Blogue de Philippe Rezzonico

Temps des Fêtes : les classiques revisités

Lundi 3 décembre 2012 à 10 h 41 | | Pour me joindre

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Alice in Wonderland (2010), réalisé par Tim Burton.

L’arrivée de décembre annonce celle du temps des Fêtes. Ce sont les retrouvailles en famille, la présence d’amis chers, les grandes tables garnies de bouffe goûteuse, les jolis verres remplis de bulles… et des heures passées devant un écran à regarder des classiques en bonne compagnie.

Les classiques que l’on aime revoir ou faire découvrir à notre progéniture sont nombreux. Il est bon de revoir des films qui ont marqué plusieurs générations tels A wonderful life, Bambi ou Le père Noël est une ordure, selon les préférences.

Mais si chaque saison des Fêtes ne servait qu’à revoir des classiques dans leur forme cinématographique originale, ce ne serait qu’un éternel recommencement. Ce qui est intéressant, c’est de voir sous un jour nouveau des œuvres qui ont été des classiques à une autre époque, parfois même sous une autre forme.

C’est le cas des trois sujets classiques retenus ici que l’on pourra apprécier dans des contenants contemporains au Cinéma des Fêtes à Radio-Canada.

La reine Agatha et le brillant Hercule.

Le nombre d’écrivaines qui versent dans le genre policier n’a cessé de croître depuis les années 1950, mais Agatha Christie fut une pionnière dès la fin de la Première Guerre mondiale.

Quand Cinq petits cochons fait l’objet d’une prépublication en 1941, l’écrivaine anglaise a déjà plus de 20 ans d’énigmes et de cadavres derrière elle. Cinq petits cochons est intégralement publié en 1942, en pleine guerre. Est-ce la raison pour laquelle le roman a eu moins de résonnance que certains de ses prédécesseurs?

À sa façon, ce classique de la littérature policière a néanmoins une approche rarissime pour une aventure du détective Hercule Poirot : le crime potentiel a eu lieu 14 ans plus tôt et le Belge doit mener l’enquête sans aucune preuve matérielle.

Hercule Poirot (Photo : Agatha Christie Ltd)

Contrairement à des romans tels Le crime de l’Orient-Express, Dix petits nègres et Mort sur le Nil, qui ont eu droit à une adaptation au grand écran, Cinq petits cochons a exclusivement été adapté pour la télévision.

L’apport de l’impeccable David Suchet (Hercule Poirot) dans la série-fétiche nous permet d’apprécier le savoir-faire d’Agatha Christie au petit écran. Ici, nous replongeons dans cette histoire où Poirot est réquisitionné par une dame qui veut savoir si sa mère, condamnée pour le meurtre de son père, était réellement coupable.

Cinq suspects : un seul meurtrier. Trouverez-vous lequel?

Hercule Poirot : 5 petits cochons (2003) : diffusion le 14 décembre

Une petite fille et son univers

Né de la plume de Lewis Carroll en 1865, Alice au pays des merveilles est un classique qui n’a pas pris une ride après plus de 150 ans. Le proverbe est bien vrai : les écrits restent.

Lors de sa publication originale, le texte de Carroll était accompagné de dessins de l’illustrateur John Tenniel. Depuis lors, l’ouvrage littéraire a constamment été réimprimé pour le bonheur de multiples générations de lecteurs.

Pas moins de cinq adaptations cinématographiques – incluant deux films muets – ont été réalisées avant la Deuxième Guerre mondiale. Mais sans contredit, paru pour la première fois en 1951, c’est le film d’animation de Walt Disney qui demeure le classique absolu.

Cela prenait toutefois quelqu’un avec du culot et de la vision pour revisiter l’histoire de Carroll. Tim Burton était le réalisateur tout désigné pour ça. Son Alice (Mia Wasikowska) a maintenant 19 ans et elle tombe dans le terrier du lapin à redingote pour faire la connaissance de tous ces personnages (le chapelier fou, le chat du Cheshire, le lièvre de Mars, le jeu de cartes) vraiment peu orthodoxes.

Mais la belle Alice ne se souvient plus de son premier passage dans cet univers alors qu’elle était enfant, alors que tous les personnages se souviennent d’elle. Bien mieux, c’est Alice qui devra rétablir l’équilibre rompu par Iracebeth, la reine de cœur (Helena Bonham Carter), dans ce monde fantastique, absurde et bizarre.

Cette version de Burton est sûrement moins rassembleuse que celle de Disney, mais elle demeure fort audacieuse.

Alice au pays des merveilles (2010) : diffusion le 4 janvier

Viva Pancho!

Pancho Villa est plus qu’un classique. C’est un personnage historique. Remarquez, quand vous avez moins de 10 ans et que vous regardez la version cinématographique de 1968, mettant en vedette Yul Brynner, Robert Mitchum et Charles Bronson, vous vous dites sans l’ombre d’un doute que le monsieur est un personnage fictif créé pour les besoins d’un bon western.

Pour être franc, quand j’étais petit, je croyais que Pancho Villa, c’était le nom du Mexicain géant (97 pieds de haut) qui tient la pancarte « South of the border » du commerce situé entre la Caroline du Nord et la Caroline du Sud. Non, lui, c’est Pedro. Et il est né en 1949.

Le film Pancho Villa dans son propre rôle (Photo : HBO Films)

Pancho Villa, de son côté, était un vrai bandit et un voleur dès sa prime jeunesse. Il allait devenir général et acteur majeur de la révolution mexicaine dans les années 1910. Ce personnage coloré avait un esprit tordu et aimait retenir l’attention. Dès 1914, il a signé avec la compagnie américaine cinématographique Mutual Film Corporation un contrat de 25 000 $ donnant l’exclusivité à cette dernière de filmer ses combats. Ça lui permettait de financer sa révolution.

C’est principalement sur cet aspect que repose la version 2003 de ce film sur Villa, campé par Antonio Banderas qui semble être né pour jouer ce personnage plus grand que nature. Il y a un passage où l’un des réalisateurs de la Mutual Film Corporation demande à Villa de modifier son attaque de l’est à l’ouest… afin d’obtenir de meilleures images.

Ça ne pouvait pas s’inventer…

Pancho Villa dans son propre rôle, diffusion le 18 décembre