Blogue de Philippe Rezzonico

Pop Montréal : la découverte dans la démesure

mercredi 19 septembre 2012 à 13 h 37 | | Pour me joindre

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Plus de 600 artistes au programme… Non, il ne s’agit pas de la programmation 2013 du Festival international de jazz de Montréal, mais celle du 11e festival Pop Montréal, qui s’amorce mercredi pour se terminer dimanche. Plus de 600 artistes présents à l’une ou l’autre des activités du festival dans une fenêtre de cinq jours… Menu gargantuesque! Célébration de l’art orgiaque! Choisissez votre superlatif.

Rayon achalandage, Pop Montréal est un festival de taille moyenne. Environ 50 000 festivaliers vont défiler dans les lieux de diffusion ces prochains jours. Nous sommes loin des affluences millionnaires du FIJM, des FrancoFolies, de Juste pour rire et du Festival d’été de Québec. Il est néanmoins le festival qui offre la grille horaire la plus dense en raison du nombre d’événements au quotidien.

A priori, on offre de la musique en quantité avec les genres pop, rock, rap et électro ainsi que leurs sous-genres. Mais ce festival offre plus que ça. Il y a des rencontres avec les auteurs et compositeurs, des ateliers, des causeries, des vernissages, les initiatives de Bande à part et du cinéma avec le volet Film Pop (huitième présentation) qui présente des premières et des rétrospectives.

Intégré à son milieu

L’une des particularités de Pop Montréal, c’est son intégration à peu près totale à notre quotidien. Alors qu’on bloque des rues durant certains festivals, celui-ci peut passer inaperçu aux yeux de nombreux citoyens à cause de l’étalement des salles et la diversité de celles-ci. Pop Montréal n’est pas limité qu’aux salles du Quartier des spectacles. Loin de là.

Arthur H se produira au Théâtre Rialto le 22 septembre. (Photo : Pop Montréal)

Les manifestations sont dispersées d’ouest en est et du nord au sud dans plus de 50 lieux de diffusion : le Métropolis, L’Olympia et le Club Soda sont réquisitionnés, bien sûr, mais aussi la Sala Rossa, le Rialto, le Club Lambi, le Cinéma L’Amour, des églises (Saint-Jean, Petite Bourgogne, Saint-Édouard, Saint-Michel), des bars (L’abreuvoir, L’escogriffe, Barfly) et même le toit d’Ubisoft… On sort des sentiers battus. Cette année, tiens, on projette le long-métrage Deep end (1971), de Jerzy Skolimowski, dans une piscine et The omen (1976) sur l’autel d’une église sur le coup de minuit. Pas banal.

Pour un boulimique d’art et de culture, Pop Montréal est l’équivalent d’un – très – long week-end sans trop de sommeil, car les activités débutent en matinée alors qu’il y a des spectacles qui s’amorcent – je dis bien, s’amorcent – à deux heures du matin. Ce n’est pas la Nuit blanche du FIJM, mais presque…

Si les participants peuvent se procurer des billets à l’unité pour tout événement payant, ce festival éclectique au possible en demeure un de découvertes, d’où les diverses passes d’accès (journalière, 5 jours) qui permettent d’aller d’une salle à une à autre comme on le voit au Festival des films du monde. Cela donne un caractère assez unique à l’événement, même si on risque parfois de se heurter à une salle bondée.

Concocter son parcours

Reste maintenant à concocter votre horaire, tâche difficile, il est vrai.

David Byrne et Win Butler, d’Arcade Fire, participeront à une discussion sur la marchandisation de la musique.

Vous voulez voir la DJ Peaches, Alaclair Esemble, Maybe Watson, Grimes (désolé, c’est complet), Lil B, Nash, A Tribe Called Red ou Lisa LeBlanc? Vous désirez assister à une représentation de La Traviata ou aux prestations de Chilly Gonzales, The ZooBombs, Arthur H, The Sadies, Radio Radio et Street Dogs? À moins que vous ne soyez tenté par Jimmy Edgar, Yukon Blonde, FoxFire, Gang Gang Dance ou la discussion animée par David Byrne et Win Butler (Arcade Fire) sur le fonctionnement de la musique? Tout ça est à votre portée. Et bien plus. Il faut consulter la programmation pour s’en convaincre.

En dépit de sa taille modeste, j’ai toujours l’impression que Pop Montréal est le plus démesuré des festivals tellement l’offre culturelle est immense. Mais il demeure à la base un festival de découvertes. La découverte dans la démesure? C’est peut-être ça, finalement, le secret de la réussite.