Blogue de Philippe Rezzonico

Montréal en lumière: festival rassembleur, familial et éclectique

mercredi 20 février 2013 à 15 h 57 | | Pour me joindre

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La grande glissade urbaine sur le site de Montréal en lumière
La grande glissade urbaine sur le site de Montréal en lumière

Qu’ont en commun le Festival international de jazz de Montréal, le Carnaval de Québec, Juste pour rire, le Bal de neige, Nuits d’Afrique, Montréal complètement cirque et le Festival international de littérature? Un créneau (jazz, carnaval, musique africaine, rire, cirque, neige, littérature) qui définit d’emblée son genre ou sa spécificité.

Montréal en lumière? C’était un peu flou, il faut l’admettre. Mais à l’aube de sa 14e édition, le festival montréalais est non seulement devenu un incontournable, il est peut-être le plus rassembleur et éclectique de la métropole québécoise. Analyse d’un succès de longue haleine.

En voulant présenter un événement annuel où musique, chanson, gastronomie, danse, théâtre et activités extérieures se côtoyaient, le festival mis sur pied par l’Équipe Spectra était – volontairement – éparpillé dès le départ.

Hormis le volet gastronomique qui fut pratiquement un succès instantané, cela a demandé quelques années au public pour développer une assiduité et trouver ses repères, d’autant plus que le site extérieur a été déplacé plusieurs fois.

En revanche, ce qui avait été parfaitement ciblé, c’était le moment de la tenue du festival : le mois de février. Dans une ville où les festivals estivaux se suivent à un rythme soutenu et se chevauchent parfois, il y avait là un créneau de choix à prendre. On note que l’Igloofest a su faire la même chose que Montréal en lumière (MEL) en s’appropriant le mois de janvier ces dernières années.

La ténacité des organisateurs de MEL a payé et l’arrivée en 2004 de ce qui allait devenir son événement-phare (La nuit blanche) a dynamisé ce festival. Quelle idée, quand même… Passer la nuit debout à voir des spectacles, faire des randonnées culturelles et visiter des musées. Fallait y penser.

La nuit blanche qui aura lieu le samedi 2 mars en sera à sa 10e présentation en 2013. L’an dernier, 300 000 festivaliers y ont participé, ce qui représente le tiers de l’achalandage de Montréal en lumière qui est désormais de 900 000 personnes. Ce nombre n’est inférieur que de 100 000 visiteurs à la moyenne annuelle des FrancoFolies qui avoisine le million de festivaliers.

Le talent local

Avec les années, MEL est devenu un pôle d’attraction pour les artistes locaux. La période comprise entre la mi-février et la mi-avril est propice aux premières et aux lancements, et les artistes ont vu l’avantage de l’encadrement d’un festival. Durant les FrancoFolies, avec plus de 350 spectacles en salles en 10 jours, un artiste est noyé dans la masse.

À Montréal en lumière, qui présente trois fois moins de spectacles par jour qu’aux Francos, la visibilité est donc plus grande. Cette année, Andrea Lindsay et Luc De Larochellière, Karim Ouellet, Jipé Dalpé, Catherine Durand, Fanny Bloom, Moran, Elisapie, Marie-Josée Lord et Dany Placard y feront leur rentrée montréalaise, tandis que Gaële et Anik Jean offriront des spectacles-lancements.

L’événement à ne pas rater est sans conteste le spectacle de Pierre Lapointe, qui livrera une prestation unique pour MEL. Car le spectacle qu’il présentera le 26 février au théâtre Maisonneuve pour la sortie de son nouvel album Punkt, ne sera pas le même que lors de la tournée qui va suivre. Au moment où vous lisez ces lignes, pas moins de 40 artistes et collaborateurs (!) ont répété sur scène avec Lapointe. Ça va faire boum!

L’absence de contraintes

Mais ce qui fait peut-être bien la force du volet arts et spectacles de Montréal en lumière, c’est son absence de divisions. Au Festival international de jazz de Montréal (FIJM), il n’y a pas de musique francophone – ou si peu – et qu’une poignée d’artistes pop. Aux Francos, on ne chante qu’en français. Mais à MEL, on peut tout faire.

 Cette année, par exemple, nous avons droit à Diana Krall, une habituée du FIJM; au Français M, un fidèle des Francos; au pianiste Alain Lefèvre, un abonné des scènes internationales de musique classique; et à The Zombies, ces revenants légendaires des années 1960 que personne n’est habitué à voir nulle part.

Ce qui était un désavantage (éparpillement) quand le festival faisait ses premiers pas et était méconnu est devenu un avantage (diversité) maintenant qu’il est solidement ancré dans les habitudes des Montréalais et des Québécois.

Avec Les muses orphelines, Trad et Marius et Fanny pour le volet théâtre, la gastronomie de Buenos Aires, le tango avec Pista Tango, les projections architecturales dans le Quartier des spectacles, les prestations extérieures (Dumas, Pascale Picard, Boogat) et le retour de la glissoire sur l’esplanade de la Place des Arts, Montréal en lumière ressemble à son volet gastronomique : un festival devenu un immense buffet où tout le monde peut se servir.

Finalement, Vincent Vallières se trompe quand il dit que le deuxième mois de l’année est un « maudit mois malfaisant » dans sa chanson Février. Bien au contraire, février est le mois où l’on s’éclate. Et ça risque de se produire plusieurs fois entre le 21 février et le 2 mars.

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