Blogue de Philippe Rezzonico

Le costume – comme l’habit – fait le moine

lundi 22 octobre 2012 à 14 h 10 | | Pour me joindre

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Gene Simmons et Paul Stanley, du groupe Kiss. (Photo : Chris Young | PC)

L’habit ne fait pas le moine, dit le proverbe. Rien de plus faux dans le vaste monde culturel, où accessoires, habits, vêtements, costumes et déguisements permettent aux artistes et aux personnages de frapper l’imagination populaire. Parfois, cela devient même un culte qui perdure durant des générations.

Cinéma, musique, illustrés, télévision : le monde culturel foisonne de figures marquantes et de costumes qui ont fait l’histoire. Le fait d’en porter quelques-uns (l’Halloween approche, après tout) ne fait pas de vous une vedette à part entière, mais cela a le mérite de transformer votre quotidien.

Dossier : Trafic d’apparence : le costume de Tartuffe à Kiss

Audrey Hepburn (la robe noire) : Des tas de femmes l’ont portée avant elle, et bien d’autres le font depuis, mais la robe noire que portait Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s (1961) demeure l’indémodable référence des tenues de soirée. La classe.

Batman : Il y a eu le costume aux oreilles molles porté par Lewis Wilson dans la minisérie télévisée de 1943, celui en tissu synthétique d’Adam West durant les années 1960, ceux, plus sombres et robustes, de Michael Keaton et George Clooney à la fin du 20e siècle et celui, plus récent et blindé comme un char d’assaut, de Christian Bale. Le costume de la chauve-souris a un pouvoir d’attraction inégalé auprès des tout-petits – et parfois des plus grands – depuis près de 70 ans.

Baywatch (le maillot rouge) : Je n’ai vu aucune femme avec un maillot rouge sur la plage de Malibu comme ceux portés par Pamela Anderson, Yasmine Bleeth ou Gena Lee Nolin dans la populaire série télévisée (1989-2001). Pourtant, ils furent plus remarquables et remarqués que le jeu des acteurs et actrices.

Darth Vader, dans Star wars – episode IV: a new hope (Photo : TM & © 2012 Lucasfilm Ltd.)

Darth Vader : Depuis 1977 et la sortie de Star wars, aucun costume n’aura été aussi marquant que celui de Darth Vader. La stature, la forme menaçante du masque, la cape et la voix grave d’outre-tombe de James Earl Jones : tous les ingrédients du succès y sont. Une mention spéciale aux soldats de l’Empire dans l’univers de George Lucas.

Diane Dufresne : En 1973, Diane Dufresne cachait ses seins nus sous la peinture du drapeau du Québec sur la pochette de son disque. Puis, il y a eu Stella Spotlight dans Starmania, les robes impensables de Magie rose, celles avec les traînes interminables, les chapeaux invraisemblables… Diane Dufresne représente pratiquement à elle seule l’évolution des costumes de scène dans le monde musical au Québec.

Le film Dracula (1931) (Photo : AP Photo / Universal Pictures)

Dracula : Reprise dans à peu près tous les domaines de la culture populaire (littérature, cinéma, illustrés, télévision), la figure emblématique du célèbre vampire est encore plus populaire à cette période de l’année. N’oubliez pas de bien laver vos faux crocs…

Elvis : Le complet or était aussi kitsch que révolutionnaire en 1957, mais ce sont les costumes de scène apparus au tournant des années 1960 et 1970 – les fameux jumpsuits (combinaisons-pantalons) – qui auront retenu l’attention : tissus extensibles, paillettes, franges, foulards, pantalons pattes d’éléphant… Plus Elvis prenait de l’embonpoint, plus les costumes étaient affreux, mais ne le dites surtout pas à Elvis Gratton.

Elton John : Les femmes ont leur coiffeur, Elton possède ses lunettes, ses chapeaux et ses flamboyants costumes. Ça prendrait un musée pour mettre en vedette toutes les tenues du Captain Fantastic, héritier vestimentaire de Liberace.

Les groupes pop des années 1960 : Durant cette décennie, faire partie d’un groupe de musique impliquait parfois de revêtir un complet ou un habit proche de l’uniforme. Les Beatles (complets avec col chinois, costumes de Sergent Peppers), les Beach Boys (chemises estivales rayées), Paul Revere & the Raiders (uniformes de l’armée américaine), Les Classels (vêtements blancs), Les Habits jaunes (dois-je préciser?) et César et les Romains (comme dans les albums d’Astérix) auront marqué l’histoire.

Les films d’époque : Sheakspeare in love, Les trois mousquetaires, Amadeus, Interview with a vampire, La reine Victoria, etc. Les films d’époque méritent un coup de chapeau  Rarement les costumes, les styles de coupes et les textures sont aussi bien exploités que dans les films d’époque.

Harry Potter and the chamber of secrets (Photo : Warner Bros.)

Harry Potter : Il est un peu tôt pour savoir si l’engouement va perdurer. Après tout, il y a des cultes qui finissent par disparaître. Mais quel gamin féru de littérature jeunesse n’a pas voulu porter le costume d’Harry Potter au cours de la dernière décennie?

Hulk : En 1962, on le voyait dans les illustrés. En 2012, on le voit au grand écran avec The Avengers. Entre les deux, Hulk était un personnage de chair et d’os – solidement charpenté – incarné par le culturiste Lou Ferrigno dans la série télévisée The incredible Hulk (1977-1982). Le personnage peint en vert est inoubliable.

James Bond (le smoking) : Des smokings classiques de Sean Connery à ceux « nouvelle coupe » de Daniel Craig en passant par le modèle à veston blanc de Roger Moore, le smoking est aux hommes ce que la robe noire d’Audrey Hepburn est aux femmes. Aussi essentiel à Bond que le martini, le Walter PPK, les bagnoles et les gadgets afin d’attirer les jolies femmes.

Jason, dans le film Friday the 13th: A New Beginning (Photo : Paramount Pictures)

Jason (le masque) : Pourquoi le hockey est-il moins populaire que les quilles aux États-Unis? Parce que dans le pays de l’oncle Sam, l’un des tueurs les plus sanguinaires de l’histoire du cinéma porte un masque de hockey. OK, ça n’a rien à voir, mais l’accessoire minimaliste provoque encore un effet saisissant.

Kiss : Un croisement entre les costumes de scène de l’ère disco et le déguisement d’Halloween dissimulent des musiciens très moyens et révèlent un entrepreneur de génie (Gene Simmons). L’un des plus grands coups de marketing de l’histoire. Et ça dure encore.

Playboy (le costume de lapin) : Le petit lapin ne figurait nulle part sur la couverture du premier exemplaire du magazine Playboy avec Marilyn Monroe en 1952, mais il deviendra la marque de commerce de l’empire du sexe avec l’apparition des costumes de Bunny girl dès 1960. Le costume de Playboy bunny a été le premier uniforme à être inscrit au Bureau américain des brevets et marques de commerce.

Rolling Stones (la langue) : Aucun symbole issu du monde musical n’est plus remarquable que la fameuse langue des Stones. Hommes mûrs au ventre bedonnant, adolescents boutonneux ou femmes à la taille de mannequin : quiconque met un t-shirt orné de la « langue » des Stones devient instantanément cool.

Spider-Man : Peter Parker est le personnage le plus gentil de l’univers des superhéros, et son costume, parmi les plus populaires. De la BD à la télé (série affreuse des années 1970), puis quatre fois au grand écran, on risque de le voir encore durant un bout de temps.

La série The walking dead (Photo : 2010-2012 AMC Network Entertainment LLC)

Les zombies : De retour en grâce dans la formidable télésérie The walking dead (2010-présent), les zombies – ou morts-vivants – ont eu droit à leurs premières lettres de noblesse dans Night of the living dead (1968), de George A. Romero. Terrifiants, ils nous rappellent que, parfois, l’habit… peut transformer le moine.