Frédéric NicoloffUn désir de changement

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 publié le 1 décembre 2010 à 14 h 23
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Comme d’habitude ici, cette journée électorale s’est déroulée dans le désordre. Mais ce n’était pas un désordre joyeux comme en 2006 lors de l’élection de René Préval. À l’époque, si la pagaille et les bousculades étaient le lot d’à peu près tous les bureaux de vote, il régnait une bonne humeur, une sorte d’allégresse, car pour la première fois depuis le départ de Jean-Bertrand Aristide, les Haïtiens se donnaient eux-mêmes un nouveau gouvernement. Rappelons que de février 2004, date du départ d’Aristide, à février 2006, année où René Préval obtint le pouvoir, pendant deux ans donc, Haïti fut dirigé par un gouvernement de transition qui avait été imposé par la communauté internationale aux citoyens du pays.

René Préval représentait une certaine continuité par rapport à Jean-Bertrand Aristide, il avait été son premier ministre et lui avait déjà succédé comme président. Élire Préval en 2006 c’était un peu réélire Aristide et c’était surtout s’assurer la tranquillité des partisans du président déchu. Jusqu’au 12 janvier 2010, la présidence de René Préval fut relativement tranquille, mais tout changea après le tremblement de terre.

Les Haïtiens lui reprochaient d’être invisible, de ne pas parler au peuple, de ne pas le rassurer. Et c’est vrai que pour les étrangers, présents dans les heures qui suivirent le séisme, ce silence paraissait étrange. Je me suis souvent posé la question sur la réaction qu’aurait eue un dirigeant d’un État riche si son pays avait vécu la même catastrophe.  Imaginez : plus de 200 000 morts, 1,5 million de sans-abri dans une capitale qui en comptait déjà beaucoup, et la grande majorité des infrastructures détruites.. Comment aurait réagit, dans la même situation, un premier ministre ou un président d’un pays développé ?

Bien sûr le gouvernement de René Préval n’était en rien responsable du tremblement de terre, mais ce dont la population haïtienne se souvient aujourd’hui c’est surtout le manque de réactions, d’initiatives de ses dirigeants pendant les jours, les semaines et les mois qui suivirent le séisme. Les candidats de l’opposition ont tablé sur ce sentiment pendant cette campagne électorale. Le mot d’ordre : changement ! René Martelly, un chanteur populaire reconverti dans la politique, parle de changement dans tous ses discours. Même chose pour Mirlande Manigat, ancienne première dame du pays. La question donc est la suivante : ce changement représente-t-il la fin d’une période, celle inaugurée par le premier président élu démocratiquement du pays, Jean-Bertrand Aristide ? Réponse dans quelques semaines…

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Frédéric NicoloffQuoi d’autre ?

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 publié le 27 novembre 2010 à 19 h 04
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Troisième séjour cette année dans ce pays dont les habitants parlent de la « Perle des Antilles » avec un petit sourire narquois au coin des lèvres. Après l’épouvantable tremblement de terre, après l’ouragan, après l’épidémie de choléra, quoi d’autre ? C’est, ici, ce que les gens se demandent. Mais ce « quoi d’autre » les Haïtiens ne le prononcent pas d’une façon résignée, ce « quoi d’autre » évoque au contraire un appel vindicatif, presque agressif, contre la calamité qui s’acharne sur ce petit pays qui vraiment, accumule tous les naufrages.

Troisième séjour donc cette année avec la même question que mes proches, que mes collègues me posent : « Y-a-t-il une évolution ? »
À mon arrivée il y a dix jours, ce que j’ai vu, ce sont les gravas dans les rues du centre ville qui sont toujours là, se sont les camps de déplacés qui deviennent de véritables petites villes avec leurs ruelles, leurs échoppes, leur marché public. Il y flotte, et c’est ce qui effraie beaucoup  leurs habitants, une impression de permanence. Le chômage est toujours aussi endémique, alors que la reconstruction du pays aurait, dans les faits, pu créer des milliers d’emplois. Et les signes de reconstruction sont anémiques, tout au plus quelques petits chantiers éparpillés dans la grande ville…Ici les gens espèrent que tout débloquera avec l’arrivée du nouveau gouvernement, peut-être.

La campagne électorale qui se termine aura au moins eu le mérite de faire souffler un vent d’air frais. Les caravanes des différents candidats sillonnent les  rues des villes et les chemins de campagne avec des haut-parleurs qui diffusent à plein volume des slogans électoraux bien sûr, mais aussi et surtout de la musique antillaise, une musique rythmée qui invite à la danse. Et c’est ce qui se passe : au passage des caravanes les gens des camps de réfugiés dansent, chantent et rient…Un carnaval qui fait oublier le fait que le vrai, l’officiel, a été annulé cette année, pour cause de séisme…

(À suivre…)

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Vanessa DescourauxJude Célestin : le candidat invisible

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 publié le 23 novembre 2010 à 10 h 06
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partisan de jude célestin

Port-au-Prince, et même tout le pays, vit en vert et jaune. Les couleurs du candidat du pouvoir, le dauphin choisi et protégé par le président sortant, René Préval.

Jude Célestin est ingénieur, ce n’est pas un politicien. C’est peut-être pour cela qu’il n’aime pas les médias, il les fuit. Mais dans la rue, Jude est partout. Affiches par millions, il a même loué un petit avion, qui promène dans le ciel de la capitale une banderole appelant à voter pour lui. Il se déplace en hélicoptère, peint bien évidemment à ses couleurs : vert et jaune.

« Jude Célestin, c’est notre numéro 10, notre meneur de jeu » crie l’un de ces partisans. Même en plein coeur de la campagne électorale, le foot reste roi.

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L’épidémie de choléra ne faiblit pas en Haïti, à six jours des élections présidentielle et législatives. Dans un pays où l’accès à l’eau potable est très limité et la médecine traditionnelle très implantée, enseigner les bonnes pratiques d’hygiène n’est pas chose simple. Résultat : apparue à la mi-octobre, la maladie a déjà fait 1.250 morts.

Écoutez le reportage d’Isabelle Labeyrie

France Info - Un point d’eau potable ouvert par l’Unicef à Port-au-Prince © RF/Isabelle Labeyrie

Un point d’eau potable ouvert par l’Unicef à Port-au-Prince © RF/Isabelle Labeyrie

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Mission : Haïti

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 publié le 19 novembre 2010 à 16 h 58
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Moins d’un an après le tremblement de terre meurtrier de janvier, les Haïtiens doivent choisir leur président, 11 sénateurs et 99 députés. Le premier tour de cette élection se déroulera le 28 novembre, dans un contexte sanitaire difficile alors que la reconstruction du pays est à peine entamée. Des reporters des quatre radios publiques francophones sont sur place. Dans ce blogue, vous trouverez leurs observations, leurs photos et leurs reportages. En bas, à droite de cette page, vous pourrez aussi lire leurs billets sur Twitter.

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