Le quotidien anglais The Guardian publie aujourd’hui un texte plutôt rigolo sur le téléphérique urbain qui a été inauguré à Londres, l’été dernier.
Depuis leur mise en fonction officielle, les télécabines, qui enjambent la Tamise pour relier un centre d’exposition à l’aréna o2, ne remplissent pas leurs promesses, écrit le Guardian. De 70 000 usagers par semaine pendant les Jeux olympiques, le système de transport qui a été commandité par Emirates Air Line n’en accueille plus que 16 000, 8 mois plus tard, des touristes pour la plupart.
Conséquence : l’opérateur accuse des pertes évaluées à plus de 80 000 $ par semaine.
Ce qui fait dire au quotidien qu’il serait temps d’envisager la vente pure et simple de cet attrait touristique boudé par les Londoniens en l’envoyant, par exemple, en Suisse. Qui d’autre, en effet, que ce petit pays qui fait les yeux doux aux fraudeurs fiscaux et réputé pour son haut niveau de vie pour mettre la main sur cet « éléphant blanc », pour reprendre l’expression du Guardian? En tout cas, pas Laval.
Car on se rappellera qu’à l’époque où Gilles Vaillancourt régnait en roi et maître sur les destinées politiques de l’île Jésus, un projet de « tramway aérien » était sur la table. Ce dernier devait relier le terminus Le Carrefour à la station Montmorency. Son coût était évalué à 77 millions de dollars. À titre de comparaison, le système construit à Londres a coûté quelque 100 millions de dollars.
Or, en décembre dernier, la STL a tranché : le projet a été remis aux calendes grecques, faute de financement.
Le plus beau dans cette histoire, c’est que, entre-temps, une étude de faisabilité de 500 000 $ a tout de même été réalisée, dont la moitié du montant a été assumée par la STL.
Quelques jours après le dévoilement de ce plan de transport ambitieux, en novembre 2011, l’éditorialiste à La Presse François Cardinal écrivait que Laval n’avait pas la densité de population nécessaire pour qu’un système de la sorte soit viable et qu’il n’y croyait tout simplement pas. Il terminait son texte en enjoignant (à la blague) à la STL de lui envoyer les 500 000 $ prévus pour l’étude.
Trop tard, François. Trop tard…





