Blogue de Philippe Rezzonico

FrancoFolies : Monique Giroux, l’indispensable marraine musicale

vendredi 8 juin 2012 à 15 h 44 | | Pour me joindre

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Par Philippe Rezzonico

Les FrancoFolies de Montréal célèbrent cette année leur 24e anniversaire. L’animatrice Monique Giroux travaille derrière le micro depuis 25 ans. Sa présence à cette fête francophone allait donc de soi en 2012.

Mais Monique Giroux est bien plus qu’une animatrice. La langue française est sa source de vie. La musique se veut le véhicule privilégié pour la propager. Les artistes sont ses amis et confidents. Tout est donc en place pour Monique Giroux fait une scène à l’occasion des FrancoFolies, lundi soir.

« On enregistre déjà l’émission à L’Astral, dit-elle. Dix enregistrements en 2011 sur une base aléatoire, selon les agendas des artistes. Mais, depuis 2012, on fait ça tous les lundis. C’est un beau hasard de calendrier. »

Monique Giroux

Pour ceux qui n’ont jamais assisté à un enregistrement en direct d’une émission de Giroux ou écouté le résultat en différé sur les ondes d’Espace musique, le concept consiste à réunir dans un même programme des artistes souvent complémentaires, mais parfois en opposition, pour des rencontres musicales imprévisibles placées sous le signe de l’audace et de la découverte. Lundi, Pierre Lapointe, Catherine Major, Ariane Moffatt, Renée Claude et Alexandre Choiselat entoureront l’animatrice.

« Catherine et Pierre n’ont jamais travaillé ensemble, ce qui est étonnant, parce que je considère qu’il y a entre eux une parenté musicale. Catherine n’a jamais travaillé avec Ariane non plus. Renée Claude a été la première artiste que j’ai interviewée à CIBL en 1986. Je l’avais même ramenée en voiture chez elle à la fin de l’émission. Quant à Alexandre, c’est lui qui signe la musique de l’émission De l’autre côté de Monique, dont je m’occupe de la programmation musicale et où je fais des micros de 10 à 15 secondes. Je ne parle pas 10 minutes dans une émission de 2 heures. C’est une autre facette de moi : mélancolique et contemplative. »

Surprises en vue

Si on ne doute pas une seconde que cette émission spéciale FrancoFolies risque d’être du même calibre que les précédentes, il faut admettre que cette fois, c’est l’animatrice qui risque d’être le centre d’attraction plutôt que ces illustres invités, non?

« On m’a demandé de ne pas venir aux répétitions, mais j’y vais quand même… [rires]. Je sais qu’il va y avoir des surprises. Ça m’effraie, aussi. Mais je vais être franche : même dans ce cas particulier, ce n’est pas Monique qui m’importe, mais la pérennité de l’émission et de la tribune. »

« Tous les jours, je me remets en question. Nous sommes présentement en juin et je ne sais pas ce que je vais faire l’année prochaine. Faire ce que je fais, ce n’est pas un boulot. Mon identité, mon code-barre, mon ADN, c’est de communiquer… »

Animatrice et communicatrice, donc, mais Monique Giroux a un autre talent qui aurait pu mener à une autre carrière. Elle aurait pu être gérante d’artistes, tiens, tellement elle a contribué à mousser l’œuvre de tas de jeunes artistes. Au point qu’elle semble être une défricheuse de talents.

« C’est vrai que j’ai donné un coup de pouce aux jeunes artistes par l’entremise de mes émissions… »

– Ce n’est même pas un secret de polichinelle…

« J’ai aussi donné un coup de pouce en coulisse… »

– Ça aussi, ce n’est même plus un secret de polichinelle.

« [Rires]. C’est vrai… Beaucoup d’entre eux sont venus souper chez moi le samedi soir. C’est ma vraie famille. Quand je fais un souper de fête, ce sont eux qui sont là… J’étais peut-être due pour avoir des enfants. Je n’en ai pas eu. J’ai un côté maman italienne… »

« On peut peut-être dire que j’ai fait une sorte de marrainage avec nombre d’entre eux. C’est ce que je retiendrai quand je serai vieille. Je me souviendrai bien sûr de grands moments de radio ou d’émissions spéciales, mais ce dont je me souviendrai le plus, ce sont ces souvenirs et ces relations privilégiées. »

Proximité et amitié

Cette proximité avec les artistes ne date pas d’hier. Quand elle avait huit ans, la petite Monique résidait à Oka, soit à quinzaine de kilomètres des résidences secondaires de Gilles Vigneault, de Félix Leclerc et de Claude Léveillée. Proche et amie des artistes, mais pas obligatoirement fan, comme on pourrait le penser.

« Je n’ai jamais été fan. C’est une posture dans laquelle je ne me reconnais pas. J’ai été fan une seule fois, à 15 ans, quand j’ai vu un spectacle de Louise Forestier. C’était le deuxième spectacle de ma vie. À l’époque, je voulais m’inscrire en psychologie ou en droit. Après avoir vu le show, j’ai su que je voulais être dans cet univers. Mais je ne voulais pas être journaliste, parce que j’aurais été obligée de les critiquer. Comme disait Sacha Guitry : “Je ne veux pas être contre.” »

Monique Giroux s’est donc dirigée vers la photo, ce qui l’a amenée à faire un diaporama pour Fabienne Thibault au début des années 1980. Elle a ensuite travaillé avec la chanteuse avant d’amorcer une carrière radiophonique.

Après 25 années de radio, Monique Giroux se sent-elle investie de la mission de faire découvrir de jeunes talents?

« En mission… Oui, tous les jours, mais pas nécessairement pour faire connaître un artiste. Je suis en mission pour ressasser les racines de la culture francophone. C’est ma survivance. Sans ma langue, je n’existe pas. Et ici, le “je”, c’est un “nous”. La musique est l’art le plus populaire et le plus accessible. »

Monique Giroux a toujours la flamme et le feu sacré. Dès qu’elle est derrière un micro, elle vibre. Et elle entend le faire longtemps. Peut-être même durant 25 années supplémentaires. Qui sait?

« Dans 25 ans, j’aurai l’âge de René Homier-Roy. [Jacques] Languirand est encore au micro passé 80 ans. Écoute… Je me sens comme si j’avais 25 ans. Encore aujourd’hui, je n’ai qu’un but dans la vie: espérer faire ça quand je vais être grande. »

Monique Giroux fait une scène le lundi 11 juin à 19 h 30 à L’Astral. Invités : Pierre Lapointe, Catherine Major, Arianne Moffatt, Renée Claude et Alexandre Choiselat. Diffusion en différé le dimanche 17 juin, de 15h à 17h, à Espace musique.

Écoutez l’émission Chants libres à Monique du 10 juin enregistrée en direct des Francofolies.