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Un rapport explosif

Jeudi 13 janvier 2011 à 21 h 18 | | Pour me joindre

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Depuis le dépôt du rapport de l’Organisation des États américains, la crainte d’une flambée de violence est palpable. Certains menacent que Haïti pourrait prendre des allures ivoiriennes, où les violences postélectorales ont entraîné la mort de 250 personnes.

Autant les partisans de Jude Célestin, candidat du parti au pouvoir, que ceux de Michel Martelly, candidat arrivé troisième au premier tour, jurent qu’ils feront tout pour défendre leur candidat.

Voici mon reportage diffusé au Téléjournal de 21 h :

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Montréal - Le photographe indépendant Benoît Aquin se rend en Haïti quelques jours après le séisme. Il décide d’accompagner une mission du Centre d’étude et de coopération internationale (CECI).

« Le 16 janvier, à Port-au-Prince, nous étions sur le choc! On avait véritablement l’impression que tout ne tenait qu’à un fil, sans savoir dans quelle direction la vie allait prendre. La tristesse de toutes ces âmes semblait flotter en suspension sur la ville. Comme si ce monde allait une fois de plus basculer », écrit-il.

Il y retourne trois mois plus tard. Le quotidien reprend son cours. « L’ambiance insupportable de la mort présente après la catastrophe avait déjà disparu au second voyage. La vie pousse. Ce que je veux exposer, c’est le cycle de la vie », écrit-il encore.

Le résultat de ses deux voyages : Lavi an pa fini (La vie n’est pas finie), un très bel « essai photographique interactif », réalisé en collaboration avec l’Office national du film et disponible sur le site web de l’organisme. Les citations mentionnées plus haut sont d’ailleurs tirées du site.

Vous remarquerez qu’une vidéo sépare les deux moments. Mettez vos écouteurs, car les photos s’accompagnent d’une ambiance sonore, signée Hugues Sweeney.

Une des photos du diaporama de Benoît Aquin

Une des photos du diaporama. Crédit: Benoît Aquin/ONF

L’ONF signale qu’il s’agit du premier volet d’une collaboration avec Haïti. On pourra voir à l’automne 2011 un documentaire interactif montrant le regard porté par de jeunes réalisateurs haïtiens sur le quotidien et les lendemains du séisme dans le quartier de Carrefour-Feuilles, dans la capitale haïtienne.

Réapprendre à marcher

Jeudi 13 janvier 2011 à 12 h 15 | | Pour me joindre

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Port-au-Prince – Raymond était au troisième étage de sa maison quand la terre a tremblé. L’édifice s’est effondré sur lui. Sa hanche a été fracturée.

Un an après, Raymond se déplace toujours avec ses béquilles. Trois fois par semaine, il vient à la clinique temporaire de Healing Hands for Haïti. Il se lève à cinq heures du matin pour parcourir la ville en transport en commun et suivre ses traitements.

Raymond va aussi à l’université, en administration. C’est important pour lui. Plus encore depuis le séisme, qui lui a cruellement arraché ses deux sœurs, et qui a grièvement blessé sa mère.

Autour de lui, des dizaines d’autres patients, aussi amputés après le tremblement de terre, reçoivent les bons soins des médecins et spécialistes.

Dans les mois qui ont suivi le séisme, l’aide d’urgence a afflué, et les physiothérapeutes de partout dans le monde sont venus prêter main-forte aux Haïtiens. Mais un an après, ils sont moins nombreux sur le terrain, et les équipes haïtiennes se retrouvent avec beaucoup de patients qui ont encore besoin de soins quasi quotidiens.

Healing Hands for Haïti est un organisme haïtien, qui travaille en collaboration avec des physiothérapeutes du Canada et des États-Unis. Sa clinique principale s’est écroulée comme un château de cartes, le 12 janvier 2010.

On a ouvert une clinique de fortune, au centre de Port-au-Prince, en attendant la toute nouvelle, qui pourra ouvrir ses portes à la fin de l’année 2011. Le Dr Bernard Nau, directeur médical de la clinique, en parle avec des étoiles dans les yeux. « Ici nous aidons les patients, mais les locaux sont petits. Ça sera beaucoup mieux là-bas. »

L’autre bataille, c’est de rendre les villes du pays plus accessibles pour les handicapés. Car circuler dans les rues en fauteuil roulant ou avec une paire de béquilles est une tâche titanesque.

Vivre dignement

Jeudi 13 janvier 2011 à 10 h 10 | | Pour me joindre

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Port-au-Prince – Lendemain de veille. Hier soir, des concerts de musique ont résonné dans Port-au-Prince. Après l’hommage aux morts, la célébration de la vie.

Ce matin, la ville est calme. Les cérémonies du 12 janvier marquent une rupture dans le temps haïtien. Sentiment que le pays a fait une grande part de son deuil. Il va falloir maintenant entendre les revendications d’un peuple qui veut exister. Pas seulement sortir des camps, mais aussi travailler, reconstruire. Vivre dignement.

Une messe évangélique au camp Acra

Je vous invite à écouter mon reportage, diffusé hier au Radiojournal, sur les cérémonies de commémoration du séisme et sur la colère des survivants.

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Montréal - J’ai quelques chiffres sur le programme spécial de parrainage humanitaire et sur le programme de réunification familiale.

Mais d’abord, rappelons ce qui les distingue. Les deux visent le regroupement familial, mais le premier est une mesure exceptionnelle venue s’ajouter au programme normal.

Mis sur pied par Québec en février 2010, il devait permettre à plus de 3000 victimes du séisme de venir s’établir ici. Il élargissait la notion de parrainage aux frères et soeurs adultes, aux demi-frères ou demi-sÅ“urs adultes, aux enfants de plus de 22 ans qui ne sont pas à charge, ainsi qu’à leur famille.

Le programme habituel permet uniquement à un demandeur de parrainer son père, sa mère, ses enfants et ses petits-enfants (c’est en fait la définition de « famille » d’Immigration Canada).

Enfin, l’engagement financier pour les Haïtiens parrainés en vertu du programme spécial est de cinq ans au lieu des trois ans demandés pour les conjoints et enfants de plus de 16 ans parrainés dans le cadre du programme de réunification.

Québec a mis fin au programme spécial en juillet, le seuil des personnes à parrainer ayant déjà été atteint.

En tout, la province a reçu environ 8300 demandes.

Jusqu’à maintenant, plus de 3000 personnes ont reçu ce qu’on appelle un certificat de sélection du Québec (CSQ).

Anne-Frédérik Laurence, porte-parole du ministère québécois de l’Immigration et des Communautés culturelles, qui m’a fourni les chiffres, n’était pas en mesure de me dire combien de demandes étaient encore à l’étude et combien ont été refusées.

Elle a répété que toutes les demandes reçues avant la fin du programme seraient traitées, même si le nombre de personnes admises dépassait les 3000.

Immigration Canada précise qu’Ottawa a délivré environ 600 visas destinés aux Haïtiens bénéficiaires du parrainage humanitaire mis en place par Québec. Au 31 décembre, 389 d’entre eux étaient arrivés au Québec.

Les premiers à entrer au pays ont atterri en septembre, soit huit mois après le tremblement de terre. Plusieurs n’ont pas manqué de déplorer ces délais. 

« Le programme spécial n’est pas un programme d’urgence humanitaire », fait valoir Anne-Frédérik Laurence. « Il permet à des ressortissants haïtiens, qui n’étaient pas admissibles au programme régulier de réunification, de s’établir au Québec de façon permanente », précise-t-elle, ajoutant que le processus requiert plusieurs étapes, notamment plusieurs vérifications, autant à Ottawa qu’à Québec.

Comme le programme était en vigueur sur une courte période et que les arrivées ne se faisaient pas de façon constante, le ministère se dit incapable de préciser le temps de traitement des demandes. « Je suis seulement en mesure de vous dire que la période de démarrage du programme a été plus longue et qu’il y a eu une accélération vers la fin », dit Mme Laurence.

Si le Québec établit ses normes en matière d’immigration, les demandes de parrainage doivent tout de même passer par le ministère fédéral de la Citoyenneté et de l’Immigration. Les deux paliers de gouvernement ont donc une responsabilité partagée dans ce dossier.

Dans un premier temps, la province effectue les vérifications relatives aux capacités financières du parrain et aux capacités d’intégration des personnes qu’il veut faire venir au pays. Une fois le CSQ donné, Ottawa fait à son tour des vérifications liées à la santé et à la criminalité. Ensuite, il décide de délivrer ou non un visa.

Le programme de vérification familiale

En 2010, le Québec a donné 2518 certificats de sélection du Québec en vertu du programme habituel de réunification familiale. C’est trois fois plus que l’année précédente. On me dit, sans offrir de précisions, que le traitement des dossiers a été accéléré et que le gouvernement y a alloué plus de ressources.

De façon exceptionnelle, pour toute l’année 2010, les demandeurs dont les revenus étaient insuffisants pour satisfaire aux critères financiers exigés pouvaient soumettre leur demande de parrainage conjointement avec une tierce personne, un « cogarant », résidant au Québec. (Vous pouvez voir si vous répondez à ces critères en utilisant le calculateur.)

Les personnes qui présentaient une demande en vertu du programme spécial de parrainage humanitaire pouvaient aussi s’adjoindre un cogarant.

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Montréal - De 19 h à 21 h, nous vous avons présenté une émission spéciale de deux heures, une émission à laquelle vous avez été nombreux à participer en direct avec le clavardage.

Pour relire les échanges, témoigner et continuer à réagir aux propos des invités, vous pouvez cliquer ici.

Merci de votre participation.

Des milliers à prier

Mercredi 12 janvier 2011 à 16 h 50 | | Pour me joindre

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Port-au-Prince – Dès l’aube, les gens de Port-au-Prince ont commencé à prier.  Au Champ-de-Mars, où on attend des dizaines de milliers de personnes, ils étaient quelques milliers dès 6 h du matin.

Entre les chants charismatiques, les Haïtiens remerciaient Dieu en choeur.

Car c’est bien dans leur foi qu’ils trouvent le courage de continuer, d’affronter le sort qui s’abat sur leur pays.

Puis, des dizaines de milliers de personnes se sont réunies sur le parvis de la cathédrale, où l’envoyé spécial du pape, le cardinal Sarah, prononce une messe.

 Surtout, hommes femmes et enfants s’entassaient sur les décombres de la cathédrale, priant sur les pierres, entre les éclats de verre des vitraux.

 Pour plusieurs, ce 12 janvier demeure une journée d’amertume.

 « Haïti est seul, Haïti est malade, Haïti est abandonné », nous a raconté un homme découragé de voir près d’un million de ses compatriotes vivre toujours sous la tente dans des conditions absolument déplorables.

Voici mon reportage diffusé au Téléjournal de 17 h :

Manifestation dans les rues de Port-au-Prince

Des milliers d'Haïtiens sont dans la rue et crient : « À bas Préval. C'est invivable, on n'en peut plus. Donnez-nous des maisons, pas des tentes! »

Messe sur des décombres

Dans d'autres quartiers, les gens prient et chantent tout simplement sur les ruines de leur église.

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Montréal – Depuis quelques jours, nous vous proposons des témoignages de personnes qui ont été frappées de plein fouet par le séisme.

Parmi ces témoignages, celui de Christiane Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme du Québec, qui a perdu son mari, Serge Marcil. Elle a accepté de parler de son deuil à Anne-Marie Dussault, à 24 heures en 60 minutes, pour que le décès de son époux « ne soit pas vain ».

Ce soir, c’est à votre tour de vous exprimer. L’émission 24 heures en 60 minutes consacre deux heures à ce pays, avec des directs en Haïti et plusieurs invités sur le plateau avec Anne-Marie Dussault. Pendant ces deux heures, nous vous attendons sur notre clavardage en direct. Nous reviendrons sur le 12 janvier dernier, pour ensuite évoquer le cas d’un orphelinat, les questions d’adoption, de parrainage, mais aussi de santé. Nous nous interrogerons enfin sur l’avenir de « la perle des Antilles ».


Pour me joindre : florent.daudens@radio-canada.ca.

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Montréal – À pareille heure l’an dernier, à la Maison d’Haïti, on ne savait pas encore qu’on mobiliserait plus de 250 bénévoles, un chiffre auquel il faut ajouter des médecins, des avocats, des psychiatres, des CLSC, des gens de la Croix-Rouge et d’autres organismes actifs dans d’autres quartiers, venus prêter main-forte.

« C’était du 9 h à 19 h, sept jours par semaine », se souvient un des bénévoles, André Joffe. « C’était la folie furieuse ».

Au cours des jours et des semaines qui ont suivi, les gens ont défilé ici par centaines et même par milliers. Plus de 4000 entre la mi-janvier et la fin février, précise-t-il. « On a presque eu peur que tout s’effondre tellement les gens étaient nombreux! On a dû instaurer un système de numéros. »

Marie-Christine Jeanty

Marie-Christine Jeanty

Pour les Canadiens d’origine haïtienne, au début, c’était la longue attente et l’espoir que les proches au pays soient sains et saufs. « Heureusement, on est au 21e siècle », laisse tomber une autre bénévole, Marie-Christine Jeanty, étudiante à l’Université Concordia et chroniqueuse à la radio haïtienne CPAM. « Les communications téléphoniques étaient coupées. C’est par Twitter, Facebook et les Blackberry qu’on pouvait vérifier si nos familles étaient en vie. » Ses proches ont survécu, mais tous ses amis n’ont pas eu cette chance.

Au fil des semaines, il a fallu diriger les gens qui défilaient à la Maison d’Haïti vers les ressources dont ils avaient besoin : psychologues, CLSC, les ministères de l’Immigration du Québec et du Canada pour les demandes de parrainage et d’immigration, juristes, etc. Plusieurs ressources étaient sur place. Les demandes d’aide pour le parrainage étaient nombreuses.

« Le calme des Haïtiens m’a frappée, se souvient Marie-Christine. Il y avait une file, ils attendaient sur place pendant des heures pour avoir de l’information, sans jamais se plaindre. Les gens se bousculent plus dans les boutiques! »

Ce qu’elle retient de cette période, c’est aussi le courage qu’ils ont démontré. « Leur force a été enrichissante pour moi », dit-elle.

Ce qui l’a aussi marquée, c’est « l’élan de spontanéité des gens. Pas juste des Haïtiens, mais des Québécois de toutes les origines », qui voulaient tous faire quelque chose.

André Joffe, qui a tenu à être photographié avec la photo d'Adeline Chancy, qui a cofondé la Maison d'Haïti.

André Joffe, qui a tenu à être photographié avec la photo d'Adeline Chancy, qui a cofondé la Maison d'Haïti.

André Joffe peut lui aussi en témoigner. Il a coordonné l’acheminement des meubles à des familles qui en avaient besoin. « Nous avons aidé une cinquantaine de familles, surtout des femmes seules avec des enfants. Les gens ont été très généreux : ils apportaient des lits, des divans, des tables, des chaises, des armoires, de la vaisselle. Certains ont même apporté des poêles et des machines à laver », explique-t-il.

« La réponse a été extraordinaire! », résume-t-il. Les coûts de transports étaient cependant problématiques, car ce sont les bénévoles qui allaient chercher les dons.

Celui que la vice-présidente de la Maison d’Haïti, Christiane Fabiani, qualifie de « grand bénévole » a également coordonné le centre d’appels qui a rapidement été mis en place.

Que ceux qui voudraient donner de l’ameublement se retiennent : la Maison d’Haïti n’a pas l’espace suffisant.

Paroles d’adolescentes

Mercredi 12 janvier 2011 à 14 h 49 | | Pour me joindre

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Port-au-Prince – Je me suis rendu hier dans une classe de 9e année d’une école publique de Port-au-Prince, où j’ai recueilli les témoignages émouvants d’élèves de 15 et 16 ans. Pour écouter mon reportage, visiter le site de Désautels.