Blogue de Philippe Rezzonico

Confessions jazz à Québec

Lundi 15 octobre 2012 à 11 h 06 | | Pour me joindre

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Le trompettiste Erik Truffaz

Erik Truffaz, Arturo Sandoval, Gretchen Parlato, Robert Glasper, Sophie Hunger, Joe Sullivan, Dave Liebman, Paolo Fresu et Omar Sosa, David Binney, Marc Copeland et Gary Peacock… Non, il ne s’agit d’artistes prévus à la programmation 2013 du Festival international de jazz de Montréal, mais bien d’une partie de l’affiche 2012 du Festival de jazz de Québec (FJQ) qui s’amorce ce soir, 15 octobre, et qui se poursuit jusqu’au 28.

À cette jolie brochette d’artistes internationaux s’ajoutent les grands noms du Québec et du Canada que sont François Bourassa, Vic Vogel, Marianne Trudel, Lorraine Desmarais, Ingrid Jensen, Chet Doxas et James Gelfand. À sa sixième présentation, le FJQ confirme qu’il est bien en selle et qu’il est un joueur avec lequel il faudra compter durant les prochaines années dans le domaine de la diffusion du jazz au Québec.

Rien n’était moins sûr quand ce festival a vu le jour dans le quartier Saint-Roch, le restaurant et club de jazz Largo faisant office de quartier général. Au cours des ans, le nombre de salles de spectacles, de bars et de clubs qui se sont greffés au festival fut pratiquement exponentiel au point que 125 spectacles présentés dans 28 lieux de diffusion étaient au programme en 2011.

Rançon de la gloire

Cette année, voulant probablement éviter un éparpillement tous azimuts, le FJQ compte 90 spectacles dans 20 salles. N’empêche, ce festival qui voulait principalement faire rayonner le jazz local n’a jamais proposé autant d’artistes internationaux que cette année. C’est la rançon de la gloire.

Il va de soi que jamais le FJQ ne présentera autant de spectacles que le FIJM. Normal, car en raison de sa tenue à la fin d’octobre, l’événement ne peut proposer de prestations à l’extérieur. Cela dit, sa position dans le calendrier est un avantage, car il n’est pas en compétition directe avec l’événement montréalais, qui chevauche les mois de juin et juillet.

La présentation du FJQ est étalée sur une période plus longue. Alors que le FIJM est d’ordinaire échelonné sur une période de 10 jours – sauf pour des années spéciales telles le 30e –, le FJQ dure 2 semaines. Comme il y a moins de spectacles chaque soir, cela évite les déchirements auxquels le FIJM nous habitue. À Montréal, certains soirs, il y a trois ou quatre artistes absolument in-con-tour-na-bles à voir, ce qui s’avère impossible à cause de l’heure à laquelle ils se produisent sur scène.

Nul doute que ce genre de dilemme survient aussi à Québec, mais on note que tous les artistes internationaux nommés au début de ce texte sont programmés à une date différente. Cela oblige peut-être le festivalier venu de l’extérieur à demeurer plus longtemps à Québec, mais c’est drôlement intéressant pour le festivalier local.

Hitchcock en mode jazz

S’il est normal de voir Le Capitole, le Palais Montcalm, le Largo, Le Cercle et le petit Impérial compter au nombre des salles retenues, c’est une bonne idée d’avoir retenu le prestigieux Château Frontenac. C’est là (17 octobre) qu’aura lieu l’une des créations du FJQ : la soirée Confessions jazz sur Hitchcock.

Le pianiste américain Ran Blake, le trompettiste Tiger Okoshi et le trio de Lorraine Desmarais participeront à ce concert où l’on revisitera notamment les musiques qui ont jalonné les chefs-d’œuvre du cinéaste.

Le trompettiste Jacques Kuba Séguin

Le concert mettant en vedette le trompettiste Paolo Fresu et le pianiste cubain Omar Sosa (19 octobre) est l’une des grosses prises du FJQ cette année. Personnellement, j’ai un faible pour le doublé mettant en vedette le trompettiste Erik Truffaz et Sophie Hunger (26 octobre). Et si vous allez voir Gretchen Parlato (27 octobre), vous verrez aussi la révélation jazz Radio-Canada 2012, le trompettiste Jacques Kuba Séguin, en première partie. J’espère que vous avez saisi que l’une des thématiques du Festival de jazz de Québec cette année repose sur les trompettistes.

N’empêche, mon coup de cœur irait au concert du pianiste Marc Copeland avec le contrebassiste Gary Peacock (28 octobre). D’autant plus qu’il aura lieu au Largo, un club de la dimension de l’Upstairs, à Montréal. C’est comme être au Blue Note à New York, ça. Intimité assurée.

Mmm… Je me dis qu’un périple à Québec dans les deux prochaines semaines, ça doit être possible. Va falloir consulter l’agenda…