Blogue de Philippe Rezzonico

Osheaga 2012 : chronique d’un succès annoncé

Mercredi 1 août 2012 à 17 h 31 | | Pour me joindre

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L’idée générale, c’était de doter Montréal d’un – autre – festival modelé sur ceux de Glastonbury, en Angleterre, Coachella, en Californie, et Lollapalooza, qui fut longtemps un festival itinérant avant de s’établir à Chicago. Le festival Osheaga aura mis cinq bonnes années pour s’implanter fermement dans le paysage québécois.

À deux jours de sa septième présentation, on ne sait pas encore si l’alléchante affiche musicale de cette cuvée 2012 saura s’imposer sur les planches, mais le succès économique de l’entreprise est assuré, rayon achalandage.

Au moment où vous lisez ces lignes, tous les passeports de deux (samedi, dimanche) et de trois jours (vendredi, samedi et dimanche) pour l’événement, tenu du 3 au 5 août au parc Jean-Drapeau, sont vendus : 35 000 au total. Bien mieux, il ne reste plus que 1500 billets unitaires à vendre pour la journée de vendredi. Du jamais vu.

Ça veut dire que, s’il ne pleut pas et que tout le monde ayant un billet ou un laissez-passer se présente sur le site vendredi, l’assistance atteindra les 38 500 spectateurs, au minimum. Comme on sait que les festivaliers d’Osheaga ont tendance à acheter leurs billets à la dernière minute – comme en fait foi l’achalandage aux guichets les années précédentes –, il est possible que la journée du 3 août soit la toute première « salle comble » de l’histoire du festival avec 40 000 entrées, soit le maximum permis pour des raisons de sécurité.

C’était d’ailleurs l’une des « craintes » formulées par le groupe evenko mercredi midi, quand les journalistes ont visité le site complètement reconfiguré dans sa zone est. On pourrait refuser des spectateurs à l’entrée ce week-end… Parions qu’avec plus de 35 000 passeports vendus, les foules de samedi et de dimanche ne seront guère inférieures à celle de vendredi.

S’il est peu probable que l’assistance maximale de 120 000 spectateurs soit atteinte, on peut avancer que le plateau symbolique de 100 000 entrées va être surpassé. Nous sommes loin des éditions de 2006 et 2007 quand une foule de 10 000 spectateurs par jour était perçue comme satisfaisante.

Réaménagement complet

Histoire de faire face à cet achalandage anticipé, les organisateurs ont haussé la capacité des gradins près de la scène de la Rivière et déplacé les tentes des concessions de bouffe qui longeaient le flanc droit de la scène de la Montagne. Ces dernières ont été installées sur des plateformes bâties au-dessus du plan d’eau situé tout près.

Cela devrait éviter la congestion habituelle pour des milliers de spectateurs quand ils passeront sur le petit pont qui relie la zone principale à celle où se trouvent les trois autres scènes (Piknic élektronik, scène des Arbres, scène Verte). D’autant plus qu’un deuxième pont a été construit pour assurer le va-et-vient des amateurs de musique.

Cette dans cette zone réaménagée que la capacité d’accueil pour les spectateurs a été haussée de l’ordre de 30 %. La scène du Piknic électronik a pris la place de l’ancienne scène Verte, qui se trouve désormais plusieurs centaines de mètres plus loin, tout à l’autre bout du site.

On doit dorénavant accéder aux scènes les plus éloignées par deux escaliers de 5 mètres construits près d’un emplacement réservé aux jeunes enfants. Bref, un réaménagement complet du site, bien plus spacieux, mais dont la fluidité de circulation reste à démontrer. On nous dit que cela va prendre 10 minutes de marche, du site principal jusqu’à la scène la plus éloignée. J’ai un doute…. Surtout quand nous serons au moins 35 000 sur place.

Si les organisateurs ont dû déplacer les dates du festival (deux fois) depuis ses débuts afin de trouver la case horaire la plus appropriée au marché montréalais, il reste que c’est la qualité de l’affiche qui fait foi de cet engouement pour les festivaliers d’ici et d’ailleurs. Plus de 60 % des détenteurs de billets proviennent de l’extérieur du Québec. Osheaga voulait être un pole d’attraction comme Glastonbury et Coachella. Ça semble réussi.

Voyez des images du site :

 

Affiche gargantuesque

Visiblement pas de crainte d’une « erreur » de programmation, comme ce fut le cas en 2011 avec Elvis Costello qui a bouclé le deuxième soir en se produisant devant quelques centaines d’amateurs. Navrant. Avec Justice, qui oscille entre l’électro et le rock d’aréna, Snopp Dogg – pardon, Snoop Lion –, qui devrait faire du hip hop et de nouvelles chansons reggae et The Black Keys avec leur rock électronique vitaminé, les têtes d’affiche sont rassembleuses.

En fait, chaque soirée va causer des maux de tête, rayon choix déchirants. Vendredi, il va falloir faire vite et espérer que la circulation soit fluide avec The Weeknd, Wintersleep et Florence + The Machine qui seront sur trois scènes différentes dans une fenêtre comprise entre 18 h 40 et 20 h 30. Pas de problème pour Franz Ferdinand, mais MGMT chevauche de 35 minutes le set de Justice. Problème, problème…

Samedi, alors que tous les jeunes iront voir Young the Giant, je trouverai mon compte avec The Ravonnettes. Et ne me cherchez pas ailleurs que devant la scène de la Rivière dès 19 h 15 avec le retour de Garbage. Que de souvenirs des shows épiques du Spectrum et du Métropolis durant les années 1990 !

Les nouvelles compositions de Feist, tirées du disque Metals, présentées sur une scène extérieure, je ne suis pas sûr que ça va être probant. Je risque d’aller voir Yeasayer et le gospel psychédélique à ce moment-là. Snoop – peut importe comment il veut qu’on l’appelle désormais – va lui aussi se passer de moi, parce qu’on risque d’être plus de 10 000 devant la scène Verte pour voir Jesus and Mary Chain au même moment.

Le dimanche demeure, à mes yeux, la soirée la plus facile à gérer, rayon horaire. Ça va être The Shins, Bloc Party – à la place de City and Colour qui jouent exactement à la même heure –, Metric et The Black Keys, dans l’ordre. Quoique, Asexuals, c’est tentant…

Vous pouvez aller sur le site d’Osheaga pour concocter votre propre parcours et espérer qu’il va faire beau en fin de semaine. Parce que trois jours sous la pluie, ce n’est jamais agréable. Bon week-end.