Blogue de Philippe Rezzonico

Célébrer l’Asie durant le mois de mai

vendredi 3 mai 2013 à 13 h 07 | | Pour me joindre

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La pianiste Charity Chan. Photo courtoisie Festival Accès Asie.

Il y a le Mois de la culture, le Mois de la photo, le Mois de l’Afrique et celui de l’histoire des Noirs. Le mois de mai, pour sa part, est celui du patrimoine asiatique et le Festival Accès Asie de Montréal vous permet de découvrir la culture et l’art de ce continent, sans devoir parcourir des milliers de kilomètres.

Ce festival ne date pas d’hier. Il existe depuis 1995, soit bien avant que le Sénat canadien désigne le mois de mai comme étant le Mois du patrimoine asiatique, en 2001. Précurseur, cet événement annuel, qui se poursuit jusqu’au 19 mai, est également le plus ancien du genre au Canada.

Comme l’Amérique, l’Europe et l’Afrique, l’Asie possède sa propre culture et ses codes. Le festival propose des événements culturels dans divers milieux (cinéma, littérature, musique, arts visuels, danse, poésie, etc.), dont les nouveaux médias. Les artistes qui prennent part à l’événement proviennent de Singapour, du Japon, de l’Inde, de l’Iran, de la Chine et, bien sûr, du Québec et du Canada.

Si le but est de faire découvrir l’Asie aux Québécois par l’entremise de sa culture, le festival a aussi des visées sociales. Son mandat est de rapprocher les communautés, de faire preuve de plus de tolérance et de dissiper des stéréotypes existants. Le directeur artistique de l’événement, Khosro Berahmandi, met les choses en perspective.

« Le festival est né il y a près de 20 ans et il visait à combler un espace vide quant à la culture asiatique », explique-t-il. « Il y avait aussi une forme d’activisme culturel. Il faut se rappeler que les premières générations d’immigrants asiatiques étaient assez renfermées sur elles-mêmes et qu’elles se regroupaient dans des quartiers que certains percevaient comme des ghettos. »

La troupe de danse Panama sera au spectacle Vent d’Asie, présenté le samedi 18 mai sur la place des festivals. Photo courtoisie Festival Accès Asie.

« Aujourd’hui, nous avons désormais des deuxièmes et troisièmes générations d’asiatiques bien intégrées à la société québécoise », note Khosro Berahmandi, lui-même un exemple parfait de cette intégration. Né en Iran et immigré en France, cet artiste peintre est désormais établi au Canada depuis deux décennies. « Et nous croyons que l’art est toujours un véhicule idéal pour rapprocher les sociétés. »

À sa première année à la direction artistique du festival, le Québécois d’adoption inscrit son travail dans la continuité de celui de l’ex-directrice Janet Lumb, qui a occupé ce poste durant 17 ans. À l’approche du 20e anniversaire de la création du festival, celui qui fut tour à tour artiste, bénévole, commissaire, travailleur contractuel et puis directeur général du festival depuis 2002 espère une intégration plus élargie pour les années à venir.

« Nous voulons consolider les bases du festival qui est déjà bien implanté. Nous voulons avoir une programmation variée qui fait une belle place à l’art contemporain. Et nous aimerions bien que les célébrations débordent des limites du festival. Que la ville de Montréal, par exemple, célèbre le patrimoine asiatique durant tout le mois de mai. »

L’invitation est lancée.

Le site web du Festival Accès Asie.

Arts visuels : Absence et présence. Une exposition de toiles de Verona Sorensen et de Kahim Goh, qui explorent les thèmes de l’absence et de la présence, par l’entremise d’une réflexion sur la vie et la mort, entre l’abstrait et le figuratif. Jusqu’au 2 juin, à la maison de la culture du Plateau Mont-Royal.

Nouveaux médias : La mer sourit au loin, dents d’écume, lèvres de ciel. Les effets de la guerre mesurés par les Iraniennes Ila Firouzabadi et Payam Mofidi par l’entremise de projections, avec la complicité des spectateurs qui jouent un rôle interactif. Le 10 mai à Oboro.

Concert : Musique classique de l’Inde du Nord. Kiran Hegde, au bansuri (flûte indienne), offrira un concert de musique classique de son pays (musique hindoustani) avec le Montréalais Shawn Mativetsky. Le 11 mai, à l’auditorium de la Grande Bibliothèque.

Musique, littérature et poésie : Miroir-Lune. Un partage littéraire et musical entre l’écrivain Houman Zolfaghari, qui se définit comme un poète-mathématicien, et la pianiste Charity Chan, qui cherche son inspiration dans les sonorités alternatives des ivoires au piano. Le 16 mai à 20 h, à la maison de la culture du Plateau Mont-Royal.

Danse : Danse X. Une série comprenant les créations Flight distance III : chain suite, d’Hélène Simoneau, Hetero (« autre », en grec), de Teita Iwabuchi et Kaori Seki, ainsi que Kairos, de Su Hyun Kim et Jong Won Heo. Les 17, 18 et 19 mai, au Studio Hydro-Québec du Monument-National.