Blogue de Philippe Rezzonico

Les nouveaux classiques à saveur de souvenirs d’enfance

Lundi 10 décembre 2012 à 15 h 46 | | Pour me joindre

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Le film Histoire de jouets 3 (2010) (Photo : Walt Disney Pictures)

Qu’est-ce qu’un classique, qu’il soit issu du cinéma, de la musique ou de la littérature? Inutile d’aller voir la définition dans le dictionnaire. Elle serait probablement incomplète.

Très souvent, c’est le temps, et uniquement lui, qui confère à une œuvre son statut de classique. Mais parfois, une œuvre obtient le qualificatif dès sa création ou sa première diffusion. Allez donc savoir pourquoi…

Ce qui nous mène aux nouveaux classiques du temps des Fêtes. Comme les classiques d’antan, ils procurent un sentiment de bonheur et de réconfort. Ils ont beau être jeunes, on veut les revoir et les réentendre comme des œuvres qui marquent la mémoire de plusieurs générations. C’est d’autant plus vrai quand ils nous rappellent des souvenirs d’enfance que l’on pourra raviver au Cinéma des Fêtes à Radio-Canada.

Les jouets humains

Quand j’étais petit, j’avais une capacité phénoménale à repérer le rayon des jouets dans les grands magasins. Dès que l’on entrait dans le commerce, je me dirigeais dans la bonne direction sans l’aide de mes parents, qui n’en revenaient pas. À l’époque (les années 1960), les petits garçons jouaient avec des camions de métal, des Lego et des G.I. Joe première génération (ceux avec la similibarbe). Au petit écran, on regardait Les sentinelles de l’air, Bobino et Sol et Gobelet.

Mais des amis comme Woody le shérif et Buzz le cosmonaute, nous n’en avions pas. Certes, nous admirions plein de personnages (Blanche-Neige, Peter Pan, Cendrillon), nous avions des créatures bizarres (les Banana Splits, Gumby, Squiddly Diddly et des tas de copains animaliers (une centaine de dalmatiens, une demi-douzaine d’aristochats, Bambi), mais des jouets vivants, pas vraiment.

Ceux du petit Andy découverts par le grand – et petit – public dans Histoire de jouets (Toy story) étaient captivants au possible. En 1995, le cinéma d’animation n’avait plus rien à voir avec les films des années 1950 et 1960. Les jouets en question n’étaient pas tous très gentils entre eux, il est vrai, mais ils ont séduit tout le monde.

Histoire de jouets est devenu instantanément un classique. Et une franchise du même coup. Après un deuxième volet en 1999, on retrouve dans le dernier épisode de la trilogie Woody, Buzz et de nouveaux personnages comme l’ours en peluche rose Losto ainsi que Ken et Barbie. Les jouets sont maintenant dans une garderie qui cache quelques secrets. Suspense. Évidemment, vous savez déjà que cela va bien se terminer. Il en est toujours ainsi avec les jouets. Mais le plaisir, c’est le temps que l’on va passer avec eux.

Histoire de jouets 3 (2010) : diffusion le 21 décembre

Le pouvoir de la musique

Au-delà de ses qualités intrinsèques, la musique est bien plus qu’un art. La musique fait sourire et vibrer, elle émeut. Certains lui attribuent des effets thérapeutiques. Mais plus que tout, la musique a un effet rassembleur.

C’était déjà patent lorsque, gamin, je m’installais lors d’une soirée pluvieuse à regarder pour la énième fois un film médiocre d’Elvis ou des chefs-d’œuvre comme West side story et La mélodie du bonheur. Peu importe la qualité du film, dès que les chansons et la musique se faisaient entendre, la magie opérait.

Situation identique avec le film de Christophe Barratier, Les choristes. Dans ce film dont l’action se situe en 1948, Clément Mathieu (Gérard Jugnot), un professeur de musique sans emploi, accepte un poste de surveillant dans un internat de rééducation pour mineurs. Et le nouveau surveillant n’apprécie guère le système répressif appliqué par le directeur.

La solution : l’apprentissage de la musique et du chant choral. C’est tout simple, mais ça fonctionne. La musique devient une quête, élément rassembleur et vecteur de beauté. La chorale des jeunes épate et le talent individuel de l’enfant à la voix d’ange nous transporte. Et une chorale de ce calibre, c’est idéal pour le temps des Fêtes.

Les choristes (2004) : diffusion le 22 décembre

Le film Ratatouille (2007) (Photo : Walt Disney Pictures)

Quand est-ce qu’on mange?

J’ai probablement entendu le mot ratatouille pour la première fois vers l’âge de 5 ou 6 ans. Je n’avais pas encore lu une seule des aventures de Lucky Luke, mais je connaissais déjà par cœur la phrase mémorable d’Averell Dalton : « Quand est ce qu’on mange? »

C’est probablement à la suite de cette question quotidienne que ma mère m’a répondu : « On mange de la ratatouille. » Quid? La composition du plat en question n’était pas une évidence pour l’enfant que j’étais, mais c’était bien bon : goûteux et copieux.

J’ai pensé à ce souvenir d’enfance dès les premières minutes de Ratatouille, le film. En fait, avant même les premières images… Quelle idée, quand même! Créer une situation où un rat avec des prétentions de grand chef transforme la vie d’un cuistot sans envergure dans un grand restaurant de Paris. Les rats, d’ordinaire, sont la terreur de n’importe quelle brigade culinaire.

Bref, cette ratatouille cinématographique animée, épicée et relevée nous donne le goût de passer à table tout le long du film. Ça tombe bien, elle est diffusée une journée où on s’empiffre joyeusement.

Ratatouille(2007) : diffusion le 25 décembre