Blogue de Philippe Rezzonico

Exclusif (2 de 3) : Madonna à Amsterdam, la production

lundi 9 juillet 2012 à 3 h 22 | | Pour me joindre

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@ AFP / Jack Guez | Madonna lors de la première de son spectacle MDNA, à Tel-Aviv en 2012.

 

AMSTERDAM – Scène rectangulaire avec une plateforme de 36 cubes pouvant s’élever à une demi-douzaine de niveaux différents, passerelle avancée en forme de triangle au parterre, trappes ici et là, relectures de ses chansons classiques : Madonna ne se contente pas de demi-mesures quand elle reprend le chemin des arénas et des stades.

Pour MDNA, la vedette internationale a privilégié une passerelle triangulaire à deux niveaux au parterre, similaire à celle utilisée pour la tournée Re-invention (2004), ce qui lui permet d’installer deux ou trois cents heureux spectateurs dans le triangle, comme U2 le faisait récemment dans son parterre ovale.

Le revers de la médaille, c’est qu’elle se prive d’une ligne directrice centrale, comme ce fut le cas pour ses tournées Confessions (2006) et Sticky and sweet (2008). Impossible de présenter un numéro comme celui des patineurs à roulettes en 2006 ou de pousser une voiture de luxe au milieu du parterre comme lors de la précédente tournée.

Parmi les numéros qui retiennent l’attention, il y a celui d’ouverture avec une urne géante suspendue avec de l’encens, les moines, la grande chapelle et une chorégraphie collective où Madonna prouve qu’elle a encore un corps d’une souplesse étonnante. Quant à Gang bang, Madonna la livre installée dans une chambre de motel miteux qui semble tirée d’un épisode de la série télévisée américaine CSI.

L’un des tableaux les plus spectaculaires est celui de Give me all your luvin’. Madonna et ses majorettes, c’est déjà bien, mais les joueurs de tambours suspendus au plafond comme s’ils lévitaient à 40 pieds de la scène, c’est renversant.

Relectures

Au plan musical, Madonna essaie constamment de réarranger ses classiques. Open your heart repose sur un trio de percussionnistes qui tendent vers des rythmes africains et arabes. L’une des plus imaginatives réinterprétations du concert. Très réussi.

Sauf que la plupart du temps, Madonna amenuise la puissance de frappe de ses tubes : Like a virgin en version lente et sensuelle, donc, mais aussi Candy shop, chanson joyeuse qui est ici livrée en version « adulte » dans un décor riche et feutré. Situation identique pour Hung up, charpentée sur une partition rythmique moins dynamique que sa version originale.

De bien bonnes idées au plan musical qui font plaisir aux amateurs qui aiment les artistes qui se réinventent. Mais en omettant les bombes que sont Material girl, Into the groove, La isla bonita, Give it to me, Holiday et Ray of light, on a l’impression que Madonna laisse les plus festifs de ses fans sur leur faim.