Blogue de Emmanuelle Latraverse

Les restavecs ou l’histoire des enfants-esclaves d’Haïti

Lundi 10 janvier 2011 à 11 h 51 | | Pour me joindre

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Port-au-Prince – Les restavecs, on les décrit ici comme les « enfants en domesticité », un euphémisme pour ce que les défenseurs des droits de la personne décrivent comme un véritable esclavage.

Ces enfants viennent des familles les plus pauvres. Leurs parents les placent auprès d’autres familles qui font miroiter la promesse de payer leurs études, de leur donner une chance dans la vie.

La réalité c’est que dans 90 % des cas, ces enfants deviennent des esclaves domestiques. Lessive, ménage, cuisine, tout y passe. Certains petits passent leurs journées à aller chercher de l’eau aux réservoirs les plus proches. Ils sont souvent battus, mal nourris. Les jeunes filles sont souvent violées par les hommes de la maison.

On comptait 250 000 restavecs en Haïti avant le séisme. Depuis le séisme, leur nombre n’a fait qu’augmenter. Leur drame aussi, car ils subissent ce triste sort dans l’horreur des camps.

Parfois, les garçons se révoltent et deviennent des enfants de la rue. Trop souvent, les jeunes filles souffrent en silence. Plusieurs jeunes femmes nous ont livré des témoignages tous plus déchirants les uns que les autres.

Stéphanie, 12 ans, frappée quotidiennement par la femme qui l’a sauvée des décombres. Farah, 18 ans, violée à répétition dans un camp de déplacés par les cinq fils de sa belle-mère. Elle ignore lequel d’entre eux est le père de l’enfant qu’elle porte. Vanessa, 17 ans, restavec depuis 4 ans. Elle parle de son désir de se suicider, de sa peur d’être elle aussi violée.

Toutes ont tenu à nous raconter leur histoire, pour rappeler avant tout que le viol et l’esclavage des enfants étaient présents en Haïti bien avant le séisme.

Voici une entrevue avec Adeline Bien-Aimé, directrice du refuge de la Fondation Restavec :

et mon reportage, diffusé lundi soir au Téléjournal, sur les enfants esclaves :

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