Il n’y a pas qu’au Québec que l’emploi du temps des élus pendant les séances parlementaires est scruté à la loupe.
En France, le débat politique autour du controversé projet de loi sur le mariage pour tous n’en finit plus de finir. Et à moins d’une semaine de la date prévue de la fin des débats, les politiciens ressortent amochés d’un marathon parlementaire (65 heures consécutives) vécu par le gouvernement comme une stratégie d’obstruction pure et simple.
Parlez-en au socialiste Thomas Thévenoud, dont une photo le montrant en train de jouer au Scrabble en réseau sur sa tablette a mis le feu aux réseaux sociaux, donnant des munitions à ses adversaires de droite.
Mais loin de s’en cacher, ce dernier a expliqué que pendant la nuit de dimanche à lundi, il fallait bien passer le temps, alors que la droite avait 5000 amendements à proposer au projet de loi. Quant au déroulement de sa partie, il a indiqué que son collègue « avait sorti un “branleur” », ce à quoi il a répliqué avec le mot « layette ». En voilà un qui possède un bon vocabulaire…

Le collègue en question, Jérôme Guedj, est lui aussi revenu sur l’épisode. Dans un billet publié sur son blogue, il confirme sa passion pour le Scrabble et déplore qu’on accorde autant d’attention à son passe-temps, étant donné que la séance a été suspendue à plusieurs reprises pour de courtes périodes. Une autre tactique de la droite, dit-il. M. Guedj se demande pourquoi on ne l’a pas photographié lorsqu’il a mangé une Kit Kat à 4 h du matin, une collation qu’il assimile à de la malbouffe. Bonne question.
Parlant de suspension, c’est bien beau tuer le temps du mieux qu’on peut (outre le Scrabble, les textos, les échecs et la bonne vieille lecture figuraient au nombre des passe-temps des députés), mais toute personne normalement constituée ne peut pas faire l’économie de ses besoins primaires, en prétendant être le lapin Energizer.
C’est précisément ce qu’a tenu à rappeler un député de l’UMP, aux aurores.
C’est bien connu, ventre affamé n’a pas d’oreilles.




