueil réservé à Joel et la réaction de la foule en écoutant New York state of mind. J’en ai encore des frissons. Toujours là pour se battre pour les bonnes causes, Billy. C’est dans sa nature de boxeur (NDLR : il a boxé au niveau amateur durant sa jeunesse).

Et l’homme correspond bien à l’image sympathique qu’il projette. Joel, c’est le genre d’artiste qui compose lui-même votre numéro de téléphone et qui vous donne 75 minutes au bout du fil alors que l’entrevue est prévue pour 30.

Bref, vendredi soir, pour le tout premier spectacle de Joel offert à Québec depuis le début de sa carrière, ça va forcément être moins explosif qu’avec Lady Gaga, Young the Giant ou peut-être The Killers. Mais au volume de succès certifiés que Joel va interpréter, personne, vraiment personne ne va vous en offrir autant que lui.